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Le jour. D'après fred sabourin

emerveillement

Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie

19 Août 2021 , Rédigé par F.S Publié dans #émerveillement, #patrimoine

Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie

En 1924, pour 80.000 Francs de l'époque, deux frères, Raymond et Alphonse Réthoré, acquièrent le château de la Mercerie, sur la commune de Magnac-Lavalette en Charente, à une portée de canon de Villebois-Lavalette. Il s'agit d'un manoir style Empire construit au début du XIXe siècle, le cadastre napoléonien de 1826 en atteste. Dans la dernière décennie du XIXe siècle, une tour carrée néo-romane avait été ajoutée par un descendant de la famille Mesnaud de Saint Paul.

Alphonse Réthoré, qui entreprit d'abord des études de médecines pour ensuite les abandonner et se consacrer quasiment en autodidacte à l'architecture, et son frère Raymond, d'abord journaliste puis maire de Magnac-Lavalette puis député de la Charente d'abord en 1936 sous l'étiquette radical-socialiste puis de 1958 à 1978 comme gaulliste, vont se consacrer à d'importants travaux, d'abord de réhabilitation et d'embellissement du logis ; puis la construction de la façade en trompe-l’œil de 220 mètres, se voulant une réplique du château de Versailles, comme d'autres pièces à l'intérieur, notamment une "galerie des glaces" ornée de grand panneaux azulejos, entre autres lambris, balustres, colonnades, peintures, sculptures etc.

Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie

Au milieu des années 70, les fonds commencent à manquer aux Réthoré. Les travaux cessent, excepté l'entretien de l'existant. En 1983, Alphonse décède, il est inhumé dans un pilier de la façade construite en imitation de celle de Versailles. En 1986, c'est Raymond qui décède à son tour, il sera inhumé de la même manière. Une plaque de marbre orne chacune des sépultures. Sans héritiers, c'est à Solange, leur fidèle secrétaire et ancienne gouvernante, que devait revenir le château. Las ! Elle meurt  dans un accident de voiture, c'est son frère qui en hérite finalement. Ce dernier organise une grande vente aux enchères en 1987 dans la grande galerie du château (sous les marteaux de Me Jean-Gérard Tasset et Robert Juge). Les nombreuses œuvres d'art collectionnées et amassées par Raymond durant ses voyages sont ainsi dilapidés, et le produit des enchères sert surtout à rembourser les dettes. Un antiquaire parisien, Bernard Steinitz, acquiert le château en 1988. Peu entretenu, les moyens manquant, le château sombre peu à peu dans l'abandon, se dégrade. C'est un vaisseau fantôme qu'on aperçoit de loin, et dont les Charentais s'approchent avec discrétion : le parc est l'occasion de pique-niques, mais l'intérieur demeure difficile à pénétrer. Finalement, en 2008, une société foncière gestionnaire d'actifs immobiliers, Foncière Volta, achète le château. En 2012 est signé un bail emphytéotique de 75 ans entre cette société et la mairie de Magnac-Lavalette et son maire, Didier Jobit. Une association "Château de la Mercerie" a a cœur de le restaurer, et progressivement il renait d'une ruine qui s'annonçait certaine.

Il se visite d'avril à novembre, on trouve les formations nécessaires à ces visites sur la page Facebook ChateauDeLaMercerie et sur le site www.chateaudelamercerie.fr  (d'où sont tirées la plupart des sources du commentaire ici présent).

F.S.

Photos (c) Fred Sabourin.

Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
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Portfolio : châteaux et villages de Charente (#1)

1 Juin 2021 , Rédigé par F.S Publié dans #émerveillement, #rural road trip, #voyage - voyage...

Au gré des pérégrinations charentaises, quelques images du château de La Rochefoucauld (XIIIe - XVIIe s.) ; du charmant village de Nanteuil-en-Vallée (son cimetière, son église Saint-Jean-Baptiste, sa pincée de tuiles...) ; du non moins charmant village de Verteuil-sur-Charente (son château propriété des La Rochefoucauld - vendu à un Autrichien pour environ 2.8 M€ - sa sénéchalerie, sa descente de croix, ses vieux...).

