l'evenement
Les ami(e)s d'Monsieur
Bien qu'il possède une femme charmante,
L'ami Durand est un coureur.
V'la t'y pas qu'il reluque sa servante
Et qu'il la reluque en amateur.
Il lui murmure : Dites donc, ma fille :
Entre nous, vous êtes fort gentille
Et votre personne, crénom d'un chien,
Au naturel doit être très bien.
- Ah ! Monsieur, répond la petite bonne,
Ce que vous m'dites n'a rien qui m'étonne
Car, fit-elle d'un air étourdi,
Tous les amis de Monsieur me l'ont déjà dit.
Durand, de plus en plus, s'emballe.
A la petite bonne, il fait la cour
Et, pour décrocher la timbale,
Il lui jure toute une vie d'amour.
Voyons, ne fais pas la dégoûtée.
Au contraire, tu devrais être flattée.
Dans la chambre, je monterai sans bruit.
Laisse donc ta porte ouverte, cette nuit.
- Ah ! Monsieur, répond la petite bonne,
Ce que vous m'dites n'a rien qui m'étonne.
Parait que je possède un bon lit.
Tous les amis de Monsieur me l'ont déjà dit.
Au rendez-vous, elle fut fidèle,
Mais comme elle hésitait un peu,
Durand s'excita de plus belle,
Avait la tête et le coeur en feu.
Voyant qu'elle retirait sa chemise
En devenant rouge comme une cerise,
Il s'écria, tout folichon :
Je n'ai jamais vu d'aussi beaux...
- Ah ! Monsieur, répond la petite bonne,
Ce que vous m'dites n'a rien qui m'étonne.
Je comprends que vous soyez ébahi.
Tous les amis de Monsieur me l'ont déjà dit.
Comme Durand a de la galette
Et qu'il n'est pas vilain garçon,
Elle fit pas longtemps la coquette
Et céda sans faire de façons.
Ici des points pour la censure
Puis il s'écria : Je t'assure :
Je te trouve exquise, c'est merveilleux
Et que ma femme tu t'y prends bien mieux.
- Ah ! Monsieur, répond la petite bonne,
Ce que vous m'dites n'a rien qui m'étonne,
Que je m'y prends mieux que Madame, pardi :
Tous les amis de Monsieur me l'ont déjà dit.
Barbara
(du fond de sa geôle niou-yorkaise, un fesse-tival de Khan... )
British kiss
- They did it ! -
Quelques grammes de douceur et de rêve dans ce monde de brutes...
Va chez ton libraire !
et demande-lui ce livre...
Tout à commencé par une interview, dans un petit studio de radio, à l’occasion d’émissions estivales. Un auteur, Philippe Lemmonier, venait de faire paraître La Traversée des Alpes par le GR5, du Lac Léman à la Méditerranée. Dix minutes de rush, une heure de conversation en off. Et cette idée : la traversée des Pyrénées dans le sens Atlantique – Méditerranée ou l’inverse, c’est couru, si on peut dire ainsi. Mais dans le sens nord – sud, sud – nord, il n’y a rien de fait, mettant en parallèle les images d’archives et les randonnées actuelles. C’était fin juin 2009, à Lyon, le début d’une grande aventure. Rentré chez moi, je me jette sur internet, pour étudier de près la question. En tapant : "traversée de la frontière par les Républicains espagnols", je tombe sur l’épisode de la Bolsa de Bielsa, entre la vallée aragonaise et la vallée d’Aure. Puis, de fil en aiguille, j’enrichis la recherche dénichant la thèse de la toulousaine Emilienne Eychenne, Pyrénées de la liberté, les évasions par l’Espagne, 1939-1945. Une vraie mine d’or.
Premiers pas de marche sur les traces de…, fin septembre 2009, entre Bielsa et la Vallée d’Aure. Premières photos, premiers textes. Ici
L’éditeur répondra favorablement et oralement fin décembre, alors que je m’apprêtais à explorer raquettes aux pieds la jolie vallée d’Eyne, en Cerdagne, près de Font-Romeu.
Signature du contrat auteur / illustrateur le 22 avril à Rennes, chez Ouest-France. Cette fois-ci c’était sérieux, et il y avait une date limite de péremption : 1er décembre, remise du manuscrit et des photos.
