Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le jour. D'après fred sabourin

l'evenement

L'insurrection est là !

23 Avril 2010 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #l'évènement

 

 

 

 

 

Et elle est volcanique !
Dans le livre signé du « Comité Invisible », L’Insurrection qui vient, qui déclencha les foudres du ministère de l’intérieur fin 2008 avec l’arrestation – injustifiée - de Julien Coupa accusé, de son épicerie de la Corrèze profonde, d’avoir saboté les lignes TGV provoquant une belle pagaille sur le rail, on peut lire à la page 101 : « l’infrastructure technique de la métropole est vulnérable : ses flux ne sont pas seulement transports de personnes et de marchandises, informations et énergie circulent à travers des réseaux de fils, de fibres et de canalisations, qu’il est possible d’attaquer. Saboter avec quelques conséquences la machine sociale implique aujourd’hui de reconquérir et réinventer les moyens d’interrompre ces réseaux. Comment rendre inutilisable une ligne TGV, un réseau électrique ? Comment trouver les points faibles des réseaux informatiques, comment brouiller des ondes radios et rendre à la neige le petit écran ? ».
L’avion n’est pas explicitement nommé, mais on peut imaginer qu’il s’agit d’un oubli. En tout état de cause, il aura suffit au « Comité invisible » d’attendre patiemment l’éruption du volcan islandais pour voir leur rêve utopique se réaliser : l’Europe et le monde bloqués par de la cendre et de la glace. Ruines de l’Occident. Toute une population patricienne bloquée par les caprices de la terre et du ciel. Voilà qui est simple, finalement, et aucun des partisans de la fameuse « décroissance » n’aurait pu imaginer un tel scénario. La planète terre au secours des « dangereux utopistes ». A-t-on seulement songé, place Beauvau, à mettre en garde-à-vue le prévenu islandais ?

 
Au-delà de cette coïncidence étrange, les voyageurs bloqués à des milliers de kilomètres de chez eux expérimentent, sans le vouloir ni même le savoir, ce qu’on vécu les migrants de toutes les époques : partir de chez eux sans savoir si, un jour, ils y retourneraient. Aujourd’hui le voyage se considère et se prépare en pensant « aller-retour ». Il aura suffit d’un volcan pour que l’un des deux s’efface provisoirement, mais suffisamment longtemps pour que chacun se sente perdu. Invisible sentiment, qui ne provoque ni insurrection ni révolution, mais de l’impuissance.


Et de la peur, d’un seul coup.

 

      ************************************************

 

Paris sera toujours Paris (entendu au vol un de ces jours d'avril où il faisait très beau dans la capitale) :

"la seule revue que je lis vraiment avec plaisir, tu vois, c'est So-foot !" (deux vingtenaires dans le métro)

"Ah là là ! Qu'est-ce que j'ai pu venir dans ce quartier du temps de ma belle-mère..." (une quinquagénaire délavée à un autre quinquagénaire crinière poivre et sel au vent, main dans la main dans le quartier de la Madeleine)

"Je vais lui détruire sa vie sur Facebook !" (une fashion pré-ado à un autre, sirotant un coca et suçant des frites au Ma Que Do, porte Maillot)

 

 

