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Le jour. D'après fred sabourin
Articles récents

Que mon cimetière soit plus marin que le sien

4 Juillet 2011 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #voyage - voyage...

 

 

SAB 7986 R

                                                - Saint-Cirq-Lapopie -

 

 

 

Déférence gardée à messieurs Paul Valéry et Georges Brassens, j’aime visiter un village en commençant par son cimetière. A bien y regarder, on sent beaucoup de la quiétude d’un hameau à la tranquille beauté de ses pierres tombales. S’il faut être fou pour se demander : « est-ce ici que le repos éternel serait le meilleure ? » alors oui, je suis fou. Une personne qui m’accompagne dans cette pérégrination quercynoise n’est pas loin de le penser, quand brusquement je donne des coups de volant à la vue d’une église romane et de son cimetière attenant. C’est bien souvent l’endroit le plus peuplé du village, et à défaut de bistros – souvent inexistant à notre époque hélas – le cimetière est encore le lieu le plus fréquenté. On se surprend même à constater que les morts les plus vieux (drôle d’expression n’est-ce pas ?) sont parfois les plus fleuris. Et de fleurs fraîches avec ça ! Sous cette latitude chaude, finalement assez peu de morts en 2003, la fameuse année de la canicule qui tua soit disant beaucoup de gens. Beaucoup plus victimes des guerres de 14-18 et 39-45 et leurs suites. Une bonne série de jeunes soixantenaires, signe que le crabe étend son influence bien au-delà de l’estran.

D’abord il faut pousser la grille, qui, comme dans un film, grince évidemment. C’est la sonnette pour les morts. Ils sont prévenus que quelqu’un leur rend visite. Puis le regard s’attarde ça et là au gré du marbre gris, parsemé de taches multicolores ou de fers rouillés des croix qui pendouillent au gré des vents de l’éternité. Passent les semaines et passent les années… On cherche des noms, qu’on ne connaît pas bien entendu. Sauf à tomber sur tel ou tel, voire sur le sien (très rare dans cette région). Bredouille, on remarque la prédominance de certaines familles, de leur statut social, et on joue au jeu des prénoms. La République des Jules nous interpelle là, sous le cagna d’un midi de juin, heure où tout est brûlé même le cerveau. L’angélus sonne, l’heure médiane où tout consume même les plus amples convictions : point de paysans à l’horizon pour prier au milieu des champs. Pourtant cette cloche n’est pas sans nous rappeler quelque chose…
Accrochés aux flancs de falaises découpées patiemment par les glaciers millénaires et fondants, ces petits cimetières invitent à la flânerie, quoiqu’on en dise et pense. Et si l’on tendait l’oreille, après que la cloche se tu, on entendrait presque les verres tinter des bistros morts aussi, et les coups de gueule des vielles à leurs maris, et les rires des enfants, et les balles de guerre, et le cri des agonisants.

 

 

SAB 7991 R

                               - Ce toit tranquille où marchent les colombes -

 

 SAB 8118 R

                                         - Ce n'est pas la plage de Sète -

 

 

SAB 8131 R

                                                             - RIP -

 

 

 SAB 8125 R

                                                      - Sans titre -

 

 SAB 8123 R

                                                           - Sans titre -

 

 

 

SAB 8095 R                                       - Bouziès -

 

 SAB 7994 R

                                   - Chambre avec vue -

 

 

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Bourlinguer

18 Juin 2011 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #voyage - voyage...

 

 

Retour ici début juillet. Hasta luego camarades. No passaran !

 

roms2

 

 

 

roms19

 

 

 

PS : ces photos ne sont  - hélas - pas de FS. J'ai oublié le nom de leur auteur. Qu'il accepte mes excuses.

 

 

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Liberté d'écrire

14 Juin 2011 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #concept

 

 

... et droit de réponse. Voici un commentaire reçu suite à cet article : Fatigué ? Non, Épuisay

 

 

Monsieur,

Votre reportage sur Ouzouer le Doyen (les photos) sont très réussies. Par contre vos commentaires le sont moins !

