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Le jour. D'après fred sabourin
Articles récents

Un père avait trois fils

15 Septembre 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #voyage - voyage...



Le plus jeune dit à son père : « achète-moi un polo rayé ». Le second, jumeau du premier, en demanda un aussi. Puis l’aîné poursuivi la mode, avec capuche (genre racaille de la banlieue ouest de Paris).
Vint le tour des frocs. L’été, il se font courts – même en Bretagne – à carreaux ou à fleurs, peu importe, il faut que la nippe plaise, et laisse apparaître le galbe du mollet, et les espadrilles portées en savates. Ce qui, chez les Basques, est une faute de goût inconcevable : l’espadrille doit être enfilée entière, sinon rien. A bien y regarder, ils ont une bonne trogne de Breton. Du coup, on pardonne l’hérésie basque…
Le père, quant à lui, trône fièrement dans son costume de plage bc-bg des vacances, mocassins souples en plus. C’est l’homme, le géniteur, le chef de famille au brushing impeccable. Dans sa poche, il fait tourner fièrement la clé du monospace.
Tout ce beau monde était tellement absorbé par un spectacle niais donné près de la terrasse  d’un embarcadère, qu’il aurait pu rater le bateau.

Une chose est certaine : le facteur n’a rien à voir là dedans.


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l'invité du blog

11 Septembre 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #concept

Mister B, grand reporter en petites choses, est l’invité du « Jour d’après ». Authentique poète saltimbanque, le plus journaliste des dessinateurs de crobars nous avait fait l’honneur d’être un jour l’invité du « tiroir » (ici : http://letiroir.canalblog.com/). A visiter sans modération. C’est avec un immense plaisir que je lui laisse pour quelques jours la primeur de la ‘une’.


C'est un peu embêtant de se retrouver invité sur un blog photo. Je ne sais pas attraper de bonnes images. Déjà en école de journalisme, mes professeurs regardaient mes reportages photos ou vidéo d'un oeil désespéré. Je ne sais pas cadrer. Je ne sais pas voir dans une machine.
Pourtant, comme beaucoup d'ados, j'ai eu ma période photo. Je m'y suis un peu intéressé. J'ai lu quelques livres, j'ai appris des mots comme ' focale', ' reflex'. Mais, très vite ces bouquins ont pris la poussière. Ca ressemblait trop à des maths pour moi. Je n'aime pas trop quand la technique ' mécanique' se mêle d'art.
Alors bien sur, en bon français moyen, je possède un petit appareil numérique. Et puis j'ai aussi mon Polaroid 600. Je dois l'avouer, je le considère plus comme un objet de décoration délicieusement rétro, que comme un véritable appareil photo.
Pour résumer, je suis un garçon flou, mon petit coeur bat trop fort et mes images sont ratées.
Mais je trouve que le flou a un certain charme. Il ressemble à la radio, il ne montre pas, il donne à voir.
Mes photos flous sont mon impressionnisme.  

Festival "Châlon dans la rue"

Et puis parfois avec le flou, il y a quelques divines surprises. Le sujet se transforme en tout autre chose.
Un jour en secouant la lune, j'en ai fait sortir un ange.

Lune floue sur les quais de Saône, Lyon 2006

 
Mais je ne suis pas à l'aise avec un appareil photo à la main. Même si elle belle, l'image ne parvient jamais à décrire ce que je pense vraiment. Heureusement, j'arrive aussi à écrire flou. Pour cela, j'ai déposé un crayon au pied de mon lit. La nuit, on gribouille parfois quelques phrases dans un demi-sommeil. Le lendemain, on a oublié s'être levé la nuit. Mais un carnet, un post-it ou une enveloppe, laissent un trace de vos pensée floues.
Ce matin au pied de mon lit il y avait ça :  


"Merci de me rendre mon coeur dans l'état où tu aurais souhaité le trouver". Mâcon, septembre 2008. 
 

B.


