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Le jour. D'après fred sabourin
Articles récents

Dépendaison de crémaillère

10 Février 2012 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #étonnement

 

 

 

 


L’année dernière, j’ai narré ici même un Un déjeuner sur l'herbe  , à la préfecture du département où je vis et travaille. Cette année, le préfet a réinvité la presse à déjeuner. Il y avait deux raisons valables pour ne pas rater ça : je voulais savoir si les places autour de la table allaient être redistribuées. Et vingt quatre heures avant, nous avons appris – en même temps que l’intéressé lui-même – qu’il était nommé ailleurs très prochainement, dans un placard (le Conseil supérieur de l’administration territoriale, une sorte d’organe de contrôle du ministère de l’Intérieur sur l’action des préfets et sous-préfets, faire du conseil et des audits). Il sera remplacé par l’actuel directeur de cabinet de Madame la ministre de la Santé et de la Cohésion sociale (une certaine Roselyne B.). Le vol des hauts fonctionnaires vers des aires de nidification plus clémentes à l’approche du printemps électoral a commencé, depuis plusieurs mois déjà, et le vol de ces oiseaux migrateurs est loin d’être terminé.
 

J’ajoute en chemin une troisième bonne raison : j’avais envie de voir où je serai placé par rapport à Madame le sous-préfet, dont j’ai déjà vanté ici le charme discret mais efficace des fonctionnaires d’État perdus dans la cambrousse provinciale du Vendômois.

 

 

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En arrivant, par le petit chemin déneigé de la cour de la préfecture recouverte d’un blanc manteau d’hiver (séquence poésie mais ce ne sont hélas pas des alexandrins), nous étions quelques uns à nous demander comment notre hôte allait prendre la chose. Débarrassés de nos oripeaux de la banquise, nous avons vite été rassurés, si l’on peut dire. Il le prend mal. Pour tout dire, assez mal. Mais comme c’est un fidèle serviteur de l’État (loué soit-il), il n’en montre rien, ou si peu. Il sait, car c’est le devoir des soutiers du corps préfectoral, qu’il tient autant du parachutiste pouvant du jour au lendemain faire ses cartons que de l’inamovible bourgeois gentilhomme de province. Personnellement, je ne vois pas pourquoi je pleurerais sur l’affaire. Le serveur me propose un whisky (il commence à me connaître) que j’accepte avec plaisir. Sur ce, je taille une bavette avec le Secrétaire général, précédemment en poste à Oloron-Sainte-Marie dans le Béarn, à une portée de canon de la vallée d’Ossau. D’un coup, on s’éloigne du sujet du jour lui et moi, à grands coups de paysages, de bérets béarnais et basques (pas pareil), de fromage de la vallée (échange d’adresses), de brebis égarées dans les estives, et de « Jean-Pierre », là bas, au loin, du haut de ses 2884 mètres. Le temps passe vite, et je suis à sec de whisky. Ce n’est pas grave, on passe à table, dit la maîtresse de maison, en l’occurrence le préfet lui-même.

 

 

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                                              - Cette année -  

 

 

Sur le petit carton reçu en arrivant, j’avais vu au petit trait rouge matérialisant ma place que j’avais pris du galon depuis l’année dernière : j’allais être à gauche du préfet. Allusion politique ? Je ne pense pas, sa voisine de droite, directrice départementale d’un quotidien local radical-socialiste, l’est sans doute bien plus que moi. En m’asseyant, je repense au mot gauche en italien, qui se dit sinistra, en référence aux malheurs qui arrivent toujours du côté opposé de la droite de Dieu. A ma « sinistra » à moi, il y a la directrice de cabinet du préfet. En face de moi, légèrement sur ma gauche (mais si peu), il y a… Madame le sous-préfet. Elle semble s’ennuyer, déjà. J’en aurai confirmation une heure plus tard, à la fin du repas, lorsque je me rendis compte que je n’avais entendu le son de sa voix que deux fois : lorsqu’elle me dit bonjour, et pour dire « merci » au serveur qui lui proposait une panière de fruits en lieu et place des crêpes au chocolat que nous avions, nous. Était-ce déjà les prémices de sa future nomination – punition ? Ou plus sûrement, vu sa taille fine, une coquetterie de femme habitué à bâfrer sous les ors de la République. Et donc à faire gaffe.  