Lire la suite

L'hiver vient d'arriver

14 Mars 2010 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #l'évènement







Adieu Jean. T’es parti définitivement, à la croisée d’un chemin d’Ardèche, entre deux châtaigniers, sur la route qui mène de Vals-les-Bains à Antraigues. La montagne sera moins belle sans toi, Aragon restera dans nos cœurs avec Elsa, et il faudrait passer en boucle « la femme est l’avenir de l’homme » à tous ceux qui, aujourd’hui encore, l’oublient. Partir la veille d’une élection ! Tu donnerais presque envie de voter Front de Gauche, le poing levé vers le ciel qui t’as enlevé à nous.
Je me souviens de mon cours passage en Ardèche, l’hiver 2007-2008, lors du premier week-end de solitude ardéchoise : en allant aux sources de la Loire, au Gerbier de Jonc, je me suis arrêté à Antraigues. Il fallait voir ce village au début de l’hiver ! Autour de lui, la montagne – la chanson passait en boucle dans ma tête – et cette petite place, au centre et au sommet d’Antraigues. La petite auberge dont j’ai poussé la porte, et le silence qui se fit à l’intérieur à ce moment-là : même les cartes ne s’abattaient plus sur le tapis. « Un étranger ! ». C’est l’impression que tu as du avoir, au début des années 60, lorsque tu débarquais de la région parisienne. L’Ardèche ne se révèle et n’accueille qu’après bien des années d’apprivoisement. Terre rude, comme tes combats, tes coups de gueule, ton exigence de parolier. Terre dure comme les murettes, les châtaigniers, la burle qui souffle du nord et glace l’intérieur des os, le soleil brûlant d’été, tout de gorges déployées quand l’Ardèche se fait sud, méandres, chênes verts...
Adieu, Jean, comment peut-on s’imaginer, en voyant un vol d’hirondelle, que l’hiver vient d’arriver ?



reduit IMGP0007

reduit Gerbier Jonc & Ecole vent 02 08 020


reduit Gorges Ardèche fév 08 018


reduit IMGP0014

quelques chroniques ardéchoises d'un journaliste localier : San Francisco ; l'école du vent ; un carnaval de confettis
Lire la suite

