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Le jour. D'après fred sabourin
Articles récents

mais qu'est-ce donc ?

8 Juillet 2010 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #concept

 

L'objet mystère... Un mikado ? une boîte d'allumettes multicolore ? un écroulement au rayon bois de chez Casto (ou le roi Merlin, ne soyons pas vache) ?

 

 

reduit Camille (10)

 

 

Réponse demain ! (si c'est pas du teasing ça...)

 

 

 

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Pèlerin d'un jour

29 Juin 2010 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne

 

 

reduit SAB 8458

 

 Au sud du lac de Bious-Artigues, les estives autour du Pic du Midi d'Ossau sont investies, chaque année, fin juin - début juillet, par les troupeaux du Haut-Ossau : c'est la "sauda", l'ouverture des pâturages aux troupeaux, le passage d'une pâture basse à une pâture haute.

 

 

 

reduit SAB 8480

 

                                        - sur des prés d'herbe fraîche il me fait reposer -

 

 

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Extension du domaine de la marche (lutte)

27 Juin 2010 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne

 

 

reduit SAB 8281

                                  - vers l'Espagne : la liberté ! -

 

 

En octobre, nous vous parlions d'un projet ici : Extension du domaine de la lutte .

Ce projet a trouvé, auprès des Editions Ouest-France Edilarge, un écho positif. Il a, depuis une semaine, pris une tournure très "pragmatique" : les 150 000 signes, 200 photos et 144 pages demandés au total ne vont pas se faire tout seul. Voici donc quelques images, en attendant mieux, parce que je ne peux pas être au four et au moulin, à savoir en train de marcher avec un Nikon de 2,5 kg autour du cou (et 12 kg sur le dos) et être très prolifique sur ce blog. Mais revenez-y de temps en temps quand même : parfois, les images parlent bien mieux que de longs discours...

 

Hasta la victoria siempre !

 

 

reduit SAB 8359

 

Pla du Géla (Aragnouet - Vallée d'Aure). Ici environ 6000 réfugiés républicains espagnols passèrent en avril et juin 1938, fuyant le bombardement de Bielsa.

 

 

reduit SAB 8261                                          - la grande muraille de Barroude, lac et refuge -

 

 

 

reduit SAB 8257

                  - midi, roi des étés, épandu sur la plaine -

 

 

 

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tu m'envoies un texto ? (suite...)

19 Juin 2010 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #émerveillement

 

reduit Valence 2

 

 

Valence, lundi 20 avril 1931

 

Mon trésor bien-aimé,

 

Je suis ravie de ma promenade d'hier à Tournon, d'abord et comme toujours parce que j'étais avec vous, ensuite parce que j'avais envie depuis longtemps de revoir les lieux de notre connaissance, de faire en quelque sorte un pèlerinage de reconnaissance dans la ville où est né notre amour. Ce qui a dépassé mon attente, c'est la visite de votre bureau. Les quelques moments que j'y ai passés ont suffi pour qu'il reste gravé dans ma mémoire et dans mon coeur et je n'ai aucune peine pour vous évoquer à votre place, au téléphone ou dans n'importe quel coin. Mon travail le plus pressé ce matin a été d'en faire le plan sur papier, comme je vous l'ai dit, sans plaisanter, je vous assure. Je vous...

 

(et là, la carte s'arrête brusquement, par manque de place. Continue-t-elle ailleurs ? Sans aucun doute. Mais que dit-elle ?)

 

 

 

reduit Valence

 

 

PS : fautes de conjugaison et d'accords conservées dans l'état.

 

 

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"Tu m'envoies un texto ?"

13 Juin 2010 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #émerveillement

 

 

reduit Soldat (2)

 

 

 

"Le 14 mai 1949

 

A toi seule ma petite femme

Avec tous mon amour

En souvenir de notre séparation.

Et avec l'espoir que bientôt nous serons réunis pour toujours

Ton petit mari,

Moïse

 

SP 54.290

BPM 515

Allemangne-Nord"

 

 

 

reduit Soldat

 

 

ps : la faute d'orthographe "avec tous mon amour" est d'origine.

