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Le jour. D'après fred sabourin

Articles récents

Grandir

8 Juillet 2017 , Rédigé par F.S Publié dans #Lettres à ...

Grandir

"- Papa, y a des étoiles dans tes yeux...

- Tu sais pourquoi ?

- Non...

- Parce que je te regarde".

 

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Kerman

4 Juillet 2017 , Rédigé par F.S Publié dans #littérature

"Nous n’avons guère vu Kerman de jour, juste assez pour lui trouver cet air démoli, saccagé – comme si Tamerlan venait d’y passer – que l’implacable lumière de midi donne à toutes les villes de l’Est iranien. Mais la nuit, oui. Une fois lavés et rafraîchis, nous nous promenions, accompagnés par quelques jeunes cyclistes qui nous dépassaient, revenaient, faisaient du sur place pour nous lancer interminablement la même phrase en anglais. Et la nuit, Kerman devenait belle ; son côté brûlant, déchu, brisé, faisait place à la douceur du plus grand ciel du monde, à celle de quelques feuillages, de bruits d’eau, de coupoles qui s’enflent contre le gris lumineux de l’espace.  la sortie de la ville, notre escorte nous lâchait. Trois arbres immenses, un mur de boue séchée, puis un plateau sableux plus vaste que la mer. Étendus dans le désert encore tiède, nous fumions sans mot dire, en nous demandant si nous en verrions jamais la fin. Ongles cassés, furtifs éclairs d’allumettes, trajectoires gracieuses et fatiguées des mégots qui fusaient dans le sable, des étoiles, des étoiles, des étoiles assez claires pour dessiner les montagnes qui barraient l’horizon vers l’est… et peu à peu, la paix".
 

Nicolas Bouvier. L’Usage du monde.

 

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Histoire d'une France rurale

2 Juillet 2017 , Rédigé par F.S Publié dans #émerveillement

- La terre est ronde où paissent les troupeaux -

- La terre est ronde où paissent les troupeaux -

- Fauché -

- Fauché -

- Midi, roi des étés -

- Midi, roi des étés -

Histoire d'une France rurale
Histoire d'une France rurale

(c) F.S. 18/06 et 02/07/2017.

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Ispahan

29 Juin 2017 , Rédigé par F.S Publié dans #littérature

"Avec un ressort arrière brisé, traversé lentement le canton agricole qui entoure la ville. Le soleil se couchait derrière de hauts platanes solitaires dont l’ombre oblique s’étendait sur des villages de terre aux douces arêtes rongées. Dans les champs de blé coupé, les gerbes retenaient la lumière et brillaient comme du bronze. Des buffles, des ânes, des chevaux noirs, et des paysans aux chemises éclatantes travaillaient à finir les moissons. On voyait le bulbe léger des mosquées flotter sur la ville étendue. Assis sur le capot pour soulager la voiture malade, assommé de fatigue, je cherchais un mot pour m’approprier ces images, et je me répétais machinalement : Carabas".
 

Nicolas Bouvier. L’Usage du monde.

(c) F.S.

(c) F.S.

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Blond vénitien

13 Juin 2017 , Rédigé par F.S Publié dans #voyage - voyage...

Ses cheveux qu’elle relève sur sa tête et maintient en l’air le temps de parler, de réfléchir, font comme un petit palmier exotique. Puis elle les relâche, d’un geste sec et tendre à la fois. Son parfum vanillé, légèrement sucré, soulève des flots de certitudes : « elle est aimable, vraiment », se disait-il, plongeant sans retenue dans l’azur de son regard profond. On dirait l’Italie. Le vent chaud de la Méditerranée remonte le long de cette Via antique bordée de pins maritimes, d’oliviers, d'amandiers et de cyprès, caressant les pierres anciennes chauffées à blanc par le franc soleil d’été. Elle était là, face à lui, face à elle-même aussi. Le mouvement de sa main dans son dos puis le long du bras valait toutes les promesses. « On en reparle », dit-elle. Ce vent sensuel soufflait dans sa poitrine et encerclait sa respiration. Il suffoquait. S’il avait su que cette asphyxie était si douce... Temps immobile, où tout demeure encore possible. Pont des soupirs, vaporetto, ruelles étroites et fraîches se laissant ça et là au détour d’un angle transpercer par un soleil ardant. Pont des soupirs, il crut mourir ; d’amour, pour cette belle en fuite, au-delà des lignes, au-delà des rêves, au-delà des désirs enfouis qui tombent en pluies d’orages. Promesse de l’aube, promesse perdue peut-être… Il n’aurait jamais pensé que cette lame de douleur pénétrant sa poitrine ait pu revenir un jour. Elle ne le lâcha plus.