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sale temps pour les mouches

9 Septembre 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne


L’amanite tue-mouche possède au moins deux avantages : elle est photogénique ; elle indique la présence d’autres champignons, comestibles ceux-là.
Il y avait donc, ce ouikende :

des cèpes, en petite quantité, suffisamment pour une omelette
des marmottes surprises en plein déjeuner
de la pluie, forte et longtemps
une cascade qui doubla de volume
un département inondé (l’Isère)
des myrtilles, groseilles et des framboises
peu de marcheurs et c’est tant mieux
un jeu sur la France avec des rivières & des fleuves
une terrine de Bretagne à l’eau de vie de cidre
un Monbazillac qui défendait son match
du soleil après la pluie
une cabane dans un arbre
des clôtures électriques
le Mont Blanc en point de mire le dimanche
des bergeries abandonnées
un glacier recouvert de neige fraîche (on aurait dit du sucre glace)
un chemin de descente bucolique sous les arbres
une vache légèrement agressive

et voilà


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on est bien Loti...

6 Septembre 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #littérature

J’aime bien les vacances – même si elles ne m’aiment pas beaucoup vu le peu que je puisse en prendre – parce qu’elles permettent, entre autre choses, de lire encore plus que d’habitude.
J’aime lire les journaux de la première à la dernière ligne. Tout y passe, même le carnet du jour et les programmes télés. Parfois aussi les annonces.
Dans « La Croix », cet été, comme tous les ans, un florilège de belles feuilles, écrites par des journalistes de talent.
En août, une série « Pèlerinage d’un incroyant en Terre sainte ». Faut oser ça non ? Les imbéciles heureux (et encore !) diront que c’est un journal de culs bénis. Bref.
Le 19 août, place à Pierre Loti. Ecrivain voyageur, qui mit sac à terre à Rochefort, dans l’estuaire de la Charente, parcourut le monde de ses extravagances et de sa plume alerte. De janvier à mai 1894, il chemine d’Egypte au Liban, passant d’un lieu saint à un autre. Il est à la recherche de la foi perdue, et qu’il pense retrouver. Son récit sera publié sous la forme de trois volumes, Le Désert, Jérusalem, la Galilée.

Loti restera trois semaines dans la ville sainte. A Jérusalem, chaque matin, il exigera de la cité qu’elle se livre à lui, chaque matin, elle se refusera. Il aura alors cette phrase énigmatique et superbe :

« La clameur des chiens de Jérusalem, qui la nuit est incessante comme dans toutes les villes turques ; s’entendait à peine d’en bas, du fond de la vallée ; mais ici elle arrive, lointaine, sonore et légère ; des échos sans doute la déplacent, car elle semble partir du haut, tomber du ciel. Et de temps à autre s’y mêle le cri le plus rapproché, l’appel en sourdine d’un oiseau nocturne. Contre l’olivier mon front lassé s’appuie et se frappe. J’attends je ne sais quoi d’infini que je n’espère pas, et rien ne vient à moi, et je reste le cœur fermé, sans même un instant de détente un peu douce, comme au Saint-Sépulcre, le jour de l’arrivée ».

Que celui ou celle qui trouve ce fragment mélancolique et stérile se jette la première pierre. Il n’a rien compris à la créativité d’une plume en pleine re-création.

j'en ai eu un ! mais p... qu'est-ce que c'est pénible à attraper avec un "bridge"...

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et le ciel t'aidera !

3 Septembre 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #étonnement

Dans une rue à Palais (Belle-île en mer).



Cinquante mètres plus loin...



Simple, non ?

Mais en réalité, j'ai remontée la rue dans ce sens-là :


du coup, tout est possible, mais cela change la donne...

 

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quatre saisons, douze photos

2 Septembre 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #concept

D’accord c’est un concept. D’accord aussi, ce n’est pas nouveau, et les impressionnistes les premiers ont inauguré le genre, il y a plus d'un siècle. Qu’à cela ne tienne. Ici, chaque mois, une photo du même endroit, à peu près à la même heure. Quatre saisons. Douze photos. Le temps passe, les paysages restent. Honneur à l’automne de commencer. Voici septembre.