- Nanteuil-en-Vallée -
- Nanteuil-en-Vallée -
- Nanteuil-en-Vallée -
- Nanteuil-en-Vallée -
- Nanteuil-en-Vallée -

- Nanteuil-en-Vallée -

- La Rochefoucauld ("la Roche à Foucauld") XIIIe - XVIIe s. -
- La Rochefoucauld ("la Roche à Foucauld") XIIIe - XVIIe s. -
- La Rochefoucauld ("la Roche à Foucauld") XIIIe - XVIIe s. -
- La Rochefoucauld ("la Roche à Foucauld") XIIIe - XVIIe s. -
- La Rochefoucauld ("la Roche à Foucauld") XIIIe - XVIIe s. -
- La Rochefoucauld ("la Roche à Foucauld") XIIIe - XVIIe s. -
- La Rochefoucauld ("la Roche à Foucauld") XIIIe - XVIIe s. -
- La Rochefoucauld ("la Roche à Foucauld") XIIIe - XVIIe s. -
- La Rochefoucauld ("la Roche à Foucauld") XIIIe - XVIIe s. -
- La Rochefoucauld ("la Roche à Foucauld") XIIIe - XVIIe s. -

- La Rochefoucauld ("la Roche à Foucauld") XIIIe - XVIIe s. -

- Verteuil-sur-Charente -
- Verteuil-sur-Charente -
- Verteuil-sur-Charente -
- Verteuil-sur-Charente -

- Verteuil-sur-Charente -

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Avant, pendant et après la pluie

17 Mai 2021 , Rédigé par F.S Publié dans #émerveillement, #voyage - voyage...

Avant, pendant et après la pluie

Trois jours de pluie en Corrèze. Quelques rayons de soleil. La terre a bu, jusqu'à l'ivresse, jusqu'à crier "grâce". Le ciel, dans sa colère noire, finissait parfois par entendre la plainte, et cessait en de fugaces moments de déverser ses hectolitres d'eau. La lumière devenait soudainement féérique, accentuant la rigueur et la rusticité de cette terre sauvage, isolée, emplie de solitude et de silence. Murs épais de granit, toitures de lauzes ; clochers surgissants des évaporations ; tours défensives ou tours escaliers ; demeures cossues aux jardins clos bordés de rhododendrons... Sans prévenir, les bourgs et hameaux corréziens se laissaient découvrir, entre deux ruisseaux qui, pluies diluviennes obligent, se prenaient pour des torrents de montagne. Le Massif-Central était si près, qu'entre deux nuages nous aperçûmes le Plomb du Cantal et/ou le Puy Mary (si proches que de loin on pourrait croire qu'ils se touchent). Cette Corrèze est une terre pour voir et regarder. Une terre pour marcher, sentir, écrire. Une terre rude, escarpée, néanmoins attachante. Une terre à revoir...

- La Roche-Canillac -
- La Roche-Canillac -
- La Roche-Canillac -
- La Roche-Canillac -
- La Roche-Canillac -
- La Roche-Canillac -
- La Roche-Canillac -

- La Roche-Canillac -

- Champagnac-la-Prune ; Gimel-les-Cascades ; Egletons ; Sentier du Moulin de la Mère -
- Champagnac-la-Prune ; Gimel-les-Cascades ; Egletons ; Sentier du Moulin de la Mère -
- Champagnac-la-Prune ; Gimel-les-Cascades ; Egletons ; Sentier du Moulin de la Mère -
- Champagnac-la-Prune ; Gimel-les-Cascades ; Egletons ; Sentier du Moulin de la Mère -
- Champagnac-la-Prune ; Gimel-les-Cascades ; Egletons ; Sentier du Moulin de la Mère -
- Champagnac-la-Prune ; Gimel-les-Cascades ; Egletons ; Sentier du Moulin de la Mère -
- Champagnac-la-Prune ; Gimel-les-Cascades ; Egletons ; Sentier du Moulin de la Mère -
- Champagnac-la-Prune ; Gimel-les-Cascades ; Egletons ; Sentier du Moulin de la Mère -

- Champagnac-la-Prune ; Gimel-les-Cascades ; Egletons ; Sentier du Moulin de la Mère -