Dire que le Maire est un drôle de personnage, vous ne devez pas bien le connaître...Votre commentaire sur le rapport entre la marianne à gros seins et la secrétaire de mairie est, je juge, à mon sens déplacé !

Voilà quelques commentaires qui me semblaient importants. Votre liberté d'écriture reste la votre, mais attention à la dérive.

 

Cordialement

Yannick MEYNENT

Conseiller Municipal, Ancien Adjoint

 

 

En effet, Monsieur, vous avez parfaitement raison : ma liberté d'écriture reste la mienne. Et le restera.

 

  SAB 7962 R

                                                         - Au delà du fleuve et sous les arbres -

 

 

 

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Être à l’heure, c’est déjà être (un peu) en retard

9 Juin 2011 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #concept

 

 

IMGP1637 R

                                                                     - Sans commentaire -

 

 

 

Parfois on me demande si le métier de localier n’est pas un peu routinier. Entre nous, nous parlons parfois de manière un peu caricaturale – mais c’est tellement bon – d’inauguration de ronds-points et de déviations, de foire aux boudins ou de coupage de ruban pour la nouvelle piste cyclable. C’est vrai qu’à bien y regarder, être grand reporter en petites choses, comme disait un ex-confrère de Saône-et-Loire, peut s’avérer étrange. On sent même parfois un certain désappointement dans le regard de celui à qui vous dites que vous œuvrez pour un hebdomadaire "départemental". Point de rubrique internationale, point d’analystes politiques ou de rubrique culturelle parisiano-centrée. Mais il n’est pas interdit de lire entre les lignes des discours trop policés et mâtinés de communicationite (maladie visant le politique avant, pendant, et après l’élection voire l’érection). Il n’est pas interdit, si on veut s’amuser un brin des situations gênantes, de regarder dans les coins et voir ce qui se passe en coulisse. Là, on n’est jamais déçu.
Lors de la conférence – débat organisée par un cabinet d’accompagnement et d’organisation (un truc qu’on pourrait résumer par l’affreux mot consulting), j’arrive très à l’heure : 17 heures, est-il écrit sur le communiqué de presse. Des participants s’installent peu à peu, arrivant par petites grappes. Le temps passe. Rien ne démarre. Voici que la responsable du cabinet – qui se révèlera ensuite une piètre oratrice – entre dans la petite salle où nous sommes déjà assis sur d’inconfortables fauteuils en plastiques des années 70 en forme de baquets, et déclare « qu’on va encore attendre 5 ou 10 minutes les retardataires. » Il est déjà 17h20. Ça ne commencera donc pas avant 17h30, me dis-je en comptant le retard que j’aurai aussi à la sortie. Finalement, à 17h25, après l’arrivée de deux ou trois retardataires qui ne s'en excusent même pas, la conférence démarre. Le thème ? Souffrance, efficacité et plaisir du travail. Le public : des managers, gestionnaires ressources humaines (qui n’ont bien souvent d’humains que le titre) et autres petits patrons(nes) de pé aime euh.
Le première phrase que je note sur mon petit cahier de notes à spirales : « La première des souffrances liée au travail n’est-elle pas le manque de respect dû aux employés, par les cadres et managers qui se doivent d’être exemplaire dans la ponctualité ? »

Une semaine avant, grosse opération de com’ de l’agglo de mon village loir-et-chérien au sujet de l’inauguration d’un tronçon de piste cyclable entre deux ponts : l’un, du XVIIIe siècle, l’autre de la fin du XXe, baptisé : François Mitterrand. Discours lénifiants et autocongratulation à grands coups de pommade dans le dos des trois élus socialistes qui n’hésitèrent pas ensuite à mouiller le maillot pour la photo en empruntant la dite piste cyclable avec des vélos électriques. Remarque d’un cyclotouriste invité pour ce grand raout : « Ils allaient plus vite que nous, mais c’est normal : ils avaient des vélos assistés. » Le vélo c'est bon pour la santé, sauf que l'assistanat est un cancer.