En mai, fais ce qu’il te plaît : Toulouse la rose et sa bibliothèque d’histoire et de patrimoine m’ont accueillis pour approfondir le sujet, et commencer à tracer des traits de couleurs sur les cartes IGN série bleue au 25.000e. Une manière, déjà, de franchir la frontière.
Les photographes Pascal Maguesyan et Thierry Chassepoux entrent en scène, me prêtant du matériel dont je prendrai soin comme un trésor. Le Nikon D200 et son objectif Sigma 24x70 (agrémenté d’un 85mm focale fixe de chez Nikon) vont m’accompagner tout l’été, même dans mon sommeil, jusqu’à l’acquisition d’un D300 à la rentrée de septembre.
20 juin 2010 : en avant pour le début des randos historiques, sur les traces des Républicains espagnols et des Évadés de France. Là et encore là Des paysages, des cols frontaliers, des cailloux, des levés aux aurores, des pâtes, une tourista coupe-pattes à Gavarnie à cause d'une eau bue sous la brèche de Roland, des visages et de belles rencontres humaines (Herminia Muñoz, Josette Devin, Olivier Nadouce, l’équipe du musée de la déportation et de la résistance de Tarbes…). Fin des épisodes photos : 25 octobre, sur la trace de Piston, passeur de liberté près de l’étang Garbet (Ariège). Piston
Puis vint le temps de la rédaction, de la mise en forme, de la relecture et de la dure sélection des photos : 230 sur 5000 rapportées. Des nuits courtes, des matins d’automne levé à l'aube, des inquiétudes (livrer à temps), une certitude : le but était proche.
1er décembre : tout fut livré à Ouest-France éditions. Relecture, re-re-lecture, pré-maquettage (17 décembre), corrections, re-corrections, ajouts, finitions. 21 mars, « BAT », bon à tirer. Et, ce matin, au courrier, une enveloppe alourdie par le travail d’un an et demi.
Il est parfois des rêves qui deviennent réalité.
PS : merci à ceux et celles qui ont soutenu ce projet.
Veuillez rendre l'âme (à qui elle appartient)
« Noir Désir, c’est terminé ». C’est par ces quelques mots laconiques que Denis Barthe, batteur du groupe, a annoncé la fin du mythique groupe rock des années 80 – 90, après le départ hier du guitariste Serge Teyssot-Gay.
On aura beau claironner que « ce n’est pas la fin du monde » (Barthe encore, ça ferait un beau titre d’album), mais merde putain, ça fait chier quand même.
Noir Dèz, c’est une bande de copains qui se rencontrent sur les bancs du lycées et descendent dans la cave pour y plaquer quelques riffs de guitare. De là naîtront Aux sombres héros de l’amer, puis l’album Du ciment sous nos plaines, Tostaky, 666.667 Club et Des visages, des figures, en 2002. Et puis il y a eu le drame de Vilnius. Et puis c’est fini.
On y a cru, jusqu’au bout, au retour sur scène de Bertrand et ses potes. Ils n’avaient visiblement plus assez de désirs d’avenir pour continuer sur la même longueur d’onde.
Noir Dèz, c’est l’heure de la révolte gueulée au moment de la récré du lycée, et puis de la suite, des futs, des docs, des tee-shirt et des cuirs noirs. Et un cri : Todo esta aqui, Tostaky.
Aujourd’hui, il n’y a plus rien à voir ici. Circulez, y a plus rien à entendre. Rideau.
Pas la fin du monde en effet, mais la fin d’un monde certainement.
