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Le jour. D'après fred sabourin

silence...

30 Mai 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #chronique cinéma

                                                           Ca tourne !



       Pendant ce temps-là, rue de la Juiverie, on tournait une mièvrerie sucrée, grand public et faussement historique censée se dérouler durant la seconde guerre mondiale. Pour faire plus crédible, on va chercher Line Renaud, qui en connaît un rayon question guerre mondiale, elle qui a du naître au moment où la France perdait Sedan. Après, elle a mangé du maroual au petit déjeuner avec Dany Boon.
La scène se passe « après le couvre feu », une livraison en loucedé par un gentil maraîcher, qui prend des risques pour venir servir la dame à l’entrée de son bistrot. Notez bien qu’il s’agit temporellement d’une scène se déroulant après le couvre feu (je le répète et le réalisateur l’a lui même précisé), d’où ce splendide « extérieur jour » manifestant la part d’ombre de la scène, sans doute…
Production France Trois Rhône-Alpes-Auvergne, dans votre télé l’hiver prochain.
Vivement.


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a poor lonesome cow-boy

27 Mai 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #étonnement

                                le nouveau western




Il existe, encore aujourd’hui, des gringos aux santiags affûtées, aux cigarillos âcres et parfumés, aux chapeaux tournés vers l’ouest rude, sauvage mais beau. Ces cow-boys rejoignent le mythe grâce à leurs vertus, parfois contestables, qui leur donne une assise et ce déhanché caractéristique de ceux qui ont parcouru de nombreux kilomètres à cheval. Ca tasse le cul, et n’est pas forcément bon pour le cerveau.

Celui-ci a sans doute garé sa meilleur conquête de l’homme dans quelconque parking souterrain lyonnais, avec un seau d’eau pour boire et de l’avoine pour éponger. Pendant ce temps-là, monsieur téléphone. Nous vivons bien dans une époque moderne...

Ce sont les acteurs urbains du nouveau western.  

Yop là !

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à la gare Saint Lazare j'ai vu les fleurs du mal, au hasard

22 Mai 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #voyage - voyage...



La salle des pas perdus de la gare Saint-Lazare est en travaux. Pas perdu pour tout le monde, en voyant les murs soudainement mis à nu, en attendant le rafraîchissement de rigueur, et une galerie commerciale avec des boutiques de fringues, dévédés et èmepé trois, produits de luxe et parfumeries, fleurs bon marché et bouffes en tous genres (y compris bio). C’est la mode, ces salles des pas perdues modernes, clinquantes, identiques dans toutes les gares, toutes les villes, standardisation visuelle, et mimétisme petit bourgeois fauché ou nouveau riche au luxe ostentatoire, qui doit dépenser son pouvoir d’achat, car tel est le bonheur de la vie.

En attendant, on a la possibilité, tel un archéologue, de voir « ce qu’il y avait avant » la précédente déco, standardisée elle aussi mais moins mercantile. Une gare ne servait, jusqu’ici, qu’à faire attendre des gens sur des quais, courir des retardataires dans des salles de pas perdus, démarrer des histoires d’amour, en terminer d’autres, acheter un sandouiche mou datant d’hier et un journal frais du jour. Aujourd’hui, dans une gare, tu peux acheter (liste non exhaustive) : une baguette de pain chez monsieur Paul à 1,20€, de l’eau à 5€ le litre, un petit « top » de chez Zara ou du parfum Chanel. Eventuellement un billet de train. Pratique, non ?




Mais voici une affiche, dont l’outrage des ans, et l’oubli surtout, vante les charmes de la Bretagne "pittoresque", Camaret exactement (le reste est illisible). Ca ne manque pas de charme en effet : la gare Saint-Lazare envoie vers la Normandie, la Haute et la Basse, point vers la Bretagne… Jadis, déjà, la concurrence faisait rage dans le monde moderne de l’époque – devenu par la force des choses post-moderne – et il fallait attirer le chaland jusque dans les gares voisines et néanmoins ennemies. Cette affiche – mais pour combien de temps encore ? – est un vestige du temps qui passe. Délicieusement désuète, elle signe la mort d’une gare, et la naissance d’une autre, sans grâce ni personnalité. Seule résistera, peut-être, sa physionomie extérieure, elle aussi en danger d’un promoteur et d’un architecte de cour aux yeux qui brillent et à l’argent frais.

