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Le jour. D'après fred sabourin

Articles récents

La Palme dort, ne la réveillez pas

27 Mai 2013 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #édito

 

 

La Vie d'Adele Palme d'or

                                       - Un homme chanceux -

 


Ainsi donc c’est Abdelatif Kéchiche, réalisateur franco-tunisien, qui décroche la Palme d’or du 66e Festival de Cannes, avec La Vie d’Adèle. Il n’est pas seul pour apprécier cette récompense : les deux actrices qui interprètent les deux héroïnes du film, Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos, sont palmées avec lui. La Vie d’Adèle raconte la mue d’une jeune femme qui se découvre lesbienne, alors qu’elle hésite encore et cherche sa voie, puis découvre une autre face de la réalité qui l’attend désormais : ça ne va pas être facile de vivre cette sensuelle découverte.
Il nous tarde le 9 octobre, jour de la sortie nationale du film, pour aller voir ça. Abdelatif Kéchiche, déjà auteur des excellents L’Esquive et de La Graine et le Mulet, participait pour la première fois au festival dans la sélection officielle. De l’avis de ceux qui ont eu la chance de le voir, le choc est autant émotionnel qu’érotique et politique. Filmées à fleur de peau mais sans jamais tomber dans le voyeurisme de scènes trop explicites (à vérifier), les deux actrices du film de Kéchiche, et Kéchiche lui-même, emportent tout sur leur passage. Un peu avec la même énergie qu’on avait beaucoup aimée dans L’Esquive, film tendu comme un arc mais d’une beauté sentimentale à couper le souffle. Nous n’irons pas jusqu’à dire que cette Palme d’or a des burnes, vu le thème ce n’est pas à propos, mais c’est tentant quand même.

Evidemment, les rabats-joie de tous poils ne vont pas tarder à crier haro sur le mulet, justement : le thème du film – les amours lesbiennes – dans le contexte politique et social du jour – La Manif pour tous et surtout contre la loi Taubira – ça sent un peu le palmarès qui tombe à pic. Les garants de la morale – mais laquelle, désormais, tant l’hystérie globale a noyé le projet initial dans le grand bordel du tout ? – vont sûrement s’activer à emmerder le monde au moment de la sortie du film. Si le printemps a été pourri à défaut d’être chaud, l’automne s’annonce tout aussi agité.
J’exagère en jouant les Cassandre ? Pas tant que ça, vous verrez. La société française, dont on ne cesse de nous dire qu’elle est déprimée, sclérosée, crispée, tendue, au bord du gouffre et de l’implosion en explosion fratricide, est surtout victime une fois de plus de son intransigeance. A tous les niveaux, dans tous les domaines : droite, gauche, pro et antis machin chose, homo ou hétéro, abstinents et puceaux, zoophiles et adeptes du bondage, philosophes audiovisuels de comptoirs et moralisateurs des extrêmes, tous sont piqués par le virus.

 

Depuis que les frères Lumière ont eu la bonne idée de filmer L’entrée d’un train en gare de La Ciotat l’été 1897, il s’est passé pas mal de chose dans les salles obscures, d’abord muettes mais ça n’empêchait pas les réalisateurs d’ouvrir leurs gueules. Evidemment, on peut regretter ce temps du cinéma à priori sans aspérité ou revendication. Encore que le film des frères Lumières revendique déjà quelque chose : le mouvement, le déplacement, en un mot le voyage. Pas seulement du corps, mais aussi de l’esprit.
 

 

On souhaite à tous les futurs détracteurs de La Vie d’Adèle cette envie de voyage, si c’est possible. Parce qu’au fond, c’est ça, le cinéma : une subversion. 

 

 

F.S


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Meeuuuuhh non...!

13 Mai 2013 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne

 

 

Les vaches étaient de sortie, sans leurs habituels uniformes bleus...

 

 

 

SAB 7095 R

 

 

 

 

 

SAB 7110 R

 

 

 

 

 

SAB 7100 R

 

 

 

 

 

SAB 7119 R

                                                 - Chasse d'eau -

 

 

 

  SAB 7132 R

 

 

 

 

 

SAB 7142 R

                                                  - Hot dog -

 

 

 

SAB 7141 R

                                            - Paradis blanc -

 

 

 

SAB 7159 R

                                                            - Redresseurs de tort -

 

 

 

(c) Fred Sabourin. Mai 2013. Vallée d'Ossau, Béarn, France.