- Beaulieu-sur-Dordogne ; Argentat-sur-Dordogne -
- Beaulieu-sur-Dordogne ; Argentat-sur-Dordogne -
- Beaulieu-sur-Dordogne ; Argentat-sur-Dordogne -
- Beaulieu-sur-Dordogne ; Argentat-sur-Dordogne -
- Beaulieu-sur-Dordogne ; Argentat-sur-Dordogne -
- Beaulieu-sur-Dordogne ; Argentat-sur-Dordogne -
- Beaulieu-sur-Dordogne ; Argentat-sur-Dordogne -
- Beaulieu-sur-Dordogne ; Argentat-sur-Dordogne -

- Beaulieu-sur-Dordogne ; Argentat-sur-Dordogne -

- Argentat-sur-Dorgogne -
- Argentat-sur-Dorgogne -
- Argentat-sur-Dorgogne -
- Argentat-sur-Dorgogne -

- Argentat-sur-Dorgogne -

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Surgissement roman

11 Avril 2021 , Rédigé par F.S Publié dans #émerveillement, #rural road trip

- Saint-Sulpice-de-Ruffec -
- Saint-Sulpice-de-Ruffec -
- Saint-Sulpice-de-Ruffec -
- Saint-Sulpice-de-Ruffec -
- Saint-Sulpice-de-Ruffec -

- Saint-Sulpice-de-Ruffec -

Étonnant art roman, dans ces bourgs isolés perdus au milieu d'un triangle compris entre les bourgs de Verteuil-sur-Charente, Nanteuil-en-Vallée, et la pointe au sud qui serait entre Aunac-sur-Charente et Mouton. Dans ce triangle d'or, méconnu des Charentais (sauf ceux du coin, mais combien en reste-t-il ?), les routes serpentant au milieu de quelques mamelons et vallons tantôt boisés, tantôt plantés de blés et de colzas, mènent à des petits bourgs d'une cinquantaine d'habitants, une centaine tout au plus. Saint-Sulpice-de-Ruffec, Saint-Georges, Saint-Gourson, Couture, Poursac, Chenon, Chenommet... Ces villages séculaires sont bordés par le fleuve Charente (Verteuil, Chenon, Chenommet, Aunac), ou par des petites rivières aux noms chantants : l'Argentor, qui réunit l'Argent et l'Or ; le ruisseau de la Tiarde ; le Son-Sonnette qui réunit le Son et la Sonnette. 

Qu'on y arrive en voiture, il faut couper le moteur pour jouir du silence d'une campagne paisible, de paysages semblants immuables, où seuls les aboiements d'un chien ou le ronronnement d'un tracteur troublent le calme ambiant. Mais le mieux est encore de les parcourir à pied, ou d'y parvenir à vélo. C'est d'ailleurs un pays qui semble se découvrir ainsi : les balises de chemins de randonnées, les fameux "chemins noirs" chers à Sylvain Tesson (qui sont noirs sur la carte mais en réalité blancs sous les godillots) en témoignent. 

Comme semés par une main invisible, surgissent des bois qu’on peine à nommer « forêts » ; ils font comme des taches sombres entre deux champs de blé ou d’orge en herbe. D’un coup, comme des soleils éclatants qu’on peine à soutenir du regard, ce sont les champs de colza qui illuminent l’espace et rehaussent les pierres romanes d’une église, d’un logis, de murs en pierres sèches. Ici, Saint-Sulpice ; là Saint-Hilaire ; là-bas Saint-Georges. On entrebâille la porte de ces églises pratiquement millénaires, c'est à peine si l'on dérange la poussière, on sent sous les pieds le dallage en "cœur de demoiselle" ou pavés plus larges, comme des pierres tombales. 

À combien de kilomètres sommes-nous de chez nous, déjà ? Qu'importe : hors du temps et totalement dans l'histoire, baignés par la géographie, captés par l'art roman que les bâtisseurs médiévaux voulaient éternel, au seuil de ces édifices romans, nous sommes à l'entrée de l'éternité.

