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Le jour. D'après fred sabourin

Articles avec #montagne tag

Au delà des lignes

7 Juillet 2020 , Rédigé par F.S Publié dans #montagne

C'était un peu comme de retrouver un être cher après une (trop) longue absence : espérées, attendues, désirées, ces retrouvailles avec les Pyrénées étaient aussi un peu craintes. Sept mois depuis la dernière sortie, au même endroit – une coïncidence - après la nuit dans un frigo nommé cabane de Quioulès en novembre dernier (4° au réveil à 7h)… Cette Ariège méconnue - la montagne dite d'Aston, du nom d’un village légèrement situé aux marges de la RN20 qui file plein sud direction l’Andorre en traversant des contrées exotiques (1) - était le parfait théâtre d’une opération dégourdissement des jambes, le temps d'une escapade à quatre hardis et fières pyrénéistes. Aston, c’est aussi le nom du torrent qui dévale de cette montagne émergeant tel un mur et qui paraît, comme souvent dans les Pyrénées, infranchissable.

Au delà des lignes
Au delà des lignes
Au delà des lignes
Au delà des lignes
Au delà des lignes

Il faut aller au bout du bout de la route, qui serpente le long du torrent d’Aston donc, dévalant d’une retenue d’eau (barrage de Riète) près de laquelle se trouve la centrale de Laparan, qui récolte les eaux de l’étang du même nom, plus haut vers le sud-est. Il faut monter dru dans un sous-bois de hêtres, de chênes - plus rares - et de quelques résineux. Au sortir de cet étage montagnard, une passerelle enjambe le torrent, on passe sous une conduite forcée puis on remonte vers l’ouest près du torrent de la Sabine : on entre alors dans l’étage subalpin. La cabane de Quioulès est toujours là, elle semble moins frigorifique qu’en novembre dernier ; mais ça n’est pas encore là le terminus. Tout juste le temps d’une légère collation, c’est vers la cabane de la Sabine que nous pas nous dirigent, dans un paysage odorant de pins, genévriers, rhododendrons, et toute une magie de fleurs de saison (lys, orchidées etc.) qu’il fut plaisant de contempler.

Cette cabane est toute petite, divisée en deux parties, et dont le toit, végétalisé, la fait se fondre littéralement dans le paysage. La partie la plus « grande » est composée de deux bat-flancs sommaires où l’on peut coucher sur chacun à deux, peut-être trois en se serrant bien et si les gabarits le permettent. Une cheminée et quelques « placards » suspendus, deux bancs fixés dans les murs complètent son sobre confort. C’est bien assez pour le repos des pyrénéistes... Malheureusement – si l’on peut dire – trois gaillards équipés de cannes à pêche sont arrivés avant nous, et il nous faudra compter sur l’étroite annexe, plus basse et nettement plus sommaire. Nos hôtes – ils sont Ariégeois et du coin – nous montrerons que la solidarité montagnarde n’est pas encore tout à fait un vain mot : ils se serreront pour laisser l’un des membres de notre équipage dormir dans la grande partie avec eux, nous permettant de passer une nuit pas trop dégueulasse.

Au delà des lignes
Au delà des lignes
Au delà des lignes
Au delà des lignes
Au delà des lignes

Il faut s’élever encore davantage de la Sabine (1981 mètres) dans une forte pente herbeuse et caillouteuse par moment pour atteindre une sorte de col sans nom, et finir tranquillement jusqu’au sommet du Pic de la Sabine, seulement 2561 mètres mais dominant son entourage tout en défiant le Pic de Thoumasset (2700 mètres), seul « seigneur » du lieu. Du sommet, le panorama, sans être le plus époustouflant des Pyrénées, n’en demeure pas moins surprenant : comme souvent en Ariège, les charmes de cette montagne âpre, rude, très pentue et souvent couverte d’épines, ne se laissent admirer qu’aux prix de longs efforts, de passages dans des paysages où l’on ne serait pas surpris de voir surgir l’ours, entre autres…

Après une nuit réparatrice à la cabane de la Sabine, où il ne fait même pas froid, quasiment sans humidité du matin, nos pas nous dirigent entre rhododendrons et ruisseau frais, sur un replat spongieux où paresse le ruisseau de Soulanet (qui descend de l’étang du même nom), pour attraper une sorte de petit col rond comme la commissure de l’épaule et du cou. Là, c’est un autre ruisseau – la Coume de Seignac – qui indique le sens de la descente, parfois parmi une végétation luxuriante où nous croisons encore fleurs de lys, orchidées et les gentianes des Pyrénées, pas encore en fleur mais ce sera pour bientôt. Les rhodos nous griffent les jambes, comme si ils voulaient nous rappeler que la montagne, ça fouette le sang. À l’orée de la cabane de Bela (environ 1800 m) nous apercevons celle de Quioulès, en contrebas déjà. Dans deux heures et demie nous serons près de la centrale de Laparan et déjà s’achèvera cette virée virile au creux d’une montagne sensuelle, mais pas sans suite.