 

 

 

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Le déjeuner se passe. On parle de tout, de rien, le préfet s’enquiert de la santé de la presse écrite, de celle de la presse radiophonique, de la télévision (absente, comme d’ailleurs du paysage médiatique local, aussi on les casse un peu). Le vieux chouffe à barbe poivre et sel soliloque ses vieilles histoires de correspondant AFP, on évoque qu’à demi-mots la présidentielle future (on ne va pas parler de corde dans la maison d’un pendu !). Un peu plus disserte sur les vœux à la presse de Monsieur le Président de la République, ce qui me donne l’occasion de constater que certains(nes) autour de la table n’y étaient pas, et auraient visiblement aimés en être. On a les satisfactions que l’on peut.
 

 

À un moment, 14 heures approchants, le préfet change brusquement de conversation et parle du redoux qui est annoncé. C’est l’heure du bulletin météo, servi avec le café et les petits chocolats. Après les crêpes, je prends, comme ma convive en face de moi qui se retient de bâiller, une clémentine, que je m’évertue à éplucher avec couteau et fourchette, mais comme c’est chiant j’y mets les doigts (dans le fruit, je précise). Je n’écoute plus rien que sa solitude trop visible pour ne pas être entendue. Elle semble perdue et fatiguée, absente, muette, sur le point de basculer de sa chaise si un texto ne la retenait pas (je la vois pianoter sous la nappe). D’un coup je me rappelle que mon téléphone est dans ma poche, en mode vibreur, et que si jamais il se met à vibrer, peut-être que…
 

 

Je sors de ma torpeur admirative de l’ennui sous-préfectorale lorsque la convive à la droite du représentant de l’État se lance dans séance de flatterie préfectorale fulgurante, et « merci monsieur le préfet pour ces excellentes relations que nous avons eu, et gna gna gna, » repris en seconde main par le directeur d’une radio locale musicale et d’information. Du pur lèche botte mâtiné de lèche vitrine en passant par du lèche au bas du dos sous la chemise… J’en suis baba, sans rhum. Le serveur repasse avec du café. « Oui, s’il vous plaît, merci. »
 

Notre hôte, pas dupe, est content quand même. Tout le monde est content (sauf une). Et moi aussi car je sais que j’ai de la matière pour un petit billet.
En sortant, après nous être chaudement rhabillés, je salue celle dont l’ennuie confine à l’œuvre d’art, d’un bien meilleur goût que les tableaux de batailles épiques d’époque Second Empire qui ornent les murs de la préfecture. Elle décroche un sourire, enfin. Dehors le soleil brille aussi.

 

 

Au café d’à côté, où nous nous retrouvons avec quatre journalistes du cru pour un café débriefing, le vieux chouffe qui connaît tout le monde dans le département me glisse à l’oreille qu’il a demandé au sous-préfet si elle était sur le départ elle aussi. Elle lui aurait répondu (mais quel crédit puis-je accorder à ces propos, tant ils semblent incroyables ?) : « Et bien quoi ? Vous attendez peut-être que je sois tondue ? »
Ah, ça non alors. Ça serait vraiment dommage, Madame, qu’un si beau tempérament finisse de la sorte.
 

Le ciel vous tienne en joie (comme dirait l’autre).

 

 

 

 

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                                                             - L'année dernière -

 

 

 

 

 

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Brrrrr....!

9 Février 2012 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #regarde-la ma ville

 

 

 

 

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Putaing cong ça meule... Demain on traverse ?

 

 

 

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(c) Fred Sabourin. 9 février 2012. Blois, Loir-et-Cher.

 

 

 

 

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Elysez-moi...

1 Février 2012 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #l'évènement

 

 

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Un vieux couple. Je t’aime moi non plus. Ne me quitte pas. Johnny fais-moi mal.

