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Le jour. D'après fred sabourin

Un homme d’honneur

30 Août 2013 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #l'évènement

 

  PUTSCH-ALGER-AVRIL-1961

 



C’est à l’heure où nous écrivons ces lignes qu’on porte en terre, après un passage à la primatiale Saint-Jean de Lyon, Hélie Denoix de Saint Marc.
 

 

Cet officier de la Légion étrangère, né en 1922 à Bordeaux, aura, selon ses propres mots, « vécu pas mal d’épreuves. » Stupéfié par la débâcle de 1940, il entre naturellement en Résistance comme agent de liaison du réseau Jade-Amicol. Arrêté en juillet 1943, il est déporté à Buchenwald, puis à Langenstein. Il survit par miracle, et les Américains le ramassent dans un mouroir inconscient lorsqu’ils libèrent le camp en avril 1945.
Il entre à Saint-Cyr, et choisi en décembre 1947, la Légion étrangère. Il est envoyé en Indochine avec le 3e Régiment étranger d’infanterie. Un lien fort se tisse avec le pays et les Indochinois. Comme beaucoup d’autres, il reçoit l’ordre d’abandonner son poste, créant chez lui une fracture qui ne guérira jamais. Il l’appellera « sa blessure jaune. » Il n’oubliera jamais que la France avait « promis de ne jamais abandonner ce peuple. »
Il embarque ensuite pour l’Algérie, recruté par la général Challe. Fin 1954, il débarque à Oran, puis dans les Aurès, et il sera au service du général Massu, au plus fort du conflit. Il participe à la bataille d’Alger entre janvier et septembre 1957. « La plus amère des épreuves, » dira-t-il ensuite. En avril 1961, à la tête du 1er Régiment étranger de parachutistes, il prend partie pour le général Challe et participe au putsch des généraux. L’affaire échoue et plutôt que d’entrer dans la clandestinité, il se constitue prisonnier. Au procès qu’il subit en juin 1961 devant le haut tribunal militaire, il assume et prend la défense des harkis, menacés du même sort que les Indochinois abandonnés 8 ans plus tôt.
Il est condamné à 10 ans de réclusion criminelle. Il sera libéré fin 1965, gracié en 1966, amnistié en 1968. Il sera réhabilité dans ses droits civils et militaires en 1978. Il demeurera silencieux et s’effacera de la vie publique, jusqu’à ce que son petit neveu Laurent Beccaria ne l’interroge pour son mémoire de Sciences-po. Une biographie paraîtra en 1989, puis ses mémoires en 1995. Il est fait grand-croix de la Légion d’honneur en novembre 2011. Il avait dit à ce sujet : « La Légion d’honneur, on me l’a donnée, on me l’a reprise, on me l’a rendue… »
Un homme blessé mais à la très grande dignité, pour lui « tout se tient, il n’y a pas d’actes isolés. »
Un homme d’honneur surtout, qui devait souffrir en silence de vivre à une époque où ses valeurs, ses engagements, ses combats étant la plupart du temps perçus comme décalés, réactionnaires, risibles, naïfs. Pas seulement par une sous-culture de gauche d’ailleurs, comme on le dit de manière un peu légère. Mais aussi par une sous-culture mercantile, financière, de la distraction et de l’amusement généralisés.

 

 

J’ai la chance – car c’en est une – d’avoir provisoirement en ma possession un carnet de notes d’un officier de marine. Un homme décédé il y a bientôt 5 ans, pour lequel je voue une admiration sans borne. Ce vice-amiral avait un parcours semblable à celui de Saint Marc. En particulier l’attachement sans limite à la parole donnée, à l’honneur, la fidélité à ses idéaux, à la France, à la mission reçue et exécutée avec loyauté. Dans ce carnet, cet officier qui participa aussi à la Guerre d’Algérie (avec la demi-brigade de fusiliers marins) avait recopié de sa main un extrait du procès d’Hélie de Saint Marc devant le haut tribunal militaire. Le voici.
Je n’ai personnellement aucun commentaire à y ajouter. Tout est dit. On n’est pas obligé d’apprécier le style, si on n’aime pas on ferme le blog et on s’en va. Mais je crois qu’il y a de grandes leçons contenues dans cette déclaration qui pourraient encore servir à beaucoup aujourd’hui…

 

 

 

La déclaration devant ses juges du Chef de Bataillon de Saint-Marc. 
 

