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Le jour. D'après fred sabourin

France d'en haut, neige d'en bas

25 Novembre 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne

 

      Pendant que certains tentaient de « récoler » les morceaux en vrac d’une opposition souhaitable mais désormais atomisée, il y avait mieux à faire en mettant le nez et les oreilles dehors. Cela étant, il fallut bien les protéger pour qu’ils ne prirent pas froid.


Les premières neiges sont descendues bien bas dans la vallée, Ossau cela va sans dire, et la falaise aux vautours s’en trouva blanchit d’un éclat argenté à nul autre pareil. L’atmosphère était fraîche et neigeuse, capiteuse à la bouche, comme ce chardonnay gras bien frais, seulement refroidi sur le rebord d’une fenêtre.
Drapée de blanc, ces montagnes frissonnaient en pensant au retour du printemps prochain, loin encore, et les prairies d’un vert cru laissaient imaginer qu’il était déjà là. Visuellement. Mais c’est la pluie, abondante, de ses épis lourds d’une neige à l’instant fondue, qui les abreuvaient jusqu’à plus soif.
Le gave avait le cœur et le cours au bord des lèvres, prêt à déborder.

 


Les draps s’envolaient et nappaient les meubles anciens, les lampes et les pendules : la maison sera donc fermée pour l’hiver, tandis que d’autres, jouxtant le château, se préparaient à affronter les frimas de la morte saison, où les vivants se terrent en épluchant des châtaignes.
Le bois coupé est condamné à la cheminée, vorace, et réchauffera les gens d’ici pendant qu’on sera là bas, si loin dans la plaine. 

 

 


Le souvenir de cette nappe d’argent sur les collines aux seins bombés restera dans la mémoire, bien longtemps après que les yeux n’eurent embrassé pour la dernière fois cette tendre vallée.

 

 

 


 

 

 

 

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sous le pont d'Avignon

15 Novembre 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #voyage - voyage...



« on y danse on y danse, sous le pont d’Avignon, on y danse tous en rond… »
Non, pas de faute de frappe, selon toute vraisemblance c’est en effet la version originel et originale de cette ritournelle d’enfance, voire au-delà pour certains qui se sont évertué à pousser la chansonnette à cloche pied dimanche dernier sur le sus nommé pont cassé en deux.
Elle date du XVè siècle, cette petite chanson que vous aurez donc dans la tête sitôt la page de ce blog refermée. Bâtit au Moyen Age sous l’influence d’un petit berger ardéchois (et toc !) « le pâtre Bénézet » qui lui donna son premier nom officiel. Seul pont de pierre entre Lyon et la Méditerranée à l’époque, il fut maintes fois emporté par les crues du Rhône, fleuve tumultueux et capricieux désormais dompté par vingt-deux barrages. Il fit néanmoins la fortune et la puissance de la cité des Papes, sous la suzeraineté lointaine des comtes de Toulouse.
L’origine exacte de la ritournelle est peu certaine. Peut-être date-t-elle du XIXè siècle, lorsque les guinguettes faisaient le plein chaque dimanche, d’où « sous le pont » et pas « sur » (difficile de danser vu son étroitesse). Adolphe Adam l'intègre dans son opérette à la fin du siècle, assurant à la comptine un succès mondial.



Alors nous sommes allés voir sur place. Sur, sous et au bout du pont, c’est toujours le même refrain finalement : il n’y a que le premier pas qui coûte… 





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Monsieur le Cardinal est un rigolo personnage (ah ! ah ! ah !)

13 Novembre 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #étonnement

La Phrase du jour, ou même du mois, nous la devons au cardinal – archevêque de Paris, Mgr Vingt-Trois.

22, v’là le drôle de sire, éminence grise en rouge, président de l’épiscopat de France, et de Navarre. C’est non loin de cette région, en Bigorre, qu’il a eu jeudi dernier cette saillie drolatique, toute à son (des)honneur.

