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Le jour. D'après fred sabourin

Articles avec #coup de gueule tag

"les" Charente(s), ça n'existe pas !

20 Mai 2010 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #coup de gueule

 

 

01mars2010

 

Par Frédéric Sabourin, Charentais.

Caftons : c’est de la faute à la météo. Joël Collado, Jean-Michel Golinsky et Jacques Kessler sont peut-être d’excellents ingénieurs météo et bons vulgarisateurs, ils n’en demeurent pas moins inexacts en géographie de la France, véhiculant une idée fausse et une approximation qu’il convient de rétablir une fois pour toutes. « Les » Charentes, ça n’existe pas ! Pas plus que « les Indres », « les Seines », « les Loires », « les Garonnes », ou quoique ce soit d’autre. Les Charentes n’existent que dans le raccourci administratif et politique de l’entité régionale « Poitou-Charentes » (parfois nommée « Ségolie » ou « Terre Royale »). Les Charentes n’existent pas car la Charente est un fleuve, un et indivisible. Long de 360 km, il prend sa source à Chéronnac, en Haute-Vienne (tiens au passage on ne dit pas non plus « les Viennes »), puis, après quelques paresseux et heureux méandres, se jette dans l’Océan Atlantique, près de Rochefort. Entre les deux, un département, « La » Charente (le 16), et plus près de l’Océan, « La » Charente Maritime (le 17, autrefois injustement nommée « Charente Inférieure » pour signifier qu’elle était en aval de la source).
Alors pourquoi donc faire comme si nous étions (par exemple) Ardennais ? On dit effectivement « Les Ardennes », car il ne s’agit pas d’un fleuve mais d’une forêt (Arduenna silva). Mais on ne dit pas, on n'a jamais dit - et il serait bon qu’on ne dise plus, foi de Charentais – « les » Charente(s).
Ne faisons pas la liste de ceux qui tombent dans le panneau de la facilité, ils ne sont pas uniquement postés aux prévisions météo, il s’en trouve aussi – pour ne citer que ceux-là – au quotidien « Le Monde », et sur le réseau « Radio France » (et non des moindres : France Inter et France Culture). Des médias réputés irréprochables et cultivés…
Laissons à Pierre Boujut, écrivain charentais né à Jarnac, le soin de conclure cette chronique coup de sang (alors que le Charentais est d’un naturel plutôt placide, en témoigne la pantoufle qui y a vue le jour et qui porte son nom) :

« La Charente descend toujours vers le soleil. La Charente ne porte plus de canons sur son dos. La Charente lentement a trouvé sa paix. La Charente n’est pas un fleuve civilisé, ni un fleuve sauvage. La Charente est un fleuve heureux, ceux qui s’y baignent le savent bien. C’est pourquoi la Charente m’a parlé de certitude. Non pas de l’espoir qui est une ombre, mais son contraire. La certitude qui est lumière ».     (D’une révélation permanente, revue La Tour de Feu n°93)

Charentais, Charentaises de tous les continents : unissons-nous !



 

reduit coursac 7

 

 

reduit coursac 5

 

"le" fleuve ("plus beau ruisseau du Royaume", selon François Ier, né à Cognac en 1494 et Henri IV), ici : à Coursac

 

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Fissa papa, fissa !

