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Le jour. D'après fred sabourin
Articles récents

6 ans 8 jours et 45 minutes

20 Août 2019 , Rédigé par F.S Publié dans #montagne

6 ans 8 jours et 45 minutes

Très exactement 6 ans, 8 jours et 45 mn séparent ces deux photos prises au sommet du Pic d'Ariel (2824m) en vallée d'Ossau, avec le même appareil, le même objectif (un grand angle 10-24mm) et quasiment le même cadrage. On y reconnait le Palas (à g. 2990m) et le Balaïtous (à d. 3144 m). 2013, c'est la dernière année où les cumuls de neige ont atteint des records permettant la subsistance de celle-ci jusqu'en plein cœur de l'été (il "restait" encore 7 m au col du Tourmalet le 21 juin quelques semaines avant le passage du Tour de France…). Je le redis cette année, la sécheresse est visible et très intense dans les Pyrénées (malgré les fortes pluies de ce jour notamment dans les Hautes-Pyrénées et en Ariège), y compris dans cette partie-là d'ordinaire très arrosée l'hiver et au printemps.

6 ans 8 jours et 45 minutes
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Tous les matins du monde (ne vaudront jamais celui-ci)

18 Juillet 2019 , Rédigé par F.S Publié dans #Lettres à ..., #montagne, #émerveillement

- Encore un matin -

- Encore un matin -

Il y a des matins. Des matins difficiles, des matins chagrins, des matins du bon pied, des matins du mauvais pied. Des matins à pied d’œuvre, des matins sans espoir, des matins à se recoucher. Il y a des bons matins. Il y a des « encore un matin, un matin pour rien, une argile au creux de nos mains ». Il y a des matins de fin de mauvaises nuits, des matins d’insomnies, des matins de génie. Il y a des matins où l’on ne voit rien et des matins où l’on voit bien, des matins sans problèmes. Des matins d’avenir. Des matins d’amour. Des matins de « thé ou café ? ». Il y a des petits matins redoutés, des matins espérés, des matins de condamnés, des matins de damnés, des matins d’assoiffés. Des matins en marche...

Tous les matins du monde (ne vaudront jamais celui-ci)

J’aime les matins. Je les préfère aux soirs, malgré les prodigieux spectacles de couchers de soleil flamboyants, romantiques, poétiques, abracadabrantesques. J’aime les matins et leurs nuances de jour, promesses de l’aube pour un monde nouveau. Une renaissance solaire quotidienne. J’ai déjà eu l’occasion de décrire le prodigieux spectacle de petits matins en montagne où l’on ne sait si le jour va naître ou si la nuit va recommencer. J’aime les matins en montagne parce qu’ils sont infiniment plus beaux que les soirs. Ils « sentent » quelque chose, une odeur de roche encore ensommeillée, humide et fraîche, la sueur nocturne des Pyrénées. Les matins offrent, à qui peut les voir, une énergie vitale que la montagne veut bien, en de rares instants, partager avec l’Homme.

Tous les matins du monde (ne vaudront jamais celui-ci)

Depuis déjà deux ans, je t’emmène voir ces paysages aimés, près d’un lac dans la vallée d’Ossau, le lac Gentau, sous le refuge d’Ayous. Pour la troisième fois en juillet nous nous y sommes retrouvés, dans ce décor de carte postale où le Pic du Midi d’Ossau, s’il le veut bien, se reflète le soir dans le lac, offrant un spectacle touchant que beaucoup viennent voir exprès. On jurerait parfois une photo retouchée, mais non : si aucun souffle d’air ne ride le lac, si le ciel est parfaitement dégagé, si la mer de nuage s’arrête à ses pieds, alors le spectacle est grandiose. Même les bavards (et bavardes) finissent par se taire, et admirent. C’est un moment de grâce qui se répète plusieurs fois dans l’année, mais pour le voir encore faut-il habiter à côté…

Tous les matins du monde (ne vaudront jamais celui-ci)

