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Le jour. D'après fred sabourin
Articles récents

Lettre 404. Hossegor, 15 septembre 1968

28 Décembre 2016 , Rédigé par F.S Publié dans #littérature

Comment peut-on se souvenir - ou oublier ? - que cet homme fut durant quatorze ans Président de la République ?

"Mon amour,

Un lac retiré dans son chenal de sable et couleur de perle du Japon, une ouverture de ciel parcourue de grands vents, bleue et noire et blanche et bleue surtout, la ceinture verte et noire des arbres entre deux, et toi venant, ton bouquet de fleurs à la main, toi marchant le long des murs de ton enfance, toi Anne intérieure avec tes yeux de matin mystique, voilà les images qui s’inscrivent pour marquer la fin des vacances. Fin des vacances ? Non, fin d’année, toujours fin de quelque chose qui a été bonheur, cri, tristesse, espoir, quotidienneté, chemins de forêt, balades au bord de l’océan, plongées dans l’inconnu, nuit de lune sur les pins de Seignosse, plaisanteries faciles du golf, silence de ta chambre, émotion renouvelée, tirée de la peine et de la joie, à crier, à pleurer, à aimer.
Après t’avoir quittée j’ai rêvé, sécateur à la main, forgeant la destinée des chênes-lèges, des arbousiers, des pins, stoppant celle des plantes grimpantes, coupantes, méchantes, rampantes, piquantes, qui s’en sont donné à cœur joie par cet été de pluies. C’est facile et bon de songer ainsi, les pieds dans l’humus sans âge et la tête partie avec les idées, les images d’au-delà l’horizon. J’ai devant moi maintenant tes fleurs (cosmos, asters, non, pas cosmos, que sont ces marguerites jaunes et rouges ?), tout est calme si le vent toutefois monte fort à l’assaut des cimes. Voici un dimanche matin. Tu es partie. Comme il est 11h30 je te suppose du côté de Sore, pas loin de illuminations de Pâques 66, tout près du petit pont, sur la route de Langoiran (qui est, jusque-là, celle aussi de Langon). J’ai le cœur plein d’amour, et tout autour, de la mélancolie. Tu es ma belle jeune fille Anne de la rue des Blancs-Manteaux, tu es ma jeune femme de Saint-Benoît-sur-Loire et de Torcello, porteuse d’âme éblouie, angoissée dans ton corps qui est mien.
Bon voyage, mon cher amour. Tu es Anne forte de tous tes prestiges, tu es l’amour qui fait vivre et croire, tu es celle que j’aime.

François."

 

Lettre 404. Hossegor, 15 septembre 1968
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Jour et brouillard, à Chaumont-sur-Loire

19 Décembre 2016 , Rédigé par F.S Publié dans #l'évènement

Jour et brouillard, à Chaumont-sur-Loire
Jour et brouillard, à Chaumont-sur-Loire
Jour et brouillard, à Chaumont-sur-Loire

Expositions "Des arbres en hiver" au Domaine de Chaumont-sur-Loire, jusqu'au 28/02/2017. Notamment Michael Lange avec "Wald".

Jour et brouillard, à Chaumont-sur-Loire
Jour et brouillard, à Chaumont-sur-Loire
Jour et brouillard, à Chaumont-sur-Loire
Jour et brouillard, à Chaumont-sur-Loire
Jour et brouillard, à Chaumont-sur-Loire
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La cathédrale d’Angoulême se visite aussi pour son trésor

14 Décembre 2016 , Rédigé par F.S Publié dans #émerveillement

Le trésor de la cathédrale Saint-Pierre d’Angoulême, 147 objets d’art sacré à la scénographie signée Jean-Michel Othoniel, est ouvert depuis cet automne. Cette cathédrale romane du XIIe siècle était déjà un trésor en soi. Elle en abrite désormais un vrai. Visite guidée, rien que pour vos yeux.

La salle de l'Émerveillement.

La salle de l'Émerveillement.