Putain d’époque de merde. Always lost in the sea…
Onze novembre
La guerre et ce qui s’en suivit
Tu n'en reviendras pas toi qui courais les filles
Jeune homme dont j'ai vu battre le cœur à nu
Quand j'ai déchiré ta chemise et toi non plus
Tu n'en reviendras pas vieux joueur de manille
Qu'un obus a coupé par le travers en deux
Pour une fois qu'il avait un jeu du tonnerre
Et toi le tatoué l'ancien légionnaire
Tu survivras longtemps sans visage sans yeux
On part Dieu sait pour où ça tient du mauvais rêve
On glissera le long de la ligne de feu
Quelque part ça commence à n'être plus du jeu
Les bonshommes là-bas attendent la relève
Roule au loin roule train des dernières lueurs
Les soldats assoupis que ta danse secouent
Laissent pencher leur front et fléchissent le cou
Cela sent le tabac la laine et la sueur
Comment vous regarder sans voir vos destinées
Fiancés de la terre et promis des douleurs
La veilleuse vous fait de la couleur des pleurs
Vous bougez vaguement vos jambes condamnées
Déjà la pierre pense où votre nom s'inscrit
Déjà vous n'êtes plus qu'un mot d'or sur nos places
Déjà le souvenir de vos amours s'efface
Déjà vous n'êtes plus que pour avoir péri
Louis Aragon
**********************************************
C’est mon jour préféré de l’année. Curieuse manie que d’aimer un des jours les plus tristes et célébrant la fin d’une des plus grandes boucheries que la terre ait engendrée. Mais c’est comme ça depuis un jour de novembre 1983. Ce jour-là, dans la solitude de ma chambre de fils unique j’ai ouvert mon livre d’histoire de cours moyen deuxième année, au chapitre « Première guerre mondiale ». Parmi les photos et cartes essayant d’expliquer à un minot de dix ans ce qu’était cette guerre et comment elle avait bousillé ses semblables âgés d’à peine vingt ans, il y en avait une présentant la vie dans les tranchées. C’est difficile à croire, mais cette photo m’a littéralement sidéré. On y voyait deux ou trois poilus, en habit de guerre, masque à gaz sur le nez, affalés contre la tranchée, attendant je ne sais quoi. S’en est suivi une frénésie et une boulimie de tout ce qui pouvait, de près ou de loin, toucher à la vie des tranchées : livres, films, photos, tout y passait pourvu qu’on y évoque la dure condition des poilus, la vie au front, les premières lignes, l’imbécilité des officiers supérieurs, l’arrière et ses BMC (bordels militaires de campagne), la Madelon, et surtout : les lettres. Courriers écrits sous le feu d’acier et de sang, à l’abri de fortune entre deux averses de la bataille de l’Argonne ou de la Somme, et Verdun. Verdun… !
Jusqu’au jour où, à la maison de retraite où n’en finissait pas de mourir mon arrière grand-père né un 11 novembre (en 1900, ce n’était pas encore un jour férié), son voisin de chambre « qui avait fait Verdun » me montre, en soulevant un pan de sa chemise, deux trous de balle rapportés du front. On les voyait encore, ces trous, et tel Saint Thomas, je voyais, et croyais.
Aujourd’hui c’est donc le 11 novembre. Il y a 92 ans, l’armistice était signé dans un wagon à Rethondes, en forêt de Compiègne, à 5h15 du matin, l’heure des braves. Les braves cons qui étaient morts au combat, et les braves survivants gazés ou gueules cassées à la vie éternelle. C’était la fin d’un conflit qui éradiqua de la planète vivante l’équivalent de la Belgique actuelle. On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans. C’est ce que se disaient ceux qui montaient au front. Plus pour longtemps.
Soldats de la guerre 14, je vous salue, hier, aujourd’hui et demain. Il nous reste vos noms écrits en lettres d’or sur nos places (Aragon) et ces milliers de pages, lettres écrites à vos familles : pères, mères et femmes, fiancées et amis. Avant, pendant, et après l’heure de votre mort.
Ainsi ne soit-il plus jamais…
14-18 c'est là aussi : Armistice ; et également ici : faire-part de décès
Merci Robert !
En avant goût de quelques notes émanant de sa conférence de clôture ("Justice et Histoire"), trois images. Il est des moments, dans la vie d'un journaliste et surtout d'un homme, où la rencontre tient de l'ordre de la grâce, plus que de l'émotion, même si celle-ci était présente. Robert Badinter, ex ministre de la Justice et Garde des sceaux sous François Mitterrand, l'homme de l'abolition, l'avocat insatiable des causes humaines les plus profondes - de la négation des crimes contre l'humanité aux causes les plus banales, pourvue qu'elles concernent l'homme dans son entier - a été accueilli très chaleureusement par le public venu nombreux à la Halle aux grains de Blois, pour la clôture de ces 13è rendez-vous de l'Histoire, dont le thème était cette année "la Justice".
"Ce n'est pas une mince liberté qu'on défend lorsqu'on défend celle des historiens. C'est une affaire de justice mais aussi de démocratie".
C'était le mot de la fin, mais pour nous c'est loin de l'être. A bientôt donc pour de nouvelles aventures historiques sur ce blog.