 

(1) Tarascon-sur-Ariège, Ussat-les-Bains, Les Cabannes, Albiès, Luzenac, Ax-les-Thermes, Mérens-les-Vals, l'Hospitalet-près-l'Andorre...

Photos (c) F.S. Nikon D300. Focale 10-24 mm.

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Chambre froide

25 Novembre 2019 , Rédigé par F.S Publié dans #montagne

Chambre froide

C'est un coin de l'Ariège - vers Aston, départ de la marche à la centrale électrique de Laparan, barrage de Riète - tel que dans nos souvenirs... Très humide, froid, au sol détrempé comme une éponge et au réveil-matin à l'image des journées : rustique et froid. 4° à l'intérieur de la cabane de Quioulès à 7h30 du matin : dormir dans une chambre froide ça raffermit les chairs... Mais pour qui aime l'aventure et la sobriété, c'est l'endroit idéal. Nous n'avions pas convoqué Sylvain Tesson et sa Panthère des neiges, mais la nature sauvage à l'état brut était tout de même omniprésente... Mis à part un skieur égaré, personne ; pas l'ombre d'un animal identifiable à part quelques choucas. Mais les animaux en question ne nous ont-ils pas vu, eux ? Les prévisions météorologiques avaient annoncé un temps épouvantable, raison de plus pour aller vérifier.

- Quioulès -

- Quioulès -

Chambre froide
Chambre froide
Chambre froide
- Bela -

- Bela -

Chambre froide
- l'angélus -

- l'angélus -

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Automne en Ossau

22 Octobre 2019 , Rédigé par F.S Publié dans #montagne

- Pic de la Ténèbre -

- Pic de la Ténèbre -

Automne, saison dorée en vallée d'Ossau autour de Laruns ("Laruntz", en Béarnais). Remontée de l'Arriutort (le "ruisseau tordu") jusqu'à la cabane du même nom (1000 mètres en 2 heures). Puis débouché au col de Taillandière sous le Montagnon d'Iseye et son lac en forme de heart. La pluie et le vent ne douche pas complètement nos ardeurs et nous descendons - sous le soleil retrouvé accompagné d'un bel arc-en-ciel - jusqu'à la cabane de Laiterine (1680m) qui nous accueillera pour la nuit, ventée et pluvieuse par intermittence.

Le lendemain matin c'est à la verticale de la cabane de la Cujalat (300 mètres en contrebas) que nous grimpons en sous-bois puis sur une pente herbeuse qui fait bien transpirer, poussés par un méchant petit vent de sud - sud-est agrémenté de quelques pluies. Le débouché sur le Cirque de Besse se nomme le Pène d'Hourque, et la vue est bien belle. Abrité du vent et de la pluie par ce flanc de montagne ossaloise, la descente s'effectue dans le cirque vers le col d'Abet puis celui de Lusque, serpentant en sous-bois jusqu'au Plateau de Lusque avant d'entamer la dernière descente vers Goust, ensoleillé quand nous y arrivâmes. L'ancienne route balisée rouge et jaune (grand tour de l'Ossau) conduit ensuite aux Eaux-Chaudes où nous mettons sac à terre, trempant nos lèvres dans un café chaud bienvenu.

Un crapahute à l'ancienne, à pieds quasiment de bout en bout, virée virile de franche camaraderie, de pâté à l'ail de chez Coudouy et de fromage de brebis Pujalet...

- (c) Marc L. -

- (c) Marc L. -

- Arriutort -

- Arriutort -

Automne en Ossau
Automne en Ossau
Automne en Ossau
Automne en Ossau
- Laiterine, chambre avec vue -

- Laiterine, chambre avec vue -

- Cirque de Besse -

- Cirque de Besse -

Automne en Ossau
- Les Eaux-Chaudes -

- Les Eaux-Chaudes -

- Les Eaux-Chaudes -

- Les Eaux-Chaudes -

- Lou Nouste Henric -

- Lou Nouste Henric -

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6 ans 8 jours et 45 minutes

20 Août 2019 , Rédigé par F.S Publié dans #montagne

6 ans 8 jours et 45 minutes

Très exactement 6 ans, 8 jours et 45 mn séparent ces deux photos prises au sommet du Pic d'Ariel (2824m) en vallée d'Ossau, avec le même appareil, le même objectif (un grand angle 10-24mm) et quasiment le même cadrage. On y reconnait le Palas (à g. 2990m) et le Balaïtous (à d. 3144 m). 2013, c'est la dernière année où les cumuls de neige ont atteint des records permettant la subsistance de celle-ci jusqu'en plein cœur de l'été (il "restait" encore 7 m au col du Tourmalet le 21 juin quelques semaines avant le passage du Tour de France…). Je le redis cette année, la sécheresse est visible et très intense dans les Pyrénées (malgré les fortes pluies de ce jour notamment dans les Hautes-Pyrénées et en Ariège), y compris dans cette partie-là d'ordinaire très arrosée l'hiver et au printemps.

