Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le jour. D'après fred sabourin
Articles récents

Le Grand bain de Gilles Lellouche : l’inattendue natation des synchronisés

5 Novembre 2018 , Rédigé par F.S Publié dans #chronique cinéma

Le Grand bain de Gilles Lellouche : l’inattendue natation des synchronisés

Gilles Lellouche, réalisateur de Narco (2004) et Les Infidèles avec Jean Dujardin en 2012, signe avec Le Grand bain une comédie collective doucement mélancolique, excentrique et absurde. En employant un des plus beaux castings masculin actuel, personnages malmenés par la vie auxquels répondent des personnages féminins aux caractères affirmés.

Le Grand bain de Gilles Lellouche : l’inattendue natation des synchronisés

Dépressif chronique, mari mal aimé, abandonné et en colère, loser magnifique, père rock star has-been, mythomane en naufrage et employé de piscine timide… Gilles Lellouche rassemble dans Le Grand bain des quadras-quinquagénaires en chute lire, bardés non plus de certitudes – ça fait longtemps qu’ils n’en ont plus – mais de graisses superflues, dans la tiédeur réconfortante d’une piscine pour d’inattendus autant qu’improbables cours de natation synchronisée. Ils sont la risée des autres nageurs, notamment l’équipe de water-polo à la testostérone surdimensionnée. Coachés par deux femmes à poigne – c’est probablement ce qu’il leur faut pour éviter de couler complètement – ils se mettent en tête de préparer les championnats du monde de leur discipline en Suède. Qu’importe le prétexte, Le Grand bain est surtout là pour nous montrer un aréopage improbable, touchant, sympathiquement mélancolique.
 

Ils n’ont pas de « petits pulls marines » mais touchent le fond de la piscine quand même : Benoît Poelvoorde, Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Philippe Katerine, Jean-Hugues Anglade, Alban Ivanov, Félix Moati, Balasingham Thamilchelvan un Sri-Lankais pas très connu mais qui gagne à l’être), la fine fleur du cinéma français actuel.
Pour secouer les entrainements de ces « champions » adeptes d’un sport de filles, trois personnages féminins à forte poigne : Virginie Efira, ex-alcoolique qui déclame à ces messieurs des vers de Maria Rilke clope au bec assise sur le plongeoir ; Leïla Bekthi ex nageuse désormais paralysée qui joue la Folcoche en passant sa hargne sur ces hommes en chute libre ; et Marina Foïs, en modèle de femme compréhensive et dévouée à son dépressif de mari (Mathieu Amalric).

 

On sait gré à Gilles Lellouche, réalisateur à la périodicité irrégulière, d’avoir su trouver le ton juste dans un film chorale qui aurait pu être casse-gueule autant que casse-bonbons. Le genre comédie au cinéma français regorge de niaiseries convenues aux gags lourds et maquillés comme des camions volés, manquant cruellement de subtilité et de drôlerie véritable. Dans Le Grand bain, rien de cela : un agréable moment de comédie douce-amère, sensible et écornant au passage les « valeurs » surévaluées et surreprésentées de notre « drôle » d’époque : esprit de compétition systématique, beauté, jeunesse, minceur, réussite sociale…

Le Grand bain de Gilles Lellouche : l’inattendue natation des synchronisés

« Accepte la femme qui est en toi ! » répète Delphine (Virginie Efira) à ces antihéros quinquagénaires brioches en avant et cuisses de grenouilles en slips de bain au bord de la piscine municipale. Et ça marche : Gilles Lellouche et ses boys mouillent le maillot, en ballet des synchronisés. Sans perdre pied, dans le Grand bain

F.S.

Le Grand bain de Gilles Lellouche : l’inattendue natation des synchronisés
Le Grand bain de Gilles Lellouche : l’inattendue natation des synchronisés
Lire la suite

Que va devenir la bibliothèque personnelle de François Mitterrand ?

25 Octobre 2018 , Rédigé par F.S Publié dans #littérature, #Presse book

Les 29 et 30 octobre prochains sera vendue chez Piasa la bibliothèque personnelle des livres modernes de François Mitterrand. 683 lots, majoritairement composés de livres rares et magnifiquement reliés, aussi des autographes et des lettres de personnalités de l’histoire de la seconde moitié du XXe siècle. Il est cependant regrettable que cette exceptionnelle collection de l’ancien chef d’État soit disséminée dans la nature…

(c) catalogue de la vente Piasa

(c) catalogue de la vente Piasa

L’enfant de Jarnac, ancien élève du collège Saint-Paul d’Angoulême, puis pensionnaire des frères Maristes au 104 rue de Vaugirard, l’homme de « l’union de la gauche » qui le porta jusqu’à la Présidence de la République, aimait les écrivains de droite, ce n’est pas une découverte. De Maurice Barrès, dont il dira sur la plateau d’Apostrophes le 7 février 1975 « que la première page de La Colline inspirée, pour moi, est restée un chef-d’œuvre », jusqu’à Brasillach, Drieu La Rochelle, en passant par le catholique et révolutionnaire Léon Bloy, François Mauriac, Michel Déon, et bien sûr Jacques Chardonne, Roger Nimier, Paul Morand : c’est un véritable trésor de la littérature française du XXe siècle qui va être présenté aux enchères les 29 et 30 octobre prochain chez Piasa, à Paris dans le 8e arrondissement.

