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Le jour. D'après fred sabourin

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Krav maga : grave défense

27 Février 2015 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #concept, #Presse book

 

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Phénomène de société ou de mode, les cours de self défense attirent de plus en plus de monde, pour de multiples raisons. Nous avons poussé la porte d’un cours de krav maga, self défense israélien. Ça décoiffe.

 

On vous aura prévenu : avant d'importuner gravement quelqu'un (ou quelqu'une) dans la rue, demandez-lui d'abord s'il pratique le krav maga. Si c'est oui : partez en courant le plus vite possible !

Professionnels de la sécurité, citoyen lambda ayant eu des petits soucis avec une agression dans la rue, ou tout simplement personnes voulant se rassurer : vous êtes dans la ligne de mire du krav maga. Le quoi ? Le krav maga, une technique de self défense inventée par Imi Lichtenfeld dans les années 30 (lire ci-dessous). Le krav maga, littéralement en hébreu " combat rapproché ", utilise des techniques simples, rapidement assimilables par tous, et utilisant pour arme principale le corps humain.

 

Agressivité, et mental

 

Dans cette salle municipale de Blois, un mardi soir, tous les rideaux sont tirés : rien ne filtre depuis l’extérieur. Seuls des cris barbares troublent le visiteur qui s’approche de la porte. À l’intérieur, une trentaine de personnes, plutôt jeunes (moins de 40 ans), certains vêtus de tee-shirts et pantalons de jogging noirs, d’autres en " battle " (pantalons à poches) beiges et tee-shirts kaki, sur lesquels trône un signe cabalistique et des inscriptions hébraïques. Mais quelle est cette étrange secte ? Ça n’est pas une secte, mais un cours de krav maga. " On ne joue pas au héros. Si on vous demande portefeuille, clés de voiture, téléphone portable : donnez tout ! Ensuite, courrez ! " explique, sans rire, Hugo Vial, moniteur bardé de tous les diplômes nécessaires à l’enseignement de cette discipline pas comme les autres. " Le krav maga n’est pas un art martial, on est là pour développer l’agressivité et le mental. Si on possède plein de techniques et pas le mental, c’est inutile. Une agression, ça va très vite, il faut faire fonctionner sa tête autant que le reste. " L’objectif de ce combat rapproché, c’est de frapper vite et fort, pour se dégager d’une situation embarrassante. " Tout est fait pour faire mal, tout de suite, très vite ", ajoute Hugo Vial, dont on sent à la détermination vocale et au regard qu’il ne vaudrait sans doute mieux ne pas trop le titiller sur un parking le soir ou dans une rue sombre…

 

Coups de pieds dans les parties génitales, coups de coudes, coups de poings au plexus solaire, coups pieds circulaires sur le genou : ça ne rigole pas, on a l’impression d’être dans une formation pour service de protection des hautes personnalités, ou du GIGN. " L’armée, le GIGN en effet, le RAID ou le GIPN, les professionnels de la sécurité utilisent le krav maga en effet ", précise l’animateur. " Ici, on ne délivre pas de diplômes, pas de ceintures, pas de grades. La seule compétition, c’est de rester en vie lors d’une agression. " C’est la raison pour laquelle Hugo demande à ses participants d’être habillé " comme dans la vie de tous les jours. Si vous vous faites agresser, ça sera dans la rue, devant un distributeur de billets, au téléphone, en sortant de votre voiture sur un parking : vous ne serez pas pieds nus en kimono… " Certes. Mais alors tous ces coups de pieds, coups de poing à l’entrainement ça fait pas mal, docteur ? " Coquille de protection, protèges tibias, et surtout bon esprit. Ici, même si on développe l’agressivité, il ne faut pas être agressif. Je suis très regardant sur les nouveaux venus, leurs motivations, la façon dont ils se présentent etc. Si je pressens un mauvais esprit : dehors ! "

 

Émilie (secrétaire de 32 ans) et Sandrine (professeur au CFA de 40 ans), tout de noir vêtues, confirment cet état d’esprit. " On vient ici pour développer des compétences, la réactivité, l’explosivité. Les coups ne sont pas complètement portés, il y a un très bon esprit. On s’amuse aussi, les gens sont sympas il n’y a pas de problème. " Quand même, comment a réagi leur entourage quand elles ont montré ce qu’elles savaient désormais faire ? " Au départ les gens trouvaient ça violent, c’était un ressenti. On a expliqué, et notre entourage a vu aussi combien on avait gagné en confiance, sans changer de comportement. Ça rassure. " Vincent, jeune chercheur adepte de football, voulait " quelque chose de différent. " Il est servi. " Franchement c’est très physique, très complet, j’aime bien. L’état d’esprit n’est pas du tout celui qu’on pourrait penser vu de l’extérieur. "

 

Couteaux, pistolets factices mais très réalistes pour certains : le cours continue pour ceux qui ont un niveau un peu plus élevé que les débutants. Hugo Vial répond à nos inquiétudes : " On s’entraîne mais de manière réaliste. Il n’y a pas vraiment de règles si on considère qu’à l’extérieur, il n’y en a plus non plus. Autrefois, c’était un contre un. Maintenant, vous avez quatre, cinq, six mecs qui vous tombent dessus et il y en a un qui filme pour diffuser ça sur Facebook ou Youtube ! Plus de valeur, plus de morale ! Être un peu vicieux à l’entraînement, ça peut servir en situation réelle à l’extérieur. " Le samedi matin, beaucoup de femmes et de jeunes viennent au cours. Pour ces derniers, c’est adapté : pas d’agressivité, juste développer des réflexes. " Les femmes prennent confiance en elles, pas besoin d’être costaud. Elles se rendent comptent qu’elles pourraient faire très mal s’il le fallait. "

 

Au krav maga, " Il n’y a que deux grades : soit tu es élève. Soit tu es instructeur. À la base c’est militaire. Mais c’est une discipline moderne. Quand tu es pris par surprise, dans des attitudes de la vie quotidienne, il faut sauver sa peau ou celle de son conjoint. "

Compris ?

 

FS

 

Tout savoir sur : Académie défense systèm’s : www.dpkmf.com . Krav maga, kick boxing, balintawak eskrima, cross training. 140 adhérents. Cours salle J. Cros, dojos Saint-Georges et Saint-Gervais-la-Forêt, gymnase Sauvageau.

 

 

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                   - Très prisés par les femmes, les cours de self défense leur donnent des arguments... imparables -

 


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C'est quoi, ça vient d'où ?