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Cézanne peint

29 Août 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #émerveillement



Les cyprès, lorsqu’ils sont si près de nous, ont cette touche extravagante de ressembler à des pinceaux rangés sur un quelconque râtelier après peinture.
C’est entêtant, parfois, ces images de pinceaux. Le ciel de gloire, d’un bleu si profond qu’on le croirait d’altitude ; ces oliviers et vignes mélangés ; ce paysage qui n’attend plus qu’un chevalet pour entrer dans l’histoire.
C’est entêtant combien un nom ressort parmi tant d’autres à cet instant précis, puis à celui-là. Voici qu’un autre personnage vient s’inviter.



De la fenêtre où j’observe longuement ce paysage provençal, à une portée de canon de Cassis, mais derrière la colline, je n’entends plus que le frottement du pinceau sur la toile. Le Mistral souffle moins fort qu’hier, et on peut enfin respirer les odeurs de lauriers, de pins, de genévriers, de romarin, de vignes et de roches chauffée à blanc par le soleil qui tombe comme s’il en pleuvait. Le potager exhale des senteurs de tomates, de haricots verts, de courges et de potirons. Le figuier, malgré sa stérilité passagère, respire de ses feuilles âpres l’impatience de rejoindre de ses fruits murs le confiturier aperçu tout à l’heure dans la cuisine fraîche et sombre. Le tilleul, aux feuilles jaunissantes (« c’est déjà septembre » me dit notre logeuse), se rapprochent des tasses aux eaux chaudes d’une fin d’après midi où le soleil ne ménagera pas sa peine.



Reposer les pinceaux et ranger les crayons.
Cézanne peint, Pagnol pagnolise et Giono gionise. Blaise fait du Cendrars. Frédéric souffle Mistral. La vieille joue du flûtiau. Le tout dans une désuétude attendrissante que le citadin néglige, passant pressé de rejoindre le bruit des villes et la fumée des usines.
Ainsi va la vie, à l’ombre de la Sainte-Baume.




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retrouvailles

25 Août 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #voyage - voyage...

Phare des Poulains. Belle-Ile en mer.

C’est un peu comme retrouver un visage aperçu trop brièvement au cours d’une vie. On se souvenait de la voix, mais les détails s’étaient effacés, seuls demeuraient les mots essentiels. Mieux : l’idée. « C’était dans un autre livre, il y avait des photos, je ne sais plus… Ca parlait de Doisneau et Cendrars, une rencontre entre ces deux personnalités, il y avait de belles photos en noir et blanc et des extraits de l’écrivain… »
Rouge de confusion devant le libraire, la scène a été répétée puis finalement on s’est tu. Gardé pour soi la honte de ne pas avoir écrit sur le moment la citation perdue.
Presque oublié, le voilà qui surgit tel un rocher inattendu, une saillie littéraire revenue du diable vauvert. Page 105. Cette fois-ci c’est certain : même le numéro de la page restera dans le souvenir. Pourtant, il s’en est fallu de peu. Pas de rendez-vous fixé avec ce livre, juste la découverte d’une librairie – pardon : un « lieu littéraire »  - aux dires de la libraire elle-même, fière d’en rajouter devant ce qu’elle a sans doute pris pour un bo-bo. Erreur. Je tenais L’Homme foudroyé de Blaise Cendrars en édition poche daté 1965, pour une ridicule pincée d’euros. Les livres de poche des années soixante sentent bon le vieux livre, la tranche est rouge (souvent), et il n’y a pas de quatrième de couverture, stratégie commerciale pour faire acheter (ou rejeter) un livre. Le nom de l’auteur et le titre doit suffire.
Puis vint la lecture, avide. Une histoire de légionnaires d’abord, puis Marseille, les calanques, un lieu pour écrire. Cendrars n’en couchera que trois lignes, dit-il. Et voici pourquoi :