14 Octobre 2009 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #coup de gueule


         Pas une semaine sans sa polémique. Celle que nous vivons concerne la nomination à la tête de l’EPAD de Jean Sarkozy, fils de, 23 ans, un diplôme de droit en cours, pas ou si peu d’expérience, et qui va se retrouver à la tête d’un organisme public dont le budget oscille entre 115 et 200 millions d’euros, et dont le personnel avoisine les 250 000 unités (et presque 500 000, en comptabilisant les emplois induits). Le prince Jean est élu du Conseil Général des Hauts de Seine, nous dit-on comme pour nous assurer de sa « légitimité ». N’empêche. C’est à une autre légitimité à laquelle on pense, un pédigrée même, glissant peu à peu vers un népotisme de république bananière que nous aurions tort de reprocher à ceux qui d’ordinaire la pratique. Sur ce sujet, la littérature abonde, donnons pêle-mêle quelques exemples tirés au hasard sur rue89.com , slate.frmediapart.fr , pour ne citer que les plus « indépendants ».
Gageons également que passé le ouikende, la polémique sera oubliée, remplacée fissa par une nouvelle en début de semaine prochaine.
Ce qui est juste inquiétant – outre l’ampleur prise fissa par le grossissement outrageux de l’affaire – c’est la résignation à laisser faire. Dénoncer la grosse ficelle, s’indigner, hurler avec les loups, faire croire à la nouveauté d’une telle nomination (même si elle fait partie des plus réussies à n’en pas douter), rappeler le principe bafoué de méritocratie à la française, en appeler aux valeurs d’égalité au sein de notre République, douter des capacités réelles du jeune louveteau aux commandes d’un navire exigeant doigté et expérience etc, on pourrait continuer la liste, tout ceci est relativement facile. D’ailleurs on ne s’y trompe pas : de gauche à droite en passant par le centre, plus les observateurs avisés des grands médias nationaux dont certains ne laissent planer aucun doutes sur leurs origines, tout le monde y va fissa de son commentaire, même le blogueur ça va sans dire.
Le même blogueur, à l’annonce de cette nomination, repensa à ce singulier épisode récent : lors de son inscription au Pôle Emploi en septembre dernier, pendant qu’il attendait son tour, il lu cette information : 45% des 18-25 ans sont inscrits au chômage. Des fils et fille d’un papa et d’une maman visiblement moins inspirés que le Prince. Certains d’entre eux diplômés, d’autres non. Quelque chose me dit que ce genre de nouvelle ne va pas fissa les encourager à se résigner le jour où l’insurrection sera là… Le blogueur a déjà évoqué, ici même à propos des footeux qui gagnent des millions d’euros les ravages possibles de l’humiliation associé à la pauvreté.
A moins que le Tiers Etat ne reprenne la Bastille, ça ne sert à rien, mais pourvu qu’on la prenne !
Fissa, fissa



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Fou - foot ! (deuxième mi-temps)

2 Juillet 2009 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #coup de gueule

Ah ! Nous vivons des heures tellement incroyables, avec cette chaleur nous pourrions presque passer à côté d’infos rafraîchissantes…


Karim Benzema, jeune footballeur prodige de l’Olympique Lyonnais, sera transféré (il faut lire vendu) au Real Madrid pour la modique somme de 35 à 45 millions d’€. Ce qui, au regard de Ronaldo (93 millions ici) et le brésilien Kaka (65 millions) peut paraître comme un rabais digne des soldes. D’ailleurs ce sont les soldes en ce moment, c’est peut-être pour ça !

Prenons notre calculette… voyons voir, 93+65+40 (juste milieu entre « 35 » & « 45 »), ce qui nous fait… 198 millions d’€. Ce qui en anciens francs donne à la louche – à ce niveau-là on peut se permettre – environ un milliard deux cents millions d’euros…

Tout ça pour du foot, rappelons-le, et en Espagne, pays touché par une crise économique jetant comme  partout en Europe des gens au chômage, pour certains dans la rue etc. Bref.


Ouvrons la fenêtre… C’est déjà fait… Ah ? non, toujours pas de manifestation pour dénoncer l’ordure de cette insulte financière à la gueule de l’humanité. Tiens juste en passant, depuis que j’ai commencé à écrire cette chronique, soit environ cinq minutes, dix enfants sont morts de faim dans le monde, puisqu’il en trépasse un toutes les trente secondes.