Quelques temps encore avant, à l’occasion du trentième anniversaire de la présidentielle d’un certain 10 mai, la pose d’une plaque commémorative avait donné lieu à une belle photo où la signalisation routière valait mieux que n’importe quelle caricature.
Et dire qu’on les paie pour faire ça…

 

IMGP1998 R

                                                              - Ils l'ont fait ! -

 

 

IMGP1987 R

                                                          - Retiens ton souffle -

 


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Ossau buco (lique)

1 Juin 2011 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne

 

 

 

 

 

SAB 7830 R

                                                       - L'air de rien, le Lurien -

 

 

 

 

SAB 7829 R

                                                            - A toi l'honneur -  

 

 

 

 

SAB 7854 R

                                                         - Homo erectus -

 

 

 

 

 

 SAB 7886 R

                                                         - Sans titre -

 

 

 

SAB 7890 R

                                                   - Artouste, Palas, Balaïtous -  

 

 

 

 

SAB 7851 R

                                                 - Ménage à trois -

 

 

 

 

 

SAB 7914 R

                                                                   - Pub -

 

 

 

 

 

 

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Les fins de nuits sont plus belles que vos jours

24 Mai 2011 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #émerveillement

 

 

C'était un dimanche matin, le 15 mai. A l'heure du laitier, et à l'heure où des policiers niou-yorkais enfermaient un drôle de gus (c'était à la radio de la bagnole à 5h15, et je me suis dit : "oh putain, on n'a pas fini d'en entendre parler..." Parfois je suis très visionnaire).

C'était surtout à l'heure des braves. Une heure que ceux qui aiment leur lit ne peuvent pas connaître. La meilleure heure. Celle du levé de l'astre. Ma préférée.

Un tour en Loire sur une toue, avec l'association Millière Raboton (www.milliere-raboton.net), piloté par Aurélien, passioné du fleuve qu'on dit sauvage (c'est une connerie car la main de l'homme est présente partout, à commencer par les digues).  

C'était juste pour le plaisir des yeux, et des oreilles. Un peu le nez aussi. Et beaucoup l'esprit.

 

 

 

 

SAB 7701 R

                                                     - 5h50 -

                           (Port de Chaumont-sur-Loire)

 

 

 

SAB 7718 R

                                                         - 6h24 -

 

 

 

SAB 7723 R                                                             - 6h28 -

 

 

 

 SAB 7726 R

                                                            - 6h29 -

 

 

 

SAB 7728 R

                                                                 - 6h30 -

                                 (Chaumont-sur-Loire)

 

 

 

SAB 7731 R

                                                        - 6h33 -

 

 

 

 

SAB 7734 R

                                                            - 6h35 -

 

 

 

 

SAB 7747 R                                                        - 6h47 -   

                                (22mm ; F-16 ; 1/640s ; Iso 640 ; Nikon D300 ; 18-105 mm)

 

 

 

 

 

 

 

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La Conquête, dans la solitude d’un champ de coton

19 Mai 2011 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #chronique cinéma

 

 

La Conquête

 

  

Les meilleurs moments du film de Xavier Durringer, La Conquête sont sans aucun doute ces images où l’on voit un homme seul, au prise avec une réflexion intérieur qu’on imagine paradoxale, partagé entre son appétit de pouvoir et ses déboires conjugaux. À ce sujet, les scènes avec celle qui ne s’appelle pas encore Cécilia Attias mais encore Sarkozy, sont un délice. La solitude du mari-candidat y est semble encore plus accentuée. Mais il y a encore plus : même quand Nicolas Sarkozy / Denis Podalydès est entouré – et il l’est quasiment en permanence – de ses sarkoboys omniprésents, sorte de troupe de communicants aux dents très longues qui se nourrissent de petits fours, champagnes haut de gamme et résultats d’instituts de sondage, il est seul. Le film La Conquête raconte l’irrésistible ascension vers le pouvoir d’un petit homme seul. D’où vient cette séduction mortifère pour la solitude, ardemment désirée et entretenue en même temps que redoutée ? Son psy pourrait peut-être apporter des éléments de réponse. Son ex-femme Cécilia probablement aussi. Sa mère, sûrement.