 

« Ce que j’ai à dire est simple et sera court. Depuis mon âge d’homme, Monsieur le Président, j’ai vécu pas mal d’épreuves : la Résistance, la Gestapo, Buchenwald, trois séjours en Indochine, la guerre d’Algérie, Suez, encore la guerre d’Algérie.
En Algérie, après bien des équivoques, après bien des tâtonnements, nous avons reçu une mission simple, une mission claire : vaincre l’adversaire, maintenir l’intégrité du patrimoine national, y promouvoir la justice sociale, l’égalité politique.
On nous a fait faire tous les métiers parce que personne ne pouvait ou ne voulait les faire. Nous avons mis dans l’accomplissement de notre mission, souvent ingrate, parfois amère, toute notre foi, toute notre jeunesse, tout notre enthousiasme. Nous y avons laissé le meilleur de nous-mêmes. Nous y avons gagné l’indifférence, l’incompréhension de beaucoup, les injures de certains.
Des milliers de nos camarades sont morts en accomplissant cette mission.
Des dizaines de milliers de musulmans se sont joints à nous comme camarades de combat, partageant nos peines, nos souffrances, nos espoirs, nos craintes.
Nombreux sont ceux qui sont tombés à nos côtés. Le lien sacré du sang versé nous lie à eux pour toujours.
 

 

Et puis un jour, on nous a expliqué que notre mission était changée. Je ne parlerai pas de cette évolution incompréhensible pour nous. Tout le monde la connait.
Et, un soir pas tellement lointain, on nous a dit qu’il fallait apprendre à envisager l’abandon possible de l’Algérie, de cette terre si passionnément aimée, et cela d’un cœur léger.
 

 

Alors nous avons pleuré.
 

 

L’angoisse a fait place dans nos cœurs au désespoir. Nous nous souvenions de quinze années de sacrifices inutiles, de quinze années d’abus de confiance et de reniement. Nous nous souvenions de l’évacuation de la haute région, des villageois accrochés à nos camions qui, à bout de force, tombaient en pleurant dans la poussière de la route.
 

 

Nous nous souvenions de Dien-Bien-Phu, de l’entrée du Viet-Minh à Hanoï. Nous nous souvenions de la stupeur et du mépris de nos camarades de combat vietnamiens, en apprenant notre départ du Tonkin. Nous nous souvenions des villages abandonnés par nous et dont les habitants ont été massacrés. Nous nous souvenions des milliers de Tonkinois se jetant à la mer pour rejoindre des bateaux français. Nous pensions à toutes ces promesses solennelles faites à cette terre d’Afrique.
Nous pensions à tous ces hommes, à toutes ces femmes, à tous ces jeunes qui avaient choisi la France à cause de nous, et qui, à cause de nous, risquaient chaque jour, à chaque instant, une mort affreuse.
Nous pensions à ces inscriptions qui recouvrent les murs de tous les villages et les mechtas d’Algérie : « l’Armée nous protège. L’Armée restera. »
Nous pensions à notre honneur perdu.
 

 

Alors le général Challe est arrivé. Le grand chef que nous aimons et admirons et qui, comme le maréchal de Lattre en Indochine, avait su nous donner l’espoir et la victoire. Le général Challe m’a vu. Il m’a rappelé la situation militaire. Il m’a dit qu’il fallait terminer une victoire presqu’entièrement acquise, qu’il était venu pour cela.
Il m’a dit que nous devions rester fidèles à nos promesses, que nous devions rester fidèles aux combattants, aux populations européennes et musulmanes qui s’étaient engagées à nos côtés. Que nous devions sauver notre honneur.
 

 

Alors j’ai suivi le général Challe.
 

 

Et aujourd’hui je suis devant vous pour répondre de mes actes et ceux des officiers du 1er REP, car ils ont agi sur mes ordres.
Monsieur le Président, on peut demander beaucoup à un soldat, en particulier de mourir, c’est son métier.
On ne peut lui demander de tricher, de se dédire, de se contredire, de mentir, de se renier, de se parjurer.
Oh ! Je sais, Monsieur le Président, il y a l’obéissance, il y a la discipline.
Ce drame de la discipline militaire a été douloureusement vrai pour la génération d’officiers qui nous a précédés, par nos aînés. Nous-mêmes l’avons connu, à notre petit échelon jadis comme élèves officiers, ou comme jeunes garçons préparant Saint-Cyr.
Croyez bien que ce drame de la discipline a pesé de nouveau lourdement et douloureusement sur nos épaules devant le destin de l’Algérie, terre ardente et courageuse à laquelle nous sommes attachés aussi passionnément qu’au sol de nos provinces natales.
 

