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Le jour. D'après fred sabourin
Articles récents

Enquête approfondie ?

14 Octobre 2011 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #quelle époque !

 

 

 

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La PQR de Loir-et-Cher envoie du lourd aujourd'hui !

Ce que l'enquête ne dit pas, c'est si DSK a été aperçu, ou non, dans les parages...

 

 

IMGP3378 Rec

 

Chaud bouillant la vie d'un localier dans le romorantinais...

 

 

 

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Été indien, automne ligérien

6 Octobre 2011 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #quelle époque !

 

 

IMGP3297 R

                                                              - Se ramasse à la pelle -  

 

 

Comme beaucoup, j’aime bien l’été indien. Après l’été pourri, que le soleil revienne en force pendant dix jours n’était pas pour me déplaire. Evidemment, quand on peut ne rien faire et en profiter c’est mieux. Sinon, tant pis, on a au moins la satisfaction de sortir le matin sans pull.
 Mais si j’aime l’été indien, pour autant je vois arriver l’automne ligérien (pour la deuxième année consécutive) avec une certaine gourmandise. Celui-ci m’a littéralement sauté à la figure mercredi après-midi, alors que je me rendais dans un gros bled de campagne de Loir-et-Cher pour un très banal reportage dans un accueil de jour pour personnes atteintes du désormais célèbre Alzheimer. En longeant la Loire – et parce que, pour une fois, j’étais en avance – ses rives apparaissaient chaudes, jaunissantes. Je me suis souvenu combien depuis l’enfance j’aimais ces fin septembre, début octobre, et combien la saison pouvait être belle, en montagne notamment où j’ai eu souvent ces dernières années l’occasion de me rendre au début de l’automne. Douceur des lumières, de la température, absence des foules touristiques aux endroits d’ordinaires farcis de lardons morveux accompagnés de parents qui ne le sont pas moins, ou de cars touristiques débordant de troisième âge tirant sérieusement sur le quatrième, petite vitesse et grand doucement. Je me suis souvenu de ce tic, depuis toujours, de passer une partie de l’automne avec un marron dans la poche, le prenant régulièrement dans ma main pour en apprécier son aspect lisse. C’est le moment où le moindre sous-bois sent les champignons et où l’atmosphère des ruelles des villages, mais aussi des petites villes, s’emplissent d’odeurs de feux de bois et de feuilles mortes. C’est le moment où l’on regarde dans le placard sont manteau d’hiver, mais pas trop vite, avant il y a celui, bien connu, de l’inter-saison.
Comme j’étais en panne d’inspiration pour conclure ce billet, de ma fenêtre ouverte (c’est mon côté malsain donnant sur la rue, comme dirait Thomas Fersen) me vient la note finale en la personne d’une feuille rougeoyante venue mourir sur le radiateur, encore éteint fort heureusement. Un signe de quoi, je n’en sais fichtrement rien, mais ça sent l’automne à plein nez.

 

 

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Inauguration officielle d’une école maternelle « Jules Ferry » (le pauvre !), rue Lewes à Blois. Rénovation faite dans le cadre du « plan de rénovation urbaine», truc ripoliné pour faire croire aux gens qu’ils sont considérés par les élus pour lesquels la plupart du temps ils ne votent pas (pas le droit de vote ou pas envie de voter pour les mêmes depuis toujours…). Dans le quartier en question, 77% d’abstention au premier tour des dernières élections cantonales. 22% pour le Effe Haine. C’est le canton du maire (PS).
Une école dont la construction répond aux « nouvelles exigences de qualité environnementale, un bâtiment durable » comme on dit aujourd’hui. Le mot « exigences » prend tout son sens quand on sait qu’il provient du fameux Grenelle de l’environnement tout droit sorti du ministère du même nom, à l’époque ou un certain JL Borloo en était encore le chaperon, avant d'être prié d'aller voir ailleurs s'il y était (il n'y est pas non plus).
Circuit d’air fermé dans les classes dont les fenêtres… ne s’ouvrent pas (pour éviter que les morveux ne se défenestrent de dépit ou d’ennui ?). Ça va sentir le lapin dans les classes à la fin de la journée… Sans compter sur l’apparition des premiers virus et leur capacité à se reproduire en vase clos. Et pas un de ces élus pour s’en émouvoir lors du vernissage. Normal : ils ont signé eux-mêmes les projets de cette splendeur.