Avec Jean-Noël Jeanneney, président du comité scientifique des Rendez-vous de l'Histoire
Histoire et justice, un couple en harmonie ?
Robert Badinter présidait ces treizièmes rendez-vous de l’histoire, en donnant une conférence finale intitulée « Justice et histoire ». Sénateur, avocat et ancien ministre de la justice dans le gouvernement Mauroy de François Mitterrand, Robert Badinter, ovationné à son arrivé, a décrit les rapports singuliers et complexes qu’entretiennent magistrats et historiens depuis toujours.
Clio, la muse de l’histoire, et Thémis, déesse de la justice, ont dû esquisser un frisson de joie contenue mais pourtant bien réel en voyant le public venu très nombreux à la Halle aux Grains de Blois dimanche soir. Robert Badinter, l’homme de l’abolition de la peine de mort, avocat insatiable des causes les plus ardues car les plus profondément humaines, debout derrière le fauteuil de conférencier, regard baissé, s’imprégnant avec humilité de cet hommage vibrant. Il y avait de quoi. Le personnage n’en finit pas de nous étonner, de passionner et de nous alerter sur ce qui fait l’homme, et l’homme justiciable.
Il nous avait donné rendez-vous avec la muse de l'histoire et la déesse de la justice, qui entretiennent des rapports complexes et singuliers, comme peuvent l’être ceux d’un magistrat et d’un historien. « Faire justice, rappelait-il en ouverture, c’est pour l’historien faire l’histoire des institutions mais aussi de la représentation de la justice. Et aussi sur le regard extérieur posé sur la justice. » Par tradition, il y a une sorte d’harmonie entre historiens et magistrats, et Robert Badinter observe que c’est particulièrement vrai du côté des magistrats. Est-ce que la réciproque est vraie ? L’ancien garde des sceaux ne le pense pas, et c’est lié à la recherche historique : « l’historien ne peut pas rester du côté jardin, il lui faut aller voir du côté cour, car là est la réalité. » Le magistrat est néanmoins le garant de la liberté de l’historien et du respect de sa liberté de recherche. « Le juge et l’historien peuvent dresser l’un et l’autre le portrait dans la même mesure de part et d’autre. »
Le statut du crime contre l’humanité, les procès qui ont suivi celui de Nuremberg, l’effet zoom de la justice, la tentative de prise en main du pouvoir législatif sur l’histoire, sont des facteurs entrainant une transformation des relations entre justice et histoire. « Les lois dites mémorielles, que je nomme volontiers compassionnelles et qui n’ont d’ailleurs pas été soumises au Conseil constitutionnel, mettent le législateur hors de ses compétences. Il est hors des pouvoirs du Parlement de dire l’histoire, ce n’est pas de sa compétence constitutionnelle. Il n’y a que les pouvoirs totalitaires et les dictatures pour légiférer sur ce qui doit faire l’histoire, » s’insurge le sénateur Badinter qui n’a rien perdu de sa verve. Rappelant au passage sur dans la Constitution de la Ve République, le législateur ne s’est vu attribuer qu’un pouvoir participatif.
Passant par l’explication de la loi Gayssot sur la négation des crimes contre l’humanité au procès de Nuremberg, Robert Badinter terminera sa conférence donnée dans un hémicycle très attentif, en défendant la liberté des historiens : « Ce n’est pas une mince liberté qu’on défend lorsqu’on défend celle des historiens. C’est une affaire de justice et de démocratie. »
Applaudissements. Rideau.
Vent d'anges
Mille sabords ! Les vendanges ont commencé à Cheverny !
Ambiance bottes et sécateurs pour la soixantaine de vignerons de Cheverny et Cour-Cheverny : les vendanges ont débuté la semaine dernière. Un cru qui s’annonce bien, même si la pluie compromet un peu la récolte. Visite dans l’exploitation de Cyrille Sevin, viticulteur bio.