Brel chantait, sur un air d’accordéon délirant : t’as voulu voir Paris et on a vu Paris (…) t’as voulu voir Hortense elle était dans l’Cantal ; Je voulais voir Byzance et on a vu Pigalle, à la gare Saint-Lazare j’ai vu les fleurs du mal, par hasard.
Je m’casse, mon train arrive : un vieux Corail poussif à l’ancienne est annoncé voie 27. Il ne va pas en Bretagne, mais en terres normandes. Pas mal non plus. Ni bouffe, ni dévédé, ni produits inutiles dans ma musette : juste un livre. Acheté d’occaze aux puces. Et toc !
La gare se meurt mais ne se rend pas.

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Palme d'or. Ne la réveillez pas...

17 Mai 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #chronique cinéma






Des vedettes, des paillettes, une Croisette, des photos, des tapis rouges, une plage, des starlettes, des cris, des rires et des larmes. Des photographes, des smoking, des robes échancrées, des hauts talons, des palmes (l’or leur va si bien), des hôtels, des bateaux, des vedettes, et surtout des stars. Des films, des longs, des moyens, des courts, des ratés, des bien faits, des inconnus, des oubliés, des acteurs, des réalisateurs, des vedettes, des femmes, des enfants, des fauteuils, un rideau, un écran : blanc.
Des marches : à monter, jamais à descendre, le noir qui se fait, la magie d’un faisceau de lumière qui scie en deux l’épais rideau de nuit, et le rêve vient au jour.
Des vedettes, des paillettes, une Croisette, et des stars, surtout des stars. Le cinéma est à Cannes.




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Toscane ?

15 Mai 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #émerveillement

                                                      Si j’étais peintre



     Jadis, l’homme posait son chevalet et se coiffait d’un chapeau, canotier ou un quelconque galure lui donnant un air de circonstance. Cela prenait du temps, l’installation de la table de l’artiste. De longues heures d’observation ne suffisaient pas, il fallait aimer l’endroit, imaginer, caresser doucement le paysage avec le fil du pinceau, imaginaire lui aussi.


Goûter l’harmonie, comme l’aurait fait un musicien accordant son instrument. De vent, de cordes, de cuivre, de bois chaud dont la rondeur des notes réchauffait le cœur.
Etre là, rester sans attendre autre chose qu’émerge de la terre nourricière un instant choisi, volé au sens propre du terme, à peine achevé qu’il faille le fixer sur une toile.
Au fond, le bruit des grillons qui annoncent déjà l’été. Un murmure d’eau vive – l’Ouvèze est là, toute proche – qui appelle à entrer dans cette onde pure, matrice où tout se régénère.

Une nouvelle fois, comme autrefois, l’homme, caressant le bord de son chapeau, réfléchit et changea le chevalet de place. Il n’en croyait pas ses yeux. La Toscane semblait si proche – lui qui ne l’avait que furtivement traversée – et pourtant, ce n’était pas encore cela. Les prémices et l’esprit d’un lieu s’offraient simplement là.

« Si j’étais peintre », pensa l’homme en appuyant sur le déclencheur…



 
... Toscane ? non...
Ardèche.

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chanson à texte

10 Mai 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #poésie

                                                         Le temps qui reste




Combien de temps...
Combien de temps encore
Des années, des jours, des heures, combien ?
Quand j'y pense, mon coeur bat si fort...
Mon pays c'est la vie.
Combien de temps...
Combien ?

Je l'aime tant, le temps qui reste...
Je veux rire, courir, pleurer, parler,
Et voir, et croire
Et boire, danser,
Crier, manger, nager, bondir, désobéir
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Voler, chanter, parti, repartir
Souffrir, aimer
Je l'aime tant le temps qui reste

Je ne sais plus où je suis né, ni quand
Je sais qu'il n'y a pas longtemps...
Et que mon pays c'est la vie
Je sais aussi que mon père disait :
Le temps c'est comme ton pain...
Gardes-en pour demain...