François Mitterrand était bibliophile. Un bibliophile averti même si on en juge par l’excellente qualité de ses choix, au gré de ses pérégrinations secrètes, pour s’échapper d’un quotidien dominé par la politique et les grandes questions nationales ou internationales liées à la Présidence de la République. Il arpentait les librairies du Quartier Latin et Saint-Germain (Gallimard boulevard Raspail ou Loliée notamment, rue de Seine), à la recherche d’exemplaire « de tête », ces tirages numérotés en très faible quantité, imprimés sur des papiers de haute qualité : Vélin, de Chine, de Japon ou de Hollande. Il les faisait relier avec de très beaux maroquins aux cinq nerfs sur la tranche par les meilleurs relieurs de Paris, parfois par Danielle Mitterrand elle-même qui a visiblement assuré une partie du classement, des fiches et du catalogue manuscrit de cet extraordinaire témoignage de la passion d’un homme, d’un Président de la République pour les livres, qu’on ne reverra sans doute pas avant longtemps…

En 1990 déjà, François Mitterrand avait fait don de sa bibliothèque de livres « usuels », de documentaires, à la bibliothèque Jean-Jaurès de Nevers. 20.000 ouvrages dont la moitié lui était  dédicacés  s’y trouvent, témoignage de sa passion.

(c) catalogue de la vente Piasa

(c) catalogue de la vente Piasa

« François Mitterrand est un homme d’ordre » explique Jean-Baptiste de Proyart, libraire et expert, dans le catalogue de la vente Piasa qui à lui seul est déjà un trésor. « Les ouvrages de bibliophilie, eux, la leisure library, sont à Paris mais pas à l’Élysée. Danielle Mitterrand a pour eux aussi dressé un catalogue manuscrit sous forme de répertoire pour lequel elle a utilisé les mentions figurants sur les fameux petits papiers ». La majorité des livres comporte en effet « une marque de possession pleine de charme ». François Mitterrand avait pour habitude de découper une bande de papier verticale, sur laquelle il notait de sa célèbre écriture de couleur bleue, à la plume, le nom de l’auteur, l’endroit où il avait acheté le livre, son prix, la mention « ed. or. » s’il s’agissait d’une édition originale, la date exacte de l’acquisition et le nom du relieur si éventuellement il avait fallu le faire relier. Au dos de ces « petits papiers », on suit à la trace le parcours du bibliophile, de la « Chambre des députés », au « Palais de l’Élysée » en passant par le Sénat et « la Présidence de la République ».

Dans cette bibliothèque, de quoi faire s’évanouir de plaisir un passionné de littérature du XXe siècle : Hérvé Bazin, Michel Tournier, Louis Aragon, Blaise Cendrars, Malraux, De Gaulle, Mauriac, Léopold Sédar Senghor, Ernst Jünger, Milan Kundera, Françoise Sagan, Marguerite Duras, Albert Camus, Jacques Chardonne, Maurice Barrès, Gabriel Garcia Marquez, Julien Gracq, Marcel Pagnol, Gabriel Matzneff, Pierre Mendès-France, Jean d’Ormesson, Roger Nimier, Paul Morand, et Jacques Chardonne, bien sûr… Cet autre Charentais auteur du Bonheur de Barbezieux et des Destinées sentimentales, né à quelques dizaines de kilomètres de Jarnac dans une bourgade sensiblement de la même taille, Barbezieux, « une de ces bourgades endormies, qui fait pitié au Parisien quant il les traverse en voiture »… Il est probable qu’il ait fait siennes ses lignes de Chardonne dans Matinales : « Pour moi, la Charente est un songe, pays plus rêvé que réel (...). Avec les années, j’ai composé une Charente que j’aime. Ma terre natale m’est toute personnelle ; c’est ma création ». Cette bibliothèque d’un millier de livres est aussi la sienne.

F.S.

(publié aussi ici)

(c) catalogue de la vente Piasa

(c) catalogue de la vente Piasa

Des autographes et lettres inédites et rares qui vont aussi partir Dieu sait où !

L’imposante collection d’ouvrages de Jacques Chardonne va se trouver disséminée à moins qu’un collectionneur n’acquière l’ensemble des lots mis à la vente ce qui nécessitera de mettre un joli chèque sur la table. Parmi les 28 lots présentés lots de cette vente Piasa, le n°145, Lettres à Roger Nimier chez Grasset en 1954 porte une dédicace de la main même de Jacques Boutelleau (son vrai nom), patron des éditions Stock : « À François Mitterrand, souvenir d’un compatriote, avec beaucoup de considération et de sympathie ». Mais aussi un envoi historique d’Albert Camus d’un exemplaire broché des Justes (Gallimard 1950) « en souvenir d’une juste cause ». La biographie de De Gaulle par François Mauriac en 1964 chez Grasset : « à François Mitterrand, qui ne sera pas d’accord, bien sûr ! ». Un des 12 exemplaires sur Whatman de l’introuvable Notre Jeunesse de Charles Péguy (1910) en édition originale acheté 20.000 francs en 1985 chez Coulet et Faure, coté 22.000 francs chez Loliée un an plus tard (mise à prix 8.000-12.000 €). Encore des manuscrits comme une lettre de Charles De Gaulle (lettre à Francisque Gay, fondateur du MRP) datant du 1er janvier 1956 ; une lettre de Flaubert à Ivan Tourgueniev au sujet de sa possible nomination à un poste de conservateur à la bibliothèque Mazarine) ; la lettre de Georges Marchais secrétaire général du PCF « Cher ami, je vous confirme l’accord de notre Parti avec les mesures dont nous avons convenu jeudi dernier à l’issue de notre rencontre » (4 janvier 1973) ; une lettre de Golda Meir ; des courriers de Shimon Peres en 1978-79 ; des autographes de Françoise Sagan ; de Saint-John Perse ; Philippe Sollers ; Milan Kundera ; Margaret Tchatcher ; Michel Tournier ; et… une carte de vœux de Léonid Brejnev en 1977.

