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Le jour. D'après fred sabourin

Articles récents

Emergence de la verticalité

29 Août 2013 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne

 

 

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                                                  - Naître -

 

 

Gavarnie. Gavarnie. Gavarnie. A l’évocation de ce nom notre cœur se serre, notre ventre se noue, nos guibolles se contractent imperceptiblement. Au fond de la prunelle de nos yeux et remontant de la mémoire reviennent des images, vives encore des souvenirs récents mais toujours trop éloignés dans le temps à notre goût. Et une légère douleur dans la nuque : Gavarnie s’admire le cou tordu pour apprécier les vastes murailles de son célèbre cirque.

 

 

Parlons-en de ce cirque : quel cirque ! Il est des Pyrénéistes pour dire – et peut-être ont-ils un peu raison – qu’il en existe d’autres, bien plus beaux, aussi majestueux et plus secrets. Le cirque de Lescun, en Aspe. Et Troumouse, voisin de Gavarnie. Ce dernier est si vaste qu’une rumeur dit qu’un million de personnes pourrait y tenir. Pourvu que jamais l’expérience ne soit tentée !
Mais… Gavarnie. Ici serait né le Pyrénéisme, comme d’autres situent à Chamonix la naissance de l’Alpinisme. Au XIXe siècle, l’aventure commence réellement. Les grands noms des premiers fous de ces montagnes, Ramond de Carbonière, puis les fameux guides Henri et Célestin Passet, François Bernat-Salles, Pierre Pujo, Pierre Brioul, Mathieu Haurine conduisaient vers les sommets des clients non moins fameux comme le comte Russel, Charles Pack, Swan. Plus tard, Louis Robach, qui semblait avoir voué sa vie au Mont Perdu (3365 m), qu’il ascensionna septante-dix fois. Franz Schrader se guidait seul. Il établira une carte (la première) du panorama des Pyrénées et notamment le Cirque de Gavarnie, depuis le formidable belvédère offert par le Piméné, sorte de balcon suffisamment en retrait pour avoir une vue d’ensemble sur le massif Mont-Perdu – Ordessa – Gavarnie. Par beau temps, la vue embrasse le panorama depuis la grande muraille de Baroude (ou Barossa) à l’est, jusqu’au Vignemale à l’ouest. Ici, les dieux ont leur siège numéroté et placé.

 

 

SAB 8728 R                                        - depuis le Piméné -



Gavarnie a donné lieu à une littérature abondante, des essais romantiques les plus lyriques (dont Victor Hugo qui en écrivit les plus belles pages)  aux sommes scientifiques les plus poussées. Mais je ne crois pas cependant qu’on ait tout dit ni tout écrit sur ce bout du monde au fin fond de la France et de l’Espagne. Si le regard bute sur le mur que représente cette formation géologique glaciaire, il n’en demeure pas moins obnubilé par une chaude question : comment franchir ? Gavarnie ne serait rien sans le coup du sort qui fait sa célébrité autant que son cirque : il existe un passage naturel, un trou dans le mur. La Brèche de Roland. Cette entaille, d’une centaine de mètres de large pour moins de 150 mètres de haut, attire à elle seule des milliers de gens. Pas tous très montagnards d’ailleurs (la proximité du col des Tentes le rendant finalement assez accessible en saison estivale). Mais qu’importe, finalement. Si, pour les amoureux des Pyrénées, et les montagnards au sens large, c’est toujours une émotion particulière de passer par cette brèche, il est sans doute un peu heureux que pour beaucoup de vulgum pecus, cette expérience soit la plus engagée qu’ils feront dans leur vie de marcheurs. Après tout, quand on se trouve entre ces deux pans de roche, sur la brèche (l’expression est alors à prendre au sens propre), on est quand même à plus de 2800 mètres, certes en étant la plupart du temps partis de 2208 mètres (col des Tentes), mais quand même... Certains préfèrent partir du village même de Gavarnie 1500 mètres plus bas. Ceux-là connaissent l’incomparable prix des fameuses « Echelles de Sarradets » ou du vallon de Pouey-Aspé…

 

 

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                                                                  - Etre sur la brèche -