J'ai encore du pain
Encore du temps, mais combien ?
Je veux jouer encore...
Je veux rire des montagnes de rires,
Je veux pleurer des torrents de larmes,
Je veux boire des bateaux entiers de vin
De Bordeaux et d'Italie
Et danser, crier, voler, nager dans tous les océans
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Je veux chanter
Je veux parler jusqu'à la fin de ma voix...
Je l'aime tant le temps qui reste...

Combien de temps...
Combien de temps encore ?
Des années, des jours, des heures, combien ?
Je veux des histoires, des voyages...
J'ai tant de gens à voir, tant d'images..
Des enfants, des femmes, des grands hommes,
Des petits hommes, des marrants, des tristes,
Des très intelligents et des cons,
C'est drôle, les cons ça repose,
C'est comme le feuillage au milieu des roses...

Combien de temps...
Combien de temps encore ?
Des années, des jours, des heures, combien ?
Je m'en fous mon amour...
Quand l'orchestre s'arrêtera, je danserai encore...
Quand les avions ne voleront plus, je volerai tout seul...
Quand le temps s'arrêtera..
Je t'aimerai encore
Je ne sais pas où, je ne sais pas comment...
Mais je t'aimerai encore...
D'accord ?

Jean-Lou Dabadie ; Serge Reggiani


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Deux jours à tuer

9 Mai 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #chronique cinéma


Deux jours à tuer - Albert Dupontel


     Il existe des principes et des postulats qui ne souffrent généralement d’aucune contestation. Loin de moi l’idée de faire à la Prévert un inventaire. Il en est un qui dépasse à priori beaucoup d’autres : les fils sont fait pour survivre à leurs pères. C’est du moins ce que la loi mathématique de la vie voudrait.
Antoine, jeune quadra comblé, publicitaire fortuné, belle voiture, jolie femme, deux beaux enfants, maison où rien ne manque dans les Yvelines, saborde un jour une réunion où il s’agit de vanter les vertus d’un yaourt pour un important client. Pour toute explication, il annonce qu’il va partir et revend ses parts. Rentré chez lui, une scène l’oppose à sa femme : une « bonne copine » l’a vu dans un bistrot main dans la main avec une autre femme. Tout s’enchaîne, Antoine saborde l’anniversaire préparé par ses enfants, puis celui préparé par sa femme (une surprise avec ses amis qui finit en pugila). Antoine saborde le navire, passe tout par dessus bord, prend sa bagnole, et embarque à Cherbourg pour l’Irlande… où il retrouve son père, reclus depuis trente ans avec la pêche à la mouche pour seule compagnie.
Antoine est malade. Antoine va mourir. Mais il n’avait pas le courage de l’annoncer à sa famille et à ses proches.

Porté par les seules épaules de Albert Dupontel, avec quelques apparitions lumineuses de Marie-Josée Croze, Deux jours à tuer peut agacer par ses allures très « petite bourgeoise française » : en démolissant le modèle en question avec les mêmes codes qui d’ordinaire le construisent, Becker scie la branche sur laquelle il est assis. D’autres auraient sans doute été plus piquants et incisifs, et on pense notamment à Chabrol pour ne citer que lui. Néanmoins, Jean Becker, qui nous avait gratifié ces dernières années de films nostalgiques d’un âge d’or disparu sans avoir vraiment existé, avec Les Enfants du marais et Dialogue avec mon jardinier, prouve là qu’il sait aussi faire du grave sans trop de pathos. Il faut voir – et entendre – Dupontel déclamer de la prose taillée pour lui, mais néanmoins véridique en cela qu’elle dénonce le manque d’écoute et de dialogue vrai entre les gens. La vraie écoute, celle qui découle ensuite sur une vraie compassion.