Morée haute et Morée basse

11 Février 2010 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #l'évènement




« C’est un buffet pour la presse là ! Ne vous servez pas svp ! C’est pour la presse ! ». La chargée de communication de la sous-préfecture de Vendôme a beau faire de la résistance, les gorilles ont déjà englouti deux viennoiseries humidifiées dans un petit noir. Noire, c’est aussi la couleur de leurs parkas et costumes. « Les hommes du Président » viennent d’investir la salle de presse de Morée, petit bourg de 1000 âmes dans le Perche vendômois, aux limites du Loir-et-Cher. Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal, fatigués de porter leurs misères hautaines, de leur œil bleu acier ils ont chouffé dans tous les coins, ouverts toutes les portes, et jeté un œil suspicieux aux « journaleux » qui tentaient – en vain – de se connecter à internet. Ca tombait bien, Il venait parler de ruralité et de « fracture numérique », flanqué de plusieurs ministres et porte-serviettes, dont NKM, secrétaire d’Etat chargé des nouvelles technologies. Il est 8h45, le Président n’arrivera que dans une heure trois quart, mais déjà les tasses sont pleines, et la tension palpable.
Palpés, nous l’avons été en arrivant dans la salle des fêtes (mal nommée pour une fois) de Morée. Portillon, vide poche, fouille au corps. Mon caban a sonné évidemment, les boutons d’officiers de marine étant plus compatibles avec les embruns du large qu’avec la sécurité intérieure. Puis on nous a badgé. Et offert un café donc.
A 9h, une horde de journalistes parisiens chaudement vêtus et croulant sous les besaces remplies de matériel technologique, franchit la porte. Comme en terrain conquis, ils prennent d’assaut les prises de courant et s’étonnent, aussi, qu’internet « ne marche pas ». Déjà les persifleurs persiflent sur la « ruralité » du lieu. Même les "Ail faune" sont intermittents, c'est dire si on doit être dans un trou.
A 9h30, branle bas de combat, tout le monde dans le car affrété spécialement pour la presse, direction Cormenon pour la visite d’une usine de traitement de surface. Classée « sévéso » (ça veut dire que ça peut brûler d’ailleurs ça a déjà brûlé trois fois), on nous précise bien de ne pas cloper trop près de la porte. Le hangar dans lequel nous attentons Monsieur le Président est glacial. Il commence à neiger. Justement on s’en grillerait bien une. L’équipe cynophile passe avec un jeune berger allemand qui renifle partout, au cas où une bombe… Alors que la bombe est à l’intérieur, produits chimiques inflammables à tous les étages.
Enfin, Il arrive. Les employées sont aux avants postes, appareils numériques en main (alors qu’on vient d’engueuler les photographes qui n’avaient pas le bon badge en précisant « pas de photos sans le badge ! Seules l’AFP et l’AP sont accréditées ! »). La com’ élyséenne va encore en prendre un coup. L’ambiance est électrique. Je serre mon micro dans la main droite, autour de nous, les gorilles en costards sombres sont comme des corbeaux : partout.
Visite au pas de charge, mais Il prend le temps de toucher des pièces mécaniques exposées pour l’occasion. Des petits ateliers sont disposés avec un employé derrière : ne manque que la vitrine ou les barreaux pour faire musée vivant. Rapidement, les « petits médias » locaux sont distancés par speedy-président (qui ressemble de plus en plus à De Funès !). Je me trouve largué au-delà de la ligne des 22 et je remarque à ma gauche une femme très maquillée avec un grand châle jaune - orange : Roselyne ! C’est Bachelot qui se promène dans l’usine en devisant avec un gars de France Bleue. Je m’approche pour profiter de la conversation et une minute après, le concurrent fout le camp, elle se retrouve seule. J’en profite pour tendre le micro et c’est quasiment bras dessus, bras dessous que durant 3 mn 24s (c’est inscrit sur mon petit enregistreur numérique) je l’interroge sur « les maisons de santé pluridisciplinaires ». A la fin, j’hésite à lui dire que ma mère l’adore, surtout depuis le coups des Crocks roses (des sandales à chier qu’elle avait un jour aux pieds) et que personnellement, quand Cantelou l’imite sur Europe 1 je me bidonne. Un éclair de bon sens fulgurant m’empêche de sortir cette idiotie.
Puis Il discute avec les employés, de tout, de rien (le PSG notamment !). Je vise NKM, mais elle ne le quitte pas d’une semelle. Les appareils photos numériques des ouvrières crépitent. Je repense à la régisseuse de l’Elysée et son coup de sang contre les journalistes non accrédités photos de tout à l’heure… Du coup, je sors mon téléphone portable, et je fais aussi des photos. Oui, elles sont floues, mais je m’en fous, j’ai enfreins la loi en sa présence !! Je savoure ma petite victoire.
Et puis hop ! Tout s’enchaîne ! La C6 blindée attend dehors, il neige de plus en plus. Au loin, on aperçoit les contribuables de Cormenon congelés qui applaudissent avec leurs moufles, mais c’est à peine si on les entend. Nous remontons dans le bus direction Morée où la situation a changé : la population du village a doublé, ce qui n’a jamais dû arriver dans l’histoire. Une foule fouillée au corps a pris place dans la salle des fêtes. Discours, applaudissements. Tout est en ordre.

La presse, dans la salle ad-hoc, est assise à des tables, comme à l’école. On nous a distribué le discours des « conclusions des Assises de la ruralité », qui était sous embargo jusqu’à midi.
Et là, croyez-moi si vous voulez, mais tous les journalistes – des médias les plus nationaux au plus locaux – se prennent la tête entre les mains, penchés avec application au dessus du texte. Il en est même un qui mâchouille son stylo, comme le jour du bac de français.
Et chacun de se demander, au terme de cette demi journée pas comme les autres et pour certains, routinière : « mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir raconter ? ».



Sarkozy Loir&Cher (10)


Sarkozy Loir&Cher (3)Tendance floue, c'est un concept...



reduit RCF, TF1 & Mercier(1)
"ce qui ne passe pas sur TF1 n'existe pas", disait Robert Namias.



Lire la suite

Qui est-elle ?