Partant du principe biblique que « le vin réjouit le cœur de l’homme », alors Cyrille Sevin est un homme heureux. Cet ancien professeur de mathématiques âgé de quarante ans, qui a repris voici cinq ans les huit hectares de vignes de Pierre Parent à Cheverny, a débuté sa quatrième vendange sur les terres argilo-calcaires de l’appellation. « Il y a un truc fabuleux dans le vin : ça change tout le temps. Je ne fais pas deux années identiques. Alors qu’au bout de dix années d’enseignement des maths, j’étais déjà dans la routine, » indique-t-il avec un large sourire. L’abondance et la qualité de la récolte 2010 y est sans doute aussi pour beaucoup. Mais comment passe-t-on de l’enseignement du théorème de Pythagore à la vinification des cépages sauvignon, chardonnay, romorantin, pinot noir ou gamay ? « On apprend beaucoup sur le terrain. J’ai obtenu un BTS métiers de la vigne en accéléré à Mâcon, mais finalement l’essentiel on l’apprend soi-même, sur le terrain. J’ai aussi passé mes deux premières années avec l’ancien propriétaire Pierre Parent, et je suis très bien conseillé par les autres viticulteurs, ainsi que le syndicat de l’appellation Cheverny – Cour-Cheverny et la Chambre d’agriculture, » précise-t-il. Cette dernière apporte un gros support au moment de l’installation : « Il faut trouver un terrain d’entente entre le cédant et le repreneur, » indique Michel Badier, conseiller technique. Cyrille Sevin est en outre aidé par le groupement départemental viticole (GDV), dont le rôle est de conseiller les jeunes viticulteurs, proposer des stages de formation, et surtout un suivi œnologique avec la Chambre d’agriculture.
( Machine à déguster révolutionnaire
Troquant ses bottes pour un veston et des chaussures en cuir, Daniel Tévenot, président du syndicat de l’appellation Cheverny – Cour-Cheverny, nous conduit ensuite à la Maison des vins, inaugurée le 13 septembre dernier, née de la volonté commune des vignerons et la commune de Cheverny. Située à côté du célèbre château, la Maison des vins propose à la dégustation la quasi totalité des viticulteurs de l’appellation Cheverny et Cour-Cheverny, soit trente-trois adhérents sur quarante metteurs en marché. « L’idée est partie d’une observation simple : on ne peut pas proposer à la dégustation plusieurs vins sans avoir une grande capacité de personnels. Nous cherchions le moyen de faire goûter le maximum de vins différents, avec le minimum de personne, » précise Daniel Tévenot. La solution ? Un appareil de dégustation révolutionnaire, une innovation technologique : les becs de dégustation. Le visiteur se fait remettre un verre qui comporte sous le pied une puce électronique, programmée pour sept possibilités de dégustation. Lorsque le visiteur le place sous le bec verseur, la puce électronique déclenche le versement d’une dose de dégustation (trois centilitres). Le vin est stocké derrière, dans sa bouteille, enfermée dans un grand cylindre en forme de bouchon. A l’intérieur, une température constante et un gaz neutre. Un procédé innovant fabriqué par une entreprise de Châteauvieux (DB Concept). « Une machine qui nous a permis de recevoir un Top du tourisme et terroir cette année par le Conseil régional. »
Une invention que n’aurait pas reniée le capitaine Haddock, voisin du lieu…
Pratique :
Maison des vins de Cheverny et Cour-Cheverny. 1, av du château, 41700 Cheverny. 02.54.79.25.16
AOC Cheverny : 534 ha, 20.071 hectolitres. Vingt-quatre communes. Cépages sauvignon, chardonnay, menu pineau (pour les blancs). Vins vifs et fins, puissance aromatique. Pinot noir et gamay pour les rouges. Vins gourmands, finesse et subtilité.
AOC Cour-Cheverny : 54 ha, 1961 hectolitres. Onze communes. Cépage romorantin. Vins secs et vifs, grande longueur en bouche.

Merci pour le chocolat... et les films !
On vient de l'apprendre : Claude Chabrol est mort, à l'âge de 80 ans. Le cinéaste jouisseur qui a si bien épinglé avec délectation la petite bourgeoisie de province, ses petits mensonges et grandes manigances, sa connivence avec l'argent et sa soif de pouvoir comme seuls les nouveaux riches peuvent en faire preuve.