 

Né à Budapest en 1910 et élevé à Bratislava (ex-Tchécoslovaquie, aujourd’hui capitale de Slovaquie), Imi Lichtenfeld met avec des jeunes athlètes des techniques d’auto-défense dès les années 30, pendant la montée du fascisme. La Seconde Guerre Mondiale est pour lui l’occasion de les perfectionner et de les enrichir du retour de combat des soldats. À partir de 1948 il devient chef instructeur au Tsahal (l’armée israélienne), et développe des méthodes simples, efficaces, et rapidement assimilables y compris pour des soldats à la condition physique inégale. Chemin le plus court, défense et contre-attaque simultanée, etc. Pendant longtemps, ces techniques demeurent secrètes et ne sortent pas d’Israël. C’est au début des années 80 que le krav maga va s’internationaliser, aux États-Unis et en Europe. Le Groupe d'intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) est notamment intéressé. L’armée utilise déjà des techniques similaires, appelées " CAC " (Corps à corps) ou " Close combat ". Utilisant les réflexes naturels du corps humain, minimisant la prise de risque pour soi-même, le krav maga permet de se défendre contre les attaques surprises à l’arme blanche ou aux armes de poings. Il permet aussi de transformer les objets à portée de main en véritable armes d’auto-défense (une bouteille d’eau, un téléphone, des clés etc.).

Il existe une fédération européenne de Krav maga (FEKM) et en France certains clubs sont affiliés à la FFKDA, Fédération française de Karaté et disciplines associées. Récemment, des clubs – dont Académie Défense Systèm’s à Blois - se rapprochent de l’OIS, Operative Israeli System, fondée par Aaron Elbaze, grand spécialiste de la discipline et formateurs des services secrets partout dans le monde, représenté à Paris par Philippe Glikman.

Environ 10.000 licenciés en France sont adeptes de cette discipline inspirées par la boxe pieds-poings, le jiu-jitsu et la lutte.

 

www.kravmaga-paris16.com/aaron-elbaze

 

 

Article paru dans la Renaissance du Loir-et-Cher du 27 février 2015.

 

 

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Sur le Front du Loir

20 Février 2015 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #Presse book

 

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Le maire de Villedieu-le-Château Jean-Yves Narquin est candidat aux élections départementales sur le nouveau canton de Montoire. Un canton réputé tranquille mais âprement disputé.

Faut-il que le danger soit grand pour que le président du Conseil général sortant, Maurice Leroy, abandonne son cher canton de Droué, dans le Perche Vendômois à qui il doit tout, pour aller ferrailler dans celui de Montoire-sur-le-Loir… Ce dernier était jusqu’alors pourtant tenu par un fidèle, Philippe Mercier, maire de Tréhet à un jet de pierre de la Sarthe où il dirige le service des routes du Département, et conseiller général UPLC (1) sortant.  Mais « Momo » s’en va-t-en guerre. Contre l’abstention, tout d’abord. Promise à un niveau record, elle sera arbitre – malgré elle et malgré lui – de ces élections qui ne passionnent pas grand monde. Mais elle n’est pas seule à lui donner des sueurs froides. En face de lui, Jean-Yves Narquin, 64 ans, maire de Villedieu-le-Château, récemment nommé délégué général adjoint du Front national, et attaché parlementaire de Bernard Monod, député européen FN du Centre-Auvergne depuis le 25 mai dernier.

Au devant du danger

Villedieu-le-Château, 409 habitants, trois fois moins que Neung-sur-Beuvron, mais le double du Poislay (209) village cher au président du Conseil général – il y fut maire pendant 12 ans. Villedieu-le-Château : "combien de divisions ?" serait-on tenté de dire, au regard de la quiétude toute rurale et loir-et-chérienne de cette bourgade endormie, tout juste animée par un pèlerinage à Notre Dame chaque mois de septembre. Villedieu-le-Château et son prieuré qui, pendant la Guerre de cent ans, fut entouré de murailles défensives, au point d’en faire un véritable château fort, assiégé en 1589 par les Ligueurs. Ce qui permet aux Casthéopolitains de pouvoir pavoiser avec un blason « d'azur à la croix d'argent, au château d'or. »

Oui mais voilà : les temps ont changé depuis la Guerre de cent ans, et surtout depuis 2007, date du premier affrontement électoral entre le baillis local, vilain petit canard de la famille Narquin – Jean-Yves est en effet frère de Roselyne Bachelot-Narquin qui ne souhaite pas trop s’exprimer à son sujet – et l’imposant Maurice Leroy, député de la circonscription de Vendôme. A l’époque, Jean-Yves Narquin se présenta aux élections législatives contre le député sortant et surtout contre l’avis de l’état major de l’UMP. La sanction n’a pas traînée : viré. Menacé d’être réduit en bouillie électorale par son adversaire, il fera quand même 19 % des suffrages. « Depuis 13 ans que je suis en Loir-et-Cher, on m’a traité d’accouru, de coucou qui vient dans le nid des autres. Alors le déménagement de Maurice Leroy prête à rire », annonce d’entrée le candidat au canton de Montoire. « Mais plus prosaïquement, il a dû analyser les scores du FN aux élections européennes : dans le Perche environ 30 %. Ici : 33 %. Les électeurs déciderons quel canton est le plus facile pour lui, ou non. » En effet, Maurice Leroy ne le cache pas : « Je vais au devant du danger. »

Orchestration médiatique

Le danger ? C’est pourtant sur des affaires familiales et privées dont Jean-Yves Narquin a été condamné par la justice que son rival appuie volontiers. Ils sont un certain nombre – dont des journalistes – a avoir été incités via un SMS le 19 novembre dernier à lire le quotidien local dans lequel s’étalait sur quatre colonnes un article relatant l’audience du Tribunal correctionnel de Blois où le maire de Villedieu-le-Château était condamné pour « abandon de famille, non versement de pension alimentaire et organisation de son insolvabilité ». Dans un autre et récent article du site LePoint.fr, on relate à nouveau cette décision de justice qui relève du privé. « L’utilisation de cette affaire est assez misérable, c’est une orchestration médiatique. Il s’agit de me décrédibiliser », se lamente Jean-Yves Narquin, rappelant que Maurice Leroy a eu maille à partir avec le Conseil constitutionnel début 2012 au sujet d’encarts publicitaires faisant la promotion de sa personne dans un quotidien local. Il s’était engagé à rembourser la somme. « Personne n’a jamais vérifié », insiste-t-il.

Une partie de bonneteau

C’est sur le terrain des idées et des propositions que le candidat aux élections départementales souhaite affronter le président sortant. En déployant un discours bien huilé aux accents frontistes : « nous, on défend les trois strates : communes, département, Etat », se défend-il. « Maurice Leroy veut avec les fédéralistes européens fédérer les communes, donner plus d’importance aux Régions, et à l’Europe. » L’autre élément sur lequel le candidat Narquin attaque le candidat Leroy, c’est la fiscalité : « Nous voulons un vrai maintient de la fiscalité. Ce que Maurice Leroy oublie de dire, quand il évoque la neuvième année consécutive sans augmentation de la fiscalité, c’est qu’à son arrivée à la tête du Conseil général en 2004 il l’a augmentée de 15 % les deux premières années. Quand on a pris une telle avance en pourcentage mais aussi en volume, on peut pavoiser sur le gel de la fiscalité ensuite. » Enfin, l’homme qui entame depuis un an son second mandat à la mairie de Villedieu-le-Château souhaite « défendre les collectivités territoriales telles que les départements et les communes. Ce qu’on arrivera pas à éliminer, c’est la réalité territoriale : les communautés humaines existent dans les 36.000 communes. Derrière la volonté de fusion, de gré ou de force des communes, il y a un extraordinaire mépris des élus locaux. » Peu ou prou « 500.000 élus, la plupart bénévoles. Des gens dévoués, des élus de proximité. Et on nous dit que tout cela est pour réaliser des économies ? Où seront-elles, les économies, quand ces élus locaux seront remplacés par des fonctionnaires administratifs, qui seront loin, et pèseront sur l’efficacité de la proximité actuelle ? Cette partie de bonneteau c’est un brouillard pour cacher la baisse des dotations de l’Etat. »