(c) catalogue de la vente Piasa

(c) catalogue de la vente Piasa

(c) catalogue de la vente Piasa

(c) catalogue de la vente Piasa

(c) catalogue de la vente Piasa

(c) catalogue de la vente Piasa

(c) catalogue de la vente Piasa

(c) catalogue de la vente Piasa

(c) catalogue de la vente Piasa

(c) catalogue de la vente Piasa

Lire la suite

Nos Batailles : Romain Duris, un père à mère

9 Octobre 2018 , Rédigé par F.S Publié dans #chronique cinéma

Le film de Guillaume Senez met en scène l’histoire d’un homme abandonné de sa femme se retrouvant seul du jour au lendemain avec ses deux enfants. Une inversion des rôles rare au cinéma, toute aussi rare que la très belle et touchante prestation de Romain Duris, qui trouve là probablement son plus beau rôle.

Nos Batailles : Romain Duris, un père à mère

Nos Batailles commence comme un film de Stéphane Brizé : dans un entrepôt de vente en ligne, qu’il n’est pas difficile à identifier comme un géant actuel du secteur, qui finit par broyer les vies de ses ouvriers. Olivier (Romain Duris) est chef d’équipe, entre le marteau et l’enclume de ses collègues et la direction toujours prompte à augmenter les cadences, et à virer ceux qu’elle identifie comme les plus faibles. Syndicaliste, Olivier passe beaucoup de temps au travail. À la maison, Laura (Lucie Debay) « gère » l’intendance, et les deux enfants du couple. Vendeuse dans un magasin de vêtements, elle semble au bord de la crise, transparente, comme déjà ailleurs. Un matin dans la cuisine familiale, après avoir fait couler un café à son homme, elle l’embrasse avant qu’il ne parte au travail. C’est la dernière fois qu’ils se verront. Elle ne réapparaîtra jamais. Olivier se retrouve confronté à l’absence, aux pourquoi, à la gestion du quotidien avec ses deux enfants, aux choix des céréales du petit-déjeuner et des pulls à motif panda pour aller à l’école.

Nos Batailles : Romain Duris, un père à mère

La dernière fois qu’on a vu une femme quitter le domicile conjugal dans un film, si on se souvient bien c’était Meryl Streep dans Kramer contre Kramer, de Robert Benton en 1979 avec Dustin Hoffman. En dehors de cela, on a plutôt de nombreux souvenirs de femmes quittées par leurs hommes, les laissant sur le carreau avec la maison, les enfants, le boulot, le chien, les lessives-courses-ménages et surtout la tristesse et l’incompréhension. Guillaume Senez renverse les rôles, ce qui n’est pas fréquent et lui a même posé quelques soucis avec les financeurs du film. Qu’importe, grâce à un scénario habillement ficelé coécrit avec Raphaëlle Valbrune-Descplechin, Nos Batailles fonctionne très bien, et l’on est rapidement plongé dans la lessiveuse que peut représenter une telle situation.

Nos Batailles : Romain Duris, un père à mère

C’est surtout à Romain Duris qu’on le doit. Lui, l’adolescent désinvolte du Péril jeune en 1994, puis du triptyque étudiant post-adolescent, adulte en recherche et trentenaire indécis L’Auberge espagnole, Les Poupées russes, puis Casse-tête chinois de Cédric Klapish trouve là probablement son plus beau rôle. Celui où son éternel sourire naturel et charmeur dégainé en deux secondes se retrouve remisé derrière ses mâchoires serrées et un regard sombre qui dit tout de la faille qui vient de s’ouvrir sous ses pieds, et dans laquelle il semble être englouti comme une goutte d’eau dans l’océan. Il faudra quand même plus des deux tiers du film pour qu’il sorte enfin du déni, et verse ses larmes, le front contre le mur de la maison dont il peine désormais à payer le crédit. Sa sœur Betty (Laetitia Dosch) venue à son secours une dizaine de jours apporte aussi quelques scènes non surjouées et d’un naturel semi-improvisé pour autant très cadré dans la mise en scène.
 

À mi chemin entre chronique sociale et sentimentale, Nos Batailles dézingue les poncifs actuels sur la vie des couples hétérosexuels contemporains, et nous laisse sur le champ – de bataille – avec un joli goût d’avoir vu un bon film. C’est ce qui se dit à la sortie des salles, en tout cas…

Nos Batailles, de Guillaume Senez. Avec Romain Duris, Laure Calamy, Laetitia Dosch, Lucie Debay. 1h38.

Nos Batailles : Romain Duris, un père à mère
Nos Batailles : Romain Duris, un père à mère
Lire la suite

François Mitterrand : "On lui aurait arraché les livres, il mourrait"

9 Octobre 2018 , Rédigé par F.S Publié dans #littérature, #l'évènement

François Mitterrand : "On lui aurait arraché les livres, il mourrait"

Extraits de l’interview d’Erik Orsenna dans Le Figaro du 9 octobre par Valérie Sasportas, au sujet de la vente aux enchères de la bibliothèque de François Mitterrand les 29 et 30 octobre prochains chez Piasa (Paris 8e).
 

