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Le jour. D'après fred sabourin

L'heure bleue à Saint-Amant-de-Boixe

11 Janvier 2021 , Rédigé par F.S Publié dans #émerveillement

À force de nous empêcher de mourir, on nous empêche de vivre. Et si ça continue on finira par mourir quand même.

La contemplation, c'est finalement tout ce qui nous reste - avec nos yeux pour pleurer - à admirer pour se cultiver, un peu, pendant cette période de crise sanitaire, économique, politique. Les théâtres, cinémas, musées et lieux d'expositions étant considérés comme "non essentiels" par ceux qui nous gouvernent, il reste certains lieux patrimoniaux ouverts, fort heureusement.

L'abbatiale de Saint-Amant-de-Boixe est de ceux-là. Les vitraux et le chœur, fraîchement rénové et récemment rouvert à l'admiration du public, permettent de se régaler d'un spectacle comme peu d'édifices peuvent y prétendre.

L'heure bleue à Saint-Amant-de-Boixe
L'heure bleue à Saint-Amant-de-Boixe
L'heure bleue à Saint-Amant-de-Boixe
L'heure bleue à Saint-Amant-de-Boixe

"Mentionnée pour la première fois dans les textes en 888, l'abbaye est refondée un siècle plus tard par la volonté du comte d'Angoulême, Arnaud. Vers 1025, son fils Guillaume IV Taillefer accomplit la volonté du père : construire une abbaye. Le succès est rapide, si bien que l'abbé Guillaume décide de reconstruire la partie orientale de l'église abbatiale. Le 1er octobre 1125, cette première campagne de travaux est achevée. Puis, la nef, réservée à la paroisse, est reconstruite sur les fondations de l’ancien édifice. La consécration du nouvel édifice a lieu en présence de nombreux dignitaires le 15 novembre 1170.

Au XIIIe siècle, l’abbaye est dévastée par un gigantesque incendie. Le cloître et le chœur de l’église sont reconstruits et voûtés d’ogives. L’abbaye reste prospère jusqu’au XIVe siècle. Par la suite, le long déclin de l’abbaye commence.

Elle est tout d’abord ruinée lors de la guerre de Cent Ans. Puis les guerres de Religion et le régime des abbés commendataires la vident de ses richesses temporelles et spirituelles..."

L'heure bleue à Saint-Amant-de-Boixe
L'heure bleue à Saint-Amant-de-Boixe
L'heure bleue à Saint-Amant-de-Boixe
L'heure bleue à Saint-Amant-de-Boixe
L'heure bleue à Saint-Amant-de-Boixe
L'heure bleue à Saint-Amant-de-Boixe
L'heure bleue à Saint-Amant-de-Boixe

"... En 1572 l’abbaye ne compte déjà plus que douze moines et, deux en 1774. Cette même année un édit royal supprime la mense conventuelle et l’affecte au Séminaire d’Angoulême. Mais la Révolution Française empêchera la réalisation de ce projet.

En 1791, les bâtiments abbatiaux sont vendus comme biens nationaux, et l’église devient paroissiale. Tout au long du XIXe siècle, la commune cherche des subventions pour pallier à la ruine de l’église. En 1840 celle-ci est classée Monument Historique. Mais il faut attendre 1897 pour que d’ambitieux travaux de restauration, à la mesure du mal, soient enfin réalisés. En 1935 le cloître et les bâtiments abbatiaux sont classés.

Rachetés en 1973 par la commune, ils seront restaurés à partir de 1985. En 1999 l’abbaye s’oriente vers une nouvelle vocation : accueillir en ses murs l’Espace d’architecture romane, qui sera inauguré en 2008. Depuis 2016, une thèse de doctorat est en cours, sous la direction de Cécile Treffort (Centre d’Études Supérieures de Civilisation Médiévale, UMR 7032, Université de Poitiers, CNRS). De nos jours, l’histoire continue avec les travaux de restauration du chœur qui seront lancés en 2017".

(Source : https://abbayesaintamantdeboixe.fr/ )

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Sansac, perle de Beaulieu-sur-Sonnette en Angoumois

4 Janvier 2021 , Rédigé par F.S Publié dans #rural road trip, #émerveillement

Sansac, perle de Beaulieu-sur-Sonnette en Angoumois

"À l'Ouest de la commune de Beaulieu-sur-Sonnette, dominant la verdoyante vallée de la Sonnette, se dresse le château de Sansac, un des plus anciens châteaux de l'Angoumois, en partie reconstruit à la Renaissance. Les Prévost de Sansac, très ancienne famille charentaise, furent propriétaire du château dès le XVe siècle. Loys Prévost, seigneur de Sansac, compagnon d'armes de François Ier fut gouverneur de l'Angoumois de 1559 à 1532. C'est à cette époque que le château pris l'aspect qu'il a aujourd'hui".