 

 

 

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Faire le pont...

7 Mai 2013 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #voyage - voyage...

 

Tiens ben je vais faire pareil...

 

 

SAB 5461 R

                                                      - Là dessous -

 

 

(c) Fred Sabourin. Tancarville. Septembre 2010.

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Collection printemps - été

26 Avril 2013 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne

 

 

 

SAB 6816 R

                                          - Comme un veilleur -

 

 

 

SAB 6826 R

                                          - Plaa dou Soum -

 

 

 

 SAB 6836 R

                                       - Ca sent le sapin -

 

 

 

 

 SAB 6843 R

                                              - Comportement moutonnier -

 

 

 

 SAB 6920 R

                                       - Cabane de Cujalat -

 

 

 

SAB 6935 R

                                         - Heureux ceux qui ont faim : ils seront rassasiés -

 

 

 SAB 6946 R

                                           - Eclaircie -

 

 

 

 SAB 6829 R

                                    - Comme un veilleur (2) -

 

 

 

(c) Fred Sabourin. Avril 2013. Vallée d'Ossau, Béarn, France.

 

 

 

 

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Remonter la Marne

16 Avril 2013 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #littérature

 

 

103

Jean-Paul Kauffmann signe un récit de marcheur qui prend son temps, en remontant le cours de la Marne, rivière qui mérite mieux que son habituelle mauvaise réputation…

Citant le poète et philosophe allemand Friedrich Hölderlin, « La rivière n’oublie jamais la source car, en s’écoulant, elle est la source elle-même, » Jean-Paul Kauffmann donne à son livre Remonter la Marne une des explications sur le choix de cette rivière pour effectuer son retour aux sources. La Marne, frontière symbolique, la Marne convoitée et objet de menaces lors des guerres avec l’Allemagne, la rivière étant en effet un point stratégique avant d’atteindre Paris. « La Marne, un déni français, » dit-il en préambule à sa pérégrination de sept semaines.

 

Le journaliste (répétons-le ex-otage au Liban entre 1985 et 1988) a décidé de partir, sac au dos, godillots aux pieds, pour atteindre la source d’une rivière plus connue par le côté champêtre de ses guinguettes à canotiers du côté de Nogent, que pour l’extraordinaire personnalité qu’elle présente à ceux qui la côtoient. Kauffmann est aussi à la recherche d’un grand-père vétéran de la bataille de la Marne, contre-offensive de septembre 1914 qui stoppa l’avancée allemande. À la manière de Jacques Lacarrière dans Chemin faisant, 1000 kilomètres à pied à travers la France, paru en 1977 et dont il s’inspire, Kauffmann va ausculter les villes et villages traversés avec la truculence d’un La Bruyère et la poésie de La Fontaine dans la description des caractères, paysages et personnalités croisés. Car elle semble bien peuplée, cette Marne que le journaliste nous fait découvrir : éclusiers, artistes isolés sur des îles rénovées, un scientifique Japonais qui la descend, quelques propriétaires bordant la rivière pas tous aimables aux premiers abords, des invisibles ayant trouvé refuge dans des cabanons ou caravanes sur des petits terrains maraîchers, et un ami photographe qui le suit pendant quelques jours. Et puis… les cigares (seul luxe que Jean-Paul s’est autorisé à transporter dans son lourd barda) et le champagne, vin qui borde la rivière et unit les rencontres en leur donnant du pétillant. Où l’on découvre que cette France qu’on dit morte est bien vivante. Mieux même : près de la source, dans le département de la Haute-Marne, qui ne fait pas envie à grand monde, les habitants gardent jalousement le secret de la beauté de leurs paysages, dénigrés par les agences touristiques et immobilières. Que dire de l’hécatombe de l’emploi dans ces villes traversées ! Saint-Dizier par exemple, qui semble ne survivre qu’au son fracassant des avions Rafales décollant de la base aérienne…

 

La Seine, une arnaqueuse

 