Les réactions sont nombreuses à l'annonce de sa disparition. La meilleure - de loin - est celle de Notre Président, Prince tout puissant de la République. "Il tenait de Balzac par la finesse de sa peinture sociale. Il tenait de Rabelais par son humour et sans doute aussi par sa truculence. Mais il était surtout lui-même dans ses films, comme dans sa vie. Je suis certain qu'il manquera beaucoup à chacun"
Attendu que le petit Nicolas n'a certainement lu ni l'un ni l'autre, cette évocation littéraire dans sa bouche possède un puissant effet comique. Il ne craint pas le ridicule non plus (ça on le savait déjà depuis fort longtemps), puisque si il ne peut se targuer d'être un petit bourgeois provincial, il n'en demeure pas moins un parvenu parisien qui a réussi, et qui se dresse sur la pointe des pieds pour qu'on le voit sur la photo de classe...
Dommage que Claude Chabrol soit mort : il en aurait fait un excellent film !
Hélas, la réalité a rejoint la fiction.
Merci pour le cinéma, Monsieur Chabrol.
(merci pour Madame Bovary, L'Enfer, La Fleur du mal, La Fille coupée en deux, dans mon panthéon cinématographique)
Actualisé le 14/09/2010 :
Pendant ce temps-là, Notre Président de Tous les Français et Tout Puissant de ce qui reste de Notre République visitait - en famille - la grotte de Lascaux. Une visite de 50 mn au lieu des 35 réglementaires (à cause du CO² rejetté qui dégradent les peintures), accompagné de 9 autres visiteurs du dimanche, alors que Franck Louvrier (monsieur communication du Palais princier) avait annoncé un chiffre se comptant "sur les doigts d'une main". Il a ensuite confondu l'homme de néandertal avec Cro-magnon et annoncé l'ouverture d'une maison de l'histoire de France. Il pourra y prendre une carte de fidélité annuelle...
Un excellent article dans "Le Monde" du 14 septembre, et aussi sur Rue89.com (http://www.rue89.com/node/166359).
Dommage que l'entrée de la grotte soit plus large que la mine chilienne où sont coincés 33 mineurs deuis plus d'un mois...
La rentrée du chômeur
Que faisiez-vous le 1er septembre 2009 ? Vous en souvenez-vous ? Pouvez-vous dire tout ce que vous avez fait depuis, jusqu’à ce 1er septembre 2010 ? 365 jours, c’est long, c’est court. Le blogueur se souvient très bien de ce qu’il faisait le matin du 1er septembre 2009. Il est resté dans son lit. Le 2 septembre aussi, et ainsi de suite pendant 365 jours. Oh pas trop longtemps, rassurez-vous. Quotidiennement il s’est levé à 7 heures maximum, organisant sa matinée comme si. Comme si il allait au boulot. Alors qu’il n’y allait pas. Idem le soir, comme s’il en revenait. Quelques missions de remplacement derrière le micro au cœur de l’hiver sont venues rompre la monotonie de la mise à jour mensuelle de son profil Paul Emploi. Les candidatures aussi, les non-réponses, les réponses standardisées et désinvoltes des potentiels employeurs irrespectueux. Quelques entretiens aussi, 8 exactement, histoire d’avoir assez de doigts pour compter les espoirs suscités par ces derniers. Et puis des projets, quand même. Deux livres sur la planche en attendant d’être sous presse. Des sessions de photos sac au dos dans les Pyrénées. Du temps libre transformé en temps livres (lus, vus, feuilletés). Du temps perdu aussi, à faire les courses marchandise par marchandise au supermarché, afin d’en garder pour demain…
Pendant ce temps-là, le salarié suait sang et eau pour mériter ses heures, sans compter ses jours, attendant la paie, maudissant son patron, se plaignant de son travail.
Un an plus tard, 365 jours de vacances après, l’heure de la rentrée a enfin sonnée. Du boulot ! 35 heures occupées dans la semaine, et quelques sous à la fin du mois qui ne soient pas versés par les Assez Dick ! S’il ne connaissait pas la fragilité de ce dernier, le blogueur se réjouirait d’en avoir. Mais il garde le bec clos, de peur de le perdre à nouveau, comme un fromage rendu célèbre par un corbeau trop flatté. Alors il achète un cahier de notes tout neuf, un petit format grands carreaux à spirales, et sur la première page, il note en haut à gauche, juste à côté de son nom et de la date : au travail. Mais il pense aussi à ceux qui enchaînent un 366è jour sans, et qui vont faire comme si.
le mot de Cambronne
C'est pas moi qui le dit...
- t'es rock, coco -
- presque mariés -
/image%2F1527809%2F20151022%2Fob_c73004_sab-9651-r.jpg)