(Source : Châteaux, logis et demeures anciennes de la Charente. Sous la dir. de J-P. Gaillard, ed. Bruno Sépulchre 1993 et 2005). 

Sansac, perle de Beaulieu-sur-Sonnette en Angoumois
Sansac, perle de Beaulieu-sur-Sonnette en Angoumois
Sansac, perle de Beaulieu-sur-Sonnette en Angoumois
Sansac, perle de Beaulieu-sur-Sonnette en Angoumois

"Sansac, siège d'une grosse exploitation agricole assume ainsi, au fil des siècles, la contradiction entre la puissance de ses bâtiments et son isolement géographique, loin des grandes villes qui attirent les fortunes capables de faire vivre de telles demeures. On monte au château par une allée qui serpente sur le roc, bordée de haies de buis soigneusement taillées. L'édifice, élevé en 1559 par Louis Prévost, comprend deux corps de logis en L. Le corps principal, ouvert aux étages par de larges fenêtres à meneaux, est flanqué au nord de deux grosses tours rondes qui n'ont pas la même hauteur pour s'adapter à la déclivité du terrain. Il est couvert d'une vaste toiture en tuiles plates qui s'harmonise avec les cônes des tours. En retour d'équerre, une aile constitue un second corps de logis, plus récent. Cette aile renferme une galerie au rez-de-chaussée refaite au XIXe s. La porte d'entrée se trouve dans l'angle intérieur. Les moulurations des amples fenêtres sont particulièrement soignées et donnent beaucoup d'élévation et de noblesse à cet ensemble, égayé par des terrasses qui partent de la base d'une ancienne tour. Sansac est assurément une solide forteresse, qui allie la puissance et le raffinement de la Renaissance, un noble et élégant belvédère. Son éloignement des grands centres urbains ou économiques pose le problème de son existence comme le lieu de vie rayonnant qu'il devrait être. (...) Sansac est vendu au début XIXe siècle à un bourgeois d'Angoulême, M. Montaxier, dont les deux fils, célibataires, laissent l'héritage à leur neveu, M. Vignaud. Le peintre Josué Gaboriaud (1883-1955), dont on peut voir les œuvres au musée d'Angoulême, séjourna alors à Sansac. Les occupants allemands commirent des déprédations pendant la Seconde Guerre Mondiale. Le fils de M. Vignaud préféra vendre le château en 1949 à M. Barot, industriel, ancien directeur de la fromagerie coopérative de Bougon dans les Deux-Sèvres, actuel propriétaire. Le nom de Sansac est toujours porté par des descendants, par des branches cadettes, de Louis Prévost, de Touchimbert, de La Vauzelle et de Traversay".

Source : Jacques Dumont, in Châteaux, manoirs et logis de la Charente, sous la dir. de P. Dubourg-Noves, 1993.

Sansac, perle de Beaulieu-sur-Sonnette en Angoumois
Sansac, perle de Beaulieu-sur-Sonnette en Angoumois
Sansac, perle de Beaulieu-sur-Sonnette en Angoumois

Le château de Sansac, à Beaulieu-sur-Sonnette (Charente) tel qu'on peut l'admirer aujourd'hui date du début XVIe siècle, a été construit à l'époque de Louis Prévost de Sansac, probablement sur les bases d'un château antérieur dont les traces les plus anciennes remontent aux XIVe et XVe siècle. Intrépide capitaine, "turbulent et colère" selon les mots de Brantôme,  était né à Cognac comme François Ier en 1506, et fut un de ses compagnons d'armes ; il le considérait comme l'un des quatre gentilshommes de Guyenne, "allants et venants : moi, Sansac, Esse et Châtaigneraye". Grand fauconnier en 1549, gouverneur de l'Angoumois en 1553, sénéchal de Saintonge en 1560, il reprit Angoulême aux Protestants en 1562. Lieutenant général de sa Majesté pour le duché de l'Angoumois, chevalier des ordres de Saint-Michel et du Saint-Esprit, il meurt en 1578 à la veille d'être nommé maréchal de France. Marié à Louise de Montbron, il eut un fils, Jean, baron de Sansac. Son frère Antoine fut archevêque de Bordeaux en 1591.

F.S.

Photos (c) : F. Sabourin, décembre 2020.

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