 

Monsieur le Président, j’ai sacrifié vingt années de ma vie à la France. Depuis quinze ans, je suis officier de Légion. Depuis quinze ans je me bats. Depuis quinze ans j’ai vu mourir pour la France des Légionnaires étrangers peut-être par le sang reçu, mais français par le sang versé.
C’est en pensant à mes camarades, à mes sous-officiers, à mes Légionnaires tombés au champ d’honneur, que le 21 avril à 13h30 devant le général Challe, j’ai fait mon libre choix.
 

 

Terminé, Monsieur le Président. »

                                                              *************

La citation qui suit cette prise de notes est de Charles de Gaulle, « Ceux qui accomplissent quelque chose de grand doivent souvent passer outre aux apparences d’une fausse disciplines. »

Juste après dans le cahier, une citation d’Alfred de Vigny : « La parole qui, trop souvent, n’est qu’un mot pour l’homme de haute politique, devient un fait terrible pour l’homme d’armes ; ce que l’un dit légèrement ou avec perfidie, l’autre l’écrit sur la poussière avec son sang, et c’est pour cela que beaucoup doivent baisser les yeux devant lui. »

 

 

helie-denoix-de-st-marc-decore-aux-invalides--2-

 

 

  Photos : D.R

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Emergence de la verticalité

29 Août 2013 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne

 

 

  SAB 8744 R

                                                  - Naître -

 

 

Gavarnie. Gavarnie. Gavarnie. A l’évocation de ce nom notre cœur se serre, notre ventre se noue, nos guibolles se contractent imperceptiblement. Au fond de la prunelle de nos yeux et remontant de la mémoire reviennent des images, vives encore des souvenirs récents mais toujours trop éloignés dans le temps à notre goût. Et une légère douleur dans la nuque : Gavarnie s’admire le cou tordu pour apprécier les vastes murailles de son célèbre cirque.

 

 

Parlons-en de ce cirque : quel cirque ! Il est des Pyrénéistes pour dire – et peut-être ont-ils un peu raison – qu’il en existe d’autres, bien plus beaux, aussi majestueux et plus secrets. Le cirque de Lescun, en Aspe. Et Troumouse, voisin de Gavarnie. Ce dernier est si vaste qu’une rumeur dit qu’un million de personnes pourrait y tenir. Pourvu que jamais l’expérience ne soit tentée !
Mais… Gavarnie. Ici serait né le Pyrénéisme, comme d’autres situent à Chamonix la naissance de l’Alpinisme. Au XIXe siècle, l’aventure commence réellement. Les grands noms des premiers fous de ces montagnes, Ramond de Carbonière, puis les fameux guides Henri et Célestin Passet, François Bernat-Salles, Pierre Pujo, Pierre Brioul, Mathieu Haurine conduisaient vers les sommets des clients non moins fameux comme le comte Russel, Charles Pack, Swan. Plus tard, Louis Robach, qui semblait avoir voué sa vie au Mont Perdu (3365 m), qu’il ascensionna septante-dix fois. Franz Schrader se guidait seul. Il établira une carte (la première) du panorama des Pyrénées et notamment le Cirque de Gavarnie, depuis le formidable belvédère offert par le Piméné, sorte de balcon suffisamment en retrait pour avoir une vue d’ensemble sur le massif Mont-Perdu – Ordessa – Gavarnie. Par beau temps, la vue embrasse le panorama depuis la grande muraille de Baroude (ou Barossa) à l’est, jusqu’au Vignemale à l’ouest. Ici, les dieux ont leur siège numéroté et placé.

 

 

SAB 8728 R                                        - depuis le Piméné -



Gavarnie a donné lieu à une littérature abondante, des essais romantiques les plus lyriques (dont Victor Hugo qui en écrivit les plus belles pages)  aux sommes scientifiques les plus poussées. Mais je ne crois pas cependant qu’on ait tout dit ni tout écrit sur ce bout du monde au fin fond de la France et de l’Espagne. Si le regard bute sur le mur que représente cette formation géologique glaciaire, il n’en demeure pas moins obnubilé par une chaude question : comment franchir ? Gavarnie ne serait rien sans le coup du sort qui fait sa célébrité autant que son cirque : il existe un passage naturel, un trou dans le mur. La Brèche de Roland. Cette entaille, d’une centaine de mètres de large pour moins de 150 mètres de haut, attire à elle seule des milliers de gens. Pas tous très montagnards d’ailleurs (la proximité du col des Tentes le rendant finalement assez accessible en saison estivale). Mais qu’importe, finalement. Si, pour les amoureux des Pyrénées, et les montagnards au sens large, c’est toujours une émotion particulière de passer par cette brèche, il est sans doute un peu heureux que pour beaucoup de vulgum pecus, cette expérience soit la plus engagée qu’ils feront dans leur vie de marcheurs. Après tout, quand on se trouve entre ces deux pans de roche, sur la brèche (l’expression est alors à prendre au sens propre), on est quand même à plus de 2800 mètres, certes en étant la plupart du temps partis de 2208 mètres (col des Tentes), mais quand même... Certains préfèrent partir du village même de Gavarnie 1500 mètres plus bas. Ceux-là connaissent l’incomparable prix des fameuses « Echelles de Sarradets » ou du vallon de Pouey-Aspé…

