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Le jour. D'après fred sabourin
Articles récents

Bosphore, comme un Turc...

4 Mai 2010 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #voyage - voyage...

 

 

reduit Istanbul 01-05-2010 (12)                                                          - partir... -

 

 

 

A la croisée de deux continents et de deux mers, riche de plus de 2500 ans d’histoire, ce coin de terre et d’eau fascine par ses dimensions, sa richesse de patrimoine, son extraordinaire situation, sa vitalité. Un empire à elle seule, Istanbul saisit le voyageur de passage en lui offrant une promenade pour ses cinq sens. Le sixième aidant à se repérer dans son dédalle de ruelles et avenues, rives et mosquées, bazar monstre et rivages lointains.
Mais c’est sans doute le Bosphore, trait d’union entre le monde européen et asiatique, et entre le monde slave et méditerranéen, qui attire, aimante en quelque sorte. On a beau arriver par les airs, c’est très vite avec cette mer intérieure qu’il faut composer, passant d’une rive à l’autre, remontant le cours du détroit en même temps que l’histoire, allant jusqu’au bout de la Corne d’Or la bien nommée, à la recherche des traces d’un certain Pierre Loti, trop vite oublié.
La presqu’île, qu’on nommait quartier musulman jusqu’au début du XXè siècle, où Sainte-Sophie défie du regard et des minarets la grande mosquée bleue du Sultan Ahmet, partage la vue avec le palais de Topkapi, dont la visite du harem restera un moment étonnant de ce court séjour. Un harem qu’il est difficile d’imaginer vivant (plus de mille femmes y vivaient pourtant au meilleur de son histoire), mais à d’intenses moments, les céramiques et mosaïques semblent encore raisonner des bruits de cette ville dans le palais, aux accents ottomans et de musiques turques, aux senteurs de parfums et d’onguents. Il faut s’être arrêté sur les marches de l’embarcadère d’Eminonü, le soir entre cinq et six heures, pour comprendre et entendre cette musique d’une ville dont le poumon respire et le cœur bat ici. La magnificence pour Dieu, dont l’appel à la prière raisonne encore et encore, se mélangeant entre les innombrables minarets et les chants gutturaux des muezzins.

 


(à suivre…)

 

 

 


reduit Istanbul 27-04-10 (59)

                                                        - Inch Allah -

 

reduit Istanbul 01-05-2010 (5)                                                           - prête-moi ta plume -  

 

 

 

reduit Istanbul 27-04-10 (93)                                                              

 

 

 

reduit Istanbul 28-04-2010 (24)

 

 

 

 

reduit Istanbul 28-04-2010 (13) 

 

 

reduit Istanbul 30-04-2010 (37)

 

 

 

PS : c'est la première fois que j'insère une vidéo sur ce blog, dites-moi si ça ne fonctionne pas !

 

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à travers le Bosphore

3 Mai 2010 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #voyage - voyage...

 

                   Bientôt, ici, le récit de ça :

 

 

reduit Istanbul 02-05-2010 (4)

 

 

 

reduit Istanbul 02-05-2010 (92)

 

 

 

reduit Istanbul 01-05-2010 (60)

 

 

 

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L'insurrection est là !

23 Avril 2010 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #l'évènement

 

 

 

 

 

Et elle est volcanique !
Dans le livre signé du « Comité Invisible », L’Insurrection qui vient, qui déclencha les foudres du ministère de l’intérieur fin 2008 avec l’arrestation – injustifiée - de Julien Coupa accusé, de son épicerie de la Corrèze profonde, d’avoir saboté les lignes TGV provoquant une belle pagaille sur le rail, on peut lire à la page 101 : « l’infrastructure technique de la métropole est vulnérable : ses flux ne sont pas seulement transports de personnes et de marchandises, informations et énergie circulent à travers des réseaux de fils, de fibres et de canalisations, qu’il est possible d’attaquer. Saboter avec quelques conséquences la machine sociale implique aujourd’hui de reconquérir et réinventer les moyens d’interrompre ces réseaux. Comment rendre inutilisable une ligne TGV, un réseau électrique ? Comment trouver les points faibles des réseaux informatiques, comment brouiller des ondes radios et rendre à la neige le petit écran ? ».
L’avion n’est pas explicitement nommé, mais on peut imaginer qu’il s’agit d’un oubli. En tout état de cause, il aura suffit au « Comité invisible » d’attendre patiemment l’éruption du volcan islandais pour voir leur rêve utopique se réaliser : l’Europe et le monde bloqués par de la cendre et de la glace. Ruines de l’Occident. Toute une population patricienne bloquée par les caprices de la terre et du ciel. Voilà qui est simple, finalement, et aucun des partisans de la fameuse « décroissance » n’aurait pu imaginer un tel scénario. La planète terre au secours des « dangereux utopistes ». A-t-on seulement songé, place Beauvau, à mettre en garde-à-vue le prévenu islandais ?