Ces deux dernières années, tu étais couché au moment où le soleil faisait de même, embrasant le pic dans le grand incendie du soir. Cette année, ton âge augmentant, je m’étais promis de t’offrir ce moment de grâce à nul autre pareil. Pas de chance : le premier soir un brouillard épais a tout enveloppé. On ne voyait plus ni le lac, ni notre tente, à peine le bout de nos pieds. Le plaisir de la montagne, c'est aussi quand on ne voit rien...
Au réveil, le soleil a frappé à pleins rayons sur la porte de la tente – j’avais déjà constaté en pleine nuit que le ciel s’était dégagé – augurant une superbe journée. Elle le fut. Elle le fut parce qu’elle avait commencé par ce matin-là, et ta joie de petite fille à voir se miroiter le pic dans le lac, prenant son bain du matin. Il faisait doux, à peine frais, la nuit avait été exceptionnellement douce aussi, tout juste un peu de fraîcheur à l’aube, obligeant à remonter un peu le duvet. Je me suis assis à l’entrée de la tente, et je t’ai regardé avancer vers le lac, contempler le reflet et ce soleil déjà haut qui nous chauffait la face ne nous lâchant pas de tout le jour.

Tous les matins du monde (ne vaudront jamais celui-ci)

Alors j’ai songé que tous les matins du monde ne vaudraient jamais celui-ci, cette plénitude quasi absolue de bonheur et de félicité parfaite. L’impression d’être là à la bonne place, au milieu de ces montagnes aimées et connues, que toi aussi tu connais et reconnais désormais, puisque tu y dors... Tous les matins du monde, et tous les soirs aussi, puisque le deuxième fut le bon et il nous permis d’admirer le reflet de « Jean-Pierre » - ce « géant de pierre » - enflammé des derniers rayons du soleil, montagne de verre, montagne de feu, de pics et de pointes, dans l’eau sombre et calme, presque déjà endormie du lac Gentau.

Tous les matins du monde. Et tous les soirs aussi.

Tous les matins du monde (ne vaudront jamais celui-ci)
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Crozant, ça Creuse...

30 Juin 2019 , Rédigé par F.S Publié dans #voyage - voyage..., #émerveillement

Crozant, ça Creuse...

Ancienne place forte médiévale dans un cadre à se faire une fracture de l’œil, Crozant est célèbre pour les ruines de sa forteresse où vécurent Hugues X de Lusignan et Isabelle de Taillefer, aux Marches du royaume de France au XIIIe siècle. Profitant des bisbilles entre Philippe Auguste et les Plantagenet, les Lusignan et les Taillefer rêvaient d'une province puissante, aux portes de l'Aquitaine et au sud de Poitiers. D'abord promise à Hugues X de Lusignan, Isabelle de Taillefer épousa Jean sans Terre, et devint reine d'Angleterre. Ils auront 5 enfants. À la mort de Jean elle épouse finalement Hugues X de Lusignan avec lequel elle aura 9 enfants. Lusignan, Marche et Angoulême sont dès lors unis et Crozant offre une trace de l'histoire mêlant complexité et puissance.

Au XIXe siècle, les peintres munis de tubes de gouache en profitèrent pour (enfin) sortir de leurs ateliers poussiéreux et poser leurs chevalets en pleine nature devant des paysages qui méritaient le détour, certains décris dans des romans champêtres par une certaine Aurore Dupin baronne Dudevant, dite George Sand. Quelques-uns de ces peintres vinrent jusque dans la vallée de la Creuse, à Gargilesse-Dampierre notamment (dans le Berry voisin) mais aussi à Crozant où ils formèrent "l'École de Crozant" (Armand Guillaumin, Maurice Leloir, Pierre Ballue, Fernand Maillaud, Clémentine Ballot, etc.). On comprend pourquoi !

Crozant, ça Creuse...
Crozant, ça Creuse...
Crozant, ça Creuse...
Crozant, ça Creuse...
Crozant, ça Creuse...
Crozant, ça Creuse...
Crozant, ça Creuse...
Crozant, ça Creuse...
Crozant, ça Creuse...
Crozant, ça Creuse...
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Dans le panneau (suite)

30 Juin 2019 , Rédigé par F.S Publié dans #voyage - voyage...

Un projet photographique et topographique complètement foutraque et sans but précis, au gré de pérégrinations rurales et parfois urbaines, au hasard des rencontres. (1ère partie ici).