Le générique de fin vaut à lui seul qu’on mette une heure trente (à tuer ?) pour ce film. Une chanson de Jean-Lou Dabadi interprétée par Serge Reggiani à la toute fin de sa vie (en 2002 exactement), « le temps qui reste », illustre à merveille le propos, et, franchement, tire une émotion non feinte chez le spectateur, en tout cas chez celui qui écrit cette critique.
Deux jours à tuer, de Jean Becker. Normalement pour vivre en fils il faut tuer le père, mais si il vient à partir avant, alors…
« Je m'en fous mon amour...
Quand l'orchestre s'arrêtera, je danserai encore...
Quand les avions ne voleront plus, je volerai tout seul...
Quand le temps s'arrêtera..
Je t'aimerai encore
Je ne sais pas où, je ne sais pas comment...
Mais je t'aimerai encore...
D'accord ? »

Deux jours à tuer - Albert Dupontel et Marie-Josée Croze
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si j'étais né en 17 à Leidenstadt

5 Mai 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #voyage - voyage...

 

  Quand j’étais petit, et une partie de l’adolescence, mes grands-parents m’élevèrent – avec retenue mais efficacité – dans la méfiance de ce qui venait de l’autre côté du Rhin. Le danger venait toujours de l’Est. D’ailleurs, sur l’autoroute Paris – Strasbourg, il y a des péages tous les 50 kilomètres, pour freiner les ardeurs : si ce n'est pas une preuve ça ! On ne disait pas « les boches », non, mais parfois « les fritz », on évoquait bizarrement cette période de la Seconde Guerre, où les tickets de rationnement flirtaient avec topinambours et les rutabagas, la peur des bombardements avec les tranches de rires liées au cyclotourisme. Drôle de guerre.
Ensuite, au collège, lycée puis en faculté d’histoire, l’image de l’outre Rhin ne s’est pas améliorée dans la mémoire vive. Le programme de 3è puis de Terminale revisitait l’envahissement de la Pologne puis de la France, et après il y avait cette guerre étrange qu’on appelait « froide ». Pourtant, ça avait l’air chaud bouillant du côté de Checkpoint Charlie et au delà du rideau de fer…
Quand on voyait arriver un « correspondant » allemand en classe, il faisait mieux que tout le monde : il écrivait et parlait le français presque mieux que nous, nous pilait en sport, était premier en anglais, jouait trois instruments de musiques, nous piquait nos copines, alors que les correspondantes allemandes étaient loin de nos critères de beauté, en outre elles écoutaient des groupes de musiques étranges et se fringuaient comme des lapins à bretelles. Pour finir, le correspondant allemand devenait le chouchou des profs qui faisaient remarquer qu’ils travaillaient, « eux », pour mériter « ça ». J’en avait contracté une haine quasi féroce pour les « premiers de la classes », surtout si ils venaient d’ailleurs et que, par malchance, leurs cheveux étaient blonds. Je me disais que si ils étaient si bon que ça, alors pourquoi leur ancienne capitale était divisée en deux par des barbelés surveillés par des vopos armés, et que « ceux d’en face » (parfois des membres de la même famille) ne pouvaient pas en sortir puisque leurs conversations téléphoniques étaient espionnées à leur insue.
Et puis il y avait le foot, pour ne rien arranger : jeu qui se dispute entre deux équipes de onze joueurs et un ballon, et à la fin, c’est l’Allemagne qui gagne. Dussent-ils y mettre les poings et les genoux, comme à Séville en 82 (le 9 juillet exactement), où le s… de Schumacher avait défoncé Batiston, et où la défaire avait été aussi cuisante et chaude que les chopes de bières des deux Teutons attablés dans un bar du camping étaient fraîches.
Bref, l’Allemagne souffrait pour moi d’une image plutôt étrange, faite de mise à distance et d’admiration, d’agacement et d’envie, devant ceux qui étaient si forts (mais pas autant quand même puisqu’ils avaient laissé un mur séparer une ville durant 26 ans), et qui le sont encore. Soixante ans après une capitulation « sans conditions », vingt ans après la chute du mur de la honte, qui en a profité pour pousser ailleurs - est-ce le même ingénieur en béton armé? -  Berlin faisait tomber en quelques jours le mur des images ridicules et gentiment véhiculées par mes ancêtres. Comme quoi, la transmission des savoirs… Il suffisait, c’était si simple, d’aller voir de l’autre côté du mur.
Garçon ! tant que vous y êtes, remettez-moi une bière blanche berlinoise s’il vous plaît !


 

 





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