147 objets d’art sacré de la seconde moitié du XIXe siècle – calices, patènes, ostensoirs, encensoirs, statues, vêtements et accessoires liturgiques – composant le « trésor de la cathédrale d’Angoulême » sont désormais visibles au public, sur réservation en visites menées par les guides conférenciers de Via Patrimoine. La scénographie est signée Jean-Michel Othoniel, célèbre artiste plasticien contemporain, déjà connu pour avoir habillé la station de métro Palais-Royal à Paris de sculptures de boules de verre de Murano. Et, plus récemment, trois sculptures fontaines « Les Belles danses » dans les jardins du château de Versailles.

Il faut remonter à 2008 et le début des travaux de restauration de l’intérieur de la cathédrale d’Angoulême (lire ci-dessous) pour trouver trace du commencement de cet important travail de l’artiste. C’est la première fois, de son propre aveu, qu’une commande publique du ministère de la Culture et de la Communication confie l’intégralité d’un tel travail à un même artiste ; d’ordinaire on ne commande qu’une œuvre, qui s’intègre dans un ensemble plus vaste et composite. Jean-Michel Othoniel va notamment s’inspirer d’un motif visible sur des vitraux réalisés par Paul Abadie au XIXe siècle, qu’on peut notamment voir au dessus de la porte d’entrée versant sud de la cathédrale : des motifs à entrelacs, motifs géométriques faits de nœuds infinis sur fond bleu.

Vierge à l'enfant (1634), restauration Amélie Chedeville (Tours).

Vierge à l'enfant (1634), restauration Amélie Chedeville (Tours).

Situé à la base de l’ancien clocher sud tombé sous les coups de canons de l’amiral Coligny lors du conflit catholiques protestants au XVIe siècle (1568), le trésor de la cathédrale d’Angoulême est composé de trois pièces, et d’une montée crescendo dans l’émerveillement et la beauté étincelante de l’ensemble. La première salle est un musée lapidaire, où l’on peut notamment voir des pièces exceptionnelles rarement vues, notamment des motifs romans ôtés de la façade de la cathédrale par Paul Abadie lors de sa restauration et jusqu’ici conservés à la Société archéologique et historique de la Charente. A l’étage, la salle de l’engagement, vouée à la figure du prêtre et des objets liturgiques et d’art sacré lui servant à l’usage de son sacerdoce. Chasuble, calices, encensoir, crosse et mitre de l’évêque, l’anneau épiscopal de Mgr Sebaux (dont le tombeau est quelques mètres en dessous), un missel romain richement enluminé… Et une rare et exceptionnelle « valise chapelle » ayant servie à un prêtre prisonnier des camps nazis durant la seconde Guerre Mondiale. Elle fut réalisée par le propre père de Jacques Loire (des ateliers Loire de Chartres), qui a réalisé le grand vitrail donnant sur le transept sud de la cathédrale…

La cathédrale d’Angoulême se visite aussi pour son trésor

Mais la troisième salle est probablement la plus exceptionnelle dans sa singularité et son éclat. Elle se nomme justement « l’Émerveillement », la lumière est difractée par les milliers de cabochons de verre bleu et de cives or et ambre. Une merveille… Calices, patène, ostensoirs, encensoirs, couronnes de la Vierge, et, clou du spectacle, un reliquaire pour les reliques de Saint-Pierre Aumaître, prêtre charentais originaire d’Ayzec (près de Ruffec) mort en martyr en 1866, décapité sur une plage en Corée (canonisé en 1984 par Jean-Paul II). Le sol de cette troisième salle est en ciment peint d’entrelacs, les murs en vélin gaufré décoré de pastilles d’or… peintes à la main (entreprise Offard, de Tours).

Huit ans de travail pour l’artiste, un résultat époustouflant, un dialogue entre l’art contemporain et le patrimoine, entre le verre, l’aluminium, l’or et l’ambre avec les objets du rituel sacré. Financé par l’État et la fondation Engie (ex GDF-Suez), cette opération dont le travail fut long et semé d’embûches a coûté 500.000 €.

Salle de l'Émerveillement.

Salle de l'Émerveillement.