6 ans 8 jours et 45 minutes
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Tous les matins du monde (ne vaudront jamais celui-ci)

18 Juillet 2019 , Rédigé par F.S Publié dans #Lettres à ..., #montagne, #émerveillement

- Encore un matin -

- Encore un matin -

Il y a des matins. Des matins difficiles, des matins chagrins, des matins du bon pied, des matins du mauvais pied. Des matins à pied d’œuvre, des matins sans espoir, des matins à se recoucher. Il y a des bons matins. Il y a des « encore un matin, un matin pour rien, une argile au creux de nos mains ». Il y a des matins de fin de mauvaises nuits, des matins d’insomnies, des matins de génie. Il y a des matins où l’on ne voit rien et des matins où l’on voit bien, des matins sans problèmes. Des matins d’avenir. Des matins d’amour. Des matins de « thé ou café ? ». Il y a des petits matins redoutés, des matins espérés, des matins de condamnés, des matins de damnés, des matins d’assoiffés. Des matins en marche...

Tous les matins du monde (ne vaudront jamais celui-ci)

J’aime les matins. Je les préfère aux soirs, malgré les prodigieux spectacles de couchers de soleil flamboyants, romantiques, poétiques, abracadabrantesques. J’aime les matins et leurs nuances de jour, promesses de l’aube pour un monde nouveau. Une renaissance solaire quotidienne. J’ai déjà eu l’occasion de décrire le prodigieux spectacle de petits matins en montagne où l’on ne sait si le jour va naître ou si la nuit va recommencer. J’aime les matins en montagne parce qu’ils sont infiniment plus beaux que les soirs. Ils « sentent » quelque chose, une odeur de roche encore ensommeillée, humide et fraîche, la sueur nocturne des Pyrénées. Les matins offrent, à qui peut les voir, une énergie vitale que la montagne veut bien, en de rares instants, partager avec l’Homme.

Tous les matins du monde (ne vaudront jamais celui-ci)

Depuis déjà deux ans, je t’emmène voir ces paysages aimés, près d’un lac dans la vallée d’Ossau, le lac Gentau, sous le refuge d’Ayous. Pour la troisième fois en juillet nous nous y sommes retrouvés, dans ce décor de carte postale où le Pic du Midi d’Ossau, s’il le veut bien, se reflète le soir dans le lac, offrant un spectacle touchant que beaucoup viennent voir exprès. On jurerait parfois une photo retouchée, mais non : si aucun souffle d’air ne ride le lac, si le ciel est parfaitement dégagé, si la mer de nuage s’arrête à ses pieds, alors le spectacle est grandiose. Même les bavards (et bavardes) finissent par se taire, et admirent. C’est un moment de grâce qui se répète plusieurs fois dans l’année, mais pour le voir encore faut-il habiter à côté…

Tous les matins du monde (ne vaudront jamais celui-ci)

Ces deux dernières années, tu étais couché au moment où le soleil faisait de même, embrasant le pic dans le grand incendie du soir. Cette année, ton âge augmentant, je m’étais promis de t’offrir ce moment de grâce à nul autre pareil. Pas de chance : le premier soir un brouillard épais a tout enveloppé. On ne voyait plus ni le lac, ni notre tente, à peine le bout de nos pieds. Le plaisir de la montagne, c'est aussi quand on ne voit rien...
Au réveil, le soleil a frappé à pleins rayons sur la porte de la tente – j’avais déjà constaté en pleine nuit que le ciel s’était dégagé – augurant une superbe journée. Elle le fut. Elle le fut parce qu’elle avait commencé par ce matin-là, et ta joie de petite fille à voir se miroiter le pic dans le lac, prenant son bain du matin. Il faisait doux, à peine frais, la nuit avait été exceptionnellement douce aussi, tout juste un peu de fraîcheur à l’aube, obligeant à remonter un peu le duvet. Je me suis assis à l’entrée de la tente, et je t’ai regardé avancer vers le lac, contempler le reflet et ce soleil déjà haut qui nous chauffait la face ne nous lâchant pas de tout le jour.

Tous les matins du monde (ne vaudront jamais celui-ci)

Alors j’ai songé que tous les matins du monde ne vaudraient jamais celui-ci, cette plénitude quasi absolue de bonheur et de félicité parfaite. L’impression d’être là à la bonne place, au milieu de ces montagnes aimées et connues, que toi aussi tu connais et reconnais désormais, puisque tu y dors... Tous les matins du monde, et tous les soirs aussi, puisque le deuxième fut le bon et il nous permis d’admirer le reflet de « Jean-Pierre » - ce « géant de pierre » - enflammé des derniers rayons du soleil, montagne de verre, montagne de feu, de pics et de pointes, dans l’eau sombre et calme, presque déjà endormie du lac Gentau.

Tous les matins du monde. Et tous les soirs aussi.

Tous les matins du monde (ne vaudront jamais celui-ci)
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Démission de Nicolas Hulot : et pendant ce temps-là...