- Juste après l'âge bête -

- Juste après l'âge bête -

- toi de ce qui te regarde -

- toi de ce qui te regarde -

- Un village de vilains -

- Un village de vilains -

- Un hameau où les gens ne sont pas très fiers -

- Un hameau où les gens ne sont pas très fiers -

- ne fait pas le bonheur -

- ne fait pas le bonheur -

- les copains -

- les copains -

- Ville où les femmes de lettres se donnent à Dieu -

- Ville où les femmes de lettres se donnent à Dieu -

- un bon coup ! -

- un bon coup ! -

- Seul village de France où l'on en boit lors de méchouis -

- Seul village de France où l'on en boit lors de méchouis -

(à suivre...! )

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Dans le panneau

30 Mai 2019 , Rédigé par F.S Publié dans #voyage - voyage...

Un projet photographique et topographique complètement foutraque et sans but précis, au gré de pérégrinations rurales et parfois urbaines, au hasard des rencontres. La plupart des photos sont prises au smartphone, sauf mention contraire. Idem pour la localisation : elles proviennent des routes charentaises, sauf précisions. Les légendes sont le résultat du libre court de mon imagination, on n'est pas obligé d'aimer, on peut parfois apprécier.

En route !

- C'est donc là -

- C'est donc là -

- Est excellente - (Haute-Vienne, Bellac)

- Est excellente - (Haute-Vienne, Bellac)

- Un village très attachant -

- Un village très attachant -

- Ici, les "marcheurs" de E. Macron se reposent, enfin -

- Ici, les "marcheurs" de E. Macron se reposent, enfin -

- Où l'on trouve des bonnes à laine -

- Où l'on trouve des bonnes à laine -

- Ici, pas de temps à perdre -

- Ici, pas de temps à perdre -

- Une ambiance de... dans ce hameau ! -

- Une ambiance de... dans ce hameau ! -

- On a retrouvé la sœur de la Grosse Bertha ! - (Vienne)

- On a retrouvé la sœur de la Grosse Bertha ! - (Vienne)

- Où fut inventé la fameuse machine - (Charente-Maritime). Photo : F.D.

- Où fut inventé la fameuse machine - (Charente-Maritime). Photo : F.D.

- Où furent produites les fameuses "Claudettes" que le monde entier nous envia -

- Où furent produites les fameuses "Claudettes" que le monde entier nous envia -

- Pas facile mais on peut finir par y arriver - (Charente-Maritime). Photo : F.D.

- Pas facile mais on peut finir par y arriver - (Charente-Maritime). Photo : F.D.

- Pour maisons en pente - (fabricant de meubles en Charente et Deux-Sèvres). Photo : F.D.

- Pour maisons en pente - (fabricant de meubles en Charente et Deux-Sèvres). Photo : F.D.

(à suivre...)

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Le Jeune Ahmed

30 Mai 2019 , Rédigé par F.S Publié dans #chronique cinéma

De Jean-Pierre et Luc Dardenne. Avec Idir Ben Addi, Olivier Bonnaud, Myriem Akheddiou. (1h24).

- Idir Ben Addi, Othmane Moumen -

- Idir Ben Addi, Othmane Moumen -

Jean-Pierre et Luc Dardenne, habitués de la Croisette et du festival de Cannes (deux palmes d’or en 1999 pour Rosetta et 2005 pour L’Enfant), reviennent une fois encore avec Le Jeune Ahmed, histoire d’un adolescent de 13 ans en voie de radicalisation dans une banlieue belge. Un film tendu, compact, âpre, où l’absence de sourire n’a d’égal que l’immense tendresse que suscite le jeu du jeune acteur déniché par les Dardenne.

Idir Ben Adbdi ne sourit jamais, regarde peu ses interlocuteurs dans les yeux – surtout les femmes. C’est un garçon sérieux, très sérieux, qui ne joue plus, ne rit plus, mais récite par cœur des sourates du coran et ne manquerait sous aucun prétexte ses prières. Endoctriné par un imam de quartier radical, Ahmed ne serre même plus la main de sa professeure, quitte la classe pour aller faire sa prière. Il fait le désespoir de sa mère, qui ne porte pas le hijab, et a un petit penchant pour l’alcool. Bref, selon lui, c’est un « bon musulman », les autres tous des mécréant. Convaincu par l’imam que sa professeure est une « apostat », il l’agresse avec un couteau. Enfermé dans un centre de déradicalisation, Ahmed est coaché par un éducateur et doit se rendre une fois par semaine dans une ferme où il ne goûte guère l’ambiance. Sur place, la fille des fermiers s’entiche de lui, ce qui ne lui fera même pas lever un sourcil et à peine entrouvrir la bouche pour un baiser furtif qui ne fera que renforcer sa culpabilité. Rien ni personne ne semble pouvoir arrêter la funeste trajectoire de ce jeune garçon.