 

Quatre chansons françaises pour résumer le one man show du petit Nicolas face à la presse, le dernier jour du mois de janvier 2012. La question était : y aller ou pas ? Pour l’auteur de ces lignes, comme pour le résident de l’Elysée. Ce dernier, crispé, l’a dit en ouverture de cet inattendu rendez-vous avec la presse enchaînée. Pour ma part, j’avais tranché : si le bonhomme me sort par les yeux, le nez, les oreilles et les pores de la peau, un coquetel à l’Elysée, je ne pouvais pas rater ça. J’y suis allé, j’ai vu, et j’en suis revenu (difficilement, mais ça c’est pour la fin).

 

Le prince a soufflé le chaud et le froid, comparé ses relations avec la presse avec celles d’un vieux couple, envoyé des piques (mais pas de crocs) à ceux qui l’ont d’abord adoré, puis lâché, puis lynché. Il a eu aussi de l’humour – politesse du désespoir ? – notamment : « Quand on met des sentiments dans des rapports professionnels comme nous avons, on se trompe. Quand on y met du professionnalisme, on s’apaise. On découvre que la seule façon de progresser, c’est d’être critiqué. Et là, franchement, merci. » Ben y a pas de quoi coco, sauf que finalement tu restes en dessous des progrès attendus au vu de la critique.

 

Nous sommes en sommes un vieux couple
 

Quelqu’un m’aurait dit ça avant de venir, je n’aurais pas osé le croire. Même avec Carla, je n’aurais pas osé l’imaginer (pas mon genre). « Je ne détecte dans notre couple aucun des stigmates annonciateurs d’un divorce. Vous les connaissez : d’abord la lassitude. Franchement, je ne détecte pas de lassitude. Ensuite votre exigence. Je vous remercie. Avec moi, vous ne renoncez pas. » Même s’il sent que l’herbe commence à être plus verte ailleurs : « Je voix bien vos tentatives pour me remplacer, pour essayer autre chose, pour espérer ailleurs. Jusqu’à présent vous êtes toujours revenus. » Allons-nous recevoir un texto du même type que celui de Cécilia fin 2007 ? « Si tu reviens, j’annule tout. »

 

Humiliation ?
 

Comme les trois cents cartes de presse présentes n’avaient droit ni à la parole, ni aux photos avec leurs outils de travail habituels – signe d’un pays libre où la presse est libre : pour preuve la présence au premier rang de Serge Dassault et Etienne Mougeotte - le monologue ironique a parfois tourné au cynisme. A l’humiliation aigre-douce aussi, du genre : « ne me quittez pas, sans moi vous allez vous emmerder, » et « je vous tiens par les cou… vous qui léchez mes bottes. » Citons l’œuvre du petit écolier : « Je ne le dirai pas car ça a un côté humiliant, (mais le dit quand même) l’Etat a donné « 580 millions d’euros d’aides supplémentaires, » (pour la presse écrite, NDLR). « La France est un pays où la presse est tellement libre qu’elle n’est pas obligée d’être impartiale. Imaginez un monde où la presse ne se tromperait pas, où ses pronostics ne seraient pas déjoués… » On imagine mal, en effet.

 

Tout flatteur…
 

On connaît la suite. Et voici la fin : l’omni président flatte son auditoire. « Vous faites un beau métier, un métier irremplaçable. » « Vous êtes chanceux. » « Vos familles doivent souffrir parfois. Mais à la différence de moi, on n’en parle pas. » « Je crois qu’on est à l’aube d’une nouvelle reconnaissance du métier de journaliste. » Et de président ?
 

En cinq ans, il n’aura donné que quatre conférences de presse, dont une mémorable, en janvier 2008, devant six cents journalistes. La seule réelle, avec des vrais morceaux de questions dedans. Il s’y était lâché : « Carla et moi, c’est du sérieux. » Comme le dit une consœur : « Voilà au moins une promesse tenue. »

 

 

 

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                                              - T'es tout flou ! -

 


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L’ambiance.