29 Août 2018 , Rédigé par F.S Publié dans #montagne, #édito

Le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot a démissionné mardi 28 août, au cours d'une émission matinale sur France Inter, sans préméditation semble-t-il (sauf pour lui et encore !). Dénonçant la forte présence des lobbys au plus haut niveau de l'État, Nicolas Hulot estime même de ce fait la démocratie en danger. Illustration des inepties écologiques avec l'agrandissement du refuge des Sarradets, sous la Brèche de Roland, à Gavarnie dans les Hautes-Pyrénées.

- le refuge des Sarradets, en août 2018 -

- le refuge des Sarradets, en août 2018 -

Les randonneurs et férus des Pyrénées ne peuvent pas le manquer : au nord ouest sous la brèche de Roland, à 2587 mètres d'altitude, le refuge des Sarradets, en travaux depuis 2016, fait peau neuve. Inauguré en 1956 par Maurice Herzog, d'une capacité de 57 places, ce refuge emblématique se voit doté d'une extension qui portera sa capacité à 70 couchages. L'ancien refuge, en pierres et en béton, ne sera pas détruit. Il est actuellement rénové. Les travaux ont pris du retard : il était prévu de le rouvrir pour l'été 2018, il le sera plus probablement pour celui de 2019. De grandes terrasses y sont aménagées, le point de vue sera aussi exceptionnel que le panorama qu'on peut y admirer. Cependant, on s'interroge sur l'opportunité, il y a 70 ans, d'avoir choisi d'implanter à cet endroit-là ce refuge, défigurant à jamais l'un des sites pyrénéens les plus exceptionnels. Un randonneur qui se rendait au Taillon (3144 m) le 1er août, que je crois avoir reconnu comme étant très probablement de Patrice de Bellefon, auteur pyrénéiste fameux, disait à ses deux compagnons de cordée du jour : "c'est quand même étonnant d'avoir choisi, à l'époque, d'implanter là ce refuge... Il aurait été plus logique de le placer en amont du col de Sarradets, près de la cascade". Et il s'étonnait aussi des travaux pharaoniques d'agrandissement de ce refuge, par "le très écologique CAF" (Club alpin français, Ndlr). Le coût global des travaux avoisine les 3,1 millions d’euros financés par le FEDER (fonds européens), le FNADT (aménagement et développement du territoire), la Région Occitanie, le Département des Hautes-Pyrénées, l’ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), l’Agence de l’Eau, le Parc National des Pyrénées et la FFCAM (Fédération française des clubs alpins et de montagne).

- Le cirque de Gavarnie et le refuge des Sarradets en août 2016 - (photo M. Lucas)

- Le cirque de Gavarnie et le refuge des Sarradets en août 2016 - (photo M. Lucas)

Bien entendu, la construction de l'extension du refuge de Sarradets respecte scrupuleusement un cahier des charges draconiens en matière de "protection de l'environnement", dans l’utilisation des matériaux, de recyclage, de basse consommation etc., tout l'arsenal habituel désormais connu. Y travaillent des entreprises locales, ce sont des "emplois non délocalisables" comme le dit la formule consacrée, réjouissons-nous.

Cependant on s'interroge sur l'opportunité, dans le contexte que nous connaissons actuellement (réchauffement climatique, surfréquentation touristique des grands sites protégés, fonte du permafrost entrainant des éboulements dans les Alpes, fonte des glaciers dans les Pyrénées et pas plus loin que celui d'Ossoue, au Vignemale voisin, etc.), d'une telle construction. Il en a été de même il y a quelques années chez nos voisins espagnols, au refuge de Goritz sous le Mont Perdu, dans le canyon d'Ordesa (72 couchages). À quelle logique et quels lobbys obéissent cette construction ? Peut-on se plaindre d'un côté de la destruction progressive et accélérée de la biodiversité, du réchauffement climatique qui transforme petit à petit la terre en étuve, des conséquences des gaz à effet de serre, bref, de tout ce qui vient de pousser Nicolas Hulot, dans un sanglot réprimé de justesse à l'antenne, à la démission, et continuer comme si de rien n'était de coloniser les sites dits protégés en y favorisant le tourisme de masse ?
Même si ici il y a un « trou dans le mur », on ne va plus « droit au mur ». On est dedans.

 

F.S.