 

 

 

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                                                   - Comment peut-on s'imaginer ? -

 

 

 

 

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Vos papiers !

4 Octobre 2011 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #quelle époque !

 

Ragondins

 

 

 

C'est vrai, la politique de lutte contre la délinquance sous toutes ses formes est en action. Perspective 2012 oblige, il faut contrôler ma bonne dame, y faut con-trô-ler ! Histoire que le Français moyen qui pourrait voter Effe Haine ne se trompe pas dans l'isoloire le jour où.

Mais enfin de là à s'attaquer à ces (sales) petites bêtes, faudrait quand même pas éxagérer.

Plus sérieusement (si l'on peut dire), la lecture de cette perle de la PQR (Presse quotidienne régionale), nommée ici la "Nou-Nou" (Nouvelle République), nous apprend que le ragondin, comme beaucoup d'autres nusibles, a été introduit sur le sol français dans les années 70. Devinez d'où il venait ? Des Etats-Unis pardi ! Ce proche cousin du castor, outre le fait de se reproduire comme des lapins adeptes de la méthode billings (trois portées de six petits par an), s'avère être un redoutable mineur qui creuse les berges des rivières, entrainant du même coup des pans entiers et des arbres dans la flotte.

On connaît pareil mésaventure avec les marmottes, introduites dans les années 50 grâce à deux gogos écolos précurseurs dans les Pyrénées (elles venaient des Alpes), et qui font de telles galeries sur les pentes que les eaux de pluie ravinnent, érodent trop rapidement et artificiellement les montagnes de Pyrène, qui ont toute notre tendresse comme chacun sait ici.

Mais si on se met à contrôler les ragondins, alors nous voilà rassurés. Et très franchement, nous préfèrons la tronche de ces deux "pandores" à celles habituellement rencontrées - rarement cela dit, à cause des sous-effectifs et c'est tant mieux. Au moins, ces deux-là, on pourrait les retrouver au bistrot sans craindre la contredanse en sortant.

 

 

 

 

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J'avoue

2 Octobre 2011 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #émerveillement

 

 

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                                                       - J'arrive -

 


J’avoue, j’ai un faible pour le matin tôt. L’aube, l’aurore. L’instant où le jour se lève, dites-le comme vous voulez. La lumière est, selon moi, incomparable. Rien à voir avec les innombrables couchers de soleil curieusement nommés romantiques, même si certains sont en effet très beaux. Mais le matin, point de romantisme. C’est l’heure où les braves ne sont même pas encore paupières ouvertes. Il s’agit de s’arracher au confort d’un lit chaud, ce que peux de gens consentent à faire s’il n’y a pas l’obligation du boulot à rejoindre.
Pendant deux ans, j’ai contemplé ces aurores, chaque fois différentes, à Lyon et Privas, rejoignant une radio pour y tenir le micro avant que les poules n’ouvrent l’œil. Il m’en a coûté, souvent, de m’arracher aux bras de Morphée, comme on dit, pour me retrouver dans la rue froide et encore dans la nuit, vers 5 heures du matin. Mais j’ai assisté, quasiment chaque jour, à un spectacle superbe, jamais le même, y compris lorsque les brumes hivernales enveloppaient tout et cela pour la journée. J’ai vu des soleils embraser les Alpes depuis la colline de Fourvière, du Mont-Blanc jusqu’au Grand Vémont. Des montées de nuages lourds au dessus de Privas, poussés par des vents de sud remontant la vallée du Rhône, ou des matins secs frigorifiés par la bise venue du nord et qui faisait craquer de froid tout ce qu’elle rencontrait sur son passage. A Rouen, les lumières lointaines du port scintillaient dans les brouillards épais et la flèche de la cathédrale disparaissait dans son épais coton.
L’aube, l’aurore, le petit matin, dès potron-minet, tous ces mots et expressions qui ne s’offrent qu’aux vrais solitaires seuls témoins de cette magie d’un jour qui se lève, et qui sera ni jamais le même, ni aussi différend qu’on aurait aimer le croire. Il faudrait être peintre pour figer ces instants impressionnistes, impressionnés, sublimés par la lumière exceptionnelle qui monte de la nuit. Je ne suis que photographe, et tous les sens sont en éveil lorsque se lève la lueur de l’aube. Elle nous arrache à la nuit, nous projette malgré nous dans la journée – encore une ! – jusqu’à ce soir, peut-être…
Ou demain, qui sait.