Ne nous fâchons pas ! Tout ceci est pour le plus grand plaisir des supporters, et du sport en général, à n’en pas douter. Mais si, puisqu’on vous le dit, tenez : « un accord a été trouvé entre les deux clubs pour un montant net  minimum de 35 millions d’€, auxquels pourront s’ajouter différents  bonus liés aux performances sportives, permettant d’atteindre un maximum de transfert de 41 millions d’€ ».


C’est ça : il s’agit bien de performances sportives.

 


Aaaaarrrrgggghhhh      (cri d’étranglement étouffé)






(sur les pentes de la colline aux canuts...)
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Fou - foot !

11 Juin 2009 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #coup de gueule

L’information est tombée aujourd’hui, et ne fait pas de bruit : Christiano Ronlado, attaquant portugais de Manchester, sera transféré au Real Madrid pour la somme de… 93 millions d’euros. La dépêche indique « environ » 93 millions d’euros. Soyons précis dans l’énormité.
Quatre-vingt treize millions d’euros (écrivons-le en toutes lettres pour dissiper les doutes). Ne résistons pas, pour une fois, à la conversion en anciens francs (ceux d’avant 2002) : 610 millions de francs. Six cent dix millions. Ca donne le vertige, non ? Le précédent « record » était détenu par notre Zizou national, 75 millions en 2001, déjà par le Real qui avait aligné les billets sur le tapis de la Juventus de Turin.
Chiffre astronomique, indécent, immoral, outrageant, révoltant… les mots nous manquent pour dire notre stupéfaction, à l’heure actuelle, dans le monde en crise, lequel veut se moraliser, refonder le capitalisme financier, nettoyer les poubelles de la planète. Le même monde qui court à plat ventre devant Obama, nouveau messie, le monde qui verse une larme à la vue d’un film d’un photographe aérien.
Et pas une manifestation spontanée, pas d’appel de syndicat – même un seul – aucune alarme dans les rues de nos villes et nos campagnes devant cette insulte à la gueule du monde entier. Le monde dort-il, en attendant de se presser devant son téléviseur pour éructer, le ventre rempli de bière bon marché et de pizzas surgelées livrées par des sans-papiers, en regardant la prochaine coupe d’Europe de la Ligue ?
Non, rien. J’ai beau tendre l’oreille par la fenêtre ouverte, je n’entends rien, juste le chant des oiseaux et le souffle du vent dans le cèdre.

Il y a pire que le chômage, la pauvreté, la maladie rampante, les épidémies, les fermetures d’usines, le bling-bling et autres mensonges d’Etat. C’est l’humiliation des hommes traités avec mépris. Ces derniers n’ont alors plus rien à perdre, puisque la vie ne vaut plus rien. Sauf pour l’un d’entre eux : 93 millions d’euros. Pour jouer au foot. Evidemment, il y a le fameux panem et circenses, vieux comme le monde.
Attention à l’humiliation et au mépris. L’Histoire nous a déjà appris où ils conduisent.