 

  

Pour le petit journaliste local et provincial que je suis, ce genre de rendez-vous tient à la fois du calvaire et du rêve de princesse. Le calvaire de sentir, très vite, que le temps serait trop court pour goûter à tous les ors du Palais du monarque, des têtes croisées, et des petits fours à tuer sa mère disposés sur le buffet de vingt-cinq mètres de long, en forme de L. Ce qui, stratégiquement, m’a permis de l’attaquer sur plusieurs angles, sans que cela ne se voit (trop). Et de rapporter une « prise de guerre, » au péril de ma vie.  
 

 

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                                         - Prise de guerre -

 


Quatre coupes de champagne Taittinger plus tard, la griserie du pouvoir – déjà ! – me rendit étourdi au point d’oublier d’aller visiter les gogues de l’Elysée. Dommage, pisser là doit revêtir un plaisir particulier (chacun y mettra ce qu’il veut).
Alzheimer, c’est aussi ce que je me suis dit en voyant les vieux sortis de leurs maisons mais pas de retraite, comme Duhamel ou Elkabbach par exemple.
Aussi peu surprenant que cela puisse paraître, l’adage qui aime bien châtie bien fonctionne encore, puisqu’au sortir des vœux eux-mêmes, une cour se pressa autour du petit Nicolas, pour obtenir un commentaire. Je pensais à ce moment-là à la tirade des « non, merci » de Cyrano.
 

Comme j’essayais de le viser avec mon téléphone à bout de bras, un quidam à côté de moi – et qui essayait de faire de même – me glisse « qu’il faudrait qu’untel se pousse pour qu’on puisse faire une photo. » Je lui dis qu’il faudrait surtout que Chirac revienne, c’était du bonheur pour les photographes vu sa taille.

 

 

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                                            - Mêlée à dix mètres des poteaux -

 

 

Comme Cendrillon, notre carrosse de fer et d’électricité nucléaire nous attendait à la gare d’Austerlitz, il fallu déjà récupérer son manteau au vestiaire, descendre le perron non sans avoir fait une ultime photo souvenir (quitte à passer pour un bouseux, autant boire le calice jusqu’à la lie). Satisfait d’avoir pu dire à Hubert Huertas, de France Cul, tout le bien qu’on pense de lui. Arrivés à la dite gare dans le dit train, nous apprenons qu’à la suite d’une panne de motrice, etc. etc. Les quinze minutes de retard annoncées se sont transformées en cinquante-cinq. Et après ça, on voudrait que les journalistes parlent des trains qui arrivent à l’heure !
 

Dans le wagon où je pris place, un peu sonné par le froid et surtout par l’auto-célébration à laquelle je venais d’assister, trois Africains originaires de Côte d’Ivoire devisaient sur les malheurs de la Esse Haine C’est Effe. Puis – allez savoir pourquoi et comment ? – la discussion dérape sur… Sarkozy ! Après plusieurs costumes taillés sur mesure au sujet de ses mesures prises tout au long de son quinquennat jusqu’à dimanche dernier, l’un d’eux – le plus âgé – a eu cette fulgurance : « Faut vraiment être cons pour avoir voté pour un gars pareil ! »
 

Je laisse à ce vieil Africain, dont on dit qu’ils sont des bibliothèques, le mot de la fin.

 

 

 

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                                                             - My cottage -

 

 

 

 

(c) F.S. 31 janvier 2012. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existés est tout sauf une coïncidence.

 

Un autre regard intéressant sur les coulisses de l'exploit : Sylvain Lapoix   http://owni.fr/2012/02/01/presse-elysee-sarkozy-voeux/ , sur le site www.owni.fr  

 

 

 

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Pantin (Zone, session 3)

27 Janvier 2012 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #concept

 

 

 

 

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                                                     - Godasses -

 

 

 

 

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                                                      - Ligne de fuite -

 

 

 

 

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                                                           - Trait d'union -

 

 

 

 

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                                                     - Ici ou là -

     

 

(c) Pantin, Porte d'Aubervilliers, Canal de l'Ourcq. Janvier 2012.

 

 

 

 

 

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Monsieur le Président, je vous fais une lettre...