 

 

Une de nos premières visites de ce lieu venté et souvent froid même en plein été fut le 11 août 1999. Le hasard a voulu ce jour-là qu’il y fasse presque nuit… C’était le fameux jour de l’éclipse totale du soleil. Nous perdîmes environ 7° en moins d’un quart d’heure, et comme la température n’était déjà pas très estivale, on vit les badauds – dont nous étions – enfiler rapidement des effets chauds. Un môme malchanceux se prit sur le crâne un caillou tombé du sommet de la brèche, occasionnant un stationnaire d’hélicoptère de la gendarmerie au dessus de la brèche pour l’évacuer. Gavarnie, sa brèche, ses touristes, son cinéma permanent.

 

 

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Sauf à dormir dans l’abri sous roche creusé à main d’homme en 1883 (d’après H. Russel dans ses Souvenirs d’un montagnard)*, il est difficile d’y être seul. Le courant d’air permanent n’incite pas trop non plus à y faire bronzette. Pourtant c’est un endroit que nous affectionnons particulièrement, et qu’il nous fut heureux de revoir cette année, après seulement (si j’ose dire !) trois ans d’absence. Que c’est long, trois ans… Cette brèche est la promesse de courses fascinantes, une fois passé ce trou béant dans la muraille s’offre la possibilité de côtoyer les géants à 3000 et plus. Taillon, Casques, Tour, Pics de la Cascades, Marboré, Cylindre, Mont Perdu, Astazou… Le tout sur une quinzaine de kilomètres de long, environ 25.000 hectares de montagne pure.

 

 

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                                        - Dans les nuages, le Mont Perdu (qui porte si bien son nom) -  

 

 

Laissons les mots. Place aux images. Elles restent pour toujours présentes à notre esprit, quand hélas nous sommes redescendus dans la plaine. Et, lorsque la main serre un de ces cailloux rapporté des cimes, c’est toute une histoire qui se diffuse en nous. Et une promesse : revenir.

* projet pour 2014, nous en reparlerons donc…

 

 

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                                                  - Banane casquée -

 

 

 

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                                                 - Stygmates -  

 

 

 

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                                                       - Au loin, la Tour -  

 

 

 

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                                                             - Stygmates (2) -  

 

 

 

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                                                 - Vivre -  

 

 

 

(c) F. Sabourin. Gavarnie, août 2013. Nikon D300 et objectif 10-24 mm.

 

 

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On n'es pas sérieux quand on a 17 ans

22 Août 2013 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #chronique cinéma

 

Jeune & jolie

 Jeune & jolie 2

 

 

Film français de François Ozon. 1h34. Avec : Marine Vacth ; Géraldine Pailhas ; Frédéric Pierrot… 

 

 

Le film s’ouvre sur la côte méditerranéenne, l’été, sous un soleil radieux. Isabelle est à la plage, elle sort de l’eau, se pose sur sa serviette, regarde à gauche, à droite, puis se croyant seule, elle enlève le haut. Elle est jeune (17 ans). Elle est jolie (très jolie). Elle est en vacances avec sa mère, son beau-père et son jeune frère. Un jeune Allemand lui tourne autour. Il ne servira qu’à lui ôter une vertu devenue trop encombrante à son âge. Fin de l’été.
Le film se poursuit à l’automne, où Isabelle a repris sa vie de petite Parisienne. Lycée, copines, devoirs. Mais Isabelle a une double vie. Dans celle-ci, elle s’appelle Léa, et se prostitue avec des hommes jeunes ou vieux, dans des hôtels, contre de l’argent. Des doux, des sadiques, des riches. Pourquoi fait-elle ça ? On ne le saura jamais. Mais un jour, l’un d’entre eux – plus tout jeune – meurt sous elle en pleine action. Paniquée, elle s’enfuit de l’hôtel, et arrête tout. Quelques mois plus tard – c’est l’hiver – la police débarque au travail de sa mère et lui dévoile tout. Celle-ci, sûre de son éducation permissive et hédoniste, tombe de très haut. Son enfant qu’elle croyait connaître n’est plus ce qu’il était, elle ne la reconnaît plus.
Au printemps on voit Isabelle reprendre une vie « normale », essayer une relation avec un garçon de son âge d’ailleurs physiquement très banale. La tentation est néanmoins forte de reprendre son petit jeu de séduction. Le film s’achève sans qu’on en sache davantage sur les motivations réelles d’Isabelle / Léa à passer à l’acte.
 