 

 

SAB 8741 R

                                                                  - Etre sur la brèche -

 

 

Une de nos premières visites de ce lieu venté et souvent froid même en plein été fut le 11 août 1999. Le hasard a voulu ce jour-là qu’il y fasse presque nuit… C’était le fameux jour de l’éclipse totale du soleil. Nous perdîmes environ 7° en moins d’un quart d’heure, et comme la température n’était déjà pas très estivale, on vit les badauds – dont nous étions – enfiler rapidement des effets chauds. Un môme malchanceux se prit sur le crâne un caillou tombé du sommet de la brèche, occasionnant un stationnaire d’hélicoptère de la gendarmerie au dessus de la brèche pour l’évacuer. Gavarnie, sa brèche, ses touristes, son cinéma permanent.

 

 

SAB 8747 R

 

 

 

 

Sauf à dormir dans l’abri sous roche creusé à main d’homme en 1883 (d’après H. Russel dans ses Souvenirs d’un montagnard)*, il est difficile d’y être seul. Le courant d’air permanent n’incite pas trop non plus à y faire bronzette. Pourtant c’est un endroit que nous affectionnons particulièrement, et qu’il nous fut heureux de revoir cette année, après seulement (si j’ose dire !) trois ans d’absence. Que c’est long, trois ans… Cette brèche est la promesse de courses fascinantes, une fois passé ce trou béant dans la muraille s’offre la possibilité de côtoyer les géants à 3000 et plus. Taillon, Casques, Tour, Pics de la Cascades, Marboré, Cylindre, Mont Perdu, Astazou… Le tout sur une quinzaine de kilomètres de long, environ 25.000 hectares de montagne pure.

 

 

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                                        - Dans les nuages, le Mont Perdu (qui porte si bien son nom) -  

 

 

Laissons les mots. Place aux images. Elles restent pour toujours présentes à notre esprit, quand hélas nous sommes redescendus dans la plaine. Et, lorsque la main serre un de ces cailloux rapporté des cimes, c’est toute une histoire qui se diffuse en nous. Et une promesse : revenir.

* projet pour 2014, nous en reparlerons donc…

 

 

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                                                  - Banane casquée -

 

 

 

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                                                 - Stygmates -  

 

 

 

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                                                       - Au loin, la Tour -  

 

 

 

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                                                             - Stygmates (2) -  

 

 

 

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                                                 - Vivre -  

 

 

 

(c) F. Sabourin. Gavarnie, août 2013. Nikon D300 et objectif 10-24 mm.

 

 

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On n'es pas sérieux quand on a 17 ans

22 Août 2013 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #chronique cinéma

 

Jeune & jolie

 Jeune & jolie 2

 

 

Film français de François Ozon. 1h34. Avec : Marine Vacth ; Géraldine Pailhas ; Frédéric Pierrot… 

 

 

Le film s’ouvre sur la côte méditerranéenne, l’été, sous un soleil radieux. Isabelle est à la plage, elle sort de l’eau, se pose sur sa serviette, regarde à gauche, à droite, puis se croyant seule, elle enlève le haut. Elle est jeune (17 ans). Elle est jolie (très jolie). Elle est en vacances avec sa mère, son beau-père et son jeune frère. Un jeune Allemand lui tourne autour. Il ne servira qu’à lui ôter une vertu devenue trop encombrante à son âge. Fin de l’été.
Le film se poursuit à l’automne, où Isabelle a repris sa vie de petite Parisienne. Lycée, copines, devoirs. Mais Isabelle a une double vie. Dans celle-ci, elle s’appelle Léa, et se prostitue avec des hommes jeunes ou vieux, dans des hôtels, contre de l’argent. Des doux, des sadiques, des riches. Pourquoi fait-elle ça ? On ne le saura jamais. Mais un jour, l’un d’entre eux – plus tout jeune – meurt sous elle en pleine action. Paniquée, elle s’enfuit de l’hôtel, et arrête tout. Quelques mois plus tard – c’est l’hiver – la police débarque au travail de sa mère et lui dévoile tout. Celle-ci, sûre de son éducation permissive et hédoniste, tombe de très haut. Son enfant qu’elle croyait connaître n’est plus ce qu’il était, elle ne la reconnaît plus.
Au printemps on voit Isabelle reprendre une vie « normale », essayer une relation avec un garçon de son âge d’ailleurs physiquement très banale. La tentation est néanmoins forte de reprendre son petit jeu de séduction. Le film s’achève sans qu’on en sache davantage sur les motivations réelles d’Isabelle / Léa à passer à l’acte.
 