26 Janvier 2012 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #étonnement

 

 

 

 

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Cette fois c'est sûr : ce blog est espionné en haut lieu (cf article précédent).

 

Un seul mot d'ordre : rester soi-même.

 

Je pourrai dire qu'aux derniers voeux de Nicolas, "j'y étais" !

 

(merde, faut que je retrouve une cravate...)

 

 

PS : il va sans dire que je vous raconterai ça ici, bande de lascards... Comptez sur moi !)

 

 

 

 

 

 

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C'est pas possible...

24 Janvier 2012 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #étonnement

 

 

 

D'après vous, qui a bien pu dire :

 

 

«En cas d’échec, j’arrête la politique. Oui, c’est une certitude.»

 

«De toute façon, je suis au bout, dans tous les cas, pour la première fois de ma vie, je suis confronté à la fin de ma carrière.»

 

«Vous voulez que j’anime des sections UMP ? Je ne mérite pas ça. Je préfère encore le Carmel. Au Carmel au moins, il y a de l’espérance !»

 

En tout cas, je changerai de vie complètement, vous n’entendrez plus parler de moi!»

 

« Si l’on veut être aimé dans le futur, il faut couper.»

 

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Alors ? Non ? Vous ne voyez pas ?

Vous n'allez jamais le croire : le petit Nicolas ! Le prince de la République, lui-même !

(Dans "Le Monde" daté du 25/01/2012)

 

Dingue, non ? On ose à peine y croire... D'ailleurs on n'y croit pas du tout.

Dommage, parce que le "vous n'entendrez plus parler de moi," c'est drôlement tentant.

Quant à être aimé dans le futur, faut pas exagérer non plus...

Mais "couper", ça oui.

 

Allez, l'espoir fait vivre (y parait).

 

 

 

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L'ordre blanc

23 Janvier 2012 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #émerveillement

 

 

 

 

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  Ça nous changera des fachos…


En rentrant de l’escapade lyonnaise, traversant le Bourbonnais, le givre nous a saisi. Je dis nous, à savoir ma bagnole et moi en fait. D’un coup l’hiver vous tombe dessus, sans prévenir ou presque. Passé Saint-Pourçain-sur-Sioule, givrée : la forêt de Vacheresse, la bien nommée. Givrée : la traversée de la rivière Gratteloup, tout un programme. Givrée : la traversée de Saint-Marcel-en-Murat, son petit cimetière, et son église qui me saute à la gueule, tant est si bien que passé trop vite je dus faire demi tour au carrefour suivant. Givrée : la séance photo dehors, klaxonné par les autos qui fuient ce lieu sans vie apparente. Apparente seulement.
Dire que certains(nes) trouvent l’hiver fade, brumeux, épais, trop blanc délavé et usé, ou trop gris et monotone, vide et sans âme ! Les pauvres… Ils ne savent point regarder.
 

Donnons-leur une seconde chance.

 

 

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(c) Fred Sabourin. 15 janvier 2012. Saint-Marcel-en-Murat, Allier, France.

 

 

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L'ordre noir

16 Janvier 2012 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #cadrage débordement

 

 

 

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Avec les fachos, comme si vous y étiez.

 

Le hasard et la coïncidence ont fait que ce samedi-là, j’étais à Lyon. A la une du journal Le Progrès deux manifestations à haut risque sont annoncées : les jeunesses nationalistes d’une part et les anti-extrême droite d’autre part. Le journal précise, plan de la ville à l’appui, qu’ils auront deux parcours et des horaires très différents, pour éviter qu’ils ne se croisent, et que 350 policiers seront à pied d’œuvre pour éviter tout débordement. Je me tâte. Le mieux serait d’éviter la presqu’île, vu le bordel que ça va être (en plus ce sont les soldes). Mais une irrépressible curiosité me pousse à aller voir du côté des fachos, alerté au printemps par un article du site d’infos Rue 89 sur le renouveau des identitaires et nationalistes de tout poil, principalement actifs dans le quartier Saint-Jean du Vieux Lyon. Ayant habité récemment la cité des gones, je me demande à quoi cela ressemble. Je ne serai pas déçu, s’il m’est permis de m’exprimer ainsi.