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Tintin au château

7 Juin 2010 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #édito

 

Soliloques en vrac

 

 

De récents et nombreux déplacements à la recherche du graal (un job en fait, mais cette quête s’avère comme celle du précieux vase : longue, ardue, semée d’embûches), m’ont permis d’observer à loisir mes contemporains, et à noter quelques perles de culture, et surtout d’inculture. Tel ce contrôleur et sa liaison dangereuse : « attention à ne rien oublier z’a votre place ». Mes z’amis, la première fois j’ai cru à un lapsus, une liaison malheureuse qui échappe à tout le monde (cf le fameux « il va t’arriver dans quelques minutes », fort connu des gens qui parlent dans le micro). Mais le bougre (d’âne) a eu 6 fois de suite l’occasion de réitérer sa bourde – et donc de ne pas la corriger, prouvant ainsi au moins deux choses : le train s’est bien arrêté 6 fois ; le recrutement des contrôleurs SNCF se fait sur concours dont on peut présager qu’une épreuve orale fait défaut.


Brice Hortefeux est condamné pour injure et propos racistes : la blagounette sur les Auvergnats n’a pas plu au président du tribunal, qui était sans doute bougnat. En lisant la presse ce matin-là, je tombe sur un article à propos du fameux polygame de Nantes (Lies Hebbadj), vous savez, l’homme aux cinq femmes dont l’une d’entre elles (l’officielle), s’est faite épinglée parce qu’elle conduisait en niqab. Le pauvre homme, qu’on accuse de fraude aux aides sociales (les 15 gosses qu’il a eu avec ses « maîtresses » comme il aime à les nommer) percevrait frauduleusement les aides de l’Etat, et chacune d’elle l’allocation de parent isolé. Du coup, je me dis que notre comique ministre de l’Intérieur, grand humoriste de Lue Aime Pet, pourrait ressortir sa bonne saillie drôlatique en la féminisant un peu : « la polygamie en France est interdite. Les femmes, quand y en a une ça va, c’est quand y en a plusieurs que ça pose problème ».
Quoi ? ça ne vous fait pas rigoler un peu ça ? Merde quoi, c’est le ministre qui me l’a soufflée ! Un peu de respect pour les grands de la République quand même !  

Un peu de légèreté après cela. Ou plutôt de la profondeur. Bientôt la fête des père, et celui que j’ai vu passer devant ma porte alors que je franchissais celle-ci était flanqué de ses deux lardons, dont un de 6 ans environ, visiblement sur le chemin de l’école (donc pas en train d’écouter les « odieuses chroniques » de Didier Porte sur France Inter, donc pas besoin d’expliquer les mots bien graveleux distillé par icelui notamment dans celle du 20 mai dernier, ce qui lui a valu une entrevue musclée avec le patron de la chaîne Philippe Val, qui, c’est vrai, après 17 ans à la tête de Charlie Hebdo et de nombreuses années à sortir des grossièretés avec son compère Val, est un exemple en matière de langage châtié au point de désormais trembler à l’idée que les gosses écoutent des gros mots à huit heures moins cinq avant de franchir le portail de l’école, elle aussi modèle du genre question vocabulaire scabreux…). Ce père dont ce sera la fête bientôt a du répondre à une vraie question de gamin qui aime bien emmerder son papa avec des questions à la con du genre celle-ci : « dis, papa, c’est grand comment un espadon ? ».
Et ouais mon pote, c’est pas le mot « enc…lé » (dans la chronique de Porte il disait même, en se mettant dans la peau de Villepin : « j’enc…le Sarkozy ») que ton rejeton te demande d’expliquer, mais espadon. Là t’es collé hein ?! La taille d’un espadon, c’est quand même un peu plus compliqué que les propos sodomites qu’on entend régulièrement ça et là, des basses cours d’écoles aux dorures des palais de la République, en passant, ça va sans dire, par la voiture de papa quand il est coincé dans un embouteillage…

Bonne fête mon vieux.