 

François Ozon est un cinéaste de la transgression. Et ça tombe bien, car l’adolescence est la période de prédilection, pour essayer, tenter, transgresser. C’est ce que fait Ozon avec ce petit chef d’œuvre sec, tranchant, dérageant autant que séduisant. Si l’on s’en tient à ce qu’on voit à l’écran, rien ne permet d’expliquer les raisons qui poussent son héroïne à se prostituer. Elle-même n’arrive pas à dire vraiment pourquoi face à la police. Transparente et d’une beauté diaphane, Marine Vacth – une belle révélation – se révèle tout autant opaque. François Ozon pose les questions de manière froide : comment vivre une sexualité quand celle-ci est découverte à travers la mise en scène codée de la pornographie ? Comment un enfant devient-il un étranger aux yeux de ses parents ? Facilité par Internet, la prostitution est une tentation pour bon nombre de jeunes filles, de l’argent rapidement gagné, sans risque, croient-elles.
Pour Isabelle, c’est surtout un formidable moyen de connaître les hommes, mais là encore impossible de savoir réellement ce qu’elle en apprend, car elle n’en dit rien. François Ozon avait quant à lui déclaré à Cannes que la prostitution était un fantasme pour beaucoup de femmes, suscitant les réactions indignées qu’on imagine.
 

 

C’est probablement la puissance de cet âge scandaleux et transgressif qui est célébré dans Jeune & jolie. « On est pas sérieux quand on a 17 ans, » disait Arthur Rimbaud, poème récité au cœur du film par une série d’adolescents idoines. Jeune & jolie nous fait penser à un autre poème du sulfureux bohémien des Ardennes. Chanson de la plus haute tour, dans lequel il est écrit :

« Oisive jeunesse,

A tout asservie,

par délicatesse,

J’ai perdu ma vie.

Ah ! Que le temps vienne

Où les cœurs s’éprennent. »
 

 

 

FS

 

 

Jeune & jolie

 

 

Jeune & jolie 3

 

 

 

Sur les écrans le 21 août.
 

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La montagne tue

20 Août 2013 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne

 

 

On ne vous le répètera jamais assez : la montagne tue. C'est dangereux, n'y allez pas, ou alors connaissez-en les risques et périls, nom de Zeus !(et ça fera moins de monde sur ses flancs...)


Si on achève bien les chevaux, ceux-ci ont dû prendre un sacré coup de foudre, l'un d'entre eux probablement plutôt l'année dernière. Les deux autres sont plus récents, les vautours ont laissé le crin, les sabots et pour le dernier, le cuir.

Tout cela dans un périmètre d'une petite centaine de mètres d'altitude, pas plus d'un km² de surface... Je déconseille fortement de boire l'eau du torrent qui s'y écoule, et pour plusieurs années, à moins de vouloir tester la liste des gastro-antérologues du Béarn et même au-delà. 


Enfin, à ceux qui souhaiteraient éviter ce coin de mortelles randonnées, cela se situe au dessus du Lac d'Aule, près de Bious-Artigues, en Vallée d'Ossau, non loin de Gabas (halte jacquaire dans le col du Portalet).


Dommage cependant de ne pas y aller, c'est un endroit superbe où l'on peu même se faire le Pic Gaziès, 2457m, histoire d'admirer un peu le paysage. Mais pas le jour où nous avons fait ces images, parce que justement ce jour-là, on y voyait queue d'chi (ou presque). 

 

 

 

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SAB 8791 R

                                          - De cheval -

 

 

 

SAB 8802 R

                                    - Dites-le avec des fleurs -

 

 

(c) Fred Sabourin. 8 août 2013. Béarn. Vallée d'Ossau.

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