 

 

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A 15 heures, je suis place Carnot, près de la gare de Perrache, où est fixé le début de la manif. Il fait froid. Là se rassemblent les sympathisants de la cause nationaliste, sous la bannière « Jeunesses nationalistes. Une mission : combattre. Un devoir : vaincre. L’action sans concession.» Tout un programme… De (très) jeunes hommes – mais aussi quelques rares filles – habillés de noir (blousons de cuir, pantalons à poches, lunettes noires, gants de cuir, chaussures à l’image du reste), crânes rasés pour la plupart, casquettes sombres pour d’autres (pour ne pas être reconnus), certains arborant un tee-shirt, noir lui aussi, frappé d’un aigle les ailes déployées. L’ambiance est silencieuse, presque recueillie. Un service d’ordre, reconnaissable aux casquettes bleues marine et aux brassards oranges, veille. La police est là, les renseignements généraux aussi, les talkies-walkies crachotent des informations concernant l’autre manif, partie de la Guillotière une heure plus tôt et dans le sens inverse. Près d’un banc, une sorte de stand où l’on peut acheter le fameux tee-shirt noir, que les jeunes enfilent par-dessus leurs cuirs sombres, et des croix, blanches. « Pourquoi ces croix ? » demandais-je à l’un de ces nationalistes en tenue de deuil. « Il y en a 78, une pour chaque soldat tué en Afghanistan depuis le début du conflit, cette manifestation est pour leur rendre hommage et demander le retrait des troupes de là bas, où ils n’ont rien à faire. » L’instrumentalisation a déjà commencée. Le discours est bien rôdé, ça sort tout seul. J’essaie d’en interroger un autre qui me renvoie dans mes 22 : « Vous allez déformer mes propos, alors non. » Okay.

 

 

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15h30 précises, le cortège s’élance, drapeaux français et du groupe Occident flottant au vent, banderole en tête de manif : « Afghanistan, honneur à ceux qui sont tombés, honte à ceux qui les ont fait tuer. » Et déjà, les premiers slogans fusent, repris en chœur par les jeunes. Florilège.

 

« Aujourd’hui l’anarchie, demain l’ordre nouveau »
« Afghanistan, plus de sang »
« Europe, jeunesse, révo-lu-tion »
« Bleu, blanc, rouge : la France aux Français »
« Ni droite, ni gauche : nationalistes »
« Nos soldats en France, pas pour la finance »
Et à l’arrivée quartier Saint-Jean, devant la primatiale : « On est chez nous, on est chez nous ! »

 

 

Si vous avez lu jusqu’ici restez encore un peu…

 

 

 

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Le trajet est court, longe à contre courant la Saône par les quais, passant sous l’église Saint-Georges, puis tourne vers le Vieux Lyon pour stopper devant la primatiale Saint-Jean. Sur le trajet, sous haute escorte policière et Cé air esse, les badeaux regardent médusés cet étrange cortège, le visage interrogatif, souvent interdit, stupéfait, et souvent dégoûté. Seul point positif, si je puis dire : le faible nombre de ces combattants de l’ordre noir : environ 250. A leur tête, un conseiller régional exclu du F haine (pour avoir été reconnu sur une photo faisant le salut nazi), d’anciens membres du même parti exclus eux aussi, quelques vieux dignitaires locaux plus dignes du tout.
Arrivés sur le parvis de la primatiale, un riverain a le courage d’ouvrir sa fenêtre et leur crie : « Bleu, blanc rouge, c’est pour ça que vous êtes tous noirs ? Comme la mort ! » Il se fait copieusement huer. Un chien de combat aboie, on n’a pas envie d’aller lui caresser le crâne… 
 

 

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Puis viennent quelques discours, dont celui d'un conseiller municipal de Vénissieux (exclu lui aussi du F haine pour s’être déclaré « antisioniste, antisémite, antijuif ») dont je n’ai pas besoin de décrire le contenu : « Israël, cette verrue qui doit disparaître. » Puis le conseiller régional Rhône-Alpes termine en citant « Le plus grand militaire français, le Maréchal Pétain : Courage, on les aura ! » Les jeunes nationalistes entonnent le chant des Lansquenets (en chantant faux). La dispersion « dans le calme » est demandée.