 

François Ozon est un cinéaste de la transgression. Et ça tombe bien, car l’adolescence est la période de prédilection, pour essayer, tenter, transgresser. C’est ce que fait Ozon avec ce petit chef d’œuvre sec, tranchant, dérageant autant que séduisant. Si l’on s’en tient à ce qu’on voit à l’écran, rien ne permet d’expliquer les raisons qui poussent son héroïne à se prostituer. Elle-même n’arrive pas à dire vraiment pourquoi face à la police. Transparente et d’une beauté diaphane, Marine Vacth – une belle révélation – se révèle tout autant opaque. François Ozon pose les questions de manière froide : comment vivre une sexualité quand celle-ci est découverte à travers la mise en scène codée de la pornographie ? Comment un enfant devient-il un étranger aux yeux de ses parents ? Facilité par Internet, la prostitution est une tentation pour bon nombre de jeunes filles, de l’argent rapidement gagné, sans risque, croient-elles.
Pour Isabelle, c’est surtout un formidable moyen de connaître les hommes, mais là encore impossible de savoir réellement ce qu’elle en apprend, car elle n’en dit rien. François Ozon avait quant à lui déclaré à Cannes que la prostitution était un fantasme pour beaucoup de femmes, suscitant les réactions indignées qu’on imagine.
 

 

C’est probablement la puissance de cet âge scandaleux et transgressif qui est célébré dans Jeune & jolie. « On est pas sérieux quand on a 17 ans, » disait Arthur Rimbaud, poème récité au cœur du film par une série d’adolescents idoines. Jeune & jolie nous fait penser à un autre poème du sulfureux bohémien des Ardennes. Chanson de la plus haute tour, dans lequel il est écrit :

« Oisive jeunesse,

A tout asservie,

par délicatesse,

J’ai perdu ma vie.

Ah ! Que le temps vienne

Où les cœurs s’éprennent. »
 

 

 

FS

 

 

Jeune & jolie

 

 

Jeune & jolie 3

 

 

 

Sur les écrans le 21 août.
 

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La montagne tue

20 Août 2013 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne

 

 

On ne vous le répètera jamais assez : la montagne tue. C'est dangereux, n'y allez pas, ou alors connaissez-en les risques et périls, nom de Zeus !(et ça fera moins de monde sur ses flancs...)


Si on achève bien les chevaux, ceux-ci ont dû prendre un sacré coup de foudre, l'un d'entre eux probablement plutôt l'année dernière. Les deux autres sont plus récents, les vautours ont laissé le crin, les sabots et pour le dernier, le cuir.

Tout cela dans un périmètre d'une petite centaine de mètres d'altitude, pas plus d'un km² de surface... Je déconseille fortement de boire l'eau du torrent qui s'y écoule, et pour plusieurs années, à moins de vouloir tester la liste des gastro-antérologues du Béarn et même au-delà. 


Enfin, à ceux qui souhaiteraient éviter ce coin de mortelles randonnées, cela se situe au dessus du Lac d'Aule, près de Bious-Artigues, en Vallée d'Ossau, non loin de Gabas (halte jacquaire dans le col du Portalet).


Dommage cependant de ne pas y aller, c'est un endroit superbe où l'on peu même se faire le Pic Gaziès, 2457m, histoire d'admirer un peu le paysage. Mais pas le jour où nous avons fait ces images, parce que justement ce jour-là, on y voyait queue d'chi (ou presque). 

 

 

 

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                                          - De cheval -

 

 

 

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                                    - Dites-le avec des fleurs -

 

 

(c) Fred Sabourin. 8 août 2013. Béarn. Vallée d'Ossau.

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Bourlinguer...

27 Juillet 2013 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne

 

Et c'est parti pour trois semaines de bourlingue...