- Idir Ben Addi -

- Idir Ben Addi -

En s’attaquant au thème de la radicalisation, les frères Dardenne signent avec Le Jeune Ahmed  un film comme ils savent et aiment en produire. Tout en plans serrés sur les personnages, mise en scène au cordeau où rien n’est superflu et où rien ne manque (1) ils en sortent une œuvre à vif, la trajectoire impossible à arrêter d’un garçon projeté trop jeune vers le précipice. Personne, pas même les Dardenne, ne parvient à enrayer le phénomène. Pas même sa propre mère, ravagée par ce que devient son propre fils, sous son propre toit et sous ses yeux. A plusieurs reprises il semble sur le point de basculer, sa gueule d’ange ne collant décidément pas avec ce que renferme sa tête, d’où les doutes sortent par tous les pores de la peau. Il en demeure malheureusement une certitude pour lui, jusqu’à la fin qu’on ne dévoilera pas par correction pour le spectateur à qui l’on conseille vivement d’aller voir ce nouvel opus des frères Dardenne.

F.S.

(1)    Prix de la mise en scène du 72e Festival de Cannes.

- Idir Ben Addi, Victoria Bluck -

- Idir Ben Addi, Victoria Bluck -

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La Charente est en fête !

4 Mai 2019 , Rédigé par F.S Publié dans #regarde-la ma ville, #émerveillement, #l'évènement

- Fête du fleuve Charente à l'Houmeau (Angoulême) -

- Fête du fleuve Charente à l'Houmeau (Angoulême) -

"La Charente descend toujours vers le soleil.

La Charente ne porte plus de canons sur son dos.

La Charente lentement a trouvé sa paix.

La Charente n'est pas un fleuve civilisé, ni un fleuve sauvage.

La Charente est un fleuve heureux.

Ceux qui s'y baignent le savent bien".

Pierre Boujut (D'une révélation permanente, La Tour de feu n°93).

- Association Saint-Simon village gabarrier -

- Association Saint-Simon village gabarrier -

Ballade sur la gabarre "Renaissance" avec l'association Saint-Simon village gabarrier, lors de la fête du fleuve à port l'Houmeau (Angoulême) le week-end du 4-5 mai.

- Fête du fleuve Charente à l'Houmeau (Angoulême) -

- Fête du fleuve Charente à l'Houmeau (Angoulême) -

- Fête du fleuve Charente à l'Houmeau (Angoulême) -

- Fête du fleuve Charente à l'Houmeau (Angoulême) -

- Fête du fleuve Charente à l'Houmeau (Angoulême) -

- Fête du fleuve Charente à l'Houmeau (Angoulême) -

- Fête du fleuve Charente à l'Houmeau (Angoulême) -

- Fête du fleuve Charente à l'Houmeau (Angoulême) -

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Maître CoQ, sur un arbre perché...

25 Avril 2019 , Rédigé par F.S Publié dans #émerveillement

Maître CoQ, sur un arbre perché...

Ancien Safran II de Roland Jourdain, Maître CoQ (Imoca de 60 pieds équipé de 2 foils), acquis par Yannick Bestaven en janvier 2019, se prépare pour le prochain Vendée 2020-2021, depuis La Rochelle son port d'attache.

Maître CoQ avait accompagné Jérémie Beyou lors du Vendée Globe 2016-2017, où il s'était classé 3e en 78j 6h 38mn 40s. 

Maître CoQ, sur un arbre perché...
Maître CoQ, sur un arbre perché...
Maître CoQ, sur un arbre perché...
Maître CoQ, sur un arbre perché...
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Le Président Macron : un gothique flamboyant pas très catholique…

17 Avril 2019 , Rédigé par F.S Publié dans #édito

Cinq ans. Faire vite, reconstruire à l'identique, vite, vite, vite on vous dit, allez hop et qu'ça saute ! Effacer rapidement les traces du drame qui a stupéfait Paris et une partie des Français au soir du 15 avril, les yeux levés vers l'hallucinant spectacle. À l'heure de la toute puissance des nouvelles technologies, ça n'est quand même pas l'incendie de poutres en chêne quasiment millénaires qui va perturber le fonctionnement d'un quinquennat ? Il pourrait même faire renaître de ses cendres un quinquennat moyenâgeux sur l'air de la "Renaissance"... 

(c) 5/11/2006

(c) 5/11/2006

Paris brûle-t-il ?
 