 

 

Pour comprenre ce qui arrive à Porte, et avant qu'il ne la franchisse, allez lire par là : http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/45923/date/2010-06-08/article/didier-porte-je-suis-tres-attache-a-france-inter/

Pour comprendre que Philippe Val ne peut nous faire croire à la théorie du "faut pas dire des mots dégueulasses à 7h55 car les gosses écoutent la chronique du guignol et posent des questions embarassantes à leur parents", faut écouter ça : http://dai.ly/aPsau7 . C'était au temps que les moins de 20 ans peuvent connaître, notamment le 3 juillet 2008, soit un an pile poil avant que Val ne devienne patron de France Inter, en s'achetant une bonne conduite de premier communiant au passage. Sacré lascar va ! Comme il le dit lui même : "je te prends pour un con, et ça marche" !

D'ailleurs François Morel, qui lui a succédé, ne s'y est pas trompé : http://dai.ly/aB9TuP 


(à part ça, c'est la vie d'château ! )

 

 

 

reduit SAB 8011

 

 

 

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           là, on ne voit peut-être pas bien, mais c'est plein de grenouilles en rut...

 

 

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le mot de Cambronne

28 Mai 2010 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #l'évènement

 

 

C'est pas moi qui le dit...

 

reduit SAB 7743

 

 

reduit SAB 7741

                                                           - t'es rock, coco -  

 

 

reduit SAB 7737

 

                                                          - presque mariés -

 

 

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"les" Charente(s), ça n'existe pas !

20 Mai 2010 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #coup de gueule

 

 

01mars2010

 

Par Frédéric Sabourin, Charentais.

Caftons : c’est de la faute à la météo. Joël Collado, Jean-Michel Golinsky et Jacques Kessler sont peut-être d’excellents ingénieurs météo et bons vulgarisateurs, ils n’en demeurent pas moins inexacts en géographie de la France, véhiculant une idée fausse et une approximation qu’il convient de rétablir une fois pour toutes. « Les » Charentes, ça n’existe pas ! Pas plus que « les Indres », « les Seines », « les Loires », « les Garonnes », ou quoique ce soit d’autre. Les Charentes n’existent que dans le raccourci administratif et politique de l’entité régionale « Poitou-Charentes » (parfois nommée « Ségolie » ou « Terre Royale »). Les Charentes n’existent pas car la Charente est un fleuve, un et indivisible. Long de 360 km, il prend sa source à Chéronnac, en Haute-Vienne (tiens au passage on ne dit pas non plus « les Viennes »), puis, après quelques paresseux et heureux méandres, se jette dans l’Océan Atlantique, près de Rochefort. Entre les deux, un département, « La » Charente (le 16), et plus près de l’Océan, « La » Charente Maritime (le 17, autrefois injustement nommée « Charente Inférieure » pour signifier qu’elle était en aval de la source).
Alors pourquoi donc faire comme si nous étions (par exemple) Ardennais ? On dit effectivement « Les Ardennes », car il ne s’agit pas d’un fleuve mais d’une forêt (Arduenna silva). Mais on ne dit pas, on n'a jamais dit - et il serait bon qu’on ne dise plus, foi de Charentais – « les » Charente(s).
Ne faisons pas la liste de ceux qui tombent dans le panneau de la facilité, ils ne sont pas uniquement postés aux prévisions météo, il s’en trouve aussi – pour ne citer que ceux-là – au quotidien « Le Monde », et sur le réseau « Radio France » (et non des moindres : France Inter et France Culture). Des médias réputés irréprochables et cultivés…
Laissons à Pierre Boujut, écrivain charentais né à Jarnac, le soin de conclure cette chronique coup de sang (alors que le Charentais est d’un naturel plutôt placide, en témoigne la pantoufle qui y a vue le jour et qui porte son nom) :

« La Charente descend toujours vers le soleil. La Charente ne porte plus de canons sur son dos. La Charente lentement a trouvé sa paix. La Charente n’est pas un fleuve civilisé, ni un fleuve sauvage. La Charente est un fleuve heureux, ceux qui s’y baignent le savent bien. C’est pourquoi la Charente m’a parlé de certitude. Non pas de l’espoir qui est une ombre, mais son contraire. La certitude qui est lumière ».     (D’une révélation permanente, revue La Tour de Feu n°93)

Charentais, Charentaises de tous les continents : unissons-nous !



