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Le jour. D'après fred sabourin
Articles récents

Urbain (1)

28 Juillet 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #regarde-la ma ville

                                                       Les Gitans



Il fait beau au soleil sur le pont. Je regarde les gitans de l’autre côté du port. Ils sont beaux. D’ici je ne vois pas leurs têtes, ils sont justes beaux d’être, tous ensemble devant leurs caravanes à s’agiter autour de leur conversation. Ils doivent parler très fort, j’en entend des bribes par dessus le bruit des voitures. Leur présence rayonne sur le port, on sent qu’ils existent très fort. C’est pas comme l’autre, qui vient avec sa Porsche surveiller son petit voilier ; ni même comme les clodos du pont qui eux rayonnent la résignation. D’ailleurs ils sont partis c’est peut-être à cause des gitans.
Une petite boule rouge s’active autour du groupe, elle tient un balais qui fait deux fois sa taille, elle fait des pas immenses et secs, et le manche virevolte au dessus de sa tête. Elle paraît chargée d’électricité. D’ici sa robe lui tombant jusqu’au pieds m’apparaît comme un cerf volant frétillant dans le soleil de printemps.
Je t’avais peint ce tableau avec des mots, mais j’ai gardé pour moi cette lettre, cette journée qui m’ouvrait sa fenêtre.

(Mano Solo)







  (à suivre...)

 

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lignes de fuite

22 Juillet 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #voyage - voyage...




"On avait mis en panne, et c’était grande fête :
Chaque homme sur son mât tenait le verre en main ;
Chacun à son signal se découvrit la tête,
Et répondit d’en haut par un hourra soudain.
Le soleil souriant dorait les voiles blanches ;
L’air ému répétait ces voix mâles et franches,
Ce noble appel de l’homme à son pays lointain".

Alfred de Vigny, "la Bouteille à la mer"











(à suivre...)
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des bateaux et des hommes...

18 Juillet 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #voyage - voyage...

Suite promise de quelques morceaux choisis de l'Armada de Rouen 2008.


Voltige sur la proue de l'Amerigo Vespuci. Maneouvres au sifflet.





Dans les heures du soir, le jeune Capitaine
A fait ce qu'il a pu pour le salut des siens.
Nul vaisseau n'apparaît sur la vague lointaine,
La nuit tombe, et le brick court aux rocs indiens.
- Il se résigne, il prie, il se receuille, il pense
A Celui qui soutient les pôels et balance
L'Equateur hérissé des longs méridiens.

A de Vigny (La Bouteille à la mer, suite)


des marins à l'ancre... (Amerigo Vespuci ; Italie)


ou des hommes à terre.

(à suivre... )

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Messagerie maritime

15 Juillet 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #voyage - voyage...



Quand un grave Marin voit que le vent l’emporte,
et que les mâts brisés pendent tous sur le pont
que dans son grand duel, la mer est la plus forte,
et que par des calculs, l’esprit en vain répond ;
que le courant l’écrase et l’emporte en sa course,
qu’il est sans gouvernail et partant, sans ressources,
il se croise les bras dans un calme profond.

Alfred de Vigny, « La Bouteille à la mer » (Maine-Giraud 1846)


Armada de Rouen. Pas d’autres paroles que celle des marins, qui, comme chacun sait, ne disent que ce qui est nécessaire.
Le reste n’est que fourniture et accastillage.









(à suivre : des bateaux et des hommes ; des lignes de fuite ; de ciel et de cordages)
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Reflets (suite)

14 Juillet 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne


NB : ceci n'est pas une photo de Yann Arthus-Bertrand...
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Première Séance

11 Juillet 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #chronique cinéma

                        Le Voyage aux Pyrénées

Diaphana Films

de Arnaud et Jean-Marie Larrieu. France 2008. 100 mn. 180 copies. Distributeur : Diaphana. Avec : Jean-Pierre Darroussin ; Sabine Azéma ; Arly Jover ; Philippe Katerine…