 
Au-delà de cette coïncidence étrange, les voyageurs bloqués à des milliers de kilomètres de chez eux expérimentent, sans le vouloir ni même le savoir, ce qu’on vécu les migrants de toutes les époques : partir de chez eux sans savoir si, un jour, ils y retourneraient. Aujourd’hui le voyage se considère et se prépare en pensant « aller-retour ». Il aura suffit d’un volcan pour que l’un des deux s’efface provisoirement, mais suffisamment longtemps pour que chacun se sente perdu. Invisible sentiment, qui ne provoque ni insurrection ni révolution, mais de l’impuissance.


Et de la peur, d’un seul coup.

 

      ************************************************

 

Paris sera toujours Paris (entendu au vol un de ces jours d'avril où il faisait très beau dans la capitale) :

"la seule revue que je lis vraiment avec plaisir, tu vois, c'est So-foot !" (deux vingtenaires dans le métro)

"Ah là là ! Qu'est-ce que j'ai pu venir dans ce quartier du temps de ma belle-mère..." (une quinquagénaire délavée à un autre quinquagénaire crinière poivre et sel au vent, main dans la main dans le quartier de la Madeleine)

"Je vais lui détruire sa vie sur Facebook !" (une fashion pré-ado à un autre, sirotant un coca et suçant des frites au Ma Que Do, porte Maillot)

 

 

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Elles font le printemps

21 Avril 2010 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne

 

reduit Ossau avril 2010 (31)

                                                                      - au col des Moines -  

 

 

A peine avions-nous posé le sac au col des Moines (2168m et vue imprenable sur « Jean-Pierre »), que le soleil nous écrasait dans une semi léthargie propice à la sieste ou la contemplation. A chacun de choisir. Le silence était lourd, à peine troublé par les derniers avions là haut, dans un ciel impeccablement bleu, mais qui se couvrait de cendre là bas, plus au nord… D’un coup, comme surgissant du néant, un bruit d’ailes d’oiseau, sec, rapide, furtif, comme des balles jaillissantes d’un fusil imaginaire. Des hirondelles. Elles franchissaient le col des Moines, venant d’Espagne, là, juste derrière la « frontière ». Filant à toute blinde en France, plein nord, sans papiers ni bagages. On dit qu’elles ne font pas le printemps. C’est faux : le soleil était généreux, et le ciel de gloire, sans un accroc dans sa robe azuréenne. Nous nous sentions comme des dieux en ce lieu à cheval entre deux mondes : Pyrénées, frontière infranchissable ? Pas sûr… A voir la facilité avec laquelle on peut, aujourd’hui, déjeuner en France et faire la sieste en Espagne (ou l’inverse, c’est selon), laissant filer au dessus de nos crânes les hirondelles furtives, le temps suspendait, lui, son vol. L’heure était propice à la rêverie. Ici, autrefois, des gens fuyaient la France, aidés par des « passeurs ». Les hirondelles, de leur vol saccadé et déterminé, nous montraient la route à suivre. Passeurs et passés, marcheurs, pèlerins et libres oiseaux. Un après-midi de printemps, au pied de l’Ossau.


reduit Ossau avril 2010 (38)

                                                          - lac Gentau avec vue sur "Jean-Pierre" -  

 

reduit Ossau avril 2010 (55)

                                                                  - Col de Lurdé -

 

reduit Ossau avril 2010 (34)                                                             - un croc vers le ciel -

 

reduit Ossau avril 2010 (11)                                                               - mort dans l'après midi -

 

 reduit Ossau avril 2010 (17)

                                                               - sans titre -

 

reduit Ossau avril 2010 (5)

                                                                    - à croc -

 

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Bord de mer, dans la mer, sous la mer

6 Avril 2010 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #voyage - voyage...

 

reduit Cotentin avril2010 (73) 

                                                         "j'habite au bord de la mer"

 

 

 