2 Juin 2009 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #l'évènement




La nouvelle est tombée comme un avion s’écrase en mer. Un Airbus A330, vol AF 447 Rio – Paris ne répondait plus. Deux cent vingt-huit passagers à bord. Les radios et télévisions, premières à pouvoir réagir, ont apporté leur lot d’incertitudes : on ne savait rien, mais ils en faisaient des « éditions spéciales », alternant images d’archives d’A330 en vol, témoignages d’anciens pilotes, experts météo, ministres et même le Président. Hier soir à 20h, personne ne pouvait encore expliquer ce qui avait pu se passer. La seul certitude, c’est qu’il s’agissait d’une catastrophe.

Puis vint la nuit.

La longue nuit des rotatives, la presse papier (qu’on disait « morte ») prenant le relais des images et sons qui avaient saturé le paysage médiatique le jour précédent. Ce matin, au réveil, les « unes » des journaux nationaux et régionaux étaient sans partage : la catastrophe s’étalait, en grand. Bon nombre d’entre eux choisirent la photo d’une femme, sous des angles différents, dans la même posture : la main sur la bouche, ravalant un cri, des larmes, une peine et un chagrin que l’on devine énorme.
En préparant la « revue des titres » ce matin à la radio, je me suis d’abord penché sur eux. C’est de la radio, je dois dire des mots, et à la une des journaux, ils sont gros et gras. Et puis peu à peu, la frêle silhouette de cette femme est apparue sur les feuilles qui sortaient de l’imprimante. Toujours la même, dans la même posture de peine indéfinissable, comme une piéta. Si le mystère de la disparition du vol AF 447 est grande, le mystère de cette femme m’est apparu aussi grand. Le choix de cette photo par les rédactions n’est d’ailleurs pas anodin : il s’agit pour le lecteur de s’identifier au drame, cela pourrait être lui, il se sent alors concerné. La simple photo archive d’un Airbus en vol ne suffit pas à l’impliquer, à lui tirer une émotion. Il faut des pleurs, des regards inquiets, des gestes désordonnés.

C’est cette femme.

Qui est-elle ? Pourquoi elle ? Sans doute est-elle désormais veuve, a-t-elle  perdu un ami cher, un frère, une sœur, un enfant qu’elle était venu attendre à Roissy, au Terminal 2 E, en ce lundi de Pentecôte. On devine la dernière conversation, par téléphone ou peut-être par mail : «je viendrai te chercher à l’aéroport, ne t’inquiète pas ». On imagine qu’elle est parti bien avant l’heure, pour être certaine d’être là quand la porte s’ouvrirait. Peut-être attendait-elle quelqu’un qu’elle n’avait pas vu depuis une éternité ? Elle a pris l’autoroute A1 avec sa voiture, il faisait beau, un lundi chômé plein de promesses et de retrouvailles.
Il y a malgré tout quelque chose d’indécent dans la vision de cette femme. En la regardant, en faisant défiler devant moi ces « unes » de presse, j’ai le sentiment de violer sa peine, un chagrin immense, un cri déchirant de douleur et d’inquiétude, qui reste prisonnier de cette main qu’elle aurait sûrement agitée dans la foule tout à l’heure pour faire signe à celui qui…
En déshabillant sa peine, à travers ce visage crispé de larmes ravalées offert à la vue de la France entière, nous revêtons le costume sombre du voyeur malgré lui. Et nous n’y pouvons rien.

Le vol AF 447 a d’abord été annoncé « retardé », puis n’arrivera jamais.
Et cette femme-là emporte avec elle le mystère de cette main qui couvre le cri et les sanglots.