Osera-t-on exprimer un seul regret ? Que ce « trésor » soit un peu comme beaucoup de trésors charentais, difficile d’accès pour les visiteurs… L’accouchement de la convention de partenariat entre le ministère de la culture, les Centre des Monuments nationaux, Via Patrimoine, le diocèse et la Ville d’Angoulême a été si long et difficile, que les visites se font au compte-goutte et pour une portion congrue de personnes : trois jours par semaine (mercredis, vendredis et dimanches), deux horaires possibles (14h30 et 16h) et pas plus de 12 personnes à la fois. Un chiffre certes biblique, mais la merveille de ce trésor de JM Othoniel mériterait sans aucun doute plus d’admirateurs… La Drac explique que : « La médiation sera faite par des guides conférenciers de Via patrimoine afin d'expliquer au mieux le travail de l'artiste, la notion de trésor et l'utilisation de ces objets. Par conséquent et en raison de la configuration spatiale des lieux, les visites, d'une durée de soixante-quinze minutes, se feront uniquement sur rendez-vous ». Amen. Il n’est pas interdit, en sortant de la visite, de mettre un cierge dans la cathédrale pour espérer qu’il en soit un jour autrement.

Reliquaire de saint Pierre Aumaître, prêtre charentais martyr en Corée (1866).

Reliquaire de saint Pierre Aumaître, prêtre charentais martyr en Corée (1866).

Les restaurations de la cathédrale d’Angoulême, 2008-2012

De 2008 à 2012, la Drac a mené une importante restauration de la cathédrale Saint-Pierre d’Angoulême, monument historique depuis 1840, et rare cathédrale romane sur le territoire français. Construite au début du XIIe siècle par l’évêque Girard II, sa forme est originale pour l’époque et servira de modèle à de nombreuses églises de style roman-saintongeais, jusqu’en Poitou et dans toute l’Aquitaine. Une nef à coupoles, parfois nommée « romano-byzantine » et coiffée d’une charpente et de tuiles romaines lui confèrent en effet un style singulier qu’on retrouve notamment à Saint-Front (Cahors) ou l’abbatiale de Fontevraud (Maine-et-Loire). Au XIXe siècle déjà, une importante campagne de restauration fut menée par l’architecte Paul Abadie fils, qui participa à la restauration de Notre-Dame de Paris avec Viollet-Leduc et qui établit les plans du Sacré-Cœur de Montmartre. Jean-Michel Othoniel va longuement étudier cette histoire de la restauration du XIXe siècle – longtemps décriée par les historiens et érudits locaux – qui redonna pourtant son unité à un édifice qui avait subit les affres du temps, des guerres de religion (et les bombardements de l’amiral Coligny en 1568) et des multiples ajouts de chapelles et même de maisons sur ses flancs. La restauration du XXIe siècle a permis d’assainir les murs, attaqués par les remontées d’humidité et de sel, nettoyer la pierre et retracer les joints tels que l’avait fait à l’époque Paul Abadie, pour mettre en valeur les pierre de taille. L’intérieur de la cathédrale a ainsi retrouvé sa blancheur et son éclat.

Via patrimoine 05.45.68.45.16 / 06.37.83.29.72. viapatrimoine@gmail.com

Neuf nuances de bleu (et non pas 50 nuances de gris...).

Neuf nuances de bleu (et non pas 50 nuances de gris...).

La cathédrale d’Angoulême se visite aussi pour son trésor
La cathédrale d’Angoulême se visite aussi pour son trésor
La cathédrale d’Angoulême se visite aussi pour son trésor
Dans la salle dite de l'engagement.

Dans la salle dite de l'engagement.

La cathédrale d’Angoulême se visite aussi pour son trésor
La cathédrale d’Angoulême se visite aussi pour son trésor
Rare "valise chapelle" d'un prêtre prisionnier des camps (2de Guerre Mondiale).

Rare "valise chapelle" d'un prêtre prisionnier des camps (2de Guerre Mondiale).