- Saint-Georges (église et cimetière) -
- Saint-Georges (église et cimetière) -
- Saint-Georges (église et cimetière) -
- Saint-Georges (église et cimetière) -

- Saint-Georges (église et cimetière) -

- Chenon église Saint-Antoine-le-Grand (chapelle castrale) -
- Chenon église Saint-Antoine-le-Grand (chapelle castrale) -
- Chenon église Saint-Antoine-le-Grand (chapelle castrale) -
- Chenon église Saint-Antoine-le-Grand (chapelle castrale) -
- Chenon église Saint-Antoine-le-Grand (chapelle castrale) -

- Chenon église Saint-Antoine-le-Grand (chapelle castrale) -

- Aizecq, église Saint-Pierre, logis et maison natale de saint Pierre Aumaître -
- Aizecq, église Saint-Pierre, logis et maison natale de saint Pierre Aumaître -
- Aizecq, église Saint-Pierre, logis et maison natale de saint Pierre Aumaître -
- Aizecq, église Saint-Pierre, logis et maison natale de saint Pierre Aumaître -

- Aizecq, église Saint-Pierre, logis et maison natale de saint Pierre Aumaître -

- Nanclars, église prieurale Saint-Michel -
- Nanclars, église prieurale Saint-Michel -
- Nanclars, église prieurale Saint-Michel -
- Nanclars, église prieurale Saint-Michel -

- Nanclars, église prieurale Saint-Michel -

- Moutonneau, église Saint-Vivien et château -
- Moutonneau, église Saint-Vivien et château -
- Moutonneau, église Saint-Vivien et château -

- Moutonneau, église Saint-Vivien et château -

- Mouton, église Saint-Martial -
- Mouton, église Saint-Martial -
- Mouton, église Saint-Martial -

- Mouton, église Saint-Martial -

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Dans la solitude des champs de colza...

2 Avril 2021 , Rédigé par F.S Publié dans #rural road trip, #émerveillement, #quelle époque !

Dans la solitude des champs de colza...

Comme l'année dernière à pareil époque, les spécialistes de l'enfermement tentent de maintenir le vulgum pecus claquemuré à domicile ; mais, changement notable, la laisse s'est légèrement allongée. Dix kilomètres "à vol d'oiseau", quelle aubaine ! Monsieur est trop bon ! Encore un peu et reviendra la règle des "cent kilomètres"... L'avantage c'est qu'au delà de mille mètres, les gens ne savent généralement plus compter. "En avant, calme et fou" donc, comme dirait Sylvain Tesson !

C'est assez pour aller admirer l'église Saint-Denis de Lichères, plantée là au milieu des champs de colza et de céréales en pleine ascension vers le ciel, d'un bleu immaculé (on regrette cependant l'absence de quelques nuages blancs façon moutons). Elle vaut le détour, au débouché de la bien nommée "route des quatre-vents".

Elle date du XIIe siècle, et dépendait de l'abbaye de Charroux, dans le Poitou voisin. Les explications quant à l'isolement de sa construction ne sont pas légions, l'hypothèse la plus répandue consiste à penser qu'elle devait servir pour des pèlerinages de lépreux, d'où sa construction à l'écart du bourg (elle a la faveur du journaliste et essayiste charentais Jean-Claude Guillebaud par exemple). La proximité de la Charente et de ses crues est peut-être une explication plus pragmatique et prosaïque.

Gorgée d'un soleil printanier qui se hausse du col pour imiter celui d'un plein été, l'église Saint-Denis - malheureusement gâtée à l'horizon par d'inesthétiques mâts contemporains d'aérogénérateurs autrement nommés "éoliennes" - émerge des cultures environnantes, essentiellement du colza, planté à quelques mètres de ceux de l'année dernière à pareil époque. C'est beau à en attraper une fracture de l’œil. On n'en demandait pas moins. Elle a un petit goût de reviens-y. On ne va pas s'en priver...

Photos (c) F.S, 1er avril 2021.