 

Un membre du service d’ordre à casquette, qui cache son visage derrière la visière, s’approche et me demande pourquoi j’ai pris des photos, si je suis journaliste, pour quel média je travaille et si j’ai une carte de presse. Il tient à la main un parapluie noir dont il manque la poignée, mais pas le bout pointu. Je lui réponds que je suis là depuis le début, que oui, je suis journaliste et que non, je ne lui montrerai pas ma carte, que j’ai pourtant dans ma poche gauche sous ma main. Je lui dis aussi que depuis la place Carnot, lui et ses acolytes ont été photographiés des milliers de fois et pas seulement par des journalistes, les passants ayant brandi leurs téléphones portables pour immortaliser cet après-midi champêtre et pacifique. Il tourne les talons, visiblement peu satisfait de ma réponse, et j’en ai sincèrement rien à foutre. Ni de lui ni des autres d’ailleurs. J’ai la tête qui tourne, et en rentrant je n’espère qu’une chose : que ce soit le froid qui m’ai rendu malade plutôt que cette démonstration minable d’un ordre noir qui n’est pas, hélas, dans les oubliettes de l’histoire…

 

 

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 (c) F.S. Lyon. Janvier 2012

Photos réalisées sans trucages...

 

 

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Zone (2)

11 Janvier 2012 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #concept

 

 

 

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(un projet photographique, suite)


 

Ici, pendant presque quarante ans, se dressait une belle base de loisirs : auberge de jeunesse, piscine en plein air de cinquante mètres, et un camping. Bourgines, à Angoulême, Charente.
Pour beaucoup d’Angoumoisins, Bourgines, c’était d’abord et avant tout une piscine, où on venait passer du temps l’été, à une époque pas si lointaine où les bassins individuels n’avaient pas encore envahit les jardins des pavillons de banlieue ou des maisons chics du centre ville. Beaucoup y apprirent à nager. Certains y ont compté fleurette, sur le béton des dalles irrégulières qui râpaient les pieds ou sur la pelouse, derrière une haie, plus discrète. On y fumait des blondes à dix balles le paquet - des Dunhill bleues, des Craven ‘A’ ou des Benson & Hedges -  en compagnie de jolies brunes dont les tétons pointaient sous le maillot mouillé, en mastiquant des gommes à mâcher à la chlorophylle, pour garder l’haleine fraîche. Les plus audacieux osaient sauter, ou plonger, du haut des cinq mètres de plongeoir qui dominait le rectangle bleu, sous les yeux des belles de jour qui attendaient l’exploit, ou le plat. D’autres enfin scrutaient le fond, cinq mètres plus bas, imitant un certain Jacques Maillol dans Le Grand bleu. Bourgines, c’était une piscine, une époque, des vies.

 

A côté de celle-ci, il y avait le camping municipal du même nom. « Cent quatre vingt emplacements de caravanes, » me dit le vieux que je croise contre toute attente dans ce lieu désormais désert et à l’abandon, en friche, en zone. Je prenais des photos dans ce qu’il reste de sanitaires, aux murs défoncés, tagués, au sol jonché d’immondices et de déjections, de briques et de tuiles, quand j’ai entendu ses pas. J’ai alors pensé à des flics en ronde, ou un squatter qui m’aurait vu rentrer. Me croyant seul, j’avoue, j’ai flippé. Non, c’était un octogénaire, « un des deux derniers propriétaires de petits jardins ouvriers d’à côté, » me dit-il. On a discuté, un peu. Il croyait que je faisais « mon inspection. » Il m’aura pris pour un flic, lui aussi, ou quelqu’un de la mairie, sans doute. Il m’annonce qu’il vient ici « faire son tour, et voir les occupants de la caravane, là bas dans l’fond. » Une caravane ? Oui, et bien planquée, entre les arbres et le reste de végétation surabondant. Des grilles ferment cette sorte d’enclos, fausse propriété privée où des chiens aboient. Il me plait qu’ils soient derrière et que le dit enclos semble hermétique. Pas âme qui vive autre que ces cabots, on sent néanmoins la présence humaine ordinaire de gens hélas ordinaires, qui, exclus de tout, vivent dans ces abris de fortunes, à l’écart, planqués, repoussés, exilés. Deux toiles de tente jouxtent la caravane, je les découvre en faisant le tour par un trou du grillage de l’ancien camping.
 