« Notre bibliothèque est notre vraie maison et l’on peut toujours regretter la destruction de quelque chose qu’on aime. Et pour François Mitterrand, elle l’était plus que pour tout autre. Les livres étaient l’une de ses deux passions avec l’architecture. C’était pour lui son imaginaire, le squelette de sa pensée, son rythme, sa distance – son refuge et sa protection – face à l’actualité. L’emploi du temps d’un homme politique, et à fortiori d’un chef d’État, est haché sans arrêt. Les livres étaient pour Mitterrand son retrait. Je l’ai vu, lors de voyages, s’extraire ainsi du monde, des courtisans. Les livres étaient son recueillement au double sens de recueillir et de se protéger, le repli permettant de réfléchir et d’être soi. Comment peut-on se forger une opinion et organiser les changements dont la société a besoin, si on n’a pas ce repli ? La lecture est une co-création. Mitterrand se co-créait en lisant. En tant qu’écrivain lui-même, il était trop proche de ses livres pour s’en libérer complètement, avoir son style à lui. Mais on lui aurait arraché les livres, il mourrait ! ».
(…)
« Est-ce que dans les temps à venir, le pouvoir se dissociera du livre ? C’est un élément vertigineux pour nos démocraties. Le livre, c’est la réflexion, le temps et, encore une fois, la co-construction. Or, nos démocraties sont remise sen cause de tous ces points de vue : c’est de la consommation, de l’extrême rapidité et de la réaction. Et-ce qu’il peut y avoir une démocratie de l’immédiat ? La réponse est non. Par conséquent, la question posée par vos deux pages, en dehors de François Mitterrand, est absolument centrale : comment un dirigeant se forge-t-il une pensée et comment des citoyens se forgent-ils une opinion ? Voyez les derniers sondages des « vrais présidents ». Deux noms ressortent : De Gaulle et Mitterrand. Je suis frappé de voir que le temps de lecture diminue, qu’on le passe sur les écrans et que c’est du temps de moins avec soi-même. Est-ce une époque qui s’achève ? Remplacée par quoi ? Je suis alerté et passionné par la question de l’immédiateté. Et cette vente permet de se pencher dessus ».

François Mitterrand : "On lui aurait arraché les livres, il mourrait"
Lire la suite

Hier encore…

5 Octobre 2018 , Rédigé par F.S Publié dans #l'évènement

Hier encore…

« Lorsque l’on tient, entre ses mains, cette richesse, d’avoir 20 ans, des lendemains pleins de promesse ; il faut boire, jusqu’à l’ivresse, sa jeunesse. À 18 ans, j’ai quitté ma province, bien décidé, à empoigner la vie, le cœur léger, et le bagage mince, j’étais certain de conquérir Paris. Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, Montmartre en ce temps-là, accrochait ses lilas jusque sous nos fenêtres. Par la peur de te perdre et de ne plus te voir, par ce monde insensé qui grouille dans ma tête, par ces nuits sans sommeil où la folie me guette, quand le doute m'effleure et tend mon cœur de noir, j'en déduis que je t'aime, j'en déduis que je t'aime… Nous nous sommes aimés, nos joies se sont offertes : dans le petit bois de Trousse-Chemise, la mer était grise, on l’était un peu, dans le petit bois de Trousse-Chemise, on fait des bêtises, souviens-toi nous deux… Laisse-moi guider tes pas dans l’existence, laisse-moi la chance de me faire aimer, viens comme une enfant au creux de mon épaule, laisse moi le rôle de te faire oublier… Nous nous sommes mariés par un jour de printemps, sans prêtre sans mairie sans amis ni parents, nous n’avions tout au plus elle et moi que 20 ans, mais un désir d’adulte brûlait nos cœurs d’enfants. J’ai mis mon complet neuf, mes souliers qui me serrent, et je suis prêt déjà depuis pas mal de temps, ce soir est important car c’est l’anniversaire, du jour où le bonheur t’avait vêtue de blanc, mais... viens, découvrons toi et moi les plaisirs démodés. Je sais qu’un jour viendra, car la vie le commande, ce jour que j’appréhende où tu nous quitteras ; je sais qu’un jour viendra où triste et solitaire en soutenant ta mère et en traînant mes pas, je rentrerai chez nous, dans un chez nous désert, je rentrerai chez nous où tu ne seras pas.
 

Un beau matin, je sais que je m’éveillerai, différemment de tous les autres jours, et mon cœur délivré enfin de notre amour, et pourtant, et pourtant… C’est drôle, c’que t’es drôle à r’garder, t’es là, t’attends tu fais la tête, et moi j’ai envie d’rigoler, c’est l’alcool qui monte dans ma tête, tout l'alcool que j'ai pris ce soir afin d'y puiser le courage de t'avouer que j'en ai marre de toi et de tes commérages, de ton corps qui me laisse sage et qui m'enlève tout espoir. Dieu que t'as changé en cinq ans, tu t'laisses aller, tu t'laisses aller.
 

Il faut savoir quitter la table lorsque l’amour est desservi, sans s’accrocher l’air pitoyable, mais partir sans faire de bruit. Que c’est triste Venise, au temps des amours mortes, que c’est triste Venise, quand on ne s’aime plus… Je n’aurais jamais cru qu’on se rencontrerait, le hasard est curieux, il provoque les choses, et le destin pressé un instant prend la pause ; non, je n’ai rien oublié... Je souris malgré moi, rien qu'à te regarder ; si les mois, les années marquent souvent les êtres toi, tu n'as pas changé, la coiffure peut-être… Non je n'ai rien oublié. J'habite seul avec maman, dans un très vieil appartement, rue Sarasate, j'ai pour me tenir compagnie, une tortue deux canaris, et une chatte...