- la brèche de Roland, août 2013 -

- la brèche de Roland, août 2013 -

- refuge des Sarradets, août 2016 - (photo M. Lucas)

- refuge des Sarradets, août 2016 - (photo M. Lucas)

- Cirque de Gavarnie et refuge des Sarradets, août 2016 - (photo M. Lucas)

- Cirque de Gavarnie et refuge des Sarradets, août 2016 - (photo M. Lucas)

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T’as vu la vierge ? Oui, j’ai même dormi à ses pieds…

5 Août 2018 , Rédigé par F.S Publié dans #montagne

- Il y eut un soir -

- Il y eut un soir -

Elle ne doit pas aimer le cirque, Marie : elle lui tourne le dos. Elle ne voit pas le fabuleux spectacle de l’amphithéâtre de Troumouse et ses 11 kilomètres de circonférence. Ceinturée de bleu, un voile lui couvrant les cheveux, les mains croisées sur sa poitrine comme pour fendre le vent du nord qui doit la gifler 300 jours par an : elle trône, sur son piédestal de pierre, fixant la vallée et là bas au loin, sa sœur jumelle bien à l’abri dans sa grotte au bord du gave, à Lourdes. La vierge de Troumouse a les pieds froids dans le petit matin frais des étés chauds mais semble se moquer comme d’une guigne des éléments et des grimpeurs qui caressent les flancs de la Munia, 1.200 mètres au dessus de sa tête, culminant à 3.155 m au dessus du niveau de l’océan. Pour être sûrs de ne rien rater du spectacle du couchant et du levant, c’est à ses pieds justement que nous avons déplié le duvet, lui tournant le dos en espérant qu’elle ne nous en tienne pas rigueur. Puisqu’elle semble vénérer l’humanité là bas tout en bas, nous vénèrerons le mur de son appartement, là bas tout au sud…

- Il y eut un matin -

- Il y eut un matin -

Dormir à ses pieds, drapé comme elle dans les étoiles ; s'éveiller dans l’haleine froide et humide des roches et des névés, cette « sueur froide » du cirque, sensation olfactive à nul autre pareil… Dormir à ses pieds, enveloppé dans ce cirque majestueux, le mur du fond d’une chambre à coucher pas comme les autres. La tête bien calée sur l’oreiller gonflable, le dos à l’aise autant qu’il est possible sur le tapis de sol adéquat pour ce genre de nuit sobre et spartiate à la fois ; pas besoin d’éteindre la lumière : le variateur naturel fait le job. Petit à petit, les cinquante nuances de gris des parois quasiment verticales du cirque de Troumouse se teintent d’oranger, puis de rose, puis de gris foncé puis de noir. Une première étoile apparaît. C’est la nuit. Il faut dormir, demain, dès l’aube, à l’heure où ne blanchira pas la campagne (et c’est heureux car nous dormons dehors), il faudra ouvrir les yeux de bonne heure pour profiter du spectacle inverse. Cette nuit n’est pas une nuit : c’est un drive-in grandeur nature. Un time lapse comme on dit aujourd’hui (un « accéléré »), mais sans le filtre d’un écran de smartphone et surtout : en temps réel, sans autre connexion que celle du corps avec le sol. Hormis le bruit des cloches d’un troupeau de vache qui imperturbablement ruminent quelle que soit l’heure, et hormis la statue de la vierge deux mètres au dessus de nous, nous sommes absolument seuls dans le cirque. Nuit sauvage. Sylvain Tesson le dit dans une récente interview au Monde : « Éteignez tout et le monde s’allume ».

T’as vu la vierge ? Oui, j’ai même dormi à ses pieds…

Comme souvent ces nuits-là, on ne dort pas très bien. Pas seulement à cause de l’inconfort relatif lié à la situation du « sommier », cette couche sédimentaire de plusieurs millions d’années que l’on a pourtant tenté par tous les moyens de rendre la moins dure possible. Non, en réalité on ne dort pas bien car, manquant d’habitude, le moindre bruit maintien en éveil, le moindre souffle fait ouvrir l’œil, tout devient suspect malgré le désert du lieu. On ne se sent pas « seul », ce coin de terre et de cailloux semble habité par des centaines de petits farfadets, d’animaux sauvages qu’on devine au loin (isards, marmottes, bien que celles-ci doivent dormir à poings fermés selon leur réputation…), insectes persistants à cette altitude et se gavant des restes de pique-niques des promeneurs diurnes, bétail placide indifférent à la nuit. Mais il y a mieux : ce cirque semble habité par l’esprit, l’esprit du lieu, l’esprit de Pyrène, l’esprit de ce massif de Gavarnie-Mont Perdu-Ordessa, et de ses 35 millions d’années qui semblent vouloir à tout prix nous écraser. Un avantage de taille cependant : à 2.100 mètres, les moustiques volent bas, beaucoup plus bas même, et l’absence de cette dérangeante compagnie ne nous manquera pas un instant.