Alors quand on demande, pour finir, à Jean-Yves Narquin pourquoi dans un canton aux apparences tranquille, aux paysages doux où peu d’accidents n’accrochent ni le regard ni un quelconque sentiment d’insécurité, où la modération rurale du bon sens paysan semble une valeur partagée par tous ; pourquoi le FN enregistre des résultats en hausse depuis quelques années, il ne réfléchit pas longtemps pour dérouler le discours frontiste entendu au niveau national : « Un électeur sur trois vote Front national. En 2012, quand j’ai apporté mon soutien à la candidature de Marine Le Pen, des maires m’ont dit que c’était du suicide politique. J’ai été réélu maire avec 66 % des voix. Le diagnostic posé par le FN s’avère de plus en plus vrai. Sur la souveraineté, l’abaissement de la France, sur l’immigration, les Français nous rejoignent. Ils n’ont pas digéré la forfaiture du Traité de Lisbonne : ils avaient dit non au référendum, et puis N. Sarkozy l’a fait adopter au Parlement. Personnellement je sais pourquoi j’ai rejoint ce parti il y a presque 4 ans. Les faits me donnent raison. »

Reste à savoir ce que les électeurs décideront, eux.

F.S

(1)   Union pour le Loir-et-Cher.


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(article paru dans la Renaissance du Loir-et-Cher du 20 février).

 

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Monsabré, théâtre éclectique

16 Février 2015 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #Presse book

 

 

Niché au cœur du quartier Blois-Vienne rue Bertheau, le théâtre Monsabré ressuscite grâce à son bouillonnant régisseur. Rencontre avec Jean-Jacques Adam, côté cour, et côté jardin. 

 

C’est une salle comme on en trouve plus. Certains comédiens, qui atterrissent ici un peu par hasard, obligés de fuir les théâtres parisiens complètement congestionnés, avouent y trouver " des odeurs de poussière comme autrefois ", et un cachet inimitable. Il faut dire que le théâtre Monsabré est " dans son jus ", celui du début des années 50, époque où il fut reconstruit sur les ruines d’une partie de l’ancienne scène de l’école Monsabré, par le charismatique père Georges Richard, curé du quartier. La moquette et les 230 sièges pliables sont rouges comme autrefois ; une légère pente, la scène au plancher d’origine, et véritable trou du souffleur resté intact. Tout juste une plaque en métal a été ajoutée - les normes l'exigent - pour éviter qu’un comédien n’y chute... Et, au sous-sol, deux vraies loges, une pour les dames, une pour les hommes : parité oblige.
 

 

Tous les chemins mènent au théâtre

 

Son débit de parole ressemble à un débit de boisson à l’heure de pointe d’une sortie d’usine. C’est que les idées fusent, chez Jean-Jacques Adam, 55 ans et président de l’association du théâtre Monsabré. Il est né et a grandit à Marne-la-Vallée, au temps où Mickey et sa bande n’avaient pas encore posé leurs valises. Son école de vie, il l’a faite pendant 10 ans au lancement de Fun radio, de 1984 à 1994, dont 3 ans de matinales. L’époque bénie pour les radios qu’on appelait à l’époque " libres ", mais qui n’allaient pas tarder à ne plus l’être. " Une époque formidable ", s’enthousiasme-t-il, " on faisait ce qu’on voulait, avec peu de moyens. On dormait même sous les bacs à disques quand on a commencé à faire du 24h/24. D'ailleurs les platines, c’était les nôtres, qu’on amenait de chez nous." Il rencontre alors beaucoup d’artistes, des débutants, des confirmés, des bons, des nazes qui ne perceront jamais. Au virage des années 90, quand le fric restreint la liberté des ondes et transforme les radios en instruments de promotion pour maisons de disques à l’appétit d’ogresses, l’esprit change. Mais pas Jean-Jacques Adam, qui ne s’y retrouve plus. Il quitte l’univers radio et opère un virage : il devient assureur à Dreux. Puis à la tête d’un tabac-presse-loto à Orléans. Il cartonne, développe les produits annexes au tabac – vidéos, apparitions du téléphone, livres, confiseries pour les lycéens du bahut d’en face. Mais hélas les aléas d’une vie de famille naufragée le rattrapent, il flanche et sombre un temps.
 

 

Un décor de film

 

À la faveur d’une mutation de sa compagne à Blois, en 2010, Jean-Jacques Adam accompagne ses enfants à l’école Sainte-Marie – Monsabré, dans le quartier Vienne. " On m’avait dit que c’était une petite école sympa. " Petit à petit, il fait la connaissance des enseignants, et participe à une réunion de parents d’élèves qui a lieu… dans une salle de théâtre, au sein même de l’école. " Là, j’ai eu un choc ", avoue-t-il. " Je me suis dit : il faut faire quelque chose avec ça ! " Il entre dans l’association des parents d’élèves et monte un premier projet. Il doit convaincre la Fondation Victor Dillard, de l’Enseignement catholique de Loir-et-Cher. La première fois, on lui dit non. Sans se décourager, il remonte un projet, entre temps il change son équipe et embarque dans l’aventure l’association des commerçants du quartier, Blois-Rive gauche. Nous sommes fin 2011 début 2012. Le projet va commencer à vraiment prendre forme en 2013, avec la création de l’association. Il contacte la mairie de Blois, Marc Gricourt et l’équipe des affaires culturelles suivent. La programmation démarre enfin en mars 2014.

" Une salle comme ça, on n’en trouve plus ! " ne cesse-t-il de dire. C’est vrai qu’elle a un charme fou avec sa moquette et ses sièges rouges. Et le quartier Vienne aime son théâtre, heureuse de le voir revivre ! " J’ai fait venir une troupe qui jouait un vaudeville : ça a marché du tonnerre ! C’était plein ! Les gens apprécient de pouvoir rire un peu au théâtre, ailleurs c’est parfois plus sérieux, plus triste aussi… " Le bouche à oreille fonctionne à plein tube, et Jean-Jacques Adam épluche les agendas des journaux – dont celui de La Renaissance – les programmes culturels etc. afin d’y dénicher des troupes, des groupes musicaux qui pourraient venir agrémenter sa programmation. Tous les mois, une émission en direct – l’Avant scène - avec RCF donne la part belle aux artistes (1). " Je privilégie le local, j’ai une grande confiance dans les artistes du coin. Mais j’aime aussi ceux qui viennent de plus loin, tout le monde est le bienvenu ici ! "

Parmi les projets en cours de maturation : un festival de blues l’été prochain, " qui réunirait swingueurs, batteurs, gratteurs enfin tous ceux qui font le swing. " Et un petit bal du 14 juillet dans la si charmante cour du théâtre Monsabré. " On dirait presque un décor de film ", s’enthousiasme ce régisseur pas comme les autres. Applaudissements, rideau. Rappel.