Le livre de Jean-Paul Kauffmann, Remonter la Marne se lit également avec le nez : il n’a pas son pareil pour décrire les odeurs liées à la fréquentation quotidienne d’un cours d’eau. Bois et herbes mouillés, tourbe, moisissures de champignons, feuilles mortes, rouille et même serpillière humide. Le pèlerin de la Marne, comme il se définit lui-même, fait son voyage en  septembre - octobre, pendant cette arrière saison où l’été fait de la résistance, et où l’automne donne déjà les prémices olfactives de sa flamboyante saison.
Enfin, et non des moindres, Kauffmann rétablit une vérité que la Seine ne veut pas entendre depuis deux millénaires : la longueur de la Marne est de 525 km, celle de la Seine, 410. Normalement, c’est la Marne qui devrait capturer la Seine et non l’inverse, « prenant le nom de fleuve et entrant dans la légende. » Idem pour le débit : là, c’est l’Yonne qui débite plus que la Seine à leur confluence. « La Seine est une arnaqueuse,  dit-il. Et la Marne, qui fidèlement la pourvoit, sa dupe depuis 2000 ans. » Tout ceci mérite bien une remontée de la Marne jusqu’à la source, une coupe de champagne en main, et pour les plus hardis, un cigare aux lèvres.

 

F.S

 

Remonter la Marne, de Jean-Paul Kauffmann. Editions Fayard.

 

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L’indépendance journalistique en question

12 Avril 2013 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #quelle époque !

 

 

 

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                                                      - Les noces du journalisme et du politique -

 

 

 

Vouloir dresser le portrait de Richard Ode, journaliste indépendant récemment médaillé Chevalier dans l’Ordre national du     Mérite relève de l’inconscience. C’est donc consciemment que nous le faisons.

Dans le Loir-et-Cher, il y a deux sortes de journalistes qui font la bise à Maurice Leroy, ancien ministre, député, et président du Conseil général : les femmes, et Richard Ode. Faut-il voir, dans cette habitude qui atteint désormais toutes les couches de la société, un signe de liaisons dangereuses entre un homme politique qu’on ne présente plus – Momo pour les intimes, c'est-à-dire quasiment pour tous – et un journaliste incontournable dans le département depuis 40 ans ? Il ne s’agit pas pour autant du baiser de Judas, pas plus que celui de Rodin. Peut-être alors est-ce le signe d’une dépendance du journaliste et du pouvoir, et inversement.


L’indépendance journalistique, soluble dans le champagne
 

 

Evacuons tout de suite les clichés sur la prétendue indépendance des journalistes : elle n’existe plus, elle n’a d’ailleurs jamais vraiment existé. Les rédactions, hier comme aujourd’hui, de gré ou de force, ont fait leur mutation féodale envers le pouvoir de l’argent, des grands propriétaires de la presse et des médias, jusque dans les recoins les plus nauséabonds de l’activité économique. La publicité – même en baisse – a d’abord pilonné le sacro-saint désir d’indépendance clamé haut et fort par tous les plumitifs de la profession. Le déroulement implacable de l’histoire, de la politique, des forces économiques, et des propos off de fins de banquets ont fait le reste. Nous sommes tous des faux indépendants. Pire : la perméabilité entre les pouvoirs politiques successifs, de droite, de gauche et même du centre, et les journalistes est à ce point visible qu’on entend parfois les cyniques dire : « La presse est tellement libre en France qu’elle n’est même plus obligée d’être impartiale. » Rares sont ceux qui assurent une réelle imperméabilité entre le pouvoir et leur métier, entre vie privée et vie publique. Car c’est très tentant de basculer de l’autre côté du rideau, et d’accepter – au nom de l’information - les invitations à dîner en ville, les (fausses) confidences, les cadeaux (parfois), les connivences… Pour preuve, depuis une quinzaine d’années, le nombre de journalistes qui deviennent des conseillers en communication des élus de tous bords, ou des communiquants de grandes marques. Personne n’est épargné. Peut-on alors réellement choisir ses amis, même quand on est journaliste ? Ce n’est quand même pas un sacerdoce ! C’est à voir… Un journaliste biographe de politiques dit lui-même : « Un journaliste n’a pas d’amis. Il n’a que des sources. » L’expression est suffisamment large pour que chacun y trouve son compte, et vienne y étancher sa soif. Si possible au champagne.
 