 

 

 

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Eloge de la folie

21 Septembre 2011 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #quelle époque !

 

 

 

Dimanche soir, j’ai préféré Camille Claudel, film de Bruno Nuytten, à la confession publique de DSK chez Claire Chazal. Aucun regret d’avoir sans doute fait partie des 2% d’audience de la chaîne franco-allemande que tout le monde déclare regarder mais dont les chiffres d’audimats avoisinent ceux d’Arlette Laguiller à une présidentielle. Dans les deux cas, c’était une soirée où on flirtait avec la folie.
Celle de DSK, le séducteur le plus rapide et le plus persuasif de la planète, qui réussit à emballer - sans forcer ni violer - une femme de chambre jamais vue auparavant, en neuf minutes chrono. Séduction à la française, en leçon (très) accélérée. Attention, ne vous y méprenez pas : ce n’était ni tarifé, ni forcé, ni agressif, jure l’intéressé. Le tout, rappelons-le à l’envie, en trois fois ce qu’il faut de temps pour faire cuire un œuf à la coque. Pas mal. Au bénéfice du doute, violé lui aussi, il avait pris sa douche avant. Il a gagné du temps sur l’après. Bref, passons la camisole et allons voir ailleurs si on y est. Il n’y a que les treize millions de gogos téléspectateurs pour s’y laisser prendre. Et Martin Bouygues, ami du puissant de la République irréprochable, pour se frotter les mains.

Justement sur Arte, on se frottait les mains aussi, sur de la glaise ou du marbre sculpté. L’histoire de Camille Claudel, élève puis maîtresse, puis muse d’Auguste Rodin, avant d’être délaissée par ce dernier et finir sa vie dans la misère, l’abandon, l’internement. D’abord ignorée, puis admirée, elle fut salement lâchée par le maître, incapable de choisir entre sa femme – d’une jalousie assez démonstratrice – et celle dont le talent surpassait le sien finalement. Ce dernier feignait de ne pas s’en apercevoir, quand tout le monde le murmurait derrière les rideaux. D’elle, on peut désormais admirer une cinquantaine de sculptures au musée Rodin.
De 1889 à 1913, elle a vécu quai de Bourbon sur l’Ile Saint-Louis, un endroit aujourd’hui inaccessible aux pauvres, ayant quitté Rodin dont elle n’en finissait pas d’être considérée comme son élève. Néanmoins, elle fit bien, ces années seront les plus prolifiques de son art, mais elle ne reçu aucune commande. Vivant misérablement, elle sera internée dix jours après la mort de son père – nouvelle qu’elle n’apprendra qu’après – à Ville-Evrard, puis à Montfavet dans le Vaucluse suite à la réquisition des hôpitaux lors du commencement de première guerre mondiale. Seul Paul, son célèbre frère touché par la grâce en se frottant lui aussi à la pierre (d’un pilier de Notre Dame de Paris), viendra lui rendre visite une douzaine de fois avant sa mort en octobre 1943.

Je sais, le parallèle entre ces deux destins est osé, pratiquement impossible. Mais la coïncidence des programmes télé – laquelle je ne regarde quasiment jamais – entre la folie furieuse et sexuelle qui tournait autour de l’épiphanie télévisuelle d’un ex-futur candidat potentiel qui a donc raté son « rendez-vous avec les Français » (mais pas tous en tout cas pas moi…), n’avait d’égal que la folie déployée par l’énorme composition d’actrice que donne Isabelle Adjani en Camille Claudel. L’avantage de ce jeu d’acteur, c’est qu’il demeure profondément vrai tout en demeurant un jeu. Adjani touche du doigt la grâce d’une actrice, et s’en empare à pleine main, comme cela arrive quelques fois dans une carrière.
Alors que le repenti de Té Effe Un, lui, joue sans jouer une comédie dramatique à laquelle il essaie, vainement, de nous faire croire en ripolinant son show de fausse sincérité et de mimiques tragi-comiques. En cela aussi, à son corps défendant, il nous viole.