T’as vu la vierge ? Oui, j’ai même dormi à ses pieds…

La vraie raison pour laquelle on dort « mal », c’est qu’à chaque fois qu’on entrouvre les paupières, le plafond nous happe, littéralement. Il est à chaque heure différent, couvert de constellations qui font leur cinéma permanent côté cour et côté jardin ; le spectacle de la voie lactée est saisissant. Comme le disait l’autre jour un camarade de jeu de ces randonnées et souvent lui aussi voisin de chambre à coucher sous tente, d’abris sous roche ou sous la voûte étoilée : « la montagne est grande, et tu es bien petit ». C’est sur cette banale philosophie que je sommeille à moitié, « mangé » par l’immensité de l’univers, le cirque à mes pieds. En tendant les orteils, je pourrais le toucher… 

T’as vu la vierge ? Oui, j’ai même dormi à ses pieds…

« Rien ne s’oppose à la nuit » chantait Baschung, sauf quand elle accouche du jour. Impossible de le manquer, ce point où tout bascule : le froid se fait plus vif, d’abord insidieusement, puis de manière plus franche. Il faut remonter le duvet par-dessus les épaules, puis clore complètement la fermeture éclaire. Il est cinq heures, Paris s’éveille mais la ville et son grouillement frénétique sont si loin. À six heures certaines étoiles disparaissent, la voie lactée n’est plus qu’un fantôme évanouie. C’est le moment qu’il ne faut pas rater, cet entre loup et chien où il est impossible de savoir avec exactitude si c’est le jour qui vient où la nuit qui revient… Là bas, au loin et pourtant toute proche, la paroi commence à sortir du noir. Des nuances de gris réapparaissent. On se lève péniblement, mais mue quand même par le désir de jouir du spectacle qui s’offre désormais à nous. À l’ouest, les crêtes les plus éloignées du levant se teintent de rose, puis d’oranger : c’est le mouvement inverse de la nuit commencée quelques heures plus tôt seulement. Seul le souffle gazéifié du réchaud fend le silence et le café brûlant est le bienvenu. Il faut boire le matin, et partir. Quelques minutes plus tard, « équipés-bottés » nous attaquerons l’ascension de la Munia par son couloir nord, la dalle Passet, le « pas du chat » et la crête qui n’en finit plus.
 

Pour cela, nous quittons la compagnie de la vierge – qui l’était toujours après la nuit, notez bien – et c’est désormais aux « deux sœurs » qu’il faut orienter notre boussole, ces deux canines inversées à mi pente qui signalent le couloir caché au nord, prenant directement vers le sud-ouest en épingle à cheveux, où il est hautement probable que la neige nous attend…

- Couloir - (au fond : "les deux soeurs")

- Couloir - (au fond : "les deux soeurs")

- Autoportrait de l'auteur en béret -

- Autoportrait de l'auteur en béret -

- Perspective -

- Perspective -

- Le battement d'aile d'un papillon -

- Le battement d'aile d'un papillon -

T’as vu la vierge ? Oui, j’ai même dormi à ses pieds…
T’as vu la vierge ? Oui, j’ai même dormi à ses pieds…
T’as vu la vierge ? Oui, j’ai même dormi à ses pieds…

(c) FS 6 août 2018. Nikon D300. 10-24 mm.

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L’automne : la saison des peaux mortes

3 Novembre 2017 , Rédigé par F.S Publié dans #montagne

- Nature morte -

- Nature morte -

Celles qu’on laisse derrière soi comme on vide un vieux cendrier, comme on jette un vêtement trop longtemps porté et dont on s’était mille fois promis de s’en débarrasser. Beaucoup disent que l’automne est leur saison préférée, alors qu’ils ne supportent pas, en temps normal, la mélancolie. Elle est inhérente à la l’automne, comme une sœur jumelle. La lumière rasante, les feuilles mortes que l’on piétine alors qu’elles ont passé l’été à nous faire de l’ombre en nous rafraîchissant, les brumes électriques matinales et la chute parfois brutale des températures : tout cela ne signe-t-il pas « le petit bonheur d’être triste » selon la définition d’Hugo ?
 

Ici, l’herbe jaunit comme d’anciennes photos trop longtemps exposées. La montagne se vide et même les vautours semblent préparer leurs valises. L’Homme s’y fait plus rare, bien que les plus âgés viennent, une dernière fois avant l’hiver, réchauffer leur arthrose sans savoir s’ils reverront le printemps. Pour meubler le silence sépulcral des roches sans vent – qui leur fait peut-être penser à celui des cimetières où ils reposeront bientôt – ils parlent, parlent, parlent à en déchirer l’azur, et nos oreilles.
 

Le pic dressé en face nous regarde, et son doigt montre le ciel ; mieux : il le touche. En bas le lac où nous nous baignâmes quelques semaines auparavant, par une belle soirée d’été. À perte de vue les Pyrénées s’étendent, lascives, belles endormies d’une sensualité rêveuse à réveiller les morts. D’Aspe en Bigorre en passant par l’Ossau, son corps étendu à demi nu reflète le désir de se laisser admirer avant que d’être recouvert de neige, comme un linceul de soie et l’on se dit qu’on est bien mieux ici que n’importe où ailleurs. C’est une habitude que certains prennent encore – depuis le temps ! – pour une lubie. Une lubie de 25 ans est une maladie chronique.  
 

« Montagne : redressement productif de la plaine », écrit Tesson (Sylvain, encore lui !) dans un aphorisme dont il a le secret (« Aphorisme : faire pardonner par la brièveté de sa formulation l’inconsistance d’un propos »). En plein dans le mille.