 

 

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Éloge d'une France rurale

13 Juillet 2013 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #Presse book

 

 

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Bien sûr il y a les affaires de dopage. Les affaires tout court : le vélo business, le grand cirque médiatique, les oreillettes qui tuent la course et le suspens, les soupçons sur tous les braquets. Les coups de gueule et les coups de guidon. Du vélo sans selle.
 

Mais il y a aussi la fameuse magie du Tour. Celle qui fait descendre plusieurs millions de Français et de touristes sur le bord des routes, trois semaines durant, pour voir passer la caravane et les coureurs. Il faut la voir cette France-là, amassée le long des routes départementales, habituellement négligées par les partisans de la vitesse autoroutière. Une France multicolore, créative, joyeuse, ingénieuse, en un mot festive, au soleil d’un mois de juillet comme on a l’impression de ne pas en avoir vu depuis l’été 44. Une France en short et chemisette ouverte, casquette à poids rouges sur la tête, juchée sur tout ce qui permet de prendre un peu de hauteur, en engoncée dans des pliants de camping en équilibre précaire au bord des fossés, accoudée à une table pliante aux verres remplis d’un petit jaune et deux glaçons, sortis de la glacière dans le coffre de la bagnole. On voit même quelques puristes souffler sur les braises d’un barbecue, d’autres déplier des nappes à carreaux rouges et blancs.
Une France au décor d’été, blés mûrs et bottes de paille, moissonneuse batteuses en pleine action, là bas, au loin, dans des nuages de poussières.
 

Les villages, où la foule est plus compacte, sortent leurs petits vieux des maisons de retraites – tout le monde coiffé d’un bob de la marque d’un constructeur automobile – pour l’évènement de l’année. Leurs vieilles articulations se réchauffant au soleil retrouvé. Les gamins des centres aérés s’aèrent pour de bon, sautant sur place comme pris par la danse de Saint Guy, se jetant sur tous les objets promotionnels lancés par les sponsors : casquettes, bobs, porte-clés, maillots, madeleines, saucissons, bonbons multicolores…
D’autres, beaucoup plus jeunes, dans les bras de leurs grands-parents qui cherchent l’ombre, écarquillent des yeux ronds comme des billes, se demandant quel est donc ce cirque ambulant. On aperçoit des élus ceints de leur écharpe tricolore, les municipales ne sont pas très loin. A l’entrée des villages, les paysans du coin ont fait des sculptures éphémères avec des bottes de pailles ou de foin. Ça crie, ça applaudit, ça chante, ça gueule. On aperçoit des enseignes de magasins désuètes, des « alimentations générales, » des « multiservices libre service » des bistrots aux parasols de bière et d’anis.
 

Cette France rurale fait plaisir à voir. Elle existe encore – oui monsieur - et elle ne semble pas si morte que ça. Elle tord le cou, l’espace d’une journée, aux tentatives de la faire disparaître et de la classer définitivement au rang de la ringardise humiliante des citadins écolos-bobos, individualistes, cyniques et résignés, qui ne la regarde que comme une « réserve paysagère» où subsistent encore quelques bons sauvages.
 

Cette France rurale, qui voit passer cette drôle de caravane au bout de son champ ou de son jardin, oublie pour quelques heures les soucis de la crise, la misère et la faim. Du pain et des jeux, diront les rabat-joie ! Peut-être, mais c’est surtout l’image de cette France rurale en fête que nous préfèrerons garder au fond de l’œil et dans le cœur, une belle France, vue par la fenêtre d’une voiture roulant à 40 km/h sur 173 km : ça laisse du temps pour l’admirer.
Pour beaucoup, ce fut le 14 juillet avant l’heure. Un feu d’artifice multicolore aux odeurs de saucisses grillées et d’anisette fraîche.
 

Cette France-là accorde enfin au présent le troisième mot de la devise républicaine : fraternité.

 

F.S

 

 

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                              - le centre de la France -

 

 

 

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(c) Fred Sabourin. 12 juillet 2013. 13e étape du 100e Tour de France. Tours - Saint-Amand-Montrond

 

 

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Et le coffre de Mazarin fit sauter la banque hollandaise...