 

 

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C'est la crise

15 Septembre 2011 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #quelle époque !

 

 

 

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                                                       - Le père noël est une ordure -

 

 

L'hiver s'annonce long et rude...

 

 

(c) Fred Sabourin. 09/2011

 

 

 

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Extérieur nuit

14 Septembre 2011 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #regarde-la ma ville

 

 

 

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Dormez tranquilles braves gens... Dormez tranquilles...

 

 

(c) Fred Sabourin, 09/2011.

 

 

 

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Septembre, en attendant

9 Septembre 2011 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #voyage - voyage...

 

 

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SAB 9689 R

               F 9. Iso 200. 1/400 s. 18mm (équivalent 35mm : 27) 

 

 

 

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                                             - Adieu vive clarté -                                                 

  Idem mais au 10mm (équivalent 35mm : 15). Iso 200. 1/320 s. F 9

 

 

SAB 9776 R

                                                    - Télé réalité -

 

 

 

(c) Fred Sabourin, septembre 2011.  

 

 

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Chambre avec vue

31 Août 2011 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne

 

 

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                                                     - Là bas -

 

 

Ce lieu est unique au monde. Perdu, retiré, isolé. Assis sur un fauteuil de roche fabriqué naturellement par l’érosion, vestige et vertige du temps, la vue porte loin, très loin, vers l’ouest. L’un d’entre nous dit même que c’est le plus bel endroit du monde qu’il connaisse, et je le crois car c’est une parole de voyageur terrien. C’est vrai que d’ici, on se sent petit, absorbé tout entier dans une nature qui semble accueillante, tant que le soleil est là pour nous réchauffer. Mais l’extrême dénuement du sol, la minéralité absolue de ces roches qui nous entourent – et dont certaines sont en passe de nous écraser – nous fait également penser que cet endroit, c’est l’enfer. Aussi loin que porte le regard, il n’y a aucune trace humaine, ni route, ni pylônes, ni câbles, ni villages. Tout juste entend-on quelques avions qui nous passent au dessus du crâne en striant le ciel de leur panache blanc : c’est un point géodésique, il sert de repère aux pilotes. Ce lieu est unique car il est à la fois l’enfer et le paradis. Le sentiment qui s’en dégage est un bien être en même temps qu’une extrême vulnérabilité lié à sa nudité : il faut pratiquement sept heures de marche pour l’atteindre, pour un marcheur en bonne forme, et n’ayant pas peur du dépouillement des lieux, ni de l’éloignement du dernier point d’eau : 200 mètres de dénivelé plus bas. A cet endroit, ce n’est pas le ciel qui vous tombe sur la tête, mais plus sûrement la montagne de roche et de verre. Nous sommes à l’abri Michaud, sur les contreforts du Balaïtous, à 2691 mètres d’altitude. Et c’est là que nous allons une nouvelle fois dormir.

 

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                                                   - Fin -

 

Cet « abri », plutôt une caverne, « fait reculer en une nuit ce que l’homme a gagné en confort en trois mille ans, » m’a un jour dit un ami que j’avais traîné là. C’est vrai, il y a de quoi. La grotte est humide, froide, basse, le sol irrégulier. On ne parle plus de confort, mais d’abri. Ou mieux : de caverne. C’est tout dire. Pourtant, il y a ici comme une sorte de réconfort : le Balaïtous accueille le voyageur de passage dans cette cavité, à quatre cents mètres à peine de son sommet. Dernier parking avant la plage… ou presque.
Passer la nuit ici permet d’être considéré comme un dingue aux yeux de ceux restés dans la plaine, et de vivre une expérience unique pour ceux qui se hisseraient en son sein. C’est une aventure en soi. Symbolique au vu d’autres exploits montagnards de par le monde bien entendu. Mais il y a ici une sorte de rite initiatique qu’on retrouve nulle part ailleurs dans les Pyrénées, excepté au sommet du Vignemale (grotte « le Paradis ») ou près de la bèche de Roland, à Gavarnie. « J’ai dormi à Michaud, » peut-on dire ensuite. La plupart des marcheurs croisés sur le chemin du retour pensent que vous avez dormi au refuge d’Arrémoulit, quelques encablures plus loin. « Non, on a dormi à l’abri Michaud. » Étonnement dans le regard du montagnard qui vous prend pour un fou. C’est à peine s’il vous croit.

