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Le jour, d'après...
Fred Sabourin

Carnets, photos, récits, poèmes, voyages
critiques cinéma, coups de torchons,
éditos, culture, soliloques en tous genres...
"Fais de l'obstacle la matière
même de ton action"
(Marc Aurèle)
… voir les musiciens, voir les magiciens qui arrivent. Ils ont déboulés en petites grappes, fendant la foule. Le spectacle commençaient déjà, s’interpellant les uns, les autres, devant les
badauds qui badaient, entre la poire et le fromage au sens propre car il s’agissait d’un happening gastronomique populaire en pleine rue (la "fête du ventre", ça ne s'invente pas). Ca tombait
bien, cette semaine nous avions vécu la journée mondiale du refus de la misère, et celle de lutte contre la faim. Bon.
Le prodigieux spectacle de la rue s’est mis en place, un drap, un faux projecteur, des visages blancs, des costumes années trente : on allait nous faire du cinéma.
« Approchez ! approchez ! Mesdames et messieurs, dans un instant, ça va commencer ! ».
Puis vinrent « Drôle de drame », « Marius »…
« Sur l’écran noir de mes nuits blanches, moi je te fais du cinéma, sans pognon et sans caméra, Bardot peut partir en vacances, ma vedette c’est toujours toi » chantait le
poète.
L’espace d’un instant, c’était Jouvet, Simon, Raimu, Pierre Fresnay.
L’espace d’un instant, c’était bon de voir les comédiens, les musiciens, les magiciens.
Ils arrivent.