Hier encore, j’avais 20 ans je caressais le temps et jouais de la vie  comme on joue de l’amour et je vivais la nuit  sans compter sur mes jours qui fuyaient dans le temps. Par l'idée que la fin pourrait être un début par mes joies éventrées par ton indifférence ; par tous les mots d'amour qui restent en souffrance, puisque de te les dire est pour moi défendu. J'en déduis que je t'aime, j'en déduis mon amour… »

Charles Aznavour

 

F.S. 5 octobre 2018

Lire la suite

Un Peuple et son roi : l’histoire d’un peuple qui marche de la lumière vers l’ombre

2 Octobre 2018 , Rédigé par F.S Publié dans #chronique cinéma

La scène est à Versailles, le jeudi saint d’avril 1789. Louis XVI s’agenouille devant des enfants pauvres de Paris, et refait le geste du Christ : il leur lave les pieds, les essuie avec un linge noué autour de sa taille et les embrasse. Par ce geste, il montre plus la nature divine de sa monarchie que la générosité des Bourbon qu’il incarne… Le film se termine par l’exposition au peuple rassemblé place de la Révolution, aujourd’hui de la Concorde, de la tête coupée du roi. Le « bon peuple » de Paris danse la carmagnole. Le cinéaste peut crier : « coupez ! », à bon escient.

(c) Jérôme Presbois

(c) Jérôme Presbois

Un Peuple et son roi, nouveau film de Pierre Schoeller (auteur de L’Exercice de l’État en 2011) nous invite à la mort d’un monde et la naissance d’un autre, avec toutes les hésitations et maladresses que cela suppose. Avec toutes les énergies aussi, à commencer par celle, surprenante, de la lumière d’un soleil qui réchauffe, enfin. Quand les tours de la Bastille sont s’effondrent pierre par pierre – occasionnant la perplexité de l’Oncle (Olivier Gourmet) souffleur de verre dans le quartier de l’Arsenal – le soleil entre à plein poumon dans la rue où s’entasse « le peuple ». « J’ai vu le soleil, il m’a touché la main », admire Françoise (Adèle Haenel) à laquelle répond Basile (Gaspar Ulliel), vagabond proscrit : « J’ai vu le roi, il m’a touché la tête ». Ce roi, aussi gras que les côtes du peuple affamé son saillantes, gauche et lâche fuyant vers Varennes mais rattrapé et traîné illico dans Paris, contraint d’assister aux débats d’une assemblée nationale où à la tribune voltigent Robespierre (Louis Garrel), Marat survolté (Denis Lavant, formidable), Saint-Just, Barnave, Danton, et d’autres figures plus méconnues de la Révolution française qui débattent elles autour du four du maître verrier.

(c) Jérôme Presbois

(c) Jérôme Presbois

L’on sait gré à Pierre Schoeller d’éviter une évocation supplémentaire de la Révolution tout droit sortie des images d’Épinal. Mais réussit-il son pari à 16 millions d’euros, lequel sera probablement suivi d’un tome 2 sur les balbutiements de ce peuple « libéré du tyran » en projetant son sang à la vue de tous ? Peut-être, pas si sûr, enfin il faut voir. Cette réponse le cul entre deux chaises (à porteur) ne peut être tranchée aussi facilement qu’avec un coup de lame de Monsieur Guillotin. Pierre Schoeller a beaucoup lu, visiblement, s’entourant d’historiens spécialistes de la période, de toutes les chapelles. Sur le fond, Un Peuple et son roi oscille donc entre une lecture intentionnaliste à la François Furet, cherchant le compromis entre une culture totalitaire appuyée par l’avènement de la Terreur, favorisant l’émergence d’un moment libéral ; et une historiographie sociale d’inspiration marxiste qui sera notamment développée par Albert Soboul, thèses d’une prise de pouvoir de la bourgeoisie qui ouvrira la voie au capitalisme.

- Adèle Haenel, Gaspar Ulliel. (c) Jérôme Presbois -

- Adèle Haenel, Gaspar Ulliel. (c) Jérôme Presbois -

Sur la forme, à l’écran, cela se traduit par une galerie de portraits où chacun, à son niveau, tente d’apporter du grain à moudre à cette révolution naissante et dont personne ne sait au début où cela va réellement mener, dans des débats qui peuvent aussi bien se dérouler à l’Assemblée nationale que dans des clubs où participent aussi des femmes, qu’elles soient lavandières ou nourrices. Ça n’est d’ailleurs pas la moindre des qualités du film de Pierre Schoeller que de leur rendre cet hommage historique mérité et souvent trop oublié, les figures de la Révolution française se cantonnant généralement dans les deux extrêmes que sont Marie-Antoinette et Charlotte Corday… On regarde cette Révolution du point de vue de ceux qui l’ont faite, en faisant attention aux détails, à l’enchaînement des circonstances, en prenant grand soin des discours des députés et des chansons populaires des révolutionnaires.

- Robespierre (Louis Garrel) (c) Jérôme Presbois -

- Robespierre (Louis Garrel) (c) Jérôme Presbois -

De tout cela, Pierre Schoeller, avec un casting ébouriffant, mène Un Peuple et son roi en le faisant passer de la lumière aux ombres plus subtiles et inquiétantes de l’insurrection qui vient, qui est venue, et qui viendra encore, accouchant d’une Terreur qui n’est autre que le fruit de ce surgissement auquel on assiste depuis juillet 1789. Cette ombre au tableau prend deux formes : celle d’un cheval noir aperçu une première fois, indomptable, au manège royal qui sera transformé en siège de l’Assemblée nationale. La seconde vision furtive du sombre équidé est aux Tuileries, après un affrontement contre les gardes suisses, où on le voit hébété et perdu au milieu des cadavres. À ce cheval noir qui d’abord se cabre puis se laisse caresser le museau après le massacre répond le silence glacial d’un matin de janvier 1793, place de la Révolution, où le roi Louis s’avance vers son terrifiant destin dans lequel – il ne le sait pas encore – son peuple va le suivre… Aveuglé et sourd, comme l’Oncle qui perd la vue les yeux brûlés par la poudre, et Basile plongé dans le silence après un coup de fusil trop près des tympans.