 

(1) Un vendredi par mois à 19h30 ou, si le spectacle est le samedi, le samedi à 19h30. Programme, fréquences et podcast sur www.rcf.fr. Et aussi sur : www.culturelib.fr

Programme et présentation du théâtre : www.theatremonsabre.com

 

Monsabré

                                         - Jean-Jacques Adam dans son théâtre -

 

 

article paru dans La Renaissance du Loir-et-Cher du 13/02/2015

 

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Un " Tumulte " qui va faire du bruit !

13 Février 2015 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #concept, #Presse book

 

Cortex-2050

                         - Photo : Aurélie Coudière -

 

 

Le " Tumulte " réunit au sein d’une innovation un écran panoramique sur lequel sont projetées des images numériques calculées en temps réel et en relief. Comment ça marche ? Suivez le ruban…

 

Connaissez-vous Le Secret du Ruban-monde ? Pas encore ? Vous devriez en entendre parler. Ce film d’animation en 3D projeté sur un écran 360° en relief a fait un tabac au 42e Festival de la Bande dessinée d’Angoulême. Et pourrait bien avoir des applications dans le domaine touristique, en Val de Loire au pays des châteaux pourquoi pas ?

Andreas Koch, 55 printemps, et gérant de Cortex productions, a imaginé la première fois ce procédé en 1999. Plus exactement, il en a rêvé. À l’époque, il travaille pour l’industrie pharmaceutique (Rhône-Poulenc), " à mi-chemin entre la communication et le marketing, en faisant des films de synthèses reconstituant les actions de la biologie sur les tissus du corps humain ", explique-t-il avec son léger accent franco-allemand à la sauce charentaise. En 2010, il lance l’aventure, en redécouvrant les panoramas, dont les Allemands sont friands. À Dresde, Berlin ou Leipzig, l'artiste Yadegar Asisi en a déjà installé. Sa dernière œuvre a pris place à  Rouen, un panorama de très grande taille (26 mètres de hauteur, 120 mètres de long et 30 mètres de diamètre), racontant l’histoire de la ville aux cent clochers à l’époque de Jeanne d’Arc. Le très pédagogue Andreas décide de se réapproprier ce style, à sa façon (1). Il a aussi remarqué que dans la projection d’un film en trois dimensions, la narration restait linéaire. À l’inverse, en " réalité virtuelle ", le spectateur peut choisir. " L’utilisateur va plus vite vers ce qui l’intéresse. Il a envie d’intervenir, de toucher, de transformer ", ajoute-t-il. Il se tourne donc vers l’image animée, mais techniquement, la 3D dans une sphère, c’est difficile. " Les studios Disney s’y sont déjà cassé les dents dessus, et disaient que c'était impossible ", dit-il malicieusement au dessus de ses petites lunettes. L’Allemand a dit : " Impossible ? Ce n’est pas Français… L’homme est un être social, habitué à vivre en groupe. On s’est dit : il faut que le public intervienne. "
 

 

Soutenu par tout le monde

 

Alors, avec l’aide de deux ingénieurs centraliens de Lyon, est né " Tumulte ", une innovation utilisant un écran panoramique sur lequel sont diffusées des images numériques calculées en temps réel et en relief. Le spectateur, en immersion, peut interagir avec les différents éléments du contenu. Équipés de lunettes 3D, le spectateur est au cœur de l’écran cylindrique de 8 mètres de diamètre sur 3,50 mètres de haut (pour l’instant !). Huit projecteurs disposés à distance égale complètent l’installation pour une projection sans rupture. Dans Le Secret du Ruban-monde (dessin Alexandre Clérisse et scénariste Thierry Smolderen, durée du film 10 mn), le public s’immerge dans une science-fiction style années 50, racontant le cycle de la vie. Tels des nouveaux pionniers, les spectateurs, en pointant du doigt ou de la main les objets qui flottent autour d'eux, apportent à ce ruban-monde l’énergie, l’eau, les bâtiments et repousse même une pluie d’astéroïdes. Le résultat est envoûtant. " La finalité c’est de projeter ça sur un écran de 35 mètres sur 25 ", annonce le boss de Cortex productions. " Tout le monde nous a soutenu : les fonds Feder de l’Union européenne, l’État par un crédit impôt-recherche (il s’est retrouvé à déjeuner avec d’autres porteurs de projets à la table de l’Élysée, NDLR…), la Région, le Conseil général de Charente, Grand Angoulême, et même le conseil municipal. Plus Dargaud, plus Lisea, la société concessionnaire de la Ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux. "
 

 

Un "Tumulte" à Chambord ?

 

Avec de telles fées penchées au dessus du berceau de ce " Tumulte ", Andreas Koch espère commercialiser cette innovation technologique dès ce mois de février, disponible à l’achat ou à la location. " Quatre marchés sont possibles ", ajoute-t-il encore. " Les musées, les parcs à thèmes. La simulation industrielle ou militaire. Les smartschool (universités à distance) et on voit déjà comment la médecine pourrait à distance simuler des opérations. Et les arts contemporains numériques. "

Et pourquoi pas le tourisme avec par exemple les châteaux de la Loire, qui pourraient plonger le spectateur au cœur de leur construction, de leur vie de l’époque, en immersion totale ? " Léonard de Vinci, il avait une idée géniale à la minute, nous on en est très loin, mais cette application pourrait être spectaculaire ", conclut-il. Et on se prend déjà à rêver d’un " Tumulte " à Chambord, ou au Château royal de Blois…

 

Facebook : page " Tumulte ". www.cortexproductionscom.

(1) Le sujet n’est pas neuf : au fronton du théâtre du Rond-Point à Paris le mot " panorama " est gravé dans la pierre. Le lieu servait à l'origine à leur exposition. Au Futuroscope, on peut voir depuis plusieurs années des films projetés sur écran 360°.

 

 

article paru dans La Renaissance du Loir-et-Cher du 13/02/2015

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La « Soumission » du missionnaire Houellebecq

8 Février 2015 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #littérature, #Presse book

 

 

Le nouveau roman de Michel Houellebecq n'est peut-être pas aussi prophétique que certains le disent. Politiquement incorrect, tenté par la transcendance, Houellebecq prêche. Pour quelle paroisse ?
 

Soumission, le sixième roman de Michel Houellebecq, est sorti en librairie le même jour que Charlie Hebdo du fameux 7 janvier, où le prix Goncourt 2010 pour La Carte et le territoire faisait la Une, caricaturé par Luz : « En 2015, je perds mes dents… En 2022, je fais ramadan ! » disait-il. C’était aussi le jour de la tuerie dans la rédaction de l’hebdomadaire satirique dont tout le monde – ou presque – se réclame partisan à ce jour. Cruel hasard d’une collision malheureuse de coïncidence meurtrière. Le lendemain, l’auteur annonce la suspension de la promotion du roman, et sa mise au vert - en réalité au blanc puisqu’il est parti s’isoler dans les Alpes - pour quelques temps. Michel Houellebecq rattrapé par son propre romanesque disent les uns, par ses propres prophéties pensent les autres.
 