 

Journalisme et communication
 

 

Lycéen à Châteaudun, faculté de droit d’Orléans, Ecole de notariat à Paris d’où il décroche un diplôme de clerc de notaire, qu’il exerce d’abord dans une étude à Cloyes-sur-le-Loir. Et le destin de Richard Ode aurait pu s’arrêter là, dans la bourgeoisie balzacienne des notaires de province. Mais, à la Rastignac, le jeune Ode a une autre idée en tête : il veut devenir journaliste. Pour cela, il doit saisir les occasions, et assurer ses arrières : barman le jour, pompiste la nuit, enquêteur Insee, il parvient, en juin 1969, à entrer comme employé de presse à la République du Centre à Orléans. Peu après, il devient journaliste professionnel, « carte de presse n° 27.820. » S’en suivent 20 ans de plume dans ce quotidien régional. En 1990 cependant, à la faveur d’une restructuration comme le monde de la presse en a le secret mais pas l’exclusivité, Richard Ode franchit le Rubicon, et passe du côté des communicants. Il est aidé en cela par Pierre Trousset, alors président de la CCI. Il le nomme chargé de communication, et rédacteur en chef de Radio Val de Loire, une radio libre, d’une liberté somme toute assez relative puisque radio locale soutenue par la CCI de Loir-et-Cher. Qu’importe ! 10 ans au cours desquels Richard peut assouvir son goût des autres grâce à un sens inné du contact. En 1999, l’aventure s’arrête brutalement, et il décide de faire chemin inverse en redevenant journaliste à la pige. C’était risqué : une fois franchit la barrière, peu de journalistes parviennent à rentrer au bercail, souvent taxé de relaps par les vieux hiboux de la profession qui n’aiment guère cela. « One foot in sea, and one in shore, » dit Shakespeare, Richard Ode conserve un de ses pieds dans l’agence de communication SAM, installée à Blois, et il est en contrat avec l’association recherche et développement d’activités nouvelles (ARDAN). Correspondant de l’AFP pour le département, et pour La Renaissance du Loir-et-Cher, Richard se distingue pour ses papiers où règne une certaine liberté de ton et un style qu’il faut parfois épurer un brin. Il s’investit également dans le Club de la Presse du Val de Loire, et récemment dans le Petit Blaisois, groupe Petit Solognot.
 

 

Journaliste indépendant ?
 

 

Finalement, la seule vraie indépendance de Richard Ode, c’est celle qu’il a vécue. Né le 1er août 1946 à Bône en Algérie, orphelin de père à dix ans, il débarque à l’âge de 16 ans en France, avec sa grand-mère, sa mère et sa sœur à Cloyes-sur-le-Loir, le 30 octobre 1962. Mais des racines familiales, sont aussi à Mayres, en Ardèche. Ceux et celles qui ont un jour visité ce département cher à Jean Ferrat, auront peut-être traversé cet étrange village constitué d’une  rue principale bordée de maisons pour la plupart fermées, au beau milieu du col de la Chavade, reliant l’Ardèche et la Haute-Loire. Le climat y est particulièrement rude. Est-ce là, chez une de ses grands-mères, que Richard Ode commença à se patiner de cet air bourru, et ce marmonage permanent, souvent inaudible, dans une barbe gauloise qu’il taille deux fois par an ? Les historiens trancheront… 
Comme tous les pieds noirs qui ont pris le bateau du retour, une valise pour bagage avec toute une vie dedans, Richard Ode a gardé ce sentiment mélancolique d’abandon, de revanche froissée, de résignation nostalgique, de désir fou de résilience, et surtout une grande sensibilité chaleureuse. C’est le prix à payer des déracinés d’Afrique du Nord, « qui portaient comme une étoile jaune leur accent pied noir, » dit-il d’une voix qui s’étrangle. Or c’est sans doute là que l’on touche à l’émouvant de cette décoration : « Cette médaille, c’est l’Algérie, » dira-t-il dans les premiers mots qu’il adressera à la centaine de personnes venue assister à la cérémonie. Parmi elles, un certain Lucien Martin, « le premier Français à qui j’ai serré la main en arrivant, le 2 novembre 1962. A cette époque-là, quand on arrivait quelque part, ajouta-t-il, il n’y avait personne pour vous serrer la main.» La clé de lecture du personnage Richard Ode est probablement dans ce moment précis où, ayant tout laissé derrière lui, une nouvelle vie commence, à l’aube de sa vie adulte, une seule valise dans la main gauche, celle du coeur. Il y avait quelqu’un sur le chemin, qui a tendu la main… et le reste est venu.
 