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le caporal casse bonbons

15 Mars 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #coup de gueule

                                           Cherchez la femme


L’Ardèche fait figure d’exception culturelle à la française : elle ne compte pour l’instant aucune femme au conseil général, très peu de maires, et encore moins de députés.
Qu’à cela ne tienne : il y en aura au moins une dimanche soir, le président de la collectivité territoriale s’y est employé. Mais il pourrait y en avoir plus, si les stratèges locaux n’avaient pas placé une autre candidate en situation périlleuse, obligeant un retrait au second tour, au profit d’un homme, évidemment. Coïtus interrompus. Ca va salir les draps.
Le président, dont le débit de paroles et l’accent méridional se rapproche de celui de Bernard Laporte (du temps où on essayait de le comprendre à la fin des matchs de ‘rrrubi’ sur ‘Frangceu deux’), a franchi le mur du çon récemment dans les colonnes du « Monde ». «Je peux vous assurer qu’il n’y a aucune misogynie de la part des Ardéchois. Ca commence à me casser les burnes cette histoire de machisme. Les Ardéchois ne sont pas des machos, la preuve : Ségolène Royal, lors des primaires internes du PS, avait été majoritaire». Prononcez cette phrase avé l’accent c’est encore plus délicieux, surtout l’expression casse bonbons.
En effet, voilà un argument de choix et de choc pour appuyer sur le bouton rouge. Mais le meilleur est pour la fin, lorsque le grand patron du département, au demeurant fort sympathique, ajoute : « Ici, une campagne, c’est du porte à porte chez les gens, dans les bistrots. Il faut passer dans chaque commune, avaler les kilomètres. Les gens veulent de la proximité. C’est peu compatible avec une vie de famille ».
Moralité : bobonne ne pourra pas aller récupérer les mioches à l’école, les emmener au sport ou au piano, faire les courses, surveiller les devoirs, la lessive, le ménage et préparer la bouffe pour ce soir.
Car la « vie de famille », c’est bien connu, c’est ça, et ce sont uniquement les femmes qui peuvent le faire. Pour la parité et les responsabilités tu repasseras. Le linge.
Vivement qu’une d’entre elle prenne un siège en effet, puis deux, puis trois etc. Ne serait-ce que pour donner des coups de pieds bien placés dans les b.. de ces caporaux casse bonbons, et les envoyer chez carrouf un vendredi soir avec un plein caddie et les enfants énervés.
Pendant ce temps-là, Mesdames les élues, vous pourrez aller discuter bagnoles, tricot, et politique locale au bistrot du coin.
Devant un « petit porto » bien sûr. Car c’est un apéritif pour dame…
 

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les grossiers trouveront ça vulgaire

25 Février 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #coup de gueule

                                                      la môme et le président

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        Marion Cotillard a donc reçu quatre récompenses pour son interprétation d’Edith Piaf dans La Môme, dont le César et l’Oscar de la meilleure actrice. Toute considération désobligeante sur le show business du cinéma mises à part (les strass & paillettes), son émotion faisait plaisir à voir, autant d’ailleurs que dans le film lui-même.
Au même moment, ou presque, un homme qui devait garder son sang-froid l’a perdu, une fois encore, faisant voler en éclat ce qui restait de dignité humaine face à un con - citoyen mal inspiré et traité justement comme tel, mais il ne fallait pas le dire aussi vertement. « Viril » a même dit un ancien premier ministre originaire du Poitou-Charentes, où on s’y connaît en matière de baudets velus au caractère caprin.
La comparaison, bien sûr, ne souffre même pas d’être envisagée, entre le « pauv’con » d’un côté et la môme de l’autre. L’image renvoyée de part et d’autre reste finalement assez décevante : la France, pour les Américains, c’est Edith Piaf, les rues pavées, les photos sépias et les radios à lampes qui crachotent des chansons où les paroliers sont inspirés par des voix qui ont vécues de drôle de combats, cassées par l’alcool et les excès dus aux déceptions amoureuses.
Mais la France, c’est aussi l’insulte qui fuse tous les jours aux carrefours de nos villes, villages, collèges, famille et désormais salon de l’agriculture. On savait le paysan adepte du bon sens. On ignorait que le petit Nicolas avait de gros sabots tout crottés. D’ici à ce que trois capitaines l’appellent ‘vilain’, il n’y a qu’un pas. Ou des coups de pieds au c… qui se perdent ! 

Finalement, la morale de cette piètre histoire vient dans le film lui-même. Dans une dernière scène, un long plan séquence où la môme Piaf, Marion Cotillard donc, livre une interview de fin de vie à une journaliste américaine. Cette dernière lui demande si « elle a peur de la mort ». « J’ai plus peur de la solitude que de la mort », répond-elle.
Et le silence se fait.
La solitude de l’homme d’Etat dans tous ses états est malgré elle éloquente (si on peut me permettre cette comparaison « à la con »). Il a peut-être peur des deux, tout simplement. 

On devrait peut-être l’inviter à dîner…
 
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