Qu’est-ce que Soumission ? Il faut se reporter à la page 260 de ce roman qui en fait 300 – on a connu l’auteur plus prolixe – pour avoir un début de réponse : « L’idée renversante et simple, jamais exprimée auparavant avec cette force, que le sommet du bonheur humain réside dans la soumission la plus absolue. C’est une idée que j’hésiterais à exposer devant les coreligionnaires, qu’ils jugeraient peut-être blasphématoire, mais il y a pour moi un rapport entre l’absolue soumission de la femme à l’homme, telle que la décrit 'Histoire d’O', et la soumission de l’homme à Dieu, tel que l’envisage l’islam. »
 

Avant d’en arriver là, Michel Houellebecq nous projette en 2022, au moment de l’élection présidentielle qui va opposer au second tour la candidate du Front national Marine Le Pen et le chef d’un nouveau parti né quelques années plus tôt, la Fraternité musulmane, partisan d’un islam « ouvert » et « laïc ». A condition de se soumettre, naturellement, et de s’y convertir. Le narrateur, François, 44 ans, universitaire déjà au bout du rouleau, a tout du héros houellebecquien habituel (cela rassurera ses fidèles lecteurs…). Gros fumeur, grand buveur, se nourrissant essentiellement de plats réchauffés au micro-ondes, incapable de construire dans la durée une histoire d’amour, et adepte de relations sexuelles tarifées - fellations et sodomies - qui ne lui apportent que peu de plaisir, voir plus du tout. Certaines de ses observations de la société qui l’entoure sont souvent d’une ironie féroce et irrésistibles. En cela, Houellebecq fait du Houellebecq, on n’est pas perdus.
 

Cet universitaire revenu de tout ne l’est pas complètement de son sujet de prédilection, dont il a tiré sa thèse : l’écrivain du XIXe siècle convertit sur le tard au christianisme Joris-Karl Huysmans, qui publia en 1884 son chef d’œuvre, A rebours, une sorte de bréviaire de la décadence. On croise aussi dans Soumission, Léon Bloy, Charles Péguy, Barbey d’Aurevilly, Nietzsche, Sartres et Camus.
Mais en 2022, chez « François » alias Michel Houellebecq, le parti de la Fraternité musulmane remporte l’Elysée face à Marine Le Pen, et François Bayrou devient premier ministre. C’est dire si l’on va assez loin dans le romanesque… Ou dans le fantasme si l'on est adhérent au Modem. 

 

Pendant la lecture de ce court livre, on se demande finalement où il veut nous emmener, Houellebecq. Il se tâte, hésite, fait même un séjour – qu’il écourte plus tôt que prévu – à l’abbaye de Ligugé près de Poitiers, le long des voies TGV Paris – Bordeaux qu’il décrit avec la précision d’un séminariste habitué des lieux. Puis finalement, c’est vers l’islam que François se tourne, conscient que la suite de sa vie et de sa carrière passe par cette « soumission » là.
 

Alors dans cette incroyable position du missionnaire, Michel Houellebecq nous offre un temps l’espérance que l’axe centrale du livre serait la transcendance, comme seule possible pour « donner du sens » à un monde qui semble l’avoir perdu depuis longtemps et qui cherche à tout prix à le retrouver. « Et, surtout, le véritable ennemi des musulmans, ce qu’ils craignent et haïssent par-dessus tout, ce n’est pas le catholicisme ; c’est le sécularisme, la laïcité, le matérialisme athée » (1), fait-il dire au mari d’une de ses collègues universitaire (et ex membre de la DGSI, tant qu’à faire). Houellebecq se dévoile définitivement quelques pages avant la fin de Soumission : l’Europe ne peut se sauver elle-même. « L’arrivée massive de populations immigrés empreintes d’une culture traditionnelle encore marquée par les hiérarchies naturelles, la soumission de la femme et le respect dû aux anciens constituait une chance historique pour le réarmement moral et familial de l’Europe, ouvrait la perspective d’un nouvel âge d’or pour le vieux continent. Ces populations étaient souvent chrétiennes, mais elles étaient le plus souvent, il fallait le reconnaître, musulmanes. » (2)
 

En se dévoilant, Michel Houellebecq nous voile – au sens propre du terme - et nous soumet à la tentation de la prophétie, et du prophète. Ou du haut le cœur, c’est à choisir.
 

Ouf ! Ce n’était qu’un roman…

 

F.S

 

(1) Page 156.
(2) Ibid p. 276. 

 

 

 

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La BD est fâchée !

1 Février 2015 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #l'évènement, #Presse book

 

 

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Pendant le Festival de Bande dessinée d’Angoulême, environ 600 auteurs, scénaristes, coloristes, ont battu le pavé lors d’une marche. A l’origine de cette manifestation inédite, une réforme du régime de retraites qui ne passe pas.

 

C’est la révolte des petits Mickeys ! Imaginez environ 600 auteurs, scénaristes, coloristes de bande dessinée, en train de manifester. " La BD est fâchée, la BD est fauchée ! " pouvait-on entendre dans la manif. En tête de cortège, des têtes connues du monde du 9e art : Lewis Trondheilm, Pénélope Bagieux, André Juillard, Boulet, Fabrice Neaud, Benoît Peeters… Organisée par le SNAC BD (Syndicat national des auteurs de bande dessinée), cette manifestation s’est déroulée dans un esprit bon enfant, samedi 31 janvier à Angoulême, en plein 42e Festival. La veille, déjà, des " états généraux de la BD " avaient réunis 300 personnes dans la salle Nemo de la CIBDI (Cité internationale de la bande dessinée) pour faire le point sur une profession finalement méconnue, et confrontés à de nombreux problèmes. Paupérisation des auteurs de bande dessinée, droits d’auteurs menacés par Bruxelles, diffusion des albums BD (5000 sorties en réforme du 700 il y a 20 ans), et régime des retraites. C’est surtout cette dernière inquiétude qui a fait débordé le vase : une réforme du RAAP (Régime de retraite complémentaire des artistes et auteurs professionnels), proposée par le gouvernement, un peu sortie de nulle part et sans concertation selon Fabien Vehlmann du SNAC BD, propose une augmentation de 8 % ce qui équivaut à un mois de salaire environ pour des auteurs qui vivent déjà très chichement (lire l'encadré statistique). " Il y a 1500 auteurs qui tirent un revenu de leur art. Parmi eux, une cinquantaine de vedettes, 100 à 200 classe moyenne, les autres vivent d’un Smic et encore souvent moins ! " explique Benoît Peeters, qui collabora longtemps avec François Schuiten aux éditions Casterman.