Notre-Dame de Paris a brûlé ; la charpente séculaire en partie du XIIIe siècle et du XIXe est réduite en cendres et l'image de la flèche de Viollet-le-Duc s'écroulant en flammes sur elle-même hantera longtemps l'imaginaire français, comme le furent les tours jumelles de New York en septembre 2001 ou le Bataclan en novembre 2015.
 

L'émotion considérable, à peine les cendres refroidies, a fait affluer un "pognon de dingue" comme arrosé par un canadair, pour aider à sa reconstruction, que tout le monde souhaite, mais certains visiblement plus rapidement que d'autres. Des centaines de millions sont déjà promis, mais gageons que les grandes fortunes qui les proposent se feront fort d'honorer ces promesses de dons. La défiscalisation qui en découle attise les appétits, la manne touristique liée à la présence de grands monuments à Paris est probablement une autre raison de sortir le carnet de chèques (plus de 13 millions de visiteurs par an à Notre-Dame, malheur à ceux qui différaient depuis longtemps leur visite !).
 

Coup de chaud sur l’île de la Cité
 

Nous n'en sommes pourtant qu'au début ! Si les premiers constats montrent que globalement la structure de Notre-Dame a résisté, il faudra attendre et probablement plusieurs mois pour que soient terminées les opérations de nettoyage et que soient enlevés les gravats, débris, restes calcinés de cette charpente et que les milliers de litres d'eau déversés sur les voûtes sèchent pour savoir comment cette structure a réellement résisté, dans le temps. On apprend déjà - au deuxième jour - que le pignon côté nord est très fragilisé du fait de la disparition de la charpente, et menacerait de s'effondrer entraînant avec lui la rosace se trouvant juste en dessous. On ne sait pas non plus dans quel état se trouve l'orgue, qui a dû prendre un coup de chaud, la poussière, la fumée et probablement aussi de l'eau...

- 26 janvier 2007, obsèques de l'Abbé Pierre -

- 26 janvier 2007, obsèques de l'Abbé Pierre -

Plus vite, plus haut, plus fort
 

Viendra ensuite le temps de la réflexion : reconstruit-on à l'identique - c'est-à-dire avec une charpente en chêne dont on sait déjà qu'il sera difficile, malgré les grandes déclarations d'intentions et propositions de dons d'arbres qui arrivent ici ou là, d'en trouver un nombre suffisant - ou fait-on appel non seulement au savoir-faire du XXIe siècle mais plus encore aux idées nouvelles en matière d'architecture. On se prend à imaginer une toiture en verre et aluminium, à l'image de la grande pyramide du Louvre. Ou un projet à la Hidalgo : une toiture végétalisée avec accès au public parisien, qui aurait au moins le mérite de s'accorder aux exigences écologiques actuelles... Soyons dingo !
 

Le Président de la République Emmanuel Macron s'est enflammé, tout brûlant d'impatience mardi 16 avril vers 20h en annonçant une reconstruction "rapide, dans 5 ans". Je le veux, je l'exige. Qu'il en soit ainsi, fiat ! Naturellement il n'aura échappé à personne que ce laps de temps correspond à l'année d'ouverture des JO de Paris 2024. Plus vite, plus haut, plus fort semble dire le Président, paraphrasant le baron de Coubertin. On sent que secrètement, il espère en être... Dommage que le septennat n'existe plus, il aurait gagné deux ans. 

Gothique flamboyant
 

Il n'est peut-être pas inutile de relire G. Duby, qui dans Le Temps des Cathédrales nous instruisait sur le fait qu'à l'époque de la construction des grandes cathédrales, aux XIIe-XIIIe siècles, le modèle dominant de spiritualité est plutôt l'abbaye – même déjà déclinante - où se concentrent non seulement les prouesses architecturales et savoir-faire de l'époque mais davantage encore le pouvoir et la richesse qui l'accompagnent. Les villes s'étendait de plus en plus et avec elle le pouvoir des épiscopes ; les cathédrales deviendront peu à peu par leur grandeur et magnificence le symbole d'une puissance urbaine voulant rivaliser de plus en plus avec la puissance du monachisme.
 