Au bord de la mer, nous sommes d’accord, il y a la mer. Le soleil et le ciel aussi. Un sentier, plus de douaniers depuis belles lurettes, des goélands et des genêts (en fleur). Et puis il y a des galets. Parfois, ils volent : si, si, vers le Cap de la Hague, c’est possible, surtout à partir de 90km/h de vent. Et cette semaine là, les galets volaient.
Ils volaient jusqu’aux volets des villas construites à raz-la-marée. Coefficient 112, c’est pas tous les jours, certes, mais quand même. La mer est une lécheuse… de villa.
Ressurgissent au cours de cette semaine de marche avec la mer à droite et une femme à gauche, les images de la tempête au nom de véhicule Citroën. Ici, on construit solide : toitures en ardoises clouées et murs de plusieurs épaisseurs en granit. Mais on construit aussi comme des sagouins, à raz-la-plage, villas « pieds dans l’eau » en attendant de boire la tasse au menton… Car elle grignote, elle grignote, la garce ! Elle n’est pas manchote !
Et on ira accuser qui, une fois le carnage passé ? Le maire, pour avoir accordé des permis de construire en zones inondables ? Les promoteurs immobiliers véreux ? Les acheteurs sourds aux ricanements des vieux « qui savaient, eux » ? Non, on ira accuser la mer. La salope.

Il y a eu René, ancien employé municipal à Fermanville. Puis ce vieux marcheur au regard bleu de St Germain-des-Vaux, qui vient quotidiennement au cap voir la mer, car c’est gratuit. Delphine, ses cent vaches et autant de veaux, à Auderville. Et « Monsieur Renet » à Biville. Tous des autochtones qu’on croyait pas causant. Mais les barjots qui marchent nez au vent sous une pluie horizontale ne sont pas légions à cette saison !
Tous disent la même chose : « on a une belle côte, hein ? ».
Ben ouais. Avec la mer à côté. Et parfois même dans les godasses.

 


reduit Cotentin avril2010 (83)

 

                                                                     - sans titre -

 

 

reduit Cotentin avril2010 (74)

 

                                                                    "sans interdit"

 

 

reduit Cotentin avril2010 (13)

 

                                                             Phare de Goury 

 

 

reduit Cotentin avril2010 (56)

 

                                                       "l'année des méduses"

 

 

reduit Cotentin avril2010 (23)

 

                                                             "dissuasion"  

 

 

 

reduit Cotentin avril2010 (44)

 

                                                                   Redoutable...

 

 

 

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Les vieux copains

25 Mars 2010 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #émerveillement



reduit La Rochelle mars 10 (42)


C’est comme des mâts de misaine, des pavés dans la mer, des forteresse autour du cœur.
Les vieux copains, ça ramène des copines, qui deviennent des femmes sans jamais être les nôtres, mais qui demeurent belles filles.
Ils vous tiennent par le bras, tout en guidant vos pas, quand le ciel ce fait lourd.
Ça guette une éclaircie, qu’on arrose au bistrot, à grands coups de demis.
Les vieux copains, ça se donne rendez-vous dans un port comme si ils voulaient partir pour ne plus revenir du tout. Ou peut-être parce qu’il y a un bout de quai, et qu’au-delà on ne sait pas.
Mais les vieux copains, ça discute le bout de gras, en contemplant celui qu’ils ont autour de la ceinture, et les rides sur la figure.
Les vieux copains, ça évoque toujours le passé, quelques fois le présent, et peu souvent l’avenir. Sauf quand ils parlent d’une maison, bleue ou d’une autre couleur, où on a envie d’être ensemble, quand la vie nous étrangle.
Les vieux copains, ça bâfre en s’engueulant, pour parler politique, rarement à cause du fric.
Ils refont le match, en tous temps en tous lieux, parce qu’ils sont heureux, au fond.
Au fond d’eux il pousse de la lumière, et des jardins savoureux, ils parlent des jours heureux. Aujourd'hui, peut-être ? 
Les vieux copains font toujours un bout de chemin, et ça fait longtemps qu’ils le font, sans chercher à savoir qui invente l’autre.
Les vieux copains, ont des bosses et des bleus, et ils sont amoureux ou bien ils ne le sont pas.
Mais les vieux copains, ils sont toujours là.




reduit La Rochelle mars 10 (11)
                                                    (sans titre) 


reduit La Rochelle mars 10 (49)
                                            "so far away, from LR... "


reduit La Rochelle mars 10 (45)
                                          "bordez, nom de Dieu !"