 

Troisième place au PIB

 

Réputé pour son individualisme et son manque d’organisation, le petit monde de la BD a tout de même prouvé le contraire, lors de cette marche pacifique qui s’est conclu devant l’hôtel de ville d’Angoulême, où Fabien Vehlmann, scénariste, a lancé un appel au Président François Hollande, appel qui a du raisonner aux oreilles de sa ministre de la Culture Fleur Pellerin, en viste au FIBD dimanche 1er février. " Dessiner n’est pas anodin, ce qu’on fait a un sens. Les attentats contre Charlie Hebdo sont une violente et aberrante piqure de rappel ", a-t-il lancé en préambule, sous la façade de la mairie où est accrochée une banderole rappelant le nom des victimes de ces attentats. " Monsieur le Président, nous vous demandons de négocier avec les vrais partenaires sociaux : les représentants des auteurs et artistes. Les 8 % demandés, c’est trop ! Monsieur le Président, faut-il vous rappeler que les auteurs et les artistes, outre leur importance symbolique et culturelle sont aussi à l’origine d’une richesse économique qui confère au secteur la 3e place au PIB, devant l’industrie automobile. "

 

Les auteurs de bande dessinée restent mobilisés en attendant, espèrent-ils, un nouveau dialogue, lassés de ne pas être entendus depuis 6 mois. Il serait étonnant que vendredi 6 février à Blois, lors de l’inauguration de la Maison de la Bande dessinée, la révolte des petits Mickeys ne trouve pas un écho de la marche de sa grande sœur angoumoisine.

 

F.S

 

 

La BD en chiffres (2014)

 

• 2 % de baisse de chiffre d’affaires dans l’édition de la BD en 2014 par rapport à 2013.
• 35 millions d’albums vendus.
• 409 millions d’euros de recette, 5.500 albums publiés.
• 232.000 exemplaires : la plus grosse vente (le dernier album de la série Black & Mortimer).
• 349 éditeurs de BD.
• 1 % de la vente en digital (3 à 4 % pour le livre).
• 1500 auteurs tirent un revenu de la BD. 500 en vivent exclusivement. 200 auteurs vivent à Angoulême.

(source : Charente Libre)

 

 

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                                 - Marche des auteurs : "la BD fâchée, la BD, fauchée" -

 

 

 

Le point de vue de Bruno Génini

 

Le directeur du festival BD Boum à Blois réagit à la marche des auteurs du festival d’Angoulême.

 

La Renaissance du Loir-et-Cher : que pensez-vous de ce qui s’est passé ce week-end à Angoulême ?
Bruno Génini : Depuis quelques mois les auteurs se mobilisent. On est solidaires avec eux. Au festival de BD de Saint-Malo (Quai des bulles, 10-12 octobre derniers), il y a déjà eu un débrayage des auteurs. Le président de l’association BD Boum, Jean-Pierre Baron, avait assisté à leur rencontre. Mais le dialogue était encore ouvert avec la ministre Fleur Pellerin, qui venait d’arriver. Du coup à BD Boum ils n’avaient pas fait d’action. On avait cependant laissé la parole au SNAC BD lors de l’inauguration.


LRLC : Où est le problème selon vous ?
B.G : Le secteur de l’édition de bandes dessinées est très concurrentiel, et c’est la loi des plus forts. Delcourt a racheté Soleil. Paquet a racheté Proust. Glénat s’est offert Vents d’Ouest. Dargaud-Dupuis-Lombard forment un seul et même groupe. C’est la course à l’échalote. Il y a trop de sorties, trop d’offre et beaucoup d'albums se retrouvent au pilon sans presque avoir eu le temps de se défendre chez les libraires. Une planche qui se vendait entre 300 et 400 € jusqu’à une période récente se vend désormais 150 €. Or un auteur, pour exister, il faut qu’il soit publié. Les éditeurs fonctionnent par coups. Ils sortent plein d’albums, et voient ce qui marche ou pas. Si ça ne marche pas tant pis, si ça marche, tant mieux. Pour un auteur, dans ce contexte, ça devient difficile de négocier. Après, il faut aussi remarquer que des éditeurs plus petits travaillent de manière plus conventionnel, à l’ancienne si j’ose dire. C’est mieux pour les auteurs.


LRLC : Et maintenant, quelle suite ce mouvement peut-il prendre ?
B.G : Il y a deux choses. La première concerne le régime de retraite, qui a mis le feu aux poudres. C’est une négociation entre les représentants d’une profession et le ministère. La deuxième chose, plus largement, concerne la paupérisation d’une profession. Mais la balle est dans le camp des éditeurs. La logique économique a pris le pas sur la logique artistique. C’est dommage et il faut réfléchir à ce qu’on veut pour l’avenir de cette profession.
 

Propos recueillis par F.S.

 

article paru dans la Renaissance du Loir-et-Cher du 06/02/2015  

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Le 42e FIBD d'Angoulême en images

31 Janvier 2015 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #l'évènement, #Presse book

 

 

SAB 1902 R

                                  - Expo Jiro Taniguchi (Vaisseau Moebius, Cité internationale de la BD) -

 

 

SAB 1898 R

                                              - Expo Calvin & Hobbes (Bill Watterson) -

 

 

SAB 1933 R

                                        - Emmanuel Lepage en pleine séance de dédicace -

 

 

 

SAB 1903 R

 

 

 

SAB 1905 R

                                           - Expo "Nos armes" au Vaisseau Moebius CIBD - 

 

 

SAB 2007 R

                                              - Marche des auteurs, parvis de l'hôtel de ville -

 

 

SAB 2013 R

                                                 - Pas toujours été "tous Charlie" les confrères... -

 

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Charlie Hebdo, liberté d'expression : vers un nouvel impérialisme ?

18 Janvier 2015 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #édito, #Presse book

 

 

La publication d’une nouvelle caricature de Mahomet en Une de Charlie Hebdo du 14 janvier suscite de vives et violentes réactions de part le monde. La liberté d’expression de l’hebdomadaire satirique a-t-elle dépassé une limite qui pourrait coûter très cher à la nation qui l’a engendrée ?


 

Charlie Hebdo et sa liberté d’expression imposeront-ils un nouvel impérialisme de la pensée à travers le monde ? C’est la question qu’on peut se poser en regardant les – très vives – réactions à la parution du numéro « des survivants » du 14 janvier dernier, dont la Une montre nouvelle caricature du prophète Mahomet.

 

A l’heure où nous écrivons ces lignes (les 17 et 18 janvier), le tour de la planète des réactions donne des frissons… Selon l’AFP, « Des milliers de personnes ont manifesté dans le monde musulman contre la une de mercredi. Le Centre culturel français de Zinder et trois églises ont été incendiés. Cinq personnes sont mortes, et quarante-cinq blessées, ce vendredi à Zinder au Niger, dans des manifestations contre la une du nouveau numéro de Charlie Hebdo. Parmi les victimes, trois civils. Le Centre culturel français de Zinder a par ailleurs été incendié, et trois églises saccagées par les manifestants (…) Des milliers de personnes ont manifesté vendredi, jour de prière, dans l'ensemble du monde arabe. »
 

Au Pakistan, en Mauritanie, à Alger, à Dakar, à Istanbul, à Amman, sur l’esplanade des mosquées à Jérusalem-Est, à Kartoum (Soudan), au Qatar, en Iran et en Syrie, des manifestations plus ou moins fortes ont eu lieu, avec pour fil conducteur l’indignation contre les nouvelles caricatures du prophète.
 