 

- En route vers Mysore (Inde), sept. 2006 -

- En route vers Mysore (Inde), sept. 2006 -

Elle apportait du thé, il buvait de la chicorée au lait.

Une chose horrible, disait-elle.

Il était sergent de l’armée de terre, dans une aile discrète du Renseignement français.

Elle habitait Saigon près du fleuve.

On la tutoyait. Il la vouvoyait.

Un matin elle trouva un message enlacé autour d’un hibiscus rouge :

Ma chicorée est certainement horrible, mais votre thé est insipide.

Apprenez-moi à l’aimer.

Ce qu’elle fit…

Bernard Giraudeau, Les Hommes à terre.

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Voir loin, c'est la rêverie du paysan

4 Juin 2017 , Rédigé par F.S Publié dans #littérature

Bouges (36). (c) F.S.

Bouges (36). (c) F.S.

"La beauté du pays existerait, mais, à moins de monter sur la cime des branches, personne n'en jouirait. L'artiste, qui rêve en contemplant l'horizon, y perdrait le spectacle de sites enchanteurs, et le paysan, qui n'est jamais absurde et faux dans son instinct, n'y aurait plus cette jouissance de respirer et de voir, qu'il exprime en disant : C'est bien joli par ici, c'est bien clair, on voit loin. Voir loin, c'est la rêverie du paysan ; c'est aussi celle du poëte. Le paysagiste aime mieux un coin bien composé que des lointains infinis. Il a raison pour son usage ; mais le rêveur, qui n'est pas forcé de traduire le charme de sa contemplation, adorera toujours ces vagues profondeurs des vallées tranquilles, où tout est uniforme, où aucun accident pittoresque ne dérange la placidité de son âme, où l'églogue éternelle semble planer comme un refrain monotone qui ne finit jamais.

L'idée de bonheur, est là, sinon la réalité".

George Sand, La Vallée-Noire.

Eglise Sainte-Anne, Nohant-Vic (36). (c) F.S.

Eglise Sainte-Anne, Nohant-Vic (36). (c) F.S.

(c) F.S.

(c) F.S.

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Jardin anglais, printemps français

25 Mai 2017 , Rédigé par F.S Publié dans #émerveillement

Jardin anglais, printemps français

Le 26e Festival international des Jardins du Domaine de Chaumont-sur-Loire a ouvert ses portes depuis le 20 avril jusqu'au 5 novembre prochain. D'abord soumis à une météo capricieuse faite de gelées tardives succédant à des chaleurs précoces, puis de fortes pluies, c'est désormais l'été du printemps aussi luxuriant que les jardins eux-mêmes.

Bien sûr il y a les 25 jardins de créateurs sélectionnés par le jury présidé cette année par la réalisatrice et auteur Coline Serreau, et Chantal Colleu-Dumond directrice du Domaine (sans qui Chaumont ne serait pas Chaumont), autour du thème "Flower Power" (le pouvoir des fleurs). Mais il y a aussi les jardins permanents, dans le pré du Goualoup. Notamment ce "jardin anglais" sur lequel pleuvait ce jeudi un soleil de gloire dans une tempête de ciel bleu. So British, mais surtout so beautiful...