14 Juin 2013 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #quelle époque !

 

 

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                                         - Deux coups de marteaux à 5,9 millions -

 

 

La 25e vente de l’étude Rouillac à Cheverny a tenu ses promesses, elle. Dépassant toutes les espérances des commissaires-priseurs père et fils. Le coffre ayant appartenu au cardinal Mazarin a été adjugé à 5,9 millions d’euros pour le Rijksmuseum d’Amsterdam. Qui dit mieux ?

 

 

Comme les Cadets de Gascogne, de Carbon de Casteljaloux, les Rouillac père, mère et fils « font cocus tous les jaloux. » Si Cyrano de Bergerac était encore en vie, il aurait pu voir un beau spectacle, en couleur et haute définition, à en décrocher la lune, dont il rêvait. La 25e vente de Cheverny, qui s’est déroulée les 9 & 10 juin dans l’orangerie du château, en présence de la famille Hurault de Vibraye propriétaire des lieux, et de la marquise de Brantes*, qui fut à l’origine la toute première vente en 1989, a atteint des sommets. Pratiquement l’Everest. Plus que jamais, ce n’est pas la crise pour tout le monde ! Les objets d’art demeurent, sans surprise, une valeur sûre et un refuge en ces temps de disette. Il y en avait pour tous les goûts, et – osera-t-on l’écrire – pour toutes les bourses. Vous ne nous croyez pas ? Dommage, vous auriez pu par exemple emporter deux Rolls Royce pour moins de 30.000 €. Une Corniche de 1973 pour 17.000 €, et une Silver Shadow pour « seulement » 11.000 €. L’histoire ne dit pas si le réservoir était plein, ce qui pourrait doubler la valeur du véhicule.
Comment expertiser aussi ce reste de cigare havane que le dernier empereur d’Allemagne, Guillaume II, fuma lors d’un dîner à l’ambassade de France le 5 mars 1889 ?  Bien malin qui peut le dire, et Aymeric Rouillac déguste avec un malin plaisir son effet. C’est au château de Cheverny, pour 350 euros que cet objet insolite, ce cigare de pharaon, rejoindra la collection du musée Tintin, Moulinsart oblige.

 

Pour 100.000, t’as plus rien

 

C’est bien sûr le coffre ayant appartenu au cardinal Mazarin qui suscita tous les désirs, qui attisa tous les regards, qui fit vibrer la salle, et suspendre le temps. Les secondes apparaissaient des minutes, et les minutes semblaient des heures. Cet exceptionnel coffre en laque du Japon, dont il n’existait que quatre exemplaires à l’origine au XVIIe siècle, a fait l’objet d’une âpre bataille par téléphone et dans la salle, les appels provenant du monde entier, des plus grands musées (Victoria & Albert Museum de Londres notamment, déjà propriétaire d’un coffre semblable). Un mystérieux personnage, expert dépêché par un grand musée américain, présent à Cheverny, a en effet résisté jusqu’à 5,8 millions d’euros, puis, comme au poker, se coucha pour rien, ou presque : 100.000 €... Le coffre a été adjugé à 5,9 millions d’euros et restera en Europe, puisqu’il rejoint le prestigieux Rijksmuseum d’Amsterdam. Un record pour l’étude Rouillac, qui dépasse ainsi les 5,2 millions d’euros du portrait de George Washington en 2002. Le coffre, acheté par Mazarin en 1658, retourne ainsi dans son lieu de quasi naissance, puisqu’il fut commandé aux meilleurs ateliers japonais de Kyoto** par la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Seul regret avoué par Aymeric Rouillac : « qu’aucun conservateur de musée français ne se soit déplacé pour venir voir le coffre. » Il est probable que le prix  – dont on ignorait jusqu’où il irait mais dont on pouvait raisonnablement supposer qu’il crèverait le plafond – ait un peu freiné les ardeurs des maigres budgets culturels de la France. Les Hollandais, fidèles à leur réputation historique de grands marchands très réactifs, se sont mis à plusieurs pour faire le chèque de 7.311.280 millions d’euros (le prix de adjudication plus les 23,92 % de frais dont la TVA) : le Rijksmuseum bien sûr, mais aussi la loterie nationale des Pays-Bas, la Société Rembrandt et plusieurs mécènes permettent à ce meuble unique, cette « Mona Lisa du mobilier asiatique » comme aiment à le dire Philippe et Aymeric Rouillac, de devenir l’objet phare de cet équivalent du Louvre aux Pays-Bas.