 

A la lumière des Lumières

 

 

Tout le monde est-il « Charlie » ? Visiblement pas, en dépit des 3,5 millions de personnes descendues dans les rues de France et de Navarre le 11 janvier dernier (et plusieurs milliers dans le monde entier), donnant l’impression – probablement exagérée et de circonstances – d’une unité nationale et internationale, au regard de la présence de nombreux chefs d’Etat et représentants de pays étrangers boulevard Voltaire autour du Président François Hollande. Dont certains d’entre eux provenant de pays où la liberté d’expression n’est pas toujours de mise, c’est le moins que l’on puisse dire…

 

La liberté d’expression, un nouveau culte laïque qu’auraient caricaturé et tourné en ridicule eux-mêmes les membres défunts de Charlie Hebdo ! Ce culte ne semble pas partagé par tous, loin s’en faut. Fallait-il faire une nouvelle Une en caricaturant le prophète, déjà la cause du massacre de ces jours derniers ? Peut-être – il ne faut rien céder au terrorisme, à la peur, à la barbarie des menaces - mais on peut désormais de se poser des questions sur les acteurs de cette liberté d’expression (de Charlie Hebdo jusqu’au sommet de l’Etat en passant par tous ceux – et j’en suis – qui ont dit spontanément « je suis Charlie ») ; et de ce que nous imposons au monde, qui lui ne semble pas tout à fait raccord avec cette belle idée. Pour apprécier la caricature, dit une professeur de lettre dans une admirable adresse à ses élèves (« Mes chers élèves… », par Fanny Capel, professeur de lettres. Télérama), il faut être instruit, lire, écrire, critiquer, penser, faire fonctionner sa raison autant que son savoir. Se mettre à l’abris des philosophes des Lumières implique qu’on les connaissent, qu’on les ait lus, que des gens nous les aient expliqués, à la lumière – justement – de la raison pour en apprécier la valeur fondamentale, la substantifique moelle, comme le sang irrigue tout un corps : la liberté d’expression.
 

 

Un fanzine de potache

 

 

S’il ne faut pas ployer sous les menaces de mort des terroristes diligentés par Al-Quaïda, Daesh et pas mal d’autres personnes de nations qui se revendiquent musulmanes, il convient de regarder de près qui est réellement « Charlie » et qui ne l’est pas. Or seule l’Europe, occidentale – et notamment la France – qui trouve là une occasion inespérée de se refaire une santé alors que le corps européen était à l’agonie économique, morale et culturelle ; et l’Amérique du Nord, sont « Charlie ». Sans l’avoir vraiment déjà ouvert avant le 14 janvier, faut-il le rappeler. Le reste du monde semble plus circonspect quant à cette manière d’user de la liberté d’expression, dont l’humour, l’ironie, la dérision, le cynisme, la satire sont des valeurs à géométrie variable selon le côté du stylo où on se trouve.

 

Charlie Hebdo jusqu’au 7 janvier, c’était 30.000 exemplaires en kiosque, et selon ses membres, « un fanzine de potaches. »  Il est annoncé à 7 millions d’exemplaires après s’être déjà vendu à 2 millions d’exemplaires en trois jours. Record total en matière de publication de presse papier, laquelle est par ailleurs en soins palliatifs. Faut-il s’étonner que le monde entier découvre désormais ce qui était jusqu’ici plutôt confidentiel et presque invisible ? Les très vives réactions dans les pays sus-cités prouvent à quel point nous venons de mettre le doigt dans un engrenage qui pourrait bien se retourner contre nous et cette libre expression ardemment défendue (à juste titre)…

Pourquoi toutes ces réactions de part le monde contre ce journal, ce « fanzine » de sympathiques potaches libertaires, derniers survivants d’une époque post-soixante-huitarde qui n’en finit pas de mourir ? Ce qui est considéré comme une nouvelle provocation sera-t-il le début d’une lutte contre un nouvel impérialisme de la pensée, après celui, plus ancien et Ô combien combattu, de l’économie ?

 

La valeur de la vie

 

Il serait temps que l’occident oxydé et si sûr de ses valeurs réfléchisse à ce qui est en train de se passer, en se posant non seulement les bonnes questions, mais en prenant garde d’imposer au monde par la force, par le rire et la caricature des valeurs considérées possiblement universelles mais portées par une minorité de la population mondiale. Il faut réfléchir vite mais bien, dans l’union nationale si on y parvient, avant que d’autres terroristes ne passent à l’action avec ce coup d’avance propre aux joueurs de dames qui ont les « blancs ».

 

Provoquer c’est bien. Caricaturer aussi. Penser librement également. Et ce n’est pas sur ce blog qu’on vous dira le contraire. La liberté d’expression, je couche avec, il m’en a déjà coûté, il m'en coûtera encore. Ouvrir les yeux et sortir du déni ça serait pas mal non plus… Des vies pourraient concrètement être épargnées, c’est une belle valeur aussi ça, non ?

 

 

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La France découvre l’existence des journaux en papier et des kiosquiers (Legorafi)

14 Janvier 2015 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #quelle époque !

 

Chers amis lecteurs du blog "Le Jour, d'après..." : je ne résiste pas à l'immense plaisir de vous faire partager cet excellent article de nos confrères du Gorafi.fr

 


France – Plusieurs centaines de milliers de témoignages concordants confirment l’existence de petites boutiques qui vendraient des journaux en papier avec des informations imprimées dessus avec de l’encre. On soupçonnait leur existence, d’autres affirmaient qu’ils avaient disparu. Les kiosquiers ( /kjɔs.kje/ ) et les journaux en papier existent donc bel et bien. Et cette confirmation d’existence s’est propagée comme une traînée de poudre dans toute la France, entraînant des belles grosses queues devant les kiosquiers. Nombreuses et nombreux étaient celles et ceux qui voulaient de leurs yeux voir et toucher pour la première fois un papier imprimé ou simplement parler à un kiosquier ou un marchand de journaux. Marie, 21 ans, a acheté ainsi un journal en papier dans un kiosque, une petite boutique en verre installée sur une place et vendant plusieurs autres journaux, eux aussi tous en papier. « Je ne savais pas ce que c’était, c’est très doux au toucher » raconte la jeune femme, émue, en caressant le papier du journal. « Il n’avait plus Charlie Hebdo mais j’ai réussi à acheter d’autres journaux, c’est fou, je n’imaginais qu’il y avait autant de titres et de revues différentes » affirme-t-elle. Un jeune homme souligne quant à lui l’impact profond que pourraient avoir les journaux papiers. « C’est une incroyable avancée. On peut aujourd’hui imprimer des informations sur du papier et les vendre dans des boutiques. En plus le papier fait un joli bruit quand on tourne les pages » ajoute-t-il tout en faisant tourner une page lentement. Selon d’autres informations qui nous parviennent, il semblerait désormais à peu près certain que ces mêmes kiosquiers vendraient d’autres journaux en papier et cela tous les autres jours de l’année.