 

Richard Ode est bien vivant, Christiane son épouse, et leurs trois filles Vanessa, Marjorie et Marion en témoignent avec fidélité et… une certaine patience. Pour l’heure, il convient, au nom de la Renaissance du Loir-et-Cher, où cet indépendant journaliste a signé un certain nombre de papiers, de féliciter ce nouveau Chevalier dans l’Ordre national du Mérite. Cette récompense ne signe pas, si nous pouvons nous permettre, une arrivée, ni une récompense, ni une consécration. Mais plus sûrement une invitation à poursuivre le chemin avec l’exemplarité qu’une telle médaille impose. Car l’indépendance, en effet, se mérite. C’est sans doute ce qui fait toute sa grandeur, et surtout sa rareté.

 

F.S
Carte de presse 110.044

 

 

Article paru dans La Renaissance du Loir-et-Cher, vendredi 12 avril 2013



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Gros mensonge

3 Avril 2013 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #l'évènement

 

 

Arbre à Bouge R                                      - Arbre à Bouge - (36)



Un jour, quand j’étais petit – environ 7 ou 8 ans je crois – j’ai dit un gros mensonge, et je l’ai soutenu à mon père, les yeux dans les yeux. C’était dans le Lot-et-Garonne, où nous vivions quelques années. Dans le jardin de la maison familiale, il y avait un mimosa, comme beaucoup de jardins de ce coin de Gascogne. C’était un jeune mimosa, et ses branches basses étaient à portée d’escalade pour le jeune garçon que j’étais à l’époque.
 

 

Mon père m’avait bien mis en garde : les branches étaient faibles, souples, elles pouvaient casser. Je ne devais pas monter dans l’arbre. Comme la relative souplesse des branches faisaient un effet ressort, j’aimais y monter quand même, lorsqu’il ne me voyait pas, et je rebondissais sur les branches basses. Un jour, peu avant de reprendre l’école entre midi et deux comme on disait, j’ai joué dans l’arbre. La branche a cassé. Je me suis trouvé très con, et je suis parti à l’école sans rien dire à personne. J’avais l’estomac noué, et j’ai passé un sale après midi à imaginer ce que j’allais pouvoir dire à mon père quand il verrait cela. Ça n’a pas raté : le soir, je suis rentré, mon père aussi. Il a fait le tour du jardin, avec ses chiens, comme il en avait l'habitude. Il a vu la branche du mimosa, pendante dans l’herbe. Il m’a demandé si c’était moi qui l’avais cassée, connaissant déjà la réponse. Alors j’ai dit : « non, ce sont les chiens, en jouant, qui l’ont cassée. » Mon père, abasourdi par cette énormité, m’a fait répéter. Et j’ai maintenu la même version débile, énorme, mais avec un aplomb et une effronterie telle qu’il ne savait plus quoi faire. Il m’a demandé, les yeux dans les yeux, si je ne mentais pas. J’ai dit : « non, papa, je te jure, je ne mens pas. »  « Menteur ! » s’était-il écrié. J’ai été privé de sortie dans le jardin et de télévision pendant 8 jours. Mon père ne m’avait pas cru. Il avait sévi, point. Et il est allé couper la branche à raz le tronc. Je suis resté avec mon remord longtemps, très longtemps, et aujourd’hui, bêtement, en repensant à cette histoire j’en éprouve encore, même si mon père n’est plus là et qu’il m’avait sûrement pardonné, au fond. Mais je lui avais menti, et juré le contraire.

Aujourd’hui, dans la presse et les médias, un certain Jérôme Cahuzac – à une échelle autrement plus importante – a dit qu’il avait menti. A tout le monde. Le président. Les députés. Les juges. Son avocat. Les journalistes. Le public. Les Français. Sa famille. Ses enfants. J’ignore comment ces derniers prendront la chose, et comment ils pourront réparer le lien cassé entre eux. Cela ne regarde personne. Pour le reste, il devra s’expliquer avec la justice et tout le tremblement médiatique qui l’accompagne.
 

 

Mais il y a une chose qu’il va trimbaler jusqu’à la fin de sa vie, c’est le remord. Il a menti. Il a masqué la vérité. Il a soutenu mordicus un énorme mensonge. Parce qu’il a eu peur.
 

 

Il a eu peur.
 

 

Peur.