Jardin anglais, printemps français
Jardin anglais, printemps français
Jardin anglais, printemps français
Jardin anglais, printemps français
Jardin anglais, printemps français
Jardin anglais, printemps français

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En avant, marche !

8 Mai 2017 , Rédigé par F.S Publié dans #édito

- Sous ses pieds, le Sacre, de David - (photo L. Leuleu).

- Sous ses pieds, le Sacre, de David - (photo L. Leuleu).

« Ne sous-estimez jamais le courage des Français : n’oubliez pas que ce sont eux qui ont découvert que les escargots étaient comestibles ». Le meilleur compliment qu’on ait pu nous faire vient des Anglais, paradoxalement. Hier soir, dimanche 7 mai, les Français ont une fois de plus fait montre d’un courage à toute épreuve : ils ont élu à la Présidence de la République une tête bien faite et bien pleine de 39 ans. Une tête jeune, surtout. Ce qui paraissait impossible, le nouveau Président Macron l’a fait : exit les partis traditionnels et leurs têtes chenues, et cette fichue bipolarisation de la vie politique française, maladie chronique dont on semble ne jamais pouvoir guérir – qui remonte bien avant la fondation de la Ve République.
 

Bien sûr, il faut nuancer un peu l’élan de la victoire : avec certes 20,7 millions de voix sur 47,4 millions d’électeurs inscrits (66,06 % des exprimés), il devra composer avec le fait, tenace, têtu, que beaucoup de Français ne lui ont pas confié un vote d’adhésion (comme Jacques Chirac en 2002), et il ne pourra pas se satisfaire d’un Front national à 10,6 millions de voix. Tout comme il ne pourra se satisfaire des 4,06 millions de bulletins blancs ou nuls, ni des 12 millions d’abstentionnistes. L’avantage, s’il déçoit, c’est qu’il décevra moins de monde…
 

En avant, marche !

En attendant, place aux jeunes ! Place au neuf ! Des nouvelles têtes, vite ! De l’air ! De l’air ! De l’air ! Pour celui qui a gravi quatre à quatre les marches qui l’ont conduit au pouvoir, quasiment inconnu il y a encore trois ans : seulement deux minutes d’état de grâce, pas une de plus. La somme des espoirs et des attentes, la somme des souffrances et des inquiétudes des Français, la somme des divisions d’un pays clivé, fracturé, en miettes sociales ne lui laissera pas un instant de répits. Pour réussir, il lui faudra faire comme son ascension : vite. Cinq ans, c’est court, et ça commence aujourd’hui.
 

L’homme qui se mit au service de Paul Ricœur durant deux ans – dont on peut espérer qu’il n’en reste que du bon – devra réussir à décloisonner la société française, à la rassembler, mais pas seulement. Il devra : se coltiner et résister aux centrales syndicales, qui, malgré leurs maigres rangs, lui promettent déjà naturellement des lendemains qui déchantent. Il devra se coltiner et résister aux multiples blocages des professions réglementées, qu’il avait mises dans la rue en 2015, avec le résultat que l’on sait. Il devra résister et passer outre les innombrables « mammouths » historiques de la France : fonctionnaires, régimes spéciaux de la SNCF (entre autres !), enseignants, retraités des Trente glorieuses gavés jusqu’aux amygdales, actionnaires des grandes entreprises, agriculteurs subventionnés et en apnée sociale, cartel des taxis et des routiers capables de paralyser tout un pays juste en mettant le frein à main, etc. ; la liste et longue des entraves à la remise en marche du pays. N’oublions pas tous ceux qui vont rapidement lui tapoter sur l’épaule en lui rappelant : « qui t’a fait roi ? », dont une grande partie des frères du maire de Lyon et autres loges découvertes à marée basse.

 

En avant, marche !

