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Le jour. D'après fred sabourin

" De la progressivité dans la pratique "

20 Mars 2015 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #Presse book

 

Trail urbain Blois 2

                                   - Photo F.S -


Fabrice Renard, 41 ans, est président de l’association GTB, Génération Trail Blois, et coureur confirmé. Il donne des explications sur l’engouement actuel pour les courses natures, et insiste sur la progression de ceux qui voudraient s’y mettre.

F.S : Pourquoi cet engouement pour le trail depuis quelques années ?


Fabrice Renard : C’est le retour à la course nature, les courses sur route deviennent, pour certains coureurs, rébarbatives. Avec le trail, peu importe le temps que je vais mettre, l’essentiel est d’y arriver. Ça suit l’envie de retour au naturel.

F.S : Les longs trails sont les plus médiatisés, pourtant ils ont l’air insurmontables pour le commun des mortels…


F.R : C’est certain que les ultra-trails (courses de plus de 100 km) sont les plus durs. Tout rentre en jeu : la météo, la nourriture (les participants sont en semi-autonomie), la distance est longue. L’aspect psychologique va également être très déterminant, autant que le physique.

F.S : Un trail " raisonnable ", c’est combien de kilomètres ?


F.R : Il y a désormais plusieurs catégories : la course nature, jusqu’à 30 km environ. Le trail dont la distance s’approche de celle d’un marathon (42,195 km, Ndlr). Et l’ultra-trail, des courses de 100 km et plus. Chacun peut trouver sa distance.

F.S : Ce n’est pas ce qu’autrefois on appelait le cross ? Des coureurs dans les bois couverts de boue ?


F.R : Il y a de ça, mais la distance cross est plus courte, en moyenne 10-15 km.

F.S : Entrons dans le dur : courir aussi longtemps avec des dénivelés aussi forts, ça fait mal au bout d’un moment. Comment gère-t-on cette douleur ?


F.R : La notion de douleur et la résistance qui va avec est propre à chacun. Au fur et à mesure des années de pratique, cette résistance augmente. Mais il est fondamental d’avoir une préparation multi-axes : physique, psychologique, alimentaire. Il faut se mettre en situation. Courir un trail, c’est une petite aventure, on va parfois chercher très loin dans le physique et le psychologique. Ce qu’il faut aussi retenir, c’est qu’un trail est un gros concentré d’émotions et de solidarité entre coureurs.

F.S : Vous-mêmes, comment êtes-vous venu au trail ?


F.R : Il y a une dizaine d’années environ, c’est venu naturellement. J’ai couru l’Ardéchois, un trail de 100 km. Le trail des Hospitaliers aussi (dans les Cévennes, 76 km). Le Trail du bout du monde en Bretagne, le trail de Belle-Île qui a lieu tous les deux ans. Ce qui plait aussi dans ces courses, c’est qu’on peut les faire entre copains, on peut emmener la famille, c’est l’occasion d’un petit voyage dans de belles régions.

F.S : Qu’allez-vous chercher là dedans, au fond ?


F.R : Je pars avec le sentiment de faire un joli voyage, il va y avoir des senteurs, de belles vues, beaucoup d’impressions, un beau voyage pour les yeux et le physique. Et si possible, j’aime bien le partager avec des copains. Tout cela est possible à condition d’avoir fait un entraînement sérieux car il est nécessaire de garder son intégrité physique.

F.S : Justement, que pensez-vous des gens qui disent avoir parfois des hallucinations en course, surtout les longs trails où la nuit fait partie de la course ?


F.R : On ne peut pas aller au-delà du raisonnable, si on manque de lucidité c’est ce qui peut arriver et c’est dommage, ça peut être dangereux pour le corps. Ça reste un sport, ça doit rester du plaisir. J’ai personnellement déjà eu des blessures à la suite de courses, mais jamais pendant, j’essaie de toujours garder une marge. Ce que les gens doivent bien retenir, c’est la nécessité de progressivité dans la pratique. C’est important d’avoir du vécu avant d’aller se frotter à des longs trails. On n’est pas tous bons pour faire des 160 km. Mais le panel est suffisamment large pour que chacun trouve chaussure à son pied, c’est le cas de dire.

www.generationtrailblois.fr L’association Génération Trail Blois (GTB) regroupe une soixantaine de membre, plus d’hommes que de femmes mais l’écart se rétrécie. Elle organise notamment le trail urbain de Blois (le 6 septembre), avec deux distances possibles : 12 et 20 km. Nouveauté 2015 : un 5 km sera possible. Une mini course famille pour les enfants aussi.

 

Trail urbain Blois

                                                      - Photo : F.S -

 

Article paru dans La Renaissance du Loir-et-Cher 20/03/2015

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