Rare ciboire en tôle, d'un prêtre réfractaire (époque révolutionnaire)

Rare ciboire en tôle, d'un prêtre réfractaire (époque révolutionnaire)

La cathédrale d’Angoulême se visite aussi pour son trésor
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Lettres à Anne

2 Décembre 2016 , Rédigé par F.S Publié dans #littérature

Du jeudi 9 septembre 1965 au jeudi 1er décembre 2016, 51 ans nous séparent, un monde, et quel monde ! Deux François, deux socialistes (ou presque), deux Présidents de la République. Le premier, pas encore en passe de l'être - il devra attendre 16 ans avant d'entrer à l'Élysée - tandis que l'autre s'apprête à piteusement en sortir, par la grille du Coq. L'un annonce à son amour clandestin (Anne Pingeot) sa candidature en face du général de Gaulle, qu'il mettra en ballotage quelques semaines plus tard lors de la première élection présidentielle au suffrage universel direct. L'autre annonce en moins de 10 minutes chrono à l'heure du souper qu'il n'ira pas une seconde fois briguer le mandat suprême. Il inaugure involontairement une promesse de feu candidat Juppé : le mandat unique !

En lisant les "Lettres à Anne" de François Mitterrand - une brique de 1,5 kg qui se lit presque comme un roman - comment ne pas être frappé, outre par les extraordinaires qualités littéraires de ces lettres enflammées, par le secret d'un homme d'État, les secrets devrait-on dire. Insondable Mitterrand, le "Florentin", le "Mazarin", qui vécu pratiquement toute sa vie publique en double vie. A-t-on d'ailleurs tout appris désormais ? Rien n'est moins sûr...

François Hollande - sans atteindre les qualités d'homme de lettres de son prédécesseur, loin s'en faut ! - nous a montré que décidément, le goût du secret semble être une des qualités requises pour atteindre les sommets du pouvoir. Paradoxe encore de l'homme qui passa son quinquennat à s'épancher à des journalistes en leur disant à peu près tout ; sauf l'essentiel finalement : qui est-il, vraiment ?

Lettre 220. Jeudi 9 septembre 1965, 17h30

Anne, mon amour,

Voilà, c’est fait, après de longues méditations, de longues hésitations et maintenant la certitude d’une lourde charge : j’ai fait connaître ce soir, à 6 heures, à l’issue de la conférence de presse du général de Gaulle, que j’étais candidat à la Présidence de la République. Les moments d’hier soir et de ce matin ont été intenses, parfois dramatiques. Deferre, Maurice Faure, Mollet, beaucoup d’autres… le Parti socialiste fait bloc pour me demander de mener ce combat… Bref j’en suis là.

Vendredi, 18h30

Je n’ai pu continuer hier cette lettre. Et tu n’as rien reçu ce matin ! (moi non plus d’ailleurs et j’en ai de la peine.) Les journalistes, la radio, les visites, la bousculade, quoi ! La presse d’aujourd’hui apprécie selon son goût ma candidature. Je t’en montrerai l’essentiel demain.

Ma matinée a été consacrée aux réunions de la Fédération en gestation (et la gestation paraît bonne). Déjeuner avec Mollet. Hier soir dîner avec mon équipe d’amis aux Buttes-Chaumont. J’étais soudain épuisé. Ce qui m’ennuie un peu c’est que chaque nuit je connais une heure « claustrophobe ». Bah ! Il faudrait desserrer l’étau ! (…)

L’avion n’ira pas assez vite, les routes des Landes ne seront pas assez droites, et nulle patience ne m’habitera. Ta lettre reçue hier, tes photos sont devant moi, sur mon bureau. Je sens que ma vie est là où tu es. Je t’aime. François.

PS : Si tu dis à Diesel que je viens demande-lui aussi qu’on ne parle pas de ma présence à Hossegor pour que la presse m’y laisse la paix !! Je n’irai pas au golf à cause de cela.

François Mitterrand, Lettres à Anne. 1962-1995. Ed. Gallimard.

Lettres à Anne
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« L’Odyssée » du Commandant Cousteau : un homme à l'amer

7 Novembre 2016 , Rédigé par F.S Publié dans #chronique cinéma

Le film de Jérôme Salle, L'Odyssée, retrace 40 ans de la vie de Jacques-Yves Cousteau, icône océanographique pratiquement intouchable 20 ans après sa mort. Une vie aux zones d'ombres et de lumières qui ressemble à tout sauf à un monde de silence.
 