Au Moyen-Age, ça n'est pas une découverte, on prenait le temps. Dans les abbayes, les scriptorium, dans les palais jusque dans les chaumières : le temps avait son importance, on le respectait. Certains me diront qu’on n’avait guère le choix. Mais quand même, quel luxe ! Du temps pour penser, du temps pour imaginer les plans, du temps pour tailler les pierres, du temps pour préparer les poutres taillés d’une seule pièce dans les chênes centenaires, du temps pour les maîtres verriers, du temps pour les sculpteurs... Un compagnon qui assistait au début de la construction savait qu'il n'en verrait pas l'achèvement… Imagine-t-on le jeune Emmanuel Macron mourir avant l’achèvement des travaux de la cathédrale de Paris ? Politiquement pourtant, le risque existe…
 

Cette course contre la montre déclenchée par ce Président jupitérien pourtant pas dénué de culture classique, historique et philosophique, est un désir fou. Vouloir reconstruite à l'identique une cathédrale dont il a fallu 60 ans aux bâtisseurs pour en voir l’achèvement, et davantage encore si on se souvient que la première pierre fut posée par Charlemagne, et la dernière par Philippe Auguste, dans les cinq ans qui viennent est une gageure autant qu’une inconscience. Un piétinement de l’histoire.
 

Ce Président est décidément un flamboyant gothique, pas très catholique.

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Blanche comme neige : Laâge du conte

11 Avril 2019 , Rédigé par F.S Publié dans #chronique cinéma

Au bout du conte, l’envers du conte, le nouveau film d'Anne Fontaine. Avec Lou de Laâge, Isabelle Huppert, Charles Berling, Damien Bonnard, Jonathan Cohen, Richard Fréchette, Vincent Macaigne, Benoît Poelvoorde...

- Lou de Laâge, Isabelle Huppert. (c) Emmanuelle Jacobson-Roques -

- Lou de Laâge, Isabelle Huppert. (c) Emmanuelle Jacobson-Roques -

Cette Blanche Neige se prénomme Claire (Lou de Laâge), et c’est une jeune femme d’une grande beauté, diaphane et pâle comme son nom l’indique. Orpheline, elle suscite l’irrépressible jalousie de sa belle-mère Maud (Isabelle Huppert), qui va jusqu’à préméditer son meurtre. Sauvée in extremis par un homme mystérieux qui la recueille dans sa ferme perchée dans l’Isère près du sanctuaire Notre-Dame de la Salette, Claire, sensuelle et spontanée, décide de rester dans ce village et va éveiller l’émoi de ses habitants... Sept hommes vont tomber sous son charme, dont quatre vont la croquer comme une belle pomme. Début d’une émancipation radicale pour Claire ; et derniers feux du désir en fin de vie pour sa marâtre qui a tout pour finir brûlée dans les feux de l’enfer.
 

Légère et court vêtue, Blanche comme neige s’en va courir un jogging dans les rues de Lyon, se fait enlever, et se réveille dans une forêt maléfique à faire trembler les enfants à qui on lit des contes de Grimm. Sauf qu’il faudra rapidement censurer l’histoire aux chastes oreilles : Claire – c’est son prénom – assouvit ses désirs – longtemps réfrénés – avec de parfaits inconnus quelques heures auparavant. Tour à tour dépressif, benêt, taiseux ou timide, les quatre « nains » (sur sept) qui cèdent à l’appel de la chair et du vice avec Claire sont autant de faire valoir d’un détournement de conte par Anne Fontaine, dont on se demande bien ce qu’elle a voulu nous montrer, au fond.
 

De beaux paysages de Drôme et d’Isère filmés avec un drone : probablement. Une jolie femme de 28 ans dans la vraie vie, vue dans des séries jusqu’alors, (1788 et demi notamment, et au théâtre dans  Il était une fois... le Petit Poucet, de Gérard Gelas en 2013) : sûrement. Des portraits d’hommes rapidement brossés entre dépression, bêtise et timidité : assurément. On regrette juste un peu que la réalisatrice des Innocentes (avec Lou de Laâge), Gemma Bovery et Marvin ou la belle éducation nous laisse aussi froid que la sensualité de Claire nous réchauffe, entre deux foulées de jogging en bordure des Alpes. Le suspens hitchcockien suggéré par les routes sinueuses perdues dans le brouillard ne se dissipe finalement jamais. Pas sûr que Blanche comme neige trouve son public venu croquer une si belle pomme, pourtant…

- Jonathan Cohen, Lou de Laâge. (c) Emmanuelle Jacobson-Roques -

- Jonathan Cohen, Lou de Laâge. (c) Emmanuelle Jacobson-Roques -

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