Le monde du silence…






Lire la suite

Bashung est mort

15 Mars 2009 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #l'évènement



Ce matin, dès le réveil, la radio annonce : « Bashung est mort ».
Merde, putain, c’est pas vrai : Bashung est mort. Le thème de ce 11è Printemps des Poètes c’était : « le rire ». On ri moins à la mort du poète. Lui doit être mort de rire. « Je t’ai manqué : pourquoi, tu me visais ? ». Il y a quinze jours, trois victoires de la musique couronnaient cette carrière exceptionnelle, du rock au cinéma, côtoyant les plus grands, de Gainsbourg à Boris Bergman, Jean Fauque, Gaëtan Roussel. « La nuit, je ment, je prends des trains à travers la plaine. La nuit je ment, je m’en lave les mains ».
Bien sûr, on peut gloser une fois les géants disparus. Acheter tous leurs disques. Faire style genre « j’ai tous ses titres sur la play list de mon I pode. Entre Lamartine et Gainsbourg, il y a eu beaucoup de monde, dont Bashung.
Entre nous, il y aura toujours « Madame rêve », « Vertige de l’amour », « Osez Joséphine ». Et plus que tout :
« Bijou, Bijou, te réveille pas surtout, j’vais pas faire de bruit juste un café et c’est tout. J’peux plus rester ici j’dormirai j’sais pas où et c’est tout »

Merde, putain, tu fais chier Alain.
Pourquoi t’es parti ?




Lire la suite

Déesse

5 Février 2009 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #l'évènement



        L’actualité de ces jours-ci dépasse les espérances : Citroën annonce le retour de la « DS », le paquebot France est vendu par petit bout, on ne sait que faire du porte-avions Clémenceau.
La nostalgie du bon vieux temps, tenace, entrave sérieusement les « désirs d’avenir » et autre « France de demain » ardemment souhaitée par tous nos hommes et femmes politiques. Le courant réformateur, dussions-nous en crever la bouche ouverte, s’arrêtera-t-il aux portes d’une France d’antan qui sent bon les taloches et les encriers ?

Arrêtons-nous un instant sur la DS, fleuron de la marque Citroën, adulée par une génération de conducteurs, détestée par ceux que la suspension hydro-pneumatique rendait malade (ajoutée il faut préciser à une bonne dose de tabac gris fumé par des papas peu scrupuleux de la nocivité de la nicotine et du goudron). Elle a sauvée la vie du Général. Pompidou adorait la conduire lui même, la pédale à fond si possible. Fantomas en avait une, Rabbi Jacob aussi. Il n’est pas improbable que ce retour aux sources ait quelque chose de pernicieux : le pouvoir d’achat est encore concentré aux mains d’une génération laborieuse qui, si elle ne profita pas complètement de l’ascenseur social, n’en fut pas moins l’une des utilisatrices. La DS new look, si elle devait voir le jour, ne serait probablement pas conduite par les Smicards actuels, mais plutôt par des retraités heureux d’échapper à la crise grâce aux économies amassées pendant quarante ans. .

Le paquebot France vendu pièce par pièce. Si vous ne possédez pas un appartement avec quatre mètres de plafond avenue de Wagram à Paris, aucune chance d’acquérir la proue, qui toise trois mètres cinquante. En revanche, sur une grande radio du service public (Dieu ait son âme), j’ai entendu un acheteur potentiel dire qu’il souhaitait acquérir un hublot, « parce que j’ai eu la chance de passer la tête dedans un jour ». Heureusement que le fortuné ne passa pas la tête à travers une guillotine, l’expérience aurait pu en être raccourcie…

Enfin, et non des moindres, au moins pour le symbole : il est un objet flottant identifié dont personne ne songe à acheter les pièces détachées : le porte-avions ex-Clémenceau (débaptisé Q-790), bourré d’amiante, vogue vers la perfide Albion, après, on le sait, bien des péripéties. Il fait peine à voir, avec ses larmes de rouilles. Il pourrait couler d’une minute à l’autre si on n’y prenait garde. Georges Clémenceau, « le Tigre », ne pourrait imaginer plus funeste dessein, à l’heure où les Brigades du Tigre ressuscitent, justement. Et dire que Roland Jourdain déclarait il y a trois jours justifiant son abandon dans le Vendée Globe, qu’il s’en voudrait si son « Véolia » coulait à cause de l’absence de quille au large des Açores ! « La mer n’est pas une poubelle » disait-il. Tout le monde ne partage pas cette sagesse, visiblement.
 