 

reduit coursac 7

 

 

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"le" fleuve ("plus beau ruisseau du Royaume", selon François Ier, né à Cognac en 1494 et Henri IV), ici : à Coursac

 

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Mort dans l'après midi

17 Mai 2010 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #quelle époque !, #Presse book

 

 

 

Preuve que les personnes sans domicile fixe ont du cœur : celui-ci peut s’arrêter d’un moment à l’autre, comme tout le monde. Si on ne partage pas toujours leur triste sort, nous sommes unis dans notre condition de mortels. Ici, (clique là dessus) fin janvier, nous vous parlions des légumes à volonté du Flunch que venaient manger deux d’entre eux rencontré au hasard de pérégrinations alimentaires. Jean-Louis, l’ex parachutiste qui se souvenait avoir défilé sur les Champs Elysées en 1975 avec le 3è RPIMa (une photo écornée l’attestait), est mort d’un arrêt cardiaque dans un hôpital haut-normand il y a quelques jours. Nous l’avons appris de la bouche même de son acolyte, désormais seul devant son plat du jour – carafe de rouge chez Flunch. Pas de quoi fluncher  me direz-vous. Sauf que… Il s’était passé quelque chose entre nous qui m’avait profondément touché, ce jour-là, dans cette conversation de fond de verre, en plein froid hivernal, dans cette salle à manger où se presse la fameuse « France d’en bas », ignorée d’en haut. Parce qu’il y fait chaud. Parce qu’on ne les y emmerdait pas. Parce que c’est pas cher et qu’on peut se resservir. Parce que d’autres raisons que nous n’avons pas su.
Aujourd’hui, en croisant Dominique, moustache toujours fournie et figure bonhomme, j’ai bêtement demandé des nouvelles de Jean-Louis. « Il est parti », a-t-il lâché, laconique. Comme il avait évoqué son départ de la ville pour rejoindre un vague cousin agriculteur, j’ai d’abord pensé à ça. « Non, non, il est parti. Il est mort. Arrêt cardiaque. A l’hôpital ». Je ne sais pas pourquoi, mais les jambes ont tremblées sous moi comme si c’était un vieux copain qui était parti. La rencontre avait été riche – c’est tout ce qu’ils possèdent – et je les croisais souvent près du clos St-Marc assis sur un banc, attendant que la température se réchauffe et accélérant même son retour avec un litron de rouge. Pas de quoi pavoiser, juste « deux SDF » qui attendent l’ouverture du foyer Boulingrin où ils tenteront de trouver le sommeil, entre deux cris de Roumains et ronflements d’autres errants.
Alors voilà. Pas de quoi pavoiser, ni fluncher. Juste se remémorer ses mots, son petit sac marin avec toute sa fortune, la photo des paras défilant sur les Champs devant Giscard président de l’époque. Et l’oubli. Jusqu’à la terre où il repose désormais. La seule à lui ouvrir les bras, peut-être.

 
En face de moi, un homme – car c’en est un – au visage rougeau et aux yeux humides. Et les mots qui me manquent, comment viendraient-ils ? Où iraient-ils ? Pour qui sont-ils ?
Je vois les Champs Elysées, les paras, les ors de la République, cette chienne qui oublie si vite ses féroces soldats. Et, en guise de combattant inconnu, la tombe de Jean-Louis, probablement enterré au carré des indigents. Là où ceux qui n’ont rien retournent à la terre qui les a enfanté, gratis.

 


Cette page est pour lui, pour sa maigre vie. Pour éviter l’oubli, peut-être.