 

 

Photo (c) Laetitia Forgeot d'Arc

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I have a dream...

2 Avril 2013 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne

 

 Osez franchir la frontière       (soupir...)  

 

 

 

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(c) M. Lucas. 08/2010. Gavarnie, Hautes-Pyrénées / Ordessa.

 

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La Religieuse

21 Mars 2013 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #chronique cinéma

 

 

  La Religieuse 3

 

 

Film de Guillaume Nicloux. Avec : Pauline Etienne, Louise Bourgoin, Isabelle Huppert. 1h54.

Guillaume Nicloux s’empare à son tour du roman de Denis Diderot, La Religieuse,  brûlot anticlérical racontant l’histoire de Suzanne Simonin, cadette illégitime d’une famille de commerçant, que ses parents forcent à prononcer des vœux dans un couvent pour mieux s’en débarrasser pour des raisons économiques. Jacques Rivette, en 1966, avait déjà produit un film que beaucoup qualifient de chef d’œuvre.
On ne peut reprocher à Guillaume Nicloux, par ailleurs plutôt réalisateur de polars noirs (on se souviendra peut-être de Cette femme-là, avec Josiane Balasko, ou encore du plus détendu Le Poulpe, avec JP Darroussin), de vouloir faire œuvre d’hérésie. Fidèle à Diderot – excepté pour la fin qu’on ne révèlera pas ni pour froisser les spectateurs, ni les lecteurs – il joue habilement de son œuvre en évitant notamment de verser dans l’anticléricalisme. Ce qui, par les temps qui courent, est plutôt bien vu. Il transforme son héroïne, magistralement campée par Pauline Etienne, en adolescente rebelle pour une cause aussi belle et forte que la vocation religieuse : la quête de la vérité, et de la liberté.
D’abord fasciné par la première mère supérieure, mystique qui accueille cette jeune fille à la vocation douteuse, elle est ensuite malmenée par sa remplaçante, Sœur Christine, qui, apprenant qu’elle veut briser ses vœux, lui mène une vie infernale, faite de brimades, d’humiliations et de châtiments corporels à faire perdre la foi au meilleur des néo-convertis. Changeant de couvent (passant des clarisses de Longchamp au couvent de Saint-Eutrope), Sœur Suzanne va alors tomber sous la coupe d’une autre mère supérieure qui essaie de l’amadouer par les sens, en tentant de la séduire. Cette dernière, devant l’indifférence et l’innocence de la chaste Suzanne, va sombrer dans la folie.
Là où réside peut-être le tour de force de Guillaume Nicloux, c’est d’avoir en quelque sorte inversé les rôles d’actrices qu’on aurait pu attendre. La sémillante Louise Bourgoin interprète la mère fouettarde, tandis qu’Isabelle Huppert joue la perverse. Futé.
Ce sont les deux appels du pied de Nicloux à la période contemporaine : si Diderot faisait état dans La Religieuse de ses doutes quant à l’utilité de la vie cloîtrée, Nicloux semble rappeler que deux fléaux sont encore bien présents et rejetés quasi unanimement aujourd’hui : la nocivité de l’intégrisme et des châtiments corporels d’une part. L’abus d’autorité pour abuser à son tour des jeunes novices d’autre part.
 

 

Les exégètes de Denis Diderot pourraient le lui reprocher. Le spectateur de 2013 en tirera normalement un plaisir cinématographique assumé, sans craindre l’apostasie, ni l’inquisition…

 

F.S

 

 

La Religieuse

                                            - Frotti, frotta -

 

 

 

La Religieuse 4

                                              - Frotte, frotte -

 

 

 

La Religieuse 2

 

 

 

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Aux marges d'une visite présidentielle

5 Mars 2013 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #l'évènement

 

 

 

SAB 6460 R

                                            - Quand c'est flou, il y a un loup -

 

 

 

SAB 6330 R

                                       - Véhicule diesel (mortel) -

 

 

 

  SAB 6342 R

                                        - Coeficient de marée -

 

 

 

 SAB 6276 R

                         - "Si j'avais un marteau, je réduirais la courbe du chômage" -

 

 

 

 SAB 6280 R

                                           - Touchons du bois -

 

 

 

 

 (c) Fred Sabourin. Blois, 4 mars 2013. Visite F. Hollande au CFA du bâtiment.

 

 

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