Allez, rassurons-nous : comme disait le philosophe du bon sens Philippe Meyer « le progrès fait rage et le futur ne manque pas d’avenir », et une chose est certaine : le passé joue encore les prolongations. La route est longue, quand on ignore où on va, le bon vieux temps c’est rassurant.
Mais, comme à l’arrière d’une DS : ça finira par écœurer.





Lire la suite

Yes, we can !

5 Novembre 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #l'évènement




Le 44è Président des Etats-Unis d’Amérique est donc Barack Hussein Obama, né de père kényan et de mère américaine. La Maison Blanche se colore. L’espoir est immense. Les défis encore plus importants. « Oui, nous pouvons » va vite se transformer en « oui, nous devons ».

Ce matin, à 5h15, dans le métro D qui file sous les rues de la capitale des Gaules, la rame est très colorée. Comme tous les matins, noirs, arabes, antillais, portugais, arméniens, affalés sur les sièges kakis du métro orange crasseux. Vestes fluos ou bleues des uniformes d’entreprises de nettoyage. Pas de cols blancs, ou seulement à « Saxe Gambetta », mais c’est normal :  il y a une correspondance pour « Part Dieu », TGV pour Paris, cadres à roulettes et valises bourrées d’ordinateurs, direction  réunions reporting et managériales. Mais dans un coin, un Africain, grosse doudoune sur le dos, bonnet vissé sur le crâne. Petites lunettes de vue. Dans ses mains : une bible de poche, dans un marocain de cuir noir à fermeture éclair. Il est concentré, je l’observe le plus discrètement possible. Ses lèvres bougent légèrement, il « mâche » la parole de Dieu, silencieusement. Il pose la bible sur ses genoux. C’est le « Livre des Chroniques ».

Bellecourt, tout le monde se lève, correspondances. Savent-ils qu’Obama vient d’être élu Président des Etats-Unis ? La nouvelle est officielle depuis 5h du matin heure française, information CNN. Un noir (métisse) à la Maison Blanche. Les travailleurs du petit matin sont toujours les mêmes. Mais leur espoir vient des profondeurs de la terre.

Yes, wa can. Yes we need.
Just do it !

Lire la suite

faire-part de décès

12 Mars 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #l'évènement

                                                     Lazare est mort !

     Il était venu à pied du nord de l’Italie à l’âge de neuf ans et demi, pour gagner la France qu’il considérait comme « un paradis ». A dix-sept, à l’automne 1914, il triche sur son âge pour pouvoir s’engager au 4è Régiment de Marche de la Légion Etrangère. Ca use les souliers. Il voulait défendre la France, « parce qu’elle m’avait donné à manger ». Il fut envoyé sur le front de l’Argonne, à bouffer des pommes de terre et des fayots pourris, sous la mitraille. « Vous tirez sur des pères de famille, c’est complètement idiot la guerre », dira-t-il plus tard. Encore un homme personnifiant le bon sens qui vient de s’éteindre.
Lazare Ponticelli, ancien poilu de 110 ans, est mort aujourd’hui, et la République toute entière se penche sur le lit du défunt, religieusement. Il y a des funérailles nationales en perspectives, et il y aura du beau monde au premier rang dans l’église St Louis des Invalides.
Du beau linge, qui est dans de salles draps. Cette même République des Préfets, nommés par qui on sait, pour faire appliquer les lois de la République, comme celle-ci par exemple : au Cheylard, un bled paumé de l’Ardèche, une jeune Sénégalaise de trente ans vient d’échapper de peu au charter pour Dakar. Le médecin du centre de rétention de Lyon a jugé son état « préoccupant », et en tout cas incompatible avec un vol normal. Elle est invalide à 80% suite à une chute d’échelle mal soignée il y a six ans, chez sa belle-mère qui la traitait comme une servante. Marietou (c’est son prénom) est… petite fille de Tirailleur sénégalais tombé pour la France.
Rompez les rangs !
Comme un certain Galiléen il y deux milles ans en Palestine, on a parfois envie de crier : « Lazare ! Viens dehors ! »
 