Dans Peindre ou faire l’amour, le précédent film des très récréatifs frères Larrieu, c’est la Grande Chartreuse qui était le décor d’une singulière histoire de couple échangiste malgré lui. Daniel Auteuil et Sabine Azéma étaient en effet troublés par Sergi Lopez, non-voyant polisson qui savait se servir de ses autres sens.
Cette fois, dans Le Voyage aux Pyrénées, ce sont bien ces splendides montagnes franco-espagnoles qui offrent le décor de cette histoire d’un couple de comédiens très célèbre, venu se reposer dans les alpages en automne. Car madame (Sabine Azéma) a des crises de nymphomanie, et le meilleur moyen de calmer ses ardeurs, pense son mari (JP Darroussin), c’est encore de venir les rafraîchir aux vents des petits matins frais.
C’est peu dire que les Pyrénées offrent plus qu’un décor et un prétexte : un personnage à part entière, filmé avec délectation par les facétieux frères Larrieu (les amateurs reconnaîtront les environs du Cirque de Gavarnie et de Luz Saint-Sauveur).
Sautillant joyeusement d’un genre à l’autre, sans souci d’unité ou de cohérence, Le Voyage aux Pyrénées transporte le spectateur aux frontières de l’absurde en donnant à penser, comme dirait le philosophe. Filmé parfois à la manière d’un documentaire, on bascule aussi du côté de la farce fantastique et mystique, lorsqu’un ours des Pyrénées apparaît trop humain, lorsque JP Darroussin se met à parler tibétain, lorsque des moines joyeux et chantant (excellent Philippe Katerine) se promènent nus au creux d’un torrent régénéré, et jouent de la guitare dans une chapelle.
Alternant des scènes parfois grossières ou gratuites, des situations saugrenues, mais toujours superbement interprétées, Le Voyage aux Pyrénées abuse du spectateur, qui hésite entre l’hilarité et la retenue. Parce que quand même, tout ceci n’a pas l’air de tenir debout.
Et pourtant : un seul but pour les réalisateurs et les acteurs : bien se marrer, prendre du plaisir dans cette farce montagnarde où tous prouvent que le jeu est avant toute chose un art de vivre, et les histoires toujours bien bonnes à raconter.


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Négri-culture, mais pas trop

8 Juillet 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #étonnement


 

Lyon est en finale, avec Marseille, Paris, Toulouse et Bordeaux, pour devenir « capitale européenne de la culture » en 2013.
Date qui, cela ne vous aura pas échappé, tombera un an après l’élection présidentielle, et Dieu lui-même ignore encore ce qui se passera cette année-là, et encore plus d’ici là !
Mais bon. Lyon veut devenir capitale européenne de la culture, et elle s’en donne les moyens. Sans doute ses concurrentes aussi. Elle a ses chances ceci dit.
Alors, pilier de la culture, Lyon communique. Quatre par trois JC Decaux dans toute la cité.
Sur l’un d’eux, le  visage « d’un homme de couleur », expression à la con car en réalité le noir est l’absence de couleur. Il y a du politiquement correct dans l’air, me dis-je en voyant la photo pour la première fois. De l’audace, enfin ! Il y a certes encore du chemin à faire, mais pour une fois qu’on ne nous sert pas sur une publicité institutionnelle une bonne tête de blond,  race des purs, ou une belle brune pas trop typée sud mais plutôt de race parisienne… 
Ah oui mais voilà : je regarde mieux la photo, et ce que je crois être un méchant reflet d’un néon mal réglé est en réalité un effet volontaire de la part de l’infographiste sûrement aidé par un logiciel de retouche photo qui permet de « blanchir le noir ».
Pour faire moins nègre.

Pour faire plus propre sur le placard quatre mètre sur trois. Chez Gérard Colomb, faut pas trop blaguer avec certaines audaces. C’est bien un homme de couleur, mais pas trop, en fait. C’est vrai quoi ! La parité a des limites, quand même !
Il ne faudrait pas effaroucher le bon bourgeois de la « presqu’île », ghetto de la frange culturelle candidate pour 2013. On ne sait jamais, si par hasard le ministre des reconduites à la frontière, Brice H. passait dans le coin. Il serait fichu de lui demander ses papiers !
Vous voyez l’affaire si, comme dans des restaurants chics du 1er et 2è arrondissements il n’en avait pas ?