F.S.

- Laurent Laffite (c) Jérôme Presbois -

- Laurent Laffite (c) Jérôme Presbois -

- Marat, Saint-Just (c) Jérôme Presbois -

- Marat, Saint-Just (c) Jérôme Presbois -

Lire la suite

I Feel good : Jean Dujardin, frère Jacques en abbé Pierre

27 Septembre 2018 , Rédigé par F.S Publié dans #chronique cinéma

Benoît Delépine et Gustave Kervern sortent le 26 septembre I Feel good, avec Jean Dujardin et Yolande Moreau. L’histoire d’un crétin loser qui souhaite devenir immensément riche en développant une idée géniale que son cerveau ne pondra jamais. Satire grinçante, poétique et tendre pour ce film tourné dans le plus grand Emmaüs de France. Et ça marche…

I Feel good : Jean Dujardin, frère Jacques en abbé Pierre

Jacques marche en peignoir, chaussé de mules, le long de l’autoroute A64 près de Pau. Déterminé, il va vers la grande communauté Emmaüs de Lescar, aux pieds des Pyrénées. Là, il est accueilli par sa sœur Monique, la gérante de la communauté, qu’il n’a pas vue depuis un moment et qui l’accueille sans trop lui poser de questions. Éternel loser, crétin fini, Jacques a un grand projet pour devenir immensément riche : il veut rendre les petites gens beaux. Et sans trop se fatiguer, si possible.
 

- Gustave Kervern, Yolande Moreau, Jean Dujardin, Benoît Delépine au FFA en août 2018 -

- Gustave Kervern, Yolande Moreau, Jean Dujardin, Benoît Delépine au FFA en août 2018 -

Prix du public au Festival du film francophone d’Angoulême, où il a rempli les 11 salles du complexe cinéma CGR le soir de son avant-première le 26 août avec 2.400 spectateurs, I Feel good de Benoît Delépine et Gustave Kervern est dans la veine des huit longs-métrages précédents, Louise-Michel en 2008, Mammuth en 2010, Le Grand soir (2011) ou Saint Amour (2016). Satirique, poétique et tendre, le duo Delépine-Kervern font entrer dans leur univers une galerie de portrait savoureuse, au premier rang de laquelle l’inattendu couple Jean Dujardin-Yolande Moreau. En dénonçant le mythe de la réussite individuelle absolue et mettant en valeur la beauté intérieure, Dujardin/Jacques Moreau/Monique touchent la corde sensible et réussissent à entrainer le spectateur au cœur de ce village Emmaüs, le plus grand de France, à Lescar-Pau. Aux antipodes l’un de l’autre – Monique a gardé la foi communiste de ses parents, dont elle conserve les cendres dans la boîte à gants de sa vieille Simca 1100 ; Jacques ne songe qu’à devenir très riche mais ressemble à un vendeur de presse-purée traversé par le doute – ils font basculer le film dans l’absurde où plus rien ne compte vraiment, que des pauvres aillent se faire lifter dans une clinique de chirurgie esthétique low cost en Bulgarie n’a plus vraiment d’importance, l’essentiel est que Jacques fasse apparaître l’invisible (comme ce téléphone imaginaire à l’oreille). Ou des petites perles de dialogues comme ce : « Tu sais que tu as un gros potentiel de séduction toi ? Ça te dirait de sortir de ta chrysalide ? » lancé à un compagnon d’Emmaüs éberlué.
 

Le bric-à-brac foutraque du lieu a aussi inspiré B. Delépine et « Gus » Kervern : ils rendent attachants et beaux des hangars remplis de machines à laver ou des étagères pleines de matériel mis au rebus par une société de consommation qu’ils dénoncent à longueur de films. Tout cela grâce à une mise en scène et une photo valorisant ce qui ne semble ne plus servir à rien, ce qui est usé, ce qui se recycle. Mais il y a mieux : en faisant jouer des vrais compagnons d’Emmaüs aux gueules de cinéma plus vraies que nature, Delépine et Kervern donnent à ce I Feel good tout son sens, qui n’aurait pu être que pathétique s’ils n’avaient pas traité tout ce petit monde de cabossés, comme disait l’abbé Pierre, avec un infini respect et affection. Et grâce à cela, on peut dire aussi, en sortant de la salle : I Feel good.

FS

I Feel good : Jean Dujardin, frère Jacques en abbé Pierre
- "Si t'as pas un peignoir et des mules à 50 ans, t'as raté ta vie" -