 

 

La vente pouvait se poursuivre, elle dura presque cinq heures - plus qu’une finale de Roland Garros ce même jour ! - et si la tension a quelque peu baissé suite au braquage de tous les regards vers ce coffre aux trésors, ce qui vint derrière n’en était pas moins digne d’intérêt. Rouillac père et fils se sont employés à passionner le public, buvant avec lui le calice jusqu’à la lie. Rincés mais ravis, ils pouvaient donner un dernier coup de marteau sur les sculptures d’Alfred Janniot, dont les exceptionnelles Trois Grâces, adjugées pour 370.000 € (record mondial). Pas de doute, elles avaient veillé sur la 25e vente de Cheverny, qui devait se poursuivre lundi 10 juin, en attendant les nouvelles surprises qui ne manqueront pas de sortir du chapeau de l’étude Rouillac. Mais ça, mille millions de mille sabords, c’est pour le 15 juin 2014.

 

F.S

 

(article paru dans La Renaissance du Loir-et-Cher du 14 juin)

 

* Belle sœur d’Anne-Aymone Sauvage de Brantes, épouse Giscard d’Estaing.
** par un Français, François Caron, chef du bureau de commerce de la V.O.C, la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, installé sur place 20 ans auparavant.

 

 

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                                        - Honneurs rendus aux Trois Grâces de Janniot (in Cheverny) -  

 

 

 

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                                                - Chauffeur ! A la maison ! -  

 

 

 

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                                        - Le cigare de l'empereur -

 

 

 

SAB 7446 R

                                             - Cueillez, cueillez votre jeunesse... -

 

 

 

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                               - Vous aimez les bijoux ? Vous aimez le nu ? Vous aurez les deux avec ce Nu aux bijoux ! -

 

 

 (c) Fred Sabourin. Cheverny, Loir-et-Cher, juin 2013.

 

 

 

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Tiens, à propos des fachos...

9 Juin 2013 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #l'évènement

 

 

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                                               - Parvis de la primatiale St-Jean à Lyon, 14 janvier 2012 -

 

 

Lundi 16 janvier 2012, je publiais sur ce blog cet article  L'ordre noir , revenant d'un week-end lyonnais où j'étais tombé par hasard sur une manif des "Jeunesses nationalistes."

C'est étrange comme les propos gueulés lors de cette manif n'ont, hélas, pas pris une ride, s'il est permis de s'exprimer ainsi.

Le gouvernement parle de dissoudre un de ces mouvements. Ce qui, à écouter les chercheurs s'intéressant au sujet, sera contre-productif. Car une fois tombés dans la clandestinité, ces groupuscules sont plus difficiles à suivre. Certains renaissent de leurs cendres quelques mois après, sous un autre nom, plus énervés que jamais.

 

Le Président Hollande, pendant sa campagne électorale l'année dernière voulait "une France appaisée," après les cinq ans de crispation, d'énervement, de coups de menton, de démonstration de biceps, de "vous allez voir ce que vous allez voir." 

Le moins que l'on puisse dire, c'est que jusqu'à présent c'est raté, bien au contraire.

 

A force de jouer avec le feu, les apprentis sorciers... etc. etc.