 

 

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C’est le matin qu’on perçoit le mieux l’intérêt de dormir au plus près de la grande diagonale du Balaïtous. Sauf à dormir au sommet lui-même (comme les deux que nous découvrirons stupéfaits en arrivant sur la crête sommitale, imaginant que nous étions les premiers !), la nuit dans cette grotte sommaire permet de décaniller dès potron-minet. Une nuit à cette altitude est toujours faite d’endormissements, de réveils brefs, de questions sur l’heure qu’il peut être et sur le temps qu’il reste dans le duvet, bien au chaud, avant d’affronter les températures matinales. Une nuit dans cet abri ajoute aussi au dormeur le sentiment étrange de revivre celle de l’homme des cavernes. On fait des rêves de pierres granitiques et de glaciers craquants. On se réveille les épaules ankylosés par la dureté du sol. Signe des temps, des randonneurs espagnols désinvoltes on écrit à la bombe de peinture rouge : « Puta ETA ». L’Abri Michaud se situe juste derrière la frontière, et même ici l’activisme politique se mêle aux paysages sublimes. Fort heureusement sans en altérer la beauté. Mais il est d’autres peintures rupestres que nous préfèrerions voir…

 

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                                          - Réveil -

 

Peu avant 5h30, le bip bip de la montre nous sort de la torpeur nocturne. Aucun bruit, si ce n’est celui du vent sur la roche qu’on devine froid. D’ailleurs tout est froid, même dans la caverne : le sac à dos, les fringues qu’on avait rangé dedans, la gamelle où la précieuse eau coule pour le café, les godasses qu’on avait pourtant retourné l’une dans l’autre pour éviter l’humidité. Même le bonnet est froid. Il faut faire vite, nous n’aurons que peu de temps pour profiter de cette heure sublime où le jour chasse la nuit. Un quart d’heure, au maximum, pour nous habiller de cette lumière blanche qui donne aux sommets, à pics, failles, cheminées, crêtes, dévers, dômes, cette surprenante teinte lunaire. Les quelques minutes qui précèdent le premier rayon du soleil n’apportent pas encore cette teinte chaude et de feu qui dévore tout ensuite. Ces quelques minutes, dont on aimerait qu’elles durent l’éternité, ne sont qu’un furtif passage entre loups et chiens, l’aurore, tout simplement. Ceux qui se couchent tard et dorment encore ne peuvent connaître ce moment, cette grâce soudaine où tout ce qui fait la difficulté du levé nocturne, le froid qui l’accompagne, n’existent plus à cet instant précis.

 

 

SAB 9610 R                                                   - Hic et nunc -

 

 

 

 A peine a-t-on le temps d’admirer cette lueur naissante enveloppant tout autour de nous, que déjà les rayons lèchent les cimes. Le vent continue de souffler, mais ça n’a que peu d’importance : on ne le sent même plus. Seul compte à ce moment-là le fait d’être là, et de voir, de sentir, de goûter une plénitude que nul autre plaisir au monde ne peut apporter. Une ivresse qu’aucun alcool ne peut provoquer. Nous sommes entre ciel et terre, et il faut s’arracher à soi-même pour continuer à avancer, repartir, en finir, et redescendre. Sans doute cet amputation du corps en un lieu provoque alors la même douleur-jouissance que le passage d’une vie à la mort. Longtemps, très longtemps après, le souvenir de cette instant viendra hanter nos rêves, peuplés de sentinelles de roches au parfum minéral. Et, comme l’opium, le désir de revenir, là, encore, se coucher près d’Elle.

SAB 9614 R

                                                              - Trop tard -

 

 

SAB 9616 R

 

 

 

 

 

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Abri Michaud

 

 

 

 

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                                                    - A l'origine -

 

 

 (c) photos F.Sabourin, 27-28 août 2011. Balaïtous, Espagne-France (dept 64-65).

 

 

 

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On a marché sur la lune...

29 Août 2011 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne

 

 

 

SAB 9550 R

                                                - Faire le mur -

 

 

 

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                                              - Walking on the moon -

 

 

 

SAB 9642 R

                                                   - Ailleurs -

 

 

 Suite dans quelques jours, découvrez : "Chambre avec vue."

 

 

 

 

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