Dès le début du film, on nous aura prévenus : bien qu’il se déroule avec des personnages existants, La Conquête est une fiction. Sauf que la mayonnaise ne prend jamais vraiment. Même si Xavier Durringer a le grand mérite de s’attaquer à un tel sujet alors qu’il n’est pas encore entré au panthéon de l’histoire, on reste sur sa faim, pour plusieurs raisons. La première – et principale – est que le film manque de fond. C’est sans doute lié au caractère du personnage principal lui-même, perpétuellement en mouvement, perpétuellement en recherche du coup médiatique pour le faire exister, et le rendre indispensable. On a alors la désagréable impression d’assister à un grand zapping des années Sarkozy, du ministre de l’Intérieur de 2002 au 6 mai 2007. Il y a cette incapacité à décoller des faits chronologiques pour entrer dans la fiction, en passant par le fond du personnage. C’est difficile à filmer, le fond. Mais pas impossible. On a vu récemment, dans Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois que le doute, sentiment interne par excellence, était traduisible au cinéma. On peut donc filmer le fond. Peu de fond dans La Conquête, juste de la forme. Mais après tout, ne serait-ce pas là une caractéristique du personnage principal ? Impulsif, rancunier, bravache, sont les traits de caractère de ce Nicolas Sarkozy / Denis Podalydès, auquel il faut ajouter : la sensibilité à fleur de peau, et le sentiment de perdition totale dès que Cécilia n’est plus là. Pour y arriver, il a besoin de son doudou. Mais sommes-nous vraiment dans le fond ?

À la galerie de portraits, le casting est sans faute, ou presque, et on s’amuse pendant un bon moment de film à reconnaître Chirac, Villepin, Guéant, Charon, Dati, Debré… L’audace va même dans la fin d’un tabou, avec des imitations vocales particulièrement réussies, sans tomber dans le ridicule. Bref, on y est.

La cohérence de tout cet ensemble tient en un seul comédien : Denis Podalydès, qui prend tout du candidat Sarkozy : mimiques, démarche, tics, langage (trop châtié ?), et qui réussit, dans une séquence d’ouverture du film, à presque toucher le fond. Au matin du 6 mai 2007, le candidat est vautré dans un fauteuil, jouant nerveusement avec son alliance. En fond sonore, les journaux radios annonçant le second tour de la présidentielle. Dans l’autre main, un téléphone. On sent l’homme très préoccupé, nerveux, mais sans doute moins par ce qui va se passer dans le pays ce jour-là que dans sa vie intérieure. Quelque chose se brise. Peut-être même quelque chose de brisé depuis longtemps.

« Avec cette foutue transparence, on ne peut même plus nier la réalité, » dit-il sur une plage quelques mois auparavant, entouré d’une chasse de photographes et caméras.

C’est bien ça, le problème.

 

Film de Xavier Durringer. 1h45. Avec Denis Podalydès, Florence Pernel, Bernard Le Coq, Samuel Labarthe, Dominique Besnehard…

 

La Conquête

 

 

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Contrôle des billets svp

17 Mai 2011 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #cadrage débordement

 

SAB 7616 R

                                                    - Voleur ! -

 

 

Ce qui changerait peut-être un peu la face du monde, c’est que la direction de la communication de SNCF ne se foute pas trop de la gueule du client (ex-usager, ex-ex-voyageur). En effet, voyager sans billet n’est pas si grave que ça, surtout à l’aune de la faiblesse du service rendu. Ca serait même une manière de se faire justice et "veuillez m'excuser pour la gêne occasionnée". Ce qui est plus grave, ce sont les retards répétés, voire les annulations de train à la dernière minute etc. Quiconque a déjà emprunté (ou plutôt payé) la ligne Rouen – Paris le sait bien. Ce qui est grave, si l’on peut dire, c’est de culpabiliser les clients (ex-usagers, ex-ex-voyageurs) avec des petits autocollants à la con découverts par surprise. Franchement, une prise électrique à 20 millions d’euros, c’est un peu cher, non, pour des trains roulant… à l’électricité ?
Je ne sais pas si on a tous à y perdre, mais pour ce qui est de l’action de la SNCF, ce jour-là, pas l’ombre d’un contrôle ni à l’aller ni au retour entre Blois et Paris. Ça n’encourage pas l’honnêteté.