 

 

  F.S

 

 

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La Palme dort, ne la réveillez pas

27 Mai 2013 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #édito

 

 

La Vie d'Adele Palme d'or

                                       - Un homme chanceux -

 


Ainsi donc c’est Abdelatif Kéchiche, réalisateur franco-tunisien, qui décroche la Palme d’or du 66e Festival de Cannes, avec La Vie d’Adèle. Il n’est pas seul pour apprécier cette récompense : les deux actrices qui interprètent les deux héroïnes du film, Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos, sont palmées avec lui. La Vie d’Adèle raconte la mue d’une jeune femme qui se découvre lesbienne, alors qu’elle hésite encore et cherche sa voie, puis découvre une autre face de la réalité qui l’attend désormais : ça ne va pas être facile de vivre cette sensuelle découverte.
Il nous tarde le 9 octobre, jour de la sortie nationale du film, pour aller voir ça. Abdelatif Kéchiche, déjà auteur des excellents L’Esquive et de La Graine et le Mulet, participait pour la première fois au festival dans la sélection officielle. De l’avis de ceux qui ont eu la chance de le voir, le choc est autant émotionnel qu’érotique et politique. Filmées à fleur de peau mais sans jamais tomber dans le voyeurisme de scènes trop explicites (à vérifier), les deux actrices du film de Kéchiche, et Kéchiche lui-même, emportent tout sur leur passage. Un peu avec la même énergie qu’on avait beaucoup aimée dans L’Esquive, film tendu comme un arc mais d’une beauté sentimentale à couper le souffle. Nous n’irons pas jusqu’à dire que cette Palme d’or a des burnes, vu le thème ce n’est pas à propos, mais c’est tentant quand même.

Evidemment, les rabats-joie de tous poils ne vont pas tarder à crier haro sur le mulet, justement : le thème du film – les amours lesbiennes – dans le contexte politique et social du jour – La Manif pour tous et surtout contre la loi Taubira – ça sent un peu le palmarès qui tombe à pic. Les garants de la morale – mais laquelle, désormais, tant l’hystérie globale a noyé le projet initial dans le grand bordel du tout ? – vont sûrement s’activer à emmerder le monde au moment de la sortie du film. Si le printemps a été pourri à défaut d’être chaud, l’automne s’annonce tout aussi agité.
J’exagère en jouant les Cassandre ? Pas tant que ça, vous verrez. La société française, dont on ne cesse de nous dire qu’elle est déprimée, sclérosée, crispée, tendue, au bord du gouffre et de l’implosion en explosion fratricide, est surtout victime une fois de plus de son intransigeance. A tous les niveaux, dans tous les domaines : droite, gauche, pro et antis machin chose, homo ou hétéro, abstinents et puceaux, zoophiles et adeptes du bondage, philosophes audiovisuels de comptoirs et moralisateurs des extrêmes, tous sont piqués par le virus.

 

Depuis que les frères Lumière ont eu la bonne idée de filmer L’entrée d’un train en gare de La Ciotat l’été 1897, il s’est passé pas mal de chose dans les salles obscures, d’abord muettes mais ça n’empêchait pas les réalisateurs d’ouvrir leurs gueules. Evidemment, on peut regretter ce temps du cinéma à priori sans aspérité ou revendication. Encore que le film des frères Lumières revendique déjà quelque chose : le mouvement, le déplacement, en un mot le voyage. Pas seulement du corps, mais aussi de l’esprit.
 

 

On souhaite à tous les futurs détracteurs de La Vie d’Adèle cette envie de voyage, si c’est possible. Parce qu’au fond, c’est ça, le cinéma : une subversion. 

 

 

F.S


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Meeuuuuhh non...!

13 Mai 2013 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne

 

 

Les vaches étaient de sortie, sans leurs habituels uniformes bleus...

 

 

 

SAB 7095 R

 

 

 

 

 

SAB 7110 R

 

 

 

 

 

SAB 7100 R

 

 

 

 

 

SAB 7119 R

                                                 - Chasse d'eau -

 

 

 

  SAB 7132 R

 

 

 

 

 

SAB 7142 R

                                                  - Hot dog -

 

 

 

SAB 7141 R

                                            - Paradis blanc -

 

 

 

SAB 7159 R

                                                            - Redresseurs de tort -

 

 

 

(c) Fred Sabourin. Mai 2013. Vallée d'Ossau, Béarn, France.

 

 

 

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Faire le pont...

7 Mai 2013 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #voyage - voyage...

 

Tiens ben je vais faire pareil...

 

 

SAB 5461 R

                                                      - Là dessous -

 

 

(c) Fred Sabourin. Tancarville. Septembre 2010.

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