- "Si t'as pas un peignoir et des mules à 50 ans, t'as raté ta vie" -

I Feel good : Jean Dujardin, frère Jacques en abbé Pierre
Lire la suite

Sept ans de réflexion

25 Septembre 2018 , Rédigé par F.S Publié dans #Lettres à ...

- Il y eut un matin -

- Il y eut un matin -

7 ans d’étonnements. 7 ans d’émerveillements. 7 ans d’inquiétudes. 7 ans de quiétude. 7 ans d’attente. 7 ans d’impatience. 7 ans de questions. 7 ans d’interrogations. 7 ans de cris. 7 ans de silences. 7 ans de c’est quoi ce bruit. 7 ans de paroles. 7 ans de mots. 7 ans de maux. 7 ans de musique. 7 ans de cailloux, de marrons, de bouts de bois, de trucs ramassés n’importe où et fourrés dans tes poches. 7 ans de regards bleus. 7 ans de mots bleus. 7 ans de tes yeux bleus. 7 ans d’imagination. 7 ans d’histoires. 7 ans de géographie. 7 ans de Pyrénées. 7 ans de chansons. 7 ans de poésies. 7 ans de rires. 7 ans de larmes. 7 ans de pourquoi. 7 ans de oui. 7 ans de non. 7 ans de peut-être. 7 ans de comme tu veux. 7 ans de pipi. 7 ans de caca. 7 ans de jeux. 7 ans de cache-cache. 7 ans de balançoire. 7 ans de tape-cul. 7 ans de toboggans. 7 ans de memory. 7 ans de vite, un train. 7 ans de dimanches en forêt. 7 ans d’être. 7 ans d’avoir. 7 ans de permissions. 7 ans de missions. 7 ans de dîners. 7 ans de petits déjeuners. 7 ans de pâtes au jambon-gruyère. 7 ans de petits-pois-carottes. 7 ans de compotes de pommes. 7 ans de chocolat. 7 ans de fraises. 7 ans de bretzels. 7 ans de fromage de brebis. 7 ans de petites voitures. 7 ans de voiture. 7 ans de quand est-ce qu’on arrive. 7 ans de chaussures. 7 ans d’insomnies. 7 ans d’essais. 7 ans de recommencer. 7 ans de fierté. 7 ans de attends. 7 ans de pas tout de suite. 7 ans de dépêche-toi on va être en retard. 7 ans de on verra. 7 ans de j’ai pas envie. 7 ans de maisons. 7 ans d’opinions. 7 ans de raison. 7 ans de papa. 7 ans de maman. 7 ans de s’il-te-plaît merci. 7 ans de vie. 7 ans de vie de château. 7 ans de chance. 7 ans d’amour. 7 ans de toujours. 7 ans de que serais-je sans toi.

7 ans.

Bon anniversaire, ma fille.

23.09.2018

- Amboise. Prêt ? Paré !

- Amboise. Prêt ? Paré !

Lire la suite

Première année : capitale de la douleur…

14 Septembre 2018 , Rédigé par F.S Publié dans #chronique cinéma

Avec Première année, Thomas Lilti, déjà auteur d’Hippocrate en 2014, montre le quotidien de deux étudiants en PACES, la fameuse première année commune aux études de santé. Et il vaut mieux, en effet, être en bonne « santé » pour la réussir…

William Lebghil et Vincent Lacoste au Festival du film francophone d'Angoulême, en août dernier (c) F.S.

William Lebghil et Vincent Lacoste au Festival du film francophone d'Angoulême, en août dernier (c) F.S.

« Trois heures pour répondre à 72 questions avec 5 réponses au choix, ça fait environ 2 minutes par question ; donc à ce rythme-là c’est impossible de réfléchir, soit on répond par réflexe reptilien, soit au hasard. Je pense que les meilleurs, enfin ceux qui deviendront médecins, se rapprochent plus du reptile que de l’être humain ». Benjamin (William Lebghil) résume à lui seul l’absurdité d’un mode de sélection très décrié mais toujours en vigueur : le concours de première année de médecine, la « PACES », première année commune aux études de médecines. Plusieurs dizaines de milliers de candidats chaque année s’épuisent afin d’atteindre le Graal : être parmi le numerus clausus, le nombre d’étudiants qui auront le droit, la chance, l’opportunité (rayez les mentions inutiles) d’entrer en médecine.
 

Première année : capitale de la douleur…

Thomas Lilti fut l’un d’eux. Ses débuts de cinéastes se sont déroulés alors qu’il était encore médecin. En 2014 pour son deuxième long métrage, il avait raconté dans Hippocrate (avec Vincent Lacoste et Reda Kateb) le quotidien d’un hôpital et des médecins, puis, moins de deux ans plus tard, celui d’un médecin de campagne, avec François Cluzet (Médecin de campagne). Avec Première année, il repart des origines, en montrant de manière très réaliste ce qui attend les candidats(tes) de ce concours très sélectif autant qu’absurde, sorte de « diagonale des fous » des futures blouses blanches. Une sorte de rite initiatique douloureux, à en devenir – le comble ! – malade.
 

Grâce au jeu subtil de Vincent Lacoste et William Lebghil, Thomas Lilti rend crédible ce Première année, lequel coïncide avec l’annonce de la fin du numerus clausus, à condition que les mandarins et autre conseil de l’ordre ne fasse pas pression à la manière d’un lobby qu’ils sont parfois (souvent ?). Benjamin (William Lebghil), lycéen pas très sûr de son orientation, fils de chirurgien, s’engage avec décontraction dans la préparation de cet effrayant concours, sans se laisser perturber par le regard des autres qui n’attendent qu’une chose : la chute, pour gagner une place. Tout en étant un triplant avec dérogation, Antoine, la vocation chevillée à un corps qui montrera ses fragilités jusqu’à s’en rendre malade, pourtant bardé de certitudes montre une vulnérabilité que Vincent Lacoste interprète avec justesse.
 

Présenté en avant-première au Festival du film francophone d’Angoulême, là où Hippocrate avait reçu le Valois de diamant du meilleur film en 2014, Première année a rencontré un beau succès auprès du public, et il serait étonnant qu’au regard des têtes d’affiche – le très en vogue Vincent Lacoste l’atteste – il ne fasse pas une jolie petite carrière à partir du 12 septembre sur les écrans. À prescrire sur ordonnance pour tous les étudiants qui préparent ce concours…

F.S.