« Un écrivain ne doit jamais s’installer devant un panorama, aussi grandiose soit-il. J’avais oublié cette règle. Comme Saint Jérôme, un écrivain doit travailler dans sa cellule. Tourner le dos. On a une page blanche à noircir. Ecrire est une vue de l’esprit. C’est un travail ingrat qui mène à la solitude. On apprend cela à ses dépens et  aujourd’hui je le remarque. Aujourd’hui je n’ai que faire d’un paysage, j’en ai trop vu !  « Le monde est ma représentation ». L’humanité vit dans la fiction. C’est pourquoi un conquérant veut toujours transformer le monde à son image ».

Voici donc, comme le temps, l’extrait retrouvé. Il ne sera désormais plus perdu. Et il accompagnera, digne, les paysages auxquels il serait pourtant dommage de tourner le dos.
Avant d’écrire, cela s’entend.





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de roche et de glace

15 Août 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne



             Il fallait d’abord passer la frontière, la frontera  comme on dit dans ces contrées aragonaises, puis contourner le massif par une envolée de routes à lacets, de tunnels creusés dans la roche granitique, traverser des pueblo, villages espagnoles où règne une quiétude de fin de siècle, sans que l’on sache vraiment duquel il s’agit.
Puis, enfin, stopper la voiture, sur un parking de cailloux et d’herbe, où nous avons bivouaqué un peu « à l’arrache », car la nuit était déjà noire et le vent bien frais. Enveloppés dans les étoiles, drapés de nuit, nous avons fait des rêves. Des rêves de rochers, d’abord dans le froid du matin puis dans la fournaise de l’après midi. Des rêves de crampons et de piolets. Des rêves de silence où seul le crissement des crampons sur la glace vient troubler l’ordre établi. Ici, la montagne te fait comprendre que tu n’es là que parce qu’elle le veut bien. Elle t’accorde quelques heures de répits sur l’immensité de ses flancs. Elle te fait savoir que tu ne seras jamais complètement chez toi ici. Le paradis pouvant se transformer en enfer en quelques minutes.



Le soleil se lève enfin, et nous avec. Ou plus exactement avant. Le « point du jour » a ceci de fascinant qu’il n’appartient qu’à une poignée d’irréductibles qui ont compris que ces ciels du matin sont bien plus beaux que ceux du soir. L’Occident oxydé par la nostalgie des soleils couchants a oublié la minéralité des petits matins. Se couchant trop tard, l’Homme moderne ne contemple que rarement ce spectacle d’une nature qui s’offre aux lève-tôt.
Café chaud, préparation du sac, ne rien oublier sans trop en prendre : la suite se passe très vite, et à 7h à peine notre marche commence.
Une rapide ascension nous amène à pied d’œuvre, nous dépassons le refuge de la Renclusa, dernière trace de civilisation avant le désert de roche et de glace. Au col du Portillon supérieur, petite brèche ouverte sur la ligne de crête, la bête apparaît dans toute sa splendeur. Le sommet semble proche, mais il faudra encore quelques efforts.
Deux heures au moins de chaos granitiques, de glacier aux reflets bleutés, puis le « pas de Mahomet », passage aérien à quelques mètres du sommet : le plus haut sommet des Pyrénées se mérite, jusqu’au bout.



L’Aneto est désormais sous nos pieds, 3404m de plaisir et de rêve qui deviennent, enfin, réalité.
On ne peut pas aller plus haut au pays de Pyrène.



Photos Marc L  &  Fred S

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Il était une fois...

12 Août 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #regarde-la ma ville

"le Jour d'après..." est l'invité du Tiroir de Monsieur B. La suite, c'est ici : 

                              http://letiroir.canalblog.com/ 

allez-y voir pour voir, c'est un peu comme un échange linguistique. D'ailleurs Monsieur B sera très prochainement l'invité de ce blog. Il parle très bien Anglais, mais ça n'a rien à voir.





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