Lire la suite

Chronique ardéchoise d'un journaliste localier (n°17)

7 Mars 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #l'évènement

                                                                              Brèves de comptoir


          Ah ! La politique locale à la veille des élections municipales et cantonales ! Comme un marron glacé, on s’en pourlèche les babines de plaisir… 

Michel Barnier, après avoir nettoyé ses souliers crottés au salon de l’Agriculture, est venu les traîner dans la boue ardéchoise, mais il a de la chance : il a tant venté ici depuis trois jours que tout est sec comme la langue d’un pendu. Et puis le jeune candidat Uèmepé à la mairie de Privas lui a réservé la visite du fleuron de la châtaigne en Ardèche et même dans le monde : l’usine Clément Faugier, propre comme un sou neuf. 

La presse était prévenue : il ne fallait prévenir personne, de peur que des manifestants anti-OGM viennent troubler l’ordre public d’une visite amicale au benjamin des candidats en Ardèche (29 ans), qui tient à prouver ainsi que malgré son jeune âge, « il a le bras long, et des relations ». Qu’il en profite, le sus dit Barnier est donné partant en cas de remaniement ministériel, qui aura très sûrement lieu malgré les « promesses » du Très Haut de la République (qui n’en sera pas à un revirement de veste près). 

On ne prévient personne donc, inutile, le canard local « Dauphiné Libéré » s’en était chargé deux jours auparavant. Arrivé à l’usine Faugier à l’heure dite pour le point presse avec le ministre, sortant de ma voiture, une C3 blanche avec trois hommes à bord m’intercepte rapidement. Où allez-vous comme ça ? – Stupéfaction et surprise. Je reprends mes esprits, flairant un mauvais coup : 
Mais vous êtes qui, d’abord ?  - La Police, Monsieur. – La Police ?? Et bien, je vais faire mon métier de journaliste, je vais à la conférence de presse du ministre qui visite actuellement l’usine. Et j’ajoute, non sans malice : - je ne suis pas un militant anti-OGM si c’est ce que vous craignez…
Il est vrai que coiffé de mon bonnet marine, en caban révolutionnaire, écharpe rouge, on aurait pu le croire.
Les flics, amis du jeune candidat à la mairie de Privas donc, ont ajouté de me mêler de ce qui me regarde, ce que je me suis empressé de faire, puisque j’étais là pour ça, et non pour taper la causette avec les cow-boys fringants. 

On a en plus mangé des fondants au marron (un petit plaisir gustatif à tuer sa mère), et des toasts à la tapenade (à tuer son père). J’ai une fois de plus sacrifié ma famille sur l’autel des produits culinaires qui rendent ces happening sympathiques, au fond. 

Vive la République ! Vive la France ! 

Restez en ligne : le printemps des poètes débute ce ouikende. On ne va pas s’en priver non plus…

Lire la suite

un carnaval de confettis ! (Ardéchois, coeur fidèle n°14)

16 Février 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #l'évènement

On a brûlé le dieu carnaval en place publique de Privas... Une chose est certaine : ces enfants-là, qui ignorent tout du parrainage par devoir de mémoire qui se trame pour eux au plus haut sommet de l'Etat, ont encore beaucoup de vitalité et d'imagination. Laissons-les à leur amusement donc, et fichons-leur la paix avec des parrainages mortifères. 
Le dieu carnaval est mort, vive les vivants ! 

undefined

 

undefined

 


undefined


undefined

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>