Des gens vivent là, comme près du parking où j’ai laissé ma bagnole tout à l’heure. Sur une autre caravane, plus visible, dont l’auvent est fait de bric et de broc, de toiles et de palettes, il est écrit le modèle : évasion 400 luxe. D’autres avaient aussi posé leur caravane près du stade, entre noël et nouvel an, mais celle-ci vient de disparaître, seules restent les traces d’une courte organisation de vie dans ce coin en friche, vestiges d’anciens jardins ouvriers. Quand je reviens vers ce parking, un homme et une femme, d’un âge certain, coupent du bois mort humide tombé là. Ils ramassent le tout et le rangent dans un petit chariot à course, modèle pour bourgeoises du plateau de la ville haute, ou de la mémé qui ne peut plus porter de sacs.

 

J’ai décidé de publier ces photos. Ces lieux ont l’air sans vie, sans âme, sans rien. C’est un leurre. Personne ne regarde ces lieux, ou si peu, et c’est bien dommage. Ils rebutent et sont repoussés peu à peu du centre clinquant de nos villes, quelle que soit leur taille. Mais ils existent, ces lieux de rien, ces lieux de friches, ces lieux de zones. Ils se rappellent à nous quand on veut bien les regarder vraiment, en prenant le temps, en ouvrant les yeux, tout simplement.
Et, contre toute attente sans doute, ils témoignent d’une vie qui est encore là, tristement là même parfois. Ils ont une âme, et celle-ci mérite qu’on la mette en pleine lumière.

 

 

 SAB 0930 R

                                                   - Vague terrain -

 

 

 SAB 0941 R

                                                 

 

 

 

SAB 1016 R

                                                       - 50 mètres olympiques -

 

 

 

SAB 1023 R

 

 

 

 

 SAB 0948 R

 

 

 

 

 SAB 0954 R

 

 

 

 

 

SAB 0955 R

                                                               - Réception ? -

 

 

 

 SAB 0957 R

 

 

 

 

 

 SAB 0959 R

 

 

 

 

 SAB 0964 R

                                                  - Douche froide -

 

 

 SAB 0971 R

 

 

 

 

 SAB 0974 R

                                                      - Jeux interdits -

 

 

 

 SAB 0976 R

                                                  - Homo sapiens -

 

 

 

 SAB 0982 R

                                               - Vivre ? -

 

 

 

 

 SAB 0987 R

                                                     - Camouflage -

 

 

 

 SAB 0992 R

 

 

 

 

 

SAB 1001 R

                                                          - Jeux interdits (2) -

 

 

 

 SAB 1004 R

                                                        - Ligne de fuite -

 

 

 

 SAB 1032 R

 

 

 

 

 (c) Fred Sabourin. Janvier 2012, Angoulême.

 

Nikon d300, objectif Tamron 10-24 mm. Focale moyenne : 5 et 9-11.

 

 

 

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Mon beau sapin

8 Janvier 2012 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #concept

 

 

 SAB 1033 R

                                                       - Présumé coupable -

 

 

 

Ça sent le sapin pour le roi des forêts...

 

 

 

SAB 1042 R

                                                       - Sans titre -

 

 

 

SAB 1045 R

                                                - Abonné absent -

 

 

 

 

SAB 1038 R

                                                      - Diabolo-menthe -  

 

 

 

 

SAB 1036 R

                                                    - Mi-temps -

 

 

 

SAB 0937 R

                                                    - Evasion -

 

 

 

(c) Fred Sabourin. Janvier 2012. Angoulême

 

 

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