 



 

 

28012010021

 

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Apéro Facebook : à votre santé les jeunes !

16 Mai 2010 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #quelle époque !

 

chez Picard (2)

                                    apéro "vintage" d'un réseau social non virtuel

 

 

Apéro géant à Nantes : un mort. Un jeune de 21 ans s’est tué en tombant d’un pont, après une chute de cinq mètres entrainé par tout son poids, plus 2,4 grammes d’alcool dans le sang. Haro sur Facebook, organisateur masqué de ces nouvelles orgies, bacchanales, ou fêtes dionysiaques, bref : des beuveries. Cible : les 15 – 25 ans. Pour contrer le phénomène, Brice Hortefeux, à jeun dans son costume de premier flic de France, rassemble préfets et édiles municipaux pour endiguer le phénomène. La droite actuelle étant ce qu’elle est, il y a fort à parier qu’elle avance casquée et armée de boucliers. Interdisons les rassemblements, tapons sur la jeunesse, au lieu d’essayer de résoudre le problème à la racine. Si les jeunes se rassemblent de cette manière, sans autre but précis que de se « prendre une mine », c’est qu’ils trouvent, peut-être, dans ces actions de quoi se faire entendre. Le gouvernement l’entend-il, lui, le cri de cette jeunesse ? Tiens d’ailleurs, comment se nomme le ministre de cette jeunesse alcoolisée ? Tentez des réponses spontanées en commentaires de cet article…
Ces jeunes – dont on peut en voir beaucoup errer tard dans le métro de Lyon par exemple, une bouteille à la main y compris de très jeunes adolescentes – sont issus de la génération qui elle s’enivra sur le tube de Patrick Sébastien « allez, viens boire un p’tit coup à la maison, y a du blanc, y a du rouge, du saucisson, et Gilou avec son p’tit accordéon… ». Oui, nos parents buvaient aussi pour oublier le triste sort dans lequel ils étaient. Mais ils buvaient cachés, chez eux, entre deux saucisses de barbecue. Désormais, on picole dehors, vu que les bars sont devenus des lieux tristes et mornes, trop chers, où il n’est plus permis de s’en griller une, où les serveurs tirent une gueule de repris de justice et où déplacer une chaise pour s’asseoir à une autre table s’apparente aux yeux de l’aimable patron à un crime de lèse majesté. Donc cette insolente jeunesse fonce dans les superettes bon marché se fournir en bières fortes, mélanges vodka - jus douteux, whisky de base et même du pinard de pochtrons.
Faut dire qu’il y a de quoi rechercher l’ivresse, d’abord parce que le vin, c’est bien connu, c’est « chez Nicolas » qu’on va le chercher. Lequel ne fournit pour le moment que de piètres solutions pour la société et l’avenir des jeunes. Sans boulots, coincés entre leurs parents au chômage, les « vieux » de 50 ans qu’on placardise, les très vieux qui nous encombrent, ils galèrent de CDD en CDD, et « tanguysent » chez leurs parents puisqu’ils n’ont pas d’autres choix économiques. Alors boire un coup en se réappropriant la rue de laquelle on croyait les avoir chassés, c’est pour eux une solution pour se faire entendre, et passer un peu de bon temps, même si ils ne connaissent pas tous le monde. La punition et les interdictions, à grands renforts de CRS est-elle la seule solution en magasin ? Vont-ils faire preuve d’un peu plus de psychologie ? J’ai des doutes sur la réponse…

Dans Un Singe en hiver d’Antoine Blondin magnifié dans le film d’Henri Verneuil, Gabin a cette sublime saillie : « c’est pas l’alcool qui me manquait le plus ; c’était l’ivresse ».
Voilà exactement ce que recherche ces jeunes qui s’étourdissent dans des apéros Facebook (ou ailleurs). L’ivresse… De la vie, de l’espoir, des perspectives heureuses, de l’amour qui sait ? Que leur proposera-t-on ? L’ivresse des grandes profondeurs ?
Allez patron, une tournée, une !


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