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Reflets

6 Juillet 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne


Belledone apparaît au centre d'un lac  des Grandes Rousses, perché dans le plan de Cavalles (2600m)



Lac de Grand Maison, vu du Col du Sabot (2100m). Au fond, le toit de l'Europe.


(à suivre...)
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office national des forêts

26 Juin 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #émerveillement

                                       Comme un arbre dans la ville



Je suis né dans le béton, coincé entre deux maisons, sans abri, sans domicile, comme un arbre dans la ville.
Comme un arbre dans la ville, j’ai grandi loin des futaies, où mes frères des forêts ont fondé une famille, comme un arbre dans la ville.
Entre béton et bitume, pour pousser je me débats, mais mes branches volent bas. Si près des autos qui fument, entre béton et bitume.

Comme un arbre dans la ville, j’ai la fumée des usines, pour prisons et mes racines, on les recouvrent de grilles, comme un arbre dans la ville.
Comme un arbre dans la ville, j’ai des chansons sur mes feuilles, qui s’envoleront sous l’œil de vos fenêtres serviles, comme un arbre dans la ville.
Entre béton et bitume, on m’arrachera des rues, pour bâtir où j’ai vécu des parkings d’honneur posthume, entre béton et bitume.

Comme un arbre dans la ville, ami fais après ma mort, barricades de mon corps, et du feu de mes brindilles, comme un arbre dans la ville.

Maxime Le Forestier.

rue des Bons enfants, Rouen

île Barbe, Lyon
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souvent, le soir, pour s'amuser, les hommes d'équipages...

21 Juin 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #émerveillement

                                                  Le petit pêcheur



        Il est arrivé en roller. Sur son dos, un sac. Accrochées au sac, des perches. Méticuleusement, il s’est débarrassé de ses rollers, pour enfiler une paire de chaussures. Bateau, naturellement. Puis, lentement, avec assurance, il a ouvert le sac, sorti le matériel rangé dedans. Des perches, des boîtes, des machins et des trucs. Il a monté un petit trépied à vis, puis un deuxième, installé le râtelier. Ca y est, cette fois, c’est sûr : c’est un pêcheur. Il a déplié une première canne, installé le moulinet. Le tout – faut-il le préciser encore une fois – dans un calme profond, ignorant les rires et quolibets de la petite bande de jeunes assis tout près. Non loin de là, des notes d’une flûte traversière dégringolaient comme un ruisseau se jetant dans le Rhône, tumultueux après les pluies fournies de ces dernières semaines. Un joueur de flûte faisait une ode au fleuve. Un petit pêcheur s’apprêtait à en recueillir les fruits. Les jeunes ont fini par quitter les lieux, à la recherche d’une autre activité à faire, traîner son ennui ailleurs. La pêche exige de la patience. Difficilement compatible avec leurs estivales errances.
Le petit pêcheur, dans un geste sûr, a jeté une première ligne à l’eau, lestée d’un plomb. Il a mouliné légèrement, juste assez pour tendre le fil, mais pas trop. Emporté par le courant, celui-ci s’est figé. Il a posé la canne sur le râtelier ad hoc, avec une délicatesse infinie, comme si il avait bordé quelqu’un dans sons lit. Il a vérifié le moulinet, un léger cliquetis pour s’assurer du bon départ du fil, au cas où.
Puis il a monté une deuxième ligne, de la même manière que la première. Puis il a attendu. Les mains dans les poches. « Son paletot aussi devenait idéal ».

Petit pêcheur du Rhône, ta patience t’honore. Au bord du fleuve en furie, reste calme. Car c’est ainsi, petit pêcheur du Rhône, que tu deviendras grand.

J’avais apporté un livre. Il ne m’a servi à rien. Je le lirai demain.




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