Dans la solitude des champs de colza...
Dans la solitude des champs de colza...
Dans la solitude des champs de colza...
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Préhistoire en Charente : les Vachons

25 Février 2021 , Rédigé par F.S Publié dans #émerveillement, #rural road trip

Préhistoire en Charente : les Vachons
Préhistoire en Charente : les Vachons
Préhistoire en Charente : les Vachons
Préhistoire en Charente : les Vachons

Sur la commune de Voulgezac (16) se trouve le site des Vachons, au lieu-dit "Prés-Vachons", au pied d'une ligne de falaise karstiques d'une trentaine de mètres de hauteur. Le site est traversé par un affluant de la Boême, qui trouve sa source dans la Font-Robert, puis traverse un étang formé par une retenue d'eau en aval. Dès 1867, A. Trémeau de Rochebrune manifesta un intérêt pour le site, qui fut ensuite fouillé. Une douzaine de grottes et abris, d'Est en Ouest, composent les Vachons. Le plus connu, l’Oeil de bœuf, a été fouillé par A. Coiffard avec minutie, surtout entre 1914 et 1922, jusque dans les années 1929-1933.  Silex, pierres taillées et os calcinés furent découverts, remontant à la période aurignacienne du Paléolithique supérieur (-30.000 à -25.000 ans).

Le gisement des Vachons est le seul à avoir livré des restes humains contemporain du Périgordien (-27.000 à -20.000 ans) : il s'agit d'une molaire supérieure gauche portant des traces d'action humaine. Dans les niveaux aurignaciens de fouilles archéologiques, d'autres molaires, qui pouvait appartenir à la même mandibule. 

Source : André Debénath : Néandertaliens et Cro-Magnons, les temps glaciaires dans le bassin de la Charente. Ed. le Croix Vif, 2006.

Préhistoire en Charente : les Vachons
Préhistoire en Charente : les Vachons
Préhistoire en Charente : les Vachons
Préhistoire en Charente : les Vachons
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Et, soudain, à 18 heures...

16 Février 2021 , Rédigé par F.S Publié dans #quelle époque !, #émerveillement

Et, soudain, à 18 heures...
Et, soudain, à 18 heures...

C'est peut-être l'unique - je dis bien l'unique - avantage à cet absurde couvercle qui tombe sur la tête des Français depuis un mois : à 18 heures pile, la nature se vide des hommes (et des femmes, comme ça, pas de jalouses), pour laisser monter en solitaire le soir où seuls quelques irréductibles Gaulois - les vrais, pas les sois-disant réfractaires qui ont peur que le ciel leur tombe sur la tête - peuvent profiter d'un silence de cathédrale. Celui-ci remémore le printemps dernier, en mars-avril, quand seul le chant du coucou déchirait le silence d'une campagne vidée des humains, claquemurés chez eux, morts de trouille. Ils n'ont rien vu venir, pas même le printemps, à peine du bout de leur grillage des jardins clos, par delà les murs des quartiers de leurs villes, dont ils ne pouvaient s'éloigner à plus d'un kilomètre. 

Dix-huit heures donc. Seul le souffle du vent ose briser le silence, quelques chants d'oiseaux qui se pressent de rejoindre, eux aussi, leurs nids ; des palombes effrayées par notre arrivée ; peut-être dans les sous-bois le craquement de sabots de biches sur les feuilles mortes. À cet instant la sève d'une terre bientôt assoupie monte dans tout notre être et dans l'âme ; on se surprend à réciter quelques vers.

"Je ne parlerai pas, je ne penserai rien, mais l'amour infini me montera dans l'âme. Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien, par la Nature - heureux comme avez une femme". (Arthur Rimbaud ; Sensation. 1870).

C'est à peine si l'on entend la rumeur d'une route au loin, très loin là-bas, à l'ouest, où rien de nouveau n'arrive, pas plus qu'hier. Le beau blond descend peu à peu et perce les derniers nuages ; nous le saluons tête nue comme il se doit. La fraîcheur du vent commence à se faire sentir, mais elle n'est point gênante. On s’enivre à pleins poumons ! Cet instant ne dure que quelques minutes, que l'on s'empresse d'éterniser. "Il est d'autres soldats en ville, et la nuit montent les civils. Remets du rimmel à tes cils, Lola, qui t'en iras bientôt. Encore un verre de liqueur... Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Et leurs baisers au loin les suivent. (...) Comme des soleils révolus" (Aragon).

Rien ni personne ne nous volera ces moments, surtout pas les stratèges de l'enfermement qui bouclent jusqu'aux esprits faibles. En bas, dans la plaine, les braves gens peuvent dormir tranquilles. Voici la nuit. Sur la table de chevet, le réveil est réglé à six heures du matin. Ce jour nouveau sera - ils feignent de l'ignorer - difficile...