L’automne : la saison des peaux mortes
L’automne : la saison des peaux mortes
L’automne : la saison des peaux mortes
- Hourquette d'Arre -

- Hourquette d'Arre -

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Cirque glace

19 Août 2017 , Rédigé par F.S Publié dans #montagne

- Gavarnie, émergence du vertical -

- Gavarnie, émergence du vertical -

J’ai souvent l’occasion de le dire et déjà eu l’occasion de l’écrire : le massif Gavarnie - Mont-Perdu – Ordessa exerce sur moi une fascination et une affection qui n’ont d’autre explication que l’extraordinaire beauté d’un site montagnard et géologique exceptionnel. Un coup de foudre a généralement du mal à s’expliquer, et pourtant en ce qui me concerne le début de l’histoire ressembla à tout sauf à ça. Il s’agissait plutôt d’un coup de froid, si j’en juge par cette virée de mi-septembre 1994 avec deux amis qui aurait pu très mal finir. Partis de Gèdre « pour faire le Mont Perdu » (sic), tout allait bien dans le Cirque d’Estaubé jusqu’au refuge de Tuquerouye, à 2666 mètres d’altitude, dominant un couloir nord d’éboulis que l’on pourrait qualifier de tous les noms d’oiseaux possibles, et battus par les vents pratiquement toute l’année. Ni l’aspect dépotoir du refuge à cette époque-là (il ne sera complètement refait que cinq ans plus tard) ni la neige qui tomba dans la nuit n’arrêtèrent les intrépides randonneurs amateurs que nous étions. Au réveil – avions-nous réellement dormis, transis de froid sur la terre battue le long des murs suintant l’humidité ? - cinq centimètres de neige fraîche au sol, mais tempête de ciel bleu : on y va les gars ! Avec nos déguisements de scouts (deux pulls de laine superposés et bermudas en velours), mal chaussés (des rangers de l’armée), nous avons pris ce que nous pensions la direction du « Perdu ». Et nous nous sommes « égarés » au col des Astazous (que nous ne connaissions pas), finissant, après une ultime averse de neige car le temps s’était bien couvert, par faire demi-tour, repasser la brèche de Tuquerouye, et descendre jusqu’à la cabane d’Estaubé prendre 12 heures de repos non-stop avant le petit-déjeuner suivant. Repassant la Hourquette d’Alans, nous avons piteusement fini au camping dit de la Bergerie à Gavarnie, face au Cirque, sirotant quelques verres de liqueur basque Izarra pour se réchauffer.

- Troumouse -

- Troumouse -

A quoi pensais-je à ce moment-là, mis à part le rêve d’un bon lit chaud avec des draps secs ? Je l’ignorerais, sauf à omettre que ce jour-là, en voyant cette muraille impressionnante semblant sortir de terre par je ne sais qu’elle action d’un géant maçon, quelque chose s’est imprimé durablement à la fois dans la prunelle de mes yeux, et dans mon esprit. J’avais échoué – avec mes vieux camarades scouts – à conquérir le Mont Perdu, mais inconsciemment je me promettais de revenir ici voir « ça », de plus près, et d’en haut.  
Il m’a fallu cinq ans avant de concrétiser ce rêve de revoir le cirque, d’en faire le tour, de franchir la célèbre brèche de Roland, de mettre le « Perdu » sous mes pieds, de repasser la brèche de Tuquerouye puis de rentrer triomphalement à Gavarnie en mettant le Piméné dans le sac au passage. Le 11 août 1999, au moment de l’éclipse totale du soleil (un signe, mais lequel ?), avec un autre camarade de promo nous franchissions en grelottant la brèche de Roland après être monté le long du vallon de Pouy Aspé puis le refuge des Sarradets. Le 12 août, nous étions au sommet du Perdu, pas perdu pour tout le monde... Nous n’y vîmes pas grand-chose – il était ce jour-là coiffé de son nuage habituel – mais pour autant je savourais ma revanche en quelque sorte sur le sort qui aurait pu me faire disparaître, mes compagnons et moi-même, cinq ans plus tôt. Entre temps, je fus initié sur les pentes de l’Ossau, en août 1997, puis l’année suivante par quelques marches humides et fraîches en Ariège.

Cirque glace

Cette montagne, ce site de Gavarnie – Mont Perdu – Ordessa, se conquiert année après année, pas après pas, mètre après mètre. Quand je vois aujourd’hui les nombreux trailers courir sur ces pentes je me dis qu’ils ratent quelque chose de ce rite initiatique que seule la marche peut apporter. D’abord hésitant – comment le serait-on pas face à l’imposante muraille qui n’offre en apparence que peu de prises ou de passages pour la franchir ? – puis prenant de l’assurance au fil des conquêtes en solitaire ou flanqué de mon fidèle compagnon de marche – j’ai surtout appris à l’aimer. Car ce site, malgré sa rudesse, son âpreté, ses difficultés, ne s’offre pas « comme ça » au premier venu qui se frotte à ces pentes et ses cimes. Il faut être initié. Mieux : invité. Et je crois qu’on en profite doublement quand on apprend aussi à lire le formidable livre de d’histoire et de géologie ouvert sous nos yeux (1).