En vrac :

Trente heures de garde à vue pour DSK, qui sort menotté entre deux molosses, les yeux visiblement fatigués mais la chemise propre. Heureusement qu’il avait pris une douche avant de quitter précipitamment sa suite à 3000 $ ! Tous les gardés à vue n’ont pas cette chance. Avec un déo-bille 48h d’efficacité, il devait être encore frais, notre ex-futur candidat à la candidature.

Carla est enceinte, c’est officieusement officiel. Quand l’un perd sa moral à gauche, un autre essaie de se la racheter. Qui sera dupe ? Pas grand monde, surtout pas les reconduits à la frontière (ou menacés de l’être), ni les chômeurs, de petite, moyenne ou longue durée, ni tout le reste du bordel installé depuis 2007 et même avant. D’ailleurs personne ne pose la seule vraie question à se poser dans cette love story à la française : est-il sûr d’être le père ? Si sa courbe érectile suit de près celle de sa popularité dans les sondages, c’est très peu probable.
Et dire qu’on ne va entendre parler que de ça pendant 6 mois !

Je propose deux prénoms : si c’est un garçon, Dominique. Si c’est une fille : Marine.

 

DSK : conseillé et quasiment imposé au Aiffe aime i par le petit Nicolas. Encore une belle preuve de "discernement"...

 

On cherche toujours le père de Zora Dati. Peut-être pourrait-on regarder l'agenda de Dominique et Rachida ?  

 

 

 

SAB 7614 R

                                                        - Sur la ligne -


SAB 7630 R

                                                          - Barcelone à Paris -


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Les ami(e)s d'Monsieur

15 Mai 2011 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #l'évènement

 

 

 

Bien qu'il possède une femme charmante,
L'ami Durand est un coureur.
V'la t'y pas qu'il reluque sa servante
Et qu'il la reluque en amateur.
Il lui murmure : Dites donc, ma fille :
Entre nous, vous êtes fort gentille
Et votre personne, crénom d'un chien,
Au naturel doit être très bien.

 

- Ah ! Monsieur, répond la petite bonne,
Ce que vous m'dites n'a rien qui m'étonne
Car, fit-elle d'un air étourdi,
Tous les amis de Monsieur me l'ont déjà dit.

 

Durand, de plus en plus, s'emballe.
A la petite bonne, il fait la cour
Et, pour décrocher la timbale,
Il lui jure toute une vie d'amour.
Voyons, ne fais pas la dégoûtée.
Au contraire, tu devrais être flattée.
Dans la chambre, je monterai sans bruit.
Laisse donc ta porte ouverte, cette nuit.

 

- Ah ! Monsieur, répond la petite bonne,
Ce que vous m'dites n'a rien qui m'étonne.
Parait que je possède un bon lit.
Tous les amis de Monsieur me l'ont déjà dit.

 

Au rendez-vous, elle fut fidèle,
Mais comme elle hésitait un peu,
Durand s'excita de plus belle,
Avait la tête et le coeur en feu.
Voyant qu'elle retirait sa chemise
En devenant rouge comme une cerise,
Il s'écria, tout folichon :
Je n'ai jamais vu d'aussi beaux...

 

- Ah ! Monsieur, répond la petite bonne,
Ce que vous m'dites n'a rien qui m'étonne.
Je comprends que vous soyez ébahi.
Tous les amis de Monsieur me l'ont déjà dit.

 

Comme Durand a de la galette
Et qu'il n'est pas vilain garçon,
Elle fit pas longtemps la coquette
Et céda sans faire de façons.
Ici des points pour la censure
Puis il s'écria : Je t'assure :
Je te trouve exquise, c'est merveilleux
Et que ma femme tu t'y prends bien mieux.

 

- Ah ! Monsieur, répond la petite bonne,
Ce que vous m'dites n'a rien qui m'étonne,
Que je m'y prends mieux que Madame, pardi :
Tous les amis de Monsieur me l'ont déjà dit.