Et, soudain, à 18 heures...
Et, soudain, à 18 heures...
Et, soudain, à 18 heures...
Et, soudain, à 18 heures...
Et, soudain, à 18 heures...

Photos (c) F.S. Vallée des Eaux-Claires (Pymoyen, 16).

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Bassac : le vaisseau fantôme

26 Janvier 2021 , Rédigé par F.S Publié dans #rural road trip, #émerveillement

Bassac : le vaisseau fantôme
Bassac : le vaisseau fantôme
Bassac : le vaisseau fantôme
Bassac : le vaisseau fantôme

Bassac, l'abbaye. Fondée en 1009 environ par le conte de Jarnac, Wardrade, et son épouse Rixendis. Abbaye bénédictine, réformée par la congrégation de Saint-Maur au milieu du XVIIe s., elle est vendue bien national à la Révolution, puis peu à peu abandonnée, malgré son classement MH en 1880. En 1947, la Fraternité des Missionnaires de Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus, arrivant de Vendée, et acquièrent l'abbaye, en ruine. Les restaurations successives lui redonnent son éclat et son âme. Ils quittent l'abbaye en 2012, affaiblis par l'obligation de remise aux normes,  insoutenables à mettre en œuvre pour poursuivre l'accueil de groupes sur plusieurs jours. Acquise par la SCI de l'abbaye de Bassac en 2015, elle pourra devenir un centre spirituel et culturel d'envergure... si 12 millions d'€ sont levés ! La recherche de fonds et de mécénat sera mené par la Fondation de l'Abbaye de Bassac. Mais le projet tarde visiblement à voir le jour (la premières tranche de travaux était annoncée pour 2018-2020), et l'abbaye a triste mine.

Malgré les incertitudes qui planent encore - la période est propice à cela - l'âme de l'abbaye demeure, malgré les coulures de rouille sur les murs, et les peintures écaillées. Dans la mélancolie pluvieuse et grise d'un dimanche d'hiver, aux allures de vaisseau fantôme, Bassac garde le charme puissant d'une abbaye millénaire, telle qu'elle l'a toujours été même aux plus difficiles heures de son histoire. 

[Photos : (c) Fred Sabourin]

Bassac : le vaisseau fantôme
Bassac : le vaisseau fantôme
Bassac : le vaisseau fantôme
Bassac : le vaisseau fantôme
Bassac : le vaisseau fantôme
Bassac : le vaisseau fantôme
Bassac : le vaisseau fantôme
Bassac : le vaisseau fantôme
Bassac : le vaisseau fantôme
Bassac : le vaisseau fantôme
Bassac : le vaisseau fantôme
Bassac : le vaisseau fantôme
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Cellefrouin : lanterne des morts et église abbatiale Saint-Pierre

24 Janvier 2021 , Rédigé par F.S Publié dans #rural road trip, #émerveillement

Cellefrouin : lanterne des morts et église abbatiale Saint-Pierre
Cellefrouin : lanterne des morts et église abbatiale Saint-Pierre

Voici Cellefrouin, et sa célèbre lanterne des morts. Époque romane fin XIIe siècle, il était hissée au sommet une lampe allumée, censée guider les défunts dans leur passage dans l'au-delà. Classée Monument historique en 1886. Elle est située dans le cimetière communal de Cellefrouin, à la confluence du Son et de la Sonnette, donnant naissance au Son-Sonnette. Une autre lanterne des morts charentaise très connue également est située à Pranzac, près de La Rochefoucauld. 

Cellefrouin : lanterne des morts et église abbatiale Saint-Pierre
Cellefrouin : lanterne des morts et église abbatiale Saint-Pierre
Cellefrouin : lanterne des morts et église abbatiale Saint-Pierre

L'église abbatiale Saint-Pierre de Cellefrouin, est fondée vers 1025 par l'évêque de Périgueux Arnaud de Vitabre. Rattachée à l'abbaye de Charroux au tout début du XIIe s., elle reprit son autonomie sous la règle de saint Augustin, puis de saint Benoît sur ordre du Pape Urbain II. Ne subsiste que l'église abbatiale - l'une des plus anciennes de Charente - les bâtiments monastiques ayant disparu. 