C’est surpuissant. Je connais pas mal de femelles catéchistes et autres substitues de clergé en (des)routes qui vont certainement apprécier la plaisanterie à sa juste hauteur : celle du slip, éminence évidemment. Pardon pour les ‘femelles’, mais c’est plus fort que moi, je me mets à la hauteur du personnage dans le cas présent et le choix du vocabulaire…

 

« Face aux chrétiens », une émission enregistrée à Lourdes à l’occasion de l’assemblée plénière des évêques de France. Invité : Mgr André 23, cardinal archevêque de Paris, Président de la Conférences des Evêques de France.

Question de Frédéric Mounier :

« Un certain nombre d’évêques ont émis le souhait que des femmes puissent lire l’Ecriture, puissent jouer ce que l’on appelle le rôle de lectionnaire, qu’est ce que vous en dîtes ? »

Réponse de Mgr 23 :

« Les femmes lisent l’Ecriture tant qu’elles le veulent, je ne pense pas que ce soit une question très difficile. Ce qui est plus difficile, du peu que je connais à travers le diocèse de Tours et le diocèse de Paris c’est que nous avons fait des progrès considérables dans la formation des cadres ecclésiaux.

Ce qui est plus difficile c’est d’avoir des femmes qui soient formées, le tout ce n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête. »

(s’en suit un rire gras de comique troupier, entre la salle de garde et la caserne d’infanterie)

Il y la là :  un lien vers le blog de David où on peut même l'entendre, c'est encore mieux !

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Quatre saisons, douze photos (numéro trois)

6 Novembre 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #concept

Novembre… Mois détesté par beaucoup. Nous ne pouvons pourtant pas le rayer du calendrier. Le jour baisse, les feuilles aussi, tant et si bien qu’elles choient sur le sol humide et détrempé du week-end. Elles meurent, en silence.
Notez bien que ces clichés ont été réalisés le 5 du mois et non le 1er (comme annoncé au début de ce projet ici et ), et en fin d’après midi, in extremis, avant que la lumière ne soit trop insuffisante pour être exploitable.
Rendez-vous le 1er décembre, promis.



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Yes, we can !

5 Novembre 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #l'évènement




Le 44è Président des Etats-Unis d’Amérique est donc Barack Hussein Obama, né de père kényan et de mère américaine. La Maison Blanche se colore. L’espoir est immense. Les défis encore plus importants. « Oui, nous pouvons » va vite se transformer en « oui, nous devons ».

Ce matin, à 5h15, dans le métro D qui file sous les rues de la capitale des Gaules, la rame est très colorée. Comme tous les matins, noirs, arabes, antillais, portugais, arméniens, affalés sur les sièges kakis du métro orange crasseux. Vestes fluos ou bleues des uniformes d’entreprises de nettoyage. Pas de cols blancs, ou seulement à « Saxe Gambetta », mais c’est normal :  il y a une correspondance pour « Part Dieu », TGV pour Paris, cadres à roulettes et valises bourrées d’ordinateurs, direction  réunions reporting et managériales. Mais dans un coin, un Africain, grosse doudoune sur le dos, bonnet vissé sur le crâne. Petites lunettes de vue. Dans ses mains : une bible de poche, dans un marocain de cuir noir à fermeture éclair. Il est concentré, je l’observe le plus discrètement possible. Ses lèvres bougent légèrement, il « mâche » la parole de Dieu, silencieusement. Il pose la bible sur ses genoux. C’est le « Livre des Chroniques ».

Bellecourt, tout le monde se lève, correspondances. Savent-ils qu’Obama vient d’être élu Président des Etats-Unis ? La nouvelle est officielle depuis 5h du matin heure française, information CNN. Un noir (métisse) à la Maison Blanche. Les travailleurs du petit matin sont toujours les mêmes. Mais leur espoir vient des profondeurs de la terre.

Yes, wa can. Yes we need.
Just do it !

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