La Rédaction

http://www.legorafi.fr/2015/01/14/la-france-decouvre-lexistence-des-journaux-en-papier-et-des-kiosquiers/

 

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Tous Charlie, vraiment ?

12 Janvier 2015 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #l'évènement

 

 

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                                                  - à Blois dimanche 11 janvier -

 


Pas de doute, la France est bien la patrie de Molière. Si celui-ci ressuscitait maintenant, il aurait matière pour une nouvelle pièce savoureuse. Je me réjouis sincèrement de l’élan d’union dominical autour de la mère patrie, son drapeau, ses symboles, sa Marseillaise, cette énorme foule innombrable descendue dans la rue pour crier qu’elle n’a pas peur et qu’elle est un peuple, aujourd’hui, « le jour d’après » (le bien nommé) il conviendrait je pense de retrouver ses esprits en gardant la tête au frais.


La France entière, suite aux attentats commis sur son sol et au massacre de la rédaction de Charlie Hebdo, se réveille tout d’un coup « tous Charlie ». Et ça doit bien les faire marrer, là haut, ceux qui, justement, passaient leur temps à les caricaturer dans ce qu’ils avaient de plus ridicules parfois !
Un grand nombre de ces résistants de la dernière heure, ces millions d’hommes et de femmes qui descendent dans la rue brandissant leurs crayons et déposant des bougies (dans un rituel pagano-laïc et religieux qu’auraient sûrement conchié les dessinateurs de Charlie), n’ont pour la plupart – l’écrasante majorité – jamais ouvert le dit canard satyrique auparavant. Voire trouvaient habituellement qu’ils en faisaient un peu trop dans l’outrance et l’irrévérence. Pire : ils vont se précipiter comme des morts de  faim mercredi 14 janvier dans les kiosques pour s’arracher le million d’exemplaires en vente ce jour-là, alors qu’ils ne l’ont jamais acheté jusqu’ici.


Où sont-ils donc, tous ces ardents défenseurs de la « liberté d’expression » autant que de la presse, dans le quotidien des jours sombres et des semaines grises, pour faire vivre justement cette presse dont ils semblent d’un coup si épris ? Achètent-ils les quotidiens et hebdomadaires par ailleurs sous perfusions tant la crise qui les traverse ressemble à des soins palliatifs ? Où sont-ils tous ces « Charlie » lorsqu’il s’agit de payer un contenu sur un site Internet d’information ? Où sont-ils encore, lorsqu’il s’agit de reconnaître que le travail d’un journaliste, reporter, enquêteur n’est pas un bénévolat rémunéré par des prunes et qu’il serait donc normal d’en rétribuer à sa juste valeur le contenu ? Tant de néo convertis à la liberté de la presse, franchement ça fait chaud au cœur, sincèrement, merci ! Je bondis de joie sur ma chaise et dans ma rédaction, tout en craignant les lendemains qui déchantent dès que les cendres seront refroidies, c’est-à-dire probablement dans huit ou quinze jours…


Se souviendront-ils alors, tous ces « Charlie » brandissant la liberté d’expression d’une presse libre dans un pays qui l’est tout autant, qu’hormis les journaux satyriques, l’autocensure est souvent de mise dans toutes les rédactions ? Une « liberté de la presse » régulièrement sacrifiée sur l’autel des actionnaires de grands groupes de presse, de la sainte publicité, des annonceurs légaux et des politiques de tous bords. Beaucoup de confrères s’en plaignent d’ailleurs, mais anonymement, à visage couvert et à mots feutrés, c’est dire s’ils se sentent libres... Savent-ils, tous ces nouveaux crayonneux du dimanche que dans les rédactions, il n’est pas rare qu’on invite plus ou moins poliment mais toujours fermement des journalistes à lever le stylo sur tel ou tel sujet, pour éviter de froisser tel ou tel élu, tel ou tel chef d’entreprise, telle ou telle profession règlementée dont le poids pourraient avoir des incidences sur l’avenir du journal, sous perfusion de ce qu’on nomme poliment « les aides indirectes à la presse » ?


Il y a pile un an, l’auteur des lignes de ce blog en a lui-même fais les frais, oh je vous rassure, dans une mesure fort mesurée au regard de ce qui vient de se passer. A cause d’un article (Le fait du prince) il fut durement sanctionné par une hiérarchie sous pression après avoir été exclu de conférences de presse de la part de l’élu froissé (un ancien ministre). On tapa du poing sur les tables de part et d’autres et on n’apprécia guère la liberté d’expression de ce blog, après avoir baissé pavillon sur la liberté de la presse. Pour la seule et unique fois, un article fut donc retiré du blog, dont l’audience ne dépasse guère la trentaine de consultations quotidiennes (40 les meilleurs jours !) c’est dire si la République était menacée ! 


Alors on sourit un peu en voyant des « Charlie » soudainement émus aux larmes pour défendre la presse satyrique alors que les mêmes étaient représentés en bien mauvaises postures dans les caricatures de nos regrettés dessinateurs. Ils doivent se retourner dans leurs tombes.
D’ailleurs, les survivants de cette boucherie ne se gênent pas pour le dire : ils s’étonnent de cet élan soudain d’amour envers eux, et « vomissent » les nouveaux adorateurs (« Nous vomissons sur tous ces gens qui, subitement, disent être nos amis », a déclaré le dessinateur Willem à un quotidien néerlandais). Luz, quant à lui, déclare à nos confrères de FranceTV info « qu’au final, la charge symbolique actuelle est tout ce contre quoi Charlie a toujours travaillé : détruire les symboles, faire tomber les tabous, mettre à plat les fantasmes, déplore-t-il. Le symbolisme au sens large, tout le monde peut en faire n’importe quoi. Même Poutine pourrait être d’accord avec une colombe de la paix. »


Nous verrons bien si cet élan aussi spontané que généreux de défense de la liberté d’expression se traduit dans les faits durables dans les jours, semaines et mois à venir. Je le des sincèrement : je l’espère de toutes mes forces. L’énorme mobilisation de dimanche fait vraiment chaud au cœur, un peuple, une nation debout, c’est beau. Seuls font désordre sur la photo les représentants de pays étrangers pas franchement connus pour leur liberté d’expression, de la presse et de libertés tout court.


Mais nous savons trop bien, dans notre histoire, combien ces élans peuvent retomber comme des soufflets sortant du four et combien nous sommes capables, par lâcheté, fainéantise, couardise, et surtout petits arrangements entre « amis » de rater les rendez-vous que l’histoire nous donne. « Les politiques seront-ils à la hauteur ? » s’interrogeait Régis Debay lundi matin sur France Culture. Un long silence et une profonde inspiration a valu toutes les réponses du monde.
Sinon, la tartufferie continuera son prodigieux spectacle et la mémoire de tous ceux qui ont été exécutés par les terroristes ne sera ni honorée ni respectée. Et de là haut, on les entendra sûrement rugir, eux qui étaient « contre les cons qui gagnent toujours à la fin car ils sont trop. »

 

 

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                                                    - à Blois dimanche 11 janvier -

 

 

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                                                  - à Blois dimanche 11 janvier -  

 

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