L’impossible, il vient de le réaliser : parti de rien, sans notoriété, il a profité d’un trou de souris pour s’y engouffrer et faire main basse sur le grisbi. Inédit sous la Ve République. Mais ça n’est qu’une marche, pour le candidat En Marche depuis un an. Le vrai impossible, le vrai « Everest », c’est réussir, et c’est maintenant. Une course de fond qu’il devra paradoxalement gravir à grandes enjambées, et « en même temps » en « laissant du temps au temps ». C'est là la seule richesse qu’il ne possède pas : les Français, très impatients, veulent du résultat tout de suite. Pour réussir, on sait aussi qu’il aura besoin d’une majorité à l’Assemblée. On voit déjà ceux qui ont appelé au « front républicain » lui savonner la planche et renaître de leurs cendres encore tièdes : le PS et Les Républicains n’ont pas dit leur dernier mot ; les Insoumis ne se soumettront pas au jeune Macron, roi du Louvre ; le FN n’est pas mort… Cohabitation ? Peu probable, mais qui peut en jurer ? Majorité absolue ? Les législatives sont des scrutins locaux où le rural frontiste risque fort de se rappeler à son bon souvenir. Coalitions de circonstances en fonction des projets de loi ? Ce serait, de notre point de vue, une solution raisonnable, qui prouverait enfin que les Français peuvent le devenir, et veulent vraiment s’en sortir.
 

Il reste une dernière possibilité au jeune Macron : commencer à 39 ans une carrière de dictateur, et gouverner par ordonnances. En trois mois, faire passer son programme plus l’impensable, l’inacceptable, la potion amère. "La beauté du chemin est-elle amoindrie par les épines du buisson qui la bordent ?", disait Stendhal. Pour Emmanuel Macron, réussir l'impossible. Maintenant. Sans quoi le tweet de Bernard Pivot se révèlera une cruelle prophétie : "La jeunesse du nouveau Président est une qualité. Demain, elle sera une excuse, après-demain un blâme, plus tard un souvenir".

 

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Il était une fois, un lundi après-midi, sur la terre

17 Avril 2017 , Rédigé par F.S Publié dans #émerveillement

Il était une fois, un lundi après-midi, sur la terre
- Patria nostra -

- Patria nostra -

- Knock on the heaven door -

- Knock on the heaven door -

- Abondance de bien -

- Abondance de bien -

- Embarras du choix -

- Embarras du choix -

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Chaumont-sur-Loire : le printemps de l'art contemporain

31 Mars 2017 , Rédigé par F.S Publié dans #concept, #émerveillement

Le coup d’envoi de la 9e saison d’art contemporain du Domaine de Chaumont-sur-Loire a été donné vendredi 31 mars par Chantal Colleu-Dumond, directrice du Domaine, en présence de François Bonneau président de Région et de nombreux invités. La présence des artistes maîtres d’œuvres permet aux visiteurs, ce jour-là, de goûter aux secrets des créations. À voir et déguster jusqu'au 5 novembre.

Chaumont-sur-Loire : le printemps de l'art contemporain
Stéphane Guiran "Le Nid des murmures" (5.000 fleurs de quartz)

Stéphane Guiran "Le Nid des murmures" (5.000 fleurs de quartz)

Andrea Wolfensberger (carton ondulé)

Andrea Wolfensberger (carton ondulé)

Sam Szafran

Sam Szafran

Sheila Hicks, "Glossolalia"

Sheila Hicks, "Glossolalia"

Stéphane Guiran "Le Nid des murmures"

Stéphane Guiran "Le Nid des murmures"

Marie Denis, "Herbier de curiosités"

Marie Denis, "Herbier de curiosités"

Sara Favriau "Prologue pour une chimère"

Sara Favriau "Prologue pour une chimère"

Chaumont-sur-Loire : le printemps de l'art contemporain
Stéphane Guiran "Le Nid des murmures"

Stéphane Guiran "Le Nid des murmures"

Andrea Wolfensberger

Andrea Wolfensberger

Guiseppe Penone, "Idea di Pietra"

Guiseppe Penone, "Idea di Pietra"

www.domaine-chaumont.fr

(c) F.S. 31/03/2017.

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