(c) Fred Sabourin. Janvier 2021. 

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L'heure bleue à Saint-Amant-de-Boixe

11 Janvier 2021 , Rédigé par F.S Publié dans #émerveillement

À force de nous empêcher de mourir, on nous empêche de vivre. Et si ça continue on finira par mourir quand même.

La contemplation, c'est finalement tout ce qui nous reste - avec nos yeux pour pleurer - à admirer pour se cultiver, un peu, pendant cette période de crise sanitaire, économique, politique. Les théâtres, cinémas, musées et lieux d'expositions étant considérés comme "non essentiels" par ceux qui nous gouvernent, il reste certains lieux patrimoniaux ouverts, fort heureusement.

L'abbatiale de Saint-Amant-de-Boixe est de ceux-là. Les vitraux et le chœur, fraîchement rénové et récemment rouvert à l'admiration du public, permettent de se régaler d'un spectacle comme peu d'édifices peuvent y prétendre.

L'heure bleue à Saint-Amant-de-Boixe
L'heure bleue à Saint-Amant-de-Boixe
L'heure bleue à Saint-Amant-de-Boixe
L'heure bleue à Saint-Amant-de-Boixe

"Mentionnée pour la première fois dans les textes en 888, l'abbaye est refondée un siècle plus tard par la volonté du comte d'Angoulême, Arnaud. Vers 1025, son fils Guillaume IV Taillefer accomplit la volonté du père : construire une abbaye. Le succès est rapide, si bien que l'abbé Guillaume décide de reconstruire la partie orientale de l'église abbatiale. Le 1er octobre 1125, cette première campagne de travaux est achevée. Puis, la nef, réservée à la paroisse, est reconstruite sur les fondations de l’ancien édifice. La consécration du nouvel édifice a lieu en présence de nombreux dignitaires le 15 novembre 1170.

Au XIIIe siècle, l’abbaye est dévastée par un gigantesque incendie. Le cloître et le chœur de l’église sont reconstruits et voûtés d’ogives. L’abbaye reste prospère jusqu’au XIVe siècle. Par la suite, le long déclin de l’abbaye commence.

Elle est tout d’abord ruinée lors de la guerre de Cent Ans. Puis les guerres de Religion et le régime des abbés commendataires la vident de ses richesses temporelles et spirituelles..."

L'heure bleue à Saint-Amant-de-Boixe
L'heure bleue à Saint-Amant-de-Boixe
L'heure bleue à Saint-Amant-de-Boixe
L'heure bleue à Saint-Amant-de-Boixe
L'heure bleue à Saint-Amant-de-Boixe
L'heure bleue à Saint-Amant-de-Boixe
L'heure bleue à Saint-Amant-de-Boixe

"... En 1572 l’abbaye ne compte déjà plus que douze moines et, deux en 1774. Cette même année un édit royal supprime la mense conventuelle et l’affecte au Séminaire d’Angoulême. Mais la Révolution Française empêchera la réalisation de ce projet.

En 1791, les bâtiments abbatiaux sont vendus comme biens nationaux, et l’église devient paroissiale. Tout au long du XIXe siècle, la commune cherche des subventions pour pallier à la ruine de l’église. En 1840 celle-ci est classée Monument Historique. Mais il faut attendre 1897 pour que d’ambitieux travaux de restauration, à la mesure du mal, soient enfin réalisés. En 1935 le cloître et les bâtiments abbatiaux sont classés.

Rachetés en 1973 par la commune, ils seront restaurés à partir de 1985. En 1999 l’abbaye s’oriente vers une nouvelle vocation : accueillir en ses murs l’Espace d’architecture romane, qui sera inauguré en 2008. Depuis 2016, une thèse de doctorat est en cours, sous la direction de Cécile Treffort (Centre d’Études Supérieures de Civilisation Médiévale, UMR 7032, Université de Poitiers, CNRS). De nos jours, l’histoire continue avec les travaux de restauration du chœur qui seront lancés en 2017".

(Source : https://abbayesaintamantdeboixe.fr/ )

Un sujet de France 3 Nouvelle Aquitaine (décembre 2020) à lire et voir ici.

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