 

Barbara

 

(du fond de sa geôle niou-yorkaise, un fesse-tival de Khan... )

 

 

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Commémorez, commémorez, il en restera (peut-être) quelque chose…

12 Mai 2011 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #quelle époque !

 

 

 

SAB 7607 rec                                                        - Cinq, quatre, trois, deux, un... -

 


« Déjà la pierre pense, où votre nom s’inscrit, déjà vous n’êtes plus qu’un mot d’or sur nos places, déjà le souvenir de vos amours s’effacent, déjà vous n’êtes plus que pour avoir péri. » Louis Aragon, dans Le roman inachevé, faisait-il déjà, sans le savoir, œuvre de commémoration ? Commémorer, littéralement avec la mémoire, être avec, se souvenir. Aragon commémore, dans ce recueil de 1956, le souvenir des poilus tombés au front de la première guerre mondiale.
Un grand bon dans le temps. Et une maladie : la commémorationite. Vous aviez raté le 10 mai 1981 ? Vous avez dû adorer le 10 mai 2011. Adorer, célébrer, dans une veine nostalgique, de culte, de quasi idolâtrie, une béatification. On parla même de pèlerinage rue de Solferino ! Ceux qui cherchent le souffle de l’espoir pour l’année à venir ont beau s’en défendre : ils se tournent vers Lui, le seul socialiste à avoir accédé à la présidence de la Ve République. Cette « tontonmania » a pourtant quelque chose d’attendrissant, à l’heure du repli sur soi et la cellule familiale, semblant seule pouvoir résister à la crise. Chacun se souvient - sauf pour les moins de trente ans – se qu’il faisait le 10 mai 1981, comme on se souvient ce qu’on faisait le jour de la mort de Claude François ou le 11 septembre 2001. Témoignages à profusion, souvenirs d’une soirée électorale vécue en famille puis dans la rue dans une farandole hexagonale au son de l’accordéon. Gueule de bois du 11 mai. Le rêve devenu réalité pour les uns. Le cauchemar pour les autres. La nostalgie pour tous.
Mais que retenir de ces trente ans qui puisse servir de socle pour l’espoir de demain ? Nous ne parlons pas d’un demain lointain, dans un futur de science fiction, mais du demain de demain. Dans un an, par exemple. Comment cette profusion-confusion d’évènements peut-elle servir de base à la recréation d’un nouvel élan, nouvel espoir, un nouveau courage politique, exemplaire, pour donner envie aux Français de se rendre aux urnes ? Si la commémoration du 10 mai 1981 n’est qu’une strophe de plus pour le souvenir des jours heureux, alors elle ne sert à rien, ou pas grand-chose. En parcourant les nombreux témoignages de ceux qui aujourd’hui commémorent, trente ans après, un élément semble émerger : pour beaucoup, le 10 mai 1981 représente le dernier moment où les Français ont cru qu’une élection pourrait changer quelque chose. Et ils n’eurent pas complètement tort. Le président élu ce jour là se faisait le chantre du changement, en cent dix propositions. En trente ans, la France a en effet beaucoup changée. Mais la crise – dont l’acte de naissance ne date pas des subprimes en 2008 – était déjà là en 1981. Elle ne cessera de croître, et avec elle vont rapidement décroître les immenses espoirs générés par ce fol mois de mai 1981, et l’été qui s’en suivra.


« On est toujours du pays de son enfance, et mon enfance, c’est la Charente, » disait le président du 10 mai 1981. Les commémorations trente ans après ont-elles le goût du retour à l’enfance, celle de l’union qui le porta au pouvoir mais aussi la nôtre à tous, cette part d’âge d’or et de rêve qui jamais ne s’éteint vraiment en chaque homme ? Les roses du 10 mai 2011 semblaient avoir le goût et l’odeur des madeleines de Marcel Proust, dans une France sépia qui peine à envisager le futur et encore plus à vivre le présent. Ce président célébré par ses anciens fidèles avait le sens de l’histoire, laquelle est d’ailleurs tout sauf une fixation ou suspension du temps. Reste à savoir ce que deviendra cette histoire, dans les mois qui viennent ? Sujet épineux, entre les roses et les madeleines du souvenir…

PS : le 11 mai 1981, Bob Marley, l’homme du reggae planétaire mourrait. Qui pour commémorer ?

 



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