Cirque glace

La fonte des glaciers, qui a démarrée entre 16.000 et 20.000 ans, a poursuivi la formation des vallées telles que nous les connaissons désormais. Dans les Cirques de Gavarnie, d’Estaubé, de Troumouse, cette fonte a donné le résultat spectaculaire que nous voyons aujourd’hui. Le plus imposant d’entre eux, Troumouse, fait 11 kilomètres de long, en arc de cercle quasi parfait. Vue de loin, la muraille semble infranchissable, mais de nombreuses « failles » ou, comme le dit l’écrivain italien Erri de Lucas, « d’indulgences de la nature ». Echelles de Sarradets, Rochers blancs et Brèche de Roland à Gavarnie. Brèche de Tuquerouye et Port Neuf de Pinède dans le Cirque d’Estaubé. Passage dans un couloir très raide entre deux murs près des « Deux sœurs » dans le Cirque de Troumouse (entre autres passages). La plupart se méritent au prix d’efforts conséquents, réservant parfois de belles surprises, et de belles rencontres, parfois « au sommet » !

Cirque glace

La comparaison récente de photos de ce qui reste des glaciers, au Vignemale, au Mont Perdu ou à l’Aneto par exemples, montrent que cette fonte n’est pas terminée, mais qu’elle s’accélère à grande vitesse. La couverture neigeuse hivernale, hélas de moins en moins épaisse du fait des faibles chutes de neige, parfois trop tardives pour espérer tenir aux températures estivales y compris en très haute altitude, ne peut espérer tenir face aux assauts du soleil d’été. Entendons-nous bien : je n’ai rien contre le soleil, bien au contraire, celui-ci permet de belles courses et de beaux sommets en toute quiétude, et quand il disparaît il laisse place à ces nuits drapées d’étoiles où on hésite parfois à fermer les yeux tant le spectacle est superbe.

Cirque glace

Cependant, en voyant et en entendant le goutte à goutte de la fonte de ce petit glacier au fond du cirque de Gavarnie ce 15 août au matin, humidifié par la grande cascade chutant de 400 mètres, au raz de la muraille, il était difficile de ne pas penser à l’inexorable fin d’un monde – celle des glaces qui ont creusé ces sites merveilleux – annonciateur, qui sait, de la fin du monde vivable pour nous, petits terriens perdus dans cette immensité de roches, de murailles, de pics et de pointes. Un monde hostile aux odeurs de roches humides, de vieille neige un peu rance, d’eau glacée ruisselante sur les parois, que le vent tournoyant dans le cirque nous amène par effluves régulières. La sueur de la roche ; l'haleine des Pyrénées. Un monde hostile et rude, taillé pour lui-même, dans lequel l’homme, pour exister, doit se frayer son propre chemin, acceptant sa propre finitude. 

Cirque glace
(1) Depuis 500 millions d’années l’érosion du temps et la tectonique des plaques forment, déforment puis reforment le massif de Gavarnie - Mont Perdu. La formation d’une première chaîne montagneuse, beaucoup plus haute que l’actuelle, s’est produite à la faveur d’une compression de la chaîne hercynienne. En « seulement » quelques dizaines de millions d’années, cette chaîne s’est érodée, puis de nouveau recouverte par des mers peu profondes, entre moins 250 et moins 100 millions d’années. Une nouvelle couche de sédiments se dépose sur l’ancienne. Puis intervient une deuxième poussée de la plaque africaine vers la plaque ibérique du sud vers le nord provoquant l’empilement des terrains anciens qui soulevèrent les sédiments récents, repoussant les mers vers le sud. Dans certains endroits, le plissement des couches anciennes sur les couches récentes a créé ce que les géologues  appellent une « nappe de charriage », un peu comme si on passait un couteau sur une plaquette de beurre pour en faire de petits escargots. Ceci se passe entre -45 et -35 millions d’années. La couche sédimentaire a été prise en sandwich entre deux couches anciennes, notamment donc dans l’exceptionnel site de « Gavarnie – Mont Perdu ». À -35 millions d’années, les Pyrénées telles que nous les connaissons aujourd’hui sont formées. Le climat y est chaud et humide, jusqu’aux environs de -200.000 ans, où commence une période de glaciation, qui va durer jusqu’aux environs de -20.000 -16.000 ans, où commence le dégagement des vallées par les glaciers. Ils étaient d’une surface très importante : environ 300 km de long et commençaient à environ 700 m d’altitude.

 

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Le premier homme

16 Août 2017 , Rédigé par F.S Publié dans #montagne

"L'homme n'est que poussière. C'est dire l'importance du plumeau".

Alexandre Vialatte.

- Perdu de vue -

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"Certains hommes espéraient entrer dans l'Histoire. Nous étions quelques uns à préférer disparaître dans la géographie".

Sylvain Tesson, Les Chemins noirs.

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(à suivre...)

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