reduit La Rochelle mars 10 (2)
                                            "par delà les nuages"


reduit La Rochelle mars 10 (34)
                                        "grattez le fond de la quille"


reduit La Rochelle mars 10 (20)
                                      (sans titre)


reduit La Rochelle mars 10 (50)

                                      "embarquement immédiat"





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les jeux sont faits, rien ne va plus

17 Mars 2010 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #quelle époque !

11032010055


         D’abord il y avait la grève des bus. Nous y sommes donc allé à bicyclette, mais sans Paulette. Un forum de l’emploi, c’est souvent paumé dans une zone où est installé un « parc des expositions ». Aujourd’hui, on y expose recruteurs (200), offres d’emplois (des milliers), et des chômeurs (des millions). Ca méritait le déplacement. 

          A l’entrée, il faut donner son Cv à une hôtesse d’accueil (discrimination : où sont les « hôtes » d’accueil ?). En guise de Cv, je sors ma carte de presse, et me voilà entré dans le ventre chaud et grouillant des « emplois en Seine », car c’est par là que ça se passe. Tout ce qu’une région compte de jeunes de moins de 25 ans s’y est donné rendez-vous : ils sont des centaines, dossiers et Cv sous le bras, engoncés dans leurs costumes trop grands, ou sur des talons trop hauts, à arpenter les allées du forum, discuter avec les recruteurs  - dont certains sont sergents pour de vrai, au stand « armée » il y a du monde, même à la Légion Etrangère. Certains font la queue pour un pré-entretien qui termine le plus souvent par : « inscrivez-vous sur notre site internet et mettez votre profil en ligne ». La décortication minutieuse de cette petite phrase entendue sur place mériterait à elle seule une thèse en trois tomes. Je ne retiendrai que « mettez votre profil en ligne » imaginant ce que, physiquement, ça pourrait donner.
Au stand « parcours atypique », je fais la connaissance du créateur du site internet « parcoursatypique.com ». Le prospectus indique qu’il s’adresse à des « anciens sportifs, ceux qui ont des blancs sur leurs Cv, retour de missions humanitaires, changement de vies » etc. Des cas incasables en somme. Je risque un : « et pour les anciens taulards ? ». La réponse est mitigée. Je pousse le bouchon un peu plus loin, limite vulgarité : « et les anciens religieux, moines, clergé etc ? ». « Tous les parcours valent la peine, précise l’atypique créateur de site, du moment que les gens sont compétents et motivés ». C’est donc ça. Il y en a un plein hall de gens « compétents et motivés ». Certains sont là depuis 8h du matin, pour être sûrs d’être les premiers. Atypiques on vous dit !
Puis je m’attarde sur les slogans que seuls les agences de com’ spécialisées en « quali » savent inventer pour faire gober des couleuvres aussi grosses que des grenouilles ayant avalé un bœuf : « en magasin, en entrepôt ou dans les fonctions supports, nous partageons tous les mêmes valeurs. Esprit d’équipe, autonomie, sens des responsabilités et de l’engagement. Vous avez ces qualités ? Rejoignez-nous ! ». Essayez, ça marche avec tous les boulots. Là, c’était pour être magasinier chez… Ed (l’épicier).
Deux jeunes femmes, beurettes (discrimination ! je vais me faire choper par la Halde ou pire : par Gérard Longuet !), discutent : « la différence ? Il faut te faire licencier, pas démissionner ! Sinon, tu ne toucheras pas le chômage. Tu vois, machine, elle s’est faite licenciée. Elle n’allait plus au taf, à force son patron il l’a li-cen-ciée ».
Une autre jeune femme, près des toilettes, porte sur son visage tout le désarroi qu’une telle journée peut apporter. Peut-être venait-elle de chez Manpower ? « Vus avez le sens de l’écoute, le sens commercial, une bonne élocution, une forte disponibilité (8h – 21h) ? Contactez Manpower tertiaire ». Cette jeune femme, ni trop belle, ni trop laide (on sonne chez moi : merde c’est la Halde !) ne devait sans doute pas être tout à fait dispo de 8h à 21h…

En partant, je passe devant les métiers des casinos. Pas pour remplir les rayons d’un supermarché, non, pour être croupier ! Les casinos recrutent ! Mais là attention, plus question de rigoler – même si on y vient pour jouer. Langage châtié, bonne présentation, à l’aise en calcul mental, forte mobilité (Paris, Lyon, Bordeaux, Namur, Manchester), horaires décalés (16h – 4h du matin), et… salaire au Smic, sans compter les pourboires. Sur le stand, une table de blackjack, avec un croupier en action, et trois joueurs qui perdent, perdent, perdent.
Leur temps.