Première année : capitale de la douleur…
Lire la suite

Allez zou, à Beauval !

6 Septembre 2018 , Rédigé par F.S Publié dans #étonnement, #émerveillement

Allez zou, à Beauval !

Implanté à Saint-Aignan (41), dans le top 10 des plus beaux zoos du monde, Beauval est le zoo de tous les superlatifs. La famille Delord, aux commandes depuis le début de l’aventure, met tout en œuvre pour la préservation des espèces, tout en dopant la fréquentation. Point d’orgue en 2017 : la naissance d’un bébé panda, trésor national en Chine.

(article paru dans un magazine touristique en mai 2018)

Allez zou, à Beauval !
Allez zou, à Beauval !
Allez zou, à Beauval !

10.000 animaux sur 40 hectares ; 600 espèces différentes ; 5,6 tonnes de nourriture par jour ; 4 vétérinaires menant une clinique unique en France ; 79 soigneurs et 1,450 millions de visiteurs l’année dernière (+ 7,4 % par rapport à 2016) : le zoo de Beauval n’en finit plus d’époustoufler et de séduire par ses mensurations hors norme. Et ça n’est pas fini ! Un troisième hôtel – les Hauts de Beauval – ouvrira ses portes cette année dans une ambiance africaine. Un « biodôme » tropical en forme de bulle demi-sphérique est en construction sur 1,5 hectare, soit à peu près l’équivalent de deux terrains de football. Il permettra de doper la fréquentation en basse saison, mais surtout, aux dires de Rodolphe Delord, de poursuivre une haute qualité de préservation des espèces, la priorité des priorités de Beauval depuis le début de l’aventure, dans les années 80 avec Françoise Delord, qui vint installer ses volières et collections d’oiseaux dans ce petit vallon à quelques kilomètres du Cher.

Allez zou, à Beauval !
Allez zou, à Beauval !
Allez zou, à Beauval !
Allez zou, à Beauval !
Allez zou, à Beauval !

La conservation de la faune en milieu naturel est depuis le début une préoccupation majeure à Beauval : depuis plus de trente ans, le zoo finance et aide sur place des chercheurs, vétérinaires, des associations qui œuvrent concrètement pour sauver les espèces menacées. Un exemple parmi d’autres, mais unique au monde : saviez-vous qu’à Beauval, la première banque mondiale de semence d’éléphants joue un rôle primordial dans la conservation d’une espèce extrêmement menacée, permettant des inséminations artificielles tout en favorisant la diversité génétique. Stockée à Beauval par -180°, la semence d’une quinzaine de mâles a été prélevée pour être ensuite redistribuée à des parcs zoologiques internationaux. De même, la clinique vétérinaire, ouverte en 2017, est un véritable centre de recherche permettant de faire évoluer la science vétérinaire, grâce à la collecte et l’analyse des données des espèces présentes dans le parc.
 

Allez zou, à Beauval !
Allez zou, à Beauval !
Allez zou, à Beauval !
Allez zou, à Beauval !

Le zoo est aussi la plus grande maternité zoologique de France : 750 naissances en 2017 (sans compter les poissons…), dont « mini Yuan zi » baptisé par la suite de son vrai nom Yuan Meng, le bébé panda le plus célèbre du monde, né le 4 août 2017. Si chaque naissance représente un évènement, celui-ci fut indépassable. Plus qu’attendu : ardemment désiré depuis l’arrivée de Huan Huan et Yuan zi en 2012, cette naissance fut compliqué à faire venir du fait de la très courte période de fertilité de la femelle (environ 48h par an) et de la libido du mâle, peu prononcée. Âgé aujourd’hui de presque un an, Yuan Meng court, aime jouer et se rouler sur le sol, se nourrit de bambou (30 tonnes par an pour ses deux parents jusqu’alors) et joue beaucoup avec sa mère. De plus en plus autonome, il pèse environ 30 kg.

Depuis le printemps, le zooparc de Beauval accueille une espèce emblématique : les loups arctiques. Ils ont pris possession d’un vaste territoire de 3.700 m², où au milieu coule une rivière… Les visiteurs, guidés sur une passerelle en bois peuvent également apercevoir les ours bruns sur un territoire de 4.500 m². Les guépards, athlétiques félins, se sont vu offrir 6.000 m². Depuis une plateforme les visiteurs peuvent admirer cet animal captivant mais malheureusement menacé, classé « espèce vulnérable » par l’Union internationale pour la conservation de la nature.

Allez zou, à Beauval !

J’ai testé pour vous : la Terre des lions

Ne le dite pas à vos adolescents, ça pourrait les inspirer : le lion est un des animaux qui dort le plus, avec environ 14 heures de sommeil par jour ! Cependant, quand ils sont en éveil, quelle beauté, dans le nouvel espace de 5.300 m² pour les lions d’Afrique, inauguré en 2017. Les majestueux félins trônent désormais dans leur nouveau territoire, non loin des célèbres hippopotames. On y arrive par un long tunnel et l’on se retrouve presque face à face mais n’ayez crainte : ils sont tenus à distance par une sorte de douve remplie d’eau, car si le lion dort beaucoup, il n’en demeure pas moins un redoutable félin ! Un bassin alimenté par une splendide chute d’eau, des rochers et des fossés rendent l’ambiance africaine encore plus réaliste. Plusieurs fois par jour des animations sont proposées à proximité par les animateurs du zoo, parfaits connaisseurs des lions, afin de mieux connaître ce « roi des animaux ».

Allez zou, à Beauval !
Allez zou, à Beauval !
Allez zou, à Beauval !
Allez zou, à Beauval !
Lire la suite