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L'hiver vient d'arriver

14 Mars 2010 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #l'évènement







Adieu Jean. T’es parti définitivement, à la croisée d’un chemin d’Ardèche, entre deux châtaigniers, sur la route qui mène de Vals-les-Bains à Antraigues. La montagne sera moins belle sans toi, Aragon restera dans nos cœurs avec Elsa, et il faudrait passer en boucle « la femme est l’avenir de l’homme » à tous ceux qui, aujourd’hui encore, l’oublient. Partir la veille d’une élection ! Tu donnerais presque envie de voter Front de Gauche, le poing levé vers le ciel qui t’as enlevé à nous.
Je me souviens de mon cours passage en Ardèche, l’hiver 2007-2008, lors du premier week-end de solitude ardéchoise : en allant aux sources de la Loire, au Gerbier de Jonc, je me suis arrêté à Antraigues. Il fallait voir ce village au début de l’hiver ! Autour de lui, la montagne – la chanson passait en boucle dans ma tête – et cette petite place, au centre et au sommet d’Antraigues. La petite auberge dont j’ai poussé la porte, et le silence qui se fit à l’intérieur à ce moment-là : même les cartes ne s’abattaient plus sur le tapis. « Un étranger ! ». C’est l’impression que tu as du avoir, au début des années 60, lorsque tu débarquais de la région parisienne. L’Ardèche ne se révèle et n’accueille qu’après bien des années d’apprivoisement. Terre rude, comme tes combats, tes coups de gueule, ton exigence de parolier. Terre dure comme les murettes, les châtaigniers, la burle qui souffle du nord et glace l’intérieur des os, le soleil brûlant d’été, tout de gorges déployées quand l’Ardèche se fait sud, méandres, chênes verts...
Adieu, Jean, comment peut-on s’imaginer, en voyant un vol d’hirondelle, que l’hiver vient d’arriver ?



reduit IMGP0007

reduit Gerbier Jonc & Ecole vent 02 08 020


reduit Gorges Ardèche fév 08 018


reduit IMGP0014

quelques chroniques ardéchoises d'un journaliste localier : San Francisco ; l'école du vent ; un carnaval de confettis
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La Rafle

13 Mars 2010 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #chronique cinéma


La Rafle


De Rose Bosch. France, 2010. 1h55. Distributeur : Gaumont. Avec : Mélanie Laurent ; Gad Elmaleh ; Jean Reno…

Peut-on minutieusement construire un film très documenté en espérant montrer quelque chose de l’histoire trouble d’une période française qui ne le fut pas moins ? Peut-on réaliser un film sur un tel sujet – peu fréquent au cinéma – sans s’exposer à trop en faire, y compris dans l’émotif ? Ce sont quelques unes des questions posées par La Rafle, film très attendu autant que décevant.
L’été 1942, à Paris. Comment 13 000 juifs apatrides furent arrêtés et conduits au Vel d’hiv, puis dans un camp dans le Loiret avant d’être déportés et exterminés dans un camp de concentration. Le tout à travers les destins croisés de familles, d’enfants, d’un médecin et d’une infirmière sur fond de tractations entre le Maréchal Pétain, Laval, Bousquet, Himmler et Hitler.
Evacuons d’emblé les stéréotypes du genre, attendus au tournant comme un bon vieux radar à la sortie d’une discothèque un samedi soir : La Rafle est un film tire-larme, un film aux images souvent « chromo » (effet sépia), un film où l’icône du cinéma français a les yeux bleus qui coulent beaucoup (Mélanie Laurent). La Rafle est un film qui, de ce point de vue, ne surprend pas. Pas plus qu’il ne nous apprend de nouvelles choses sur la rafle du vel d’hiv, ni de l’état d’esprit qui a précédé, ni du régime de Vichy lui-même. S’il est vrai que le conseiller historique Serge Klarsfeld a tiré profit d’un excellent travail documentaire, on est moins reconnaissant à Rose Bosch d’avoir voulu tout montrer, en omettant la touche de cynisme dérangeant qui aurait sans doute été la marque de fabrique d’un Costa Gavras, François Dupeyron ou d’un Bertrand Tavernier. Ce qui était bien, dans Amen, La Chambre des Officiers ou Le Capitaine Conan, c’est qu’ils montraient plus des états psychologiques, des questionnements stratégiques via des personnages tourmentés par leurs actes, ou par la soumission à des actes. Avec La Rafle, à de rares moments on perçoit ce qu’aurait pu être le film s’il s’était moins attaché à la reconstitution historique et visuelle d’un Montmartre de carte postale, d’un Vel d’hiv plein à craquer de familles juives entassées dans des conditions sanitaires indignes, ou d’une séance récréative dans le nid d’aigle d’Hitler.
L’idée de confier le regard à des enfants semble sans doute la meilleure posture adoptée, mais comment se souvenir avant la fin de La Rafle qu’aucun des 4000 déportés ne reviendra ? L’effet tombe alors souvent dans le pathos bien pensant d’une scène finale où deux d’entre eux survivent, donnant l’occasion à Mélanie Laurent de pleurer de nouveau.

Seules les images du début – images d’archives – donnent à La Rafle l’effroi qu’il est censé nous transmettre : Rose Bosch choisit d’ouvrir avec la visite par Hitler et sa garde rapprochée d’un Paris désert, Trocadéro, Tour Eiffel et la Madeleine, et les policiers en « hirondelles » saluant le passage du triste cortège de corbeaux accomplissant leur funeste besogne. Pas sûr qu’un collégien comprenne les 110 minutes qui suivent, censées montrer que tout cela fut bien vrai. Hélas.



La Rafle


La Rafle



La Rafle



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Et si l'ouverture n'était pas possible ?

12 Mars 2010 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #édito




Les récentes nominations au Conseil Constitutionnel de Michel Charasse, Jacques Barrot et Hubert Haenel finissent par semer le trouble à droite. « A force d’ouverture, on va finir par attraper des courants d’air », aurait même dit un proche de Nicolas Sarkozy. La récente bourde de Gérard Longuet à propos du futur président de la Halde (supposé et éventuel Malek Boutih), en dit plus long qu’une simple expression maladroite. Si des personnalités politiques UMP font entendre une voix dissonante, ce n’est pas seulement parce que la politique de nominations par le Président de la République donne des signes de faiblesses à force de se croire au dessus des clivages en en suscitant d’autres par les nominations elles-mêmes, mais peut-être tout simplement parce que l’idée d’une République apaisée, ouverte, et fédératrice est un leurre. Selon Gérard Longuet lui-même, cette image de République apaisée « ne nous rapporte pas une voix et démobilise nos électeurs ». Si l’effet recherché est de ratisser large, la vampirisation du camp adverse ne donne pas les résultats escomptés. Au contraire : si tout est dans tout et réciproquement, pourquoi donc encore appartenir à une famille politique, et voter pour elle. A force d’être décomplexée, la droite n’a plus de complexes à soutenir un à quoibonnisme à la veille d’un scrutin. Et à ce petit jeu Nicolas Sarkozy doit entendre la plainte et les menaces des députés UMP fatigués de s’en prendre plein la figure le samedi sur les marchés.

Revenons un peu en arrière : depuis combien de temps la République n’a-t-elle pas été apaisée ? A quand remonte la dernière fédération d’un peuple entier pour une cause commune ? Un évènement – certes symbolique mais qui mérite d’être observé – a fédéré et apaisé la République en quelque sorte, en juillet 1998. Sur les Champs Elysées, une France black-blanc-beur fêtait la victoire mondiale d’une équipe de foot elle-même black-blanc-beur. Des observateurs avisés avaient parlé à l’époque de fédération artificielle, les lendemains qui déchantent finissant toujours par arriver, le lendemain justement ! En dehors de cet élan d’apaisement, d’ouverture et de fédération, qui peut citer un moment où la République s’ouvre vraiment ?
Par définition, et pour reprendre un mot à la mode mis en exergue par un éditorialiste de France Inter (ici) , il se pourrait bien que la République « clive » justement, et n’ouvre que très peu. En tout cas on ne la force pas à s’ouvrir, fut-ce-t-on un président volontariste pour qui dire, c’est faire.

"Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes"
, indiquait Gérard Longuet mercredi à propos de la possible nomination de Malek Boutih à la Halde. Et le « corps français traditionnel », qui vote à droite, se sent pour l’heure bousculé par la politique d’ouverture des fenêtres en ce qui concerne les nominations à des postes stratégiques.
Au risque de prendre la porte, sans passer par les urnes.



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