« L’Odyssée » du Commandant Cousteau : un homme à l'amer

C’est l’histoire de l’homme qui a pris la mer. Elle le lui a bien rendu, au départ, avant de lui faire payer ce qui pourrait s’apparenter à un viol. « C’est la mer qui prend l’homme » dit le chanteur populaire. Comment mettre en scène l’histoire singulière et hors normes de l’homme au bonnet rouge, aux chemises en jean et aux vestons croisés griffés Pierre Cardin, qui passa une grande partie de sa vie dans les profondeurs bleu nuit des fonds sous-marins, dans l’obscurité des salles de cinéma, et dans celles non moins obscures des compagnies pétrolières et maisons de productions américaines ? Jérôme Salle, avec L’Odyssée, tente coûte que coûte, en deux heures, de résumer 40 ans de la vie de Jacques-Yves Cousteau, le Commandant Cousteau. En effleurant ses zones d’ombre, en prenant le parti pris des relations tendues avec ses proches, en vernissant l’icône désormais intouchable de cet « immortel » (a-t-on oublié qu’il fut académicien ?), bref : en surfant sur l’écume des mers.  
 

« L’Odyssée » du Commandant Cousteau : un homme à l'amer

Le film commence à la sortie de la Seconde Guerre Mondiale et s’achève en 1979 à la mort dans un accident d’hydravion de son fils Philippe, avec lequel il avait entretenu des relations conflictuelles, passionnées, aux flux et aux reflux profonds comme les abysses. Le Commandant Cousteau, c’est l’homme qui, découvrant un monde jusqu’alors inconnu – le monde du silence – s’est évertué à grands renforts de communication millimétrée et de caméras sous-marine, à le faire découvrir à la planète entière. Quitte à prendre souvent des libertés non seulement avec la mer elle-même (sa vision romantique des relations entre les hommes et les animaux marins le fut parfois au prix de sévices infligés à ces derniers ; avant de plonger dans la défense écologique des milieux aquatiques dans le dernier quart de sa vie), mais aussi avec un opportunisme qui le poussa fréquemment à accepter ce que d’aucuns auraient qualifié d’inacceptable pour pouvoir financer ses projets à la limite de la mégalomanie. C’est bien là tout le problème des génies narcissiques : aveuglés par leurs projets toujours plus faramineux, emportant tout sur leur passage, négligeant égoïstement jusqu’à leurs proches et particulièrement, dans le cas de Cousteau, sa propre femme et ses fils, rien ne semble pouvoir les arrêter.

« L’Odyssée » du Commandant Cousteau : un homme à l'amer

Dans la peau de « JYC » (Jacques-Yves Cousteau) s’est glissé Lambert Wilson, dont le physique aussi sec que celui qu’il incarne n’est pas la moindre des ressemblances. A divers instants du film très scolaire de Jérôme Salle, c’est à s’y méprendre. Pierre Niney (qui incarna Yves Saint Laurent dans dans le biopic de Jalil Lespers en 2014) interprète Philippe Cousteau, le « fils préféré » et donne, dans une scène de règlement de compte œdipien avec son père, probablement le meilleur moment du film. « Toutes ces années quand je te regardais avancer comme ça, sûr de toi, ben je t’ai admiré. Parce que je t’ai tellement admiré papa ». A cet instant-là Cousteau bois la tasse, une arrête de poisson en travers de la gorge. Simone Cousteau, elle, carbure au whisky et clope comme un marin-pompier en jurant comme une poissonnière : Audrey Tautou l’incarne avec sérieux, et c’est probablement la prouesse de la faire vieillir de 40 ans en deux heures qu’il faudra seulement retenir. Le reste des seconds rôles possède la transparence d’une méduse.

« L’Odyssée » du Commandant Cousteau : un homme à l'amer

L’Odyssée est un « biopic » dans la veine de Molière ou de Renoir : avec un goût très contemporain pour le vintage, le film de Jérôme Salle contribue à la fixation dans le marbre lisse et sans grande saveur des personnages du patrimoine français. A ce titre, la fascination bleue marine autant que les sombres ambiguïtés du Commandant Cousteau, cet « homme à la mer » ivre des grandes profondeurs n’échappe pas à la règle. Lambert Wilson, dans un entretien au Monde, glisse à ce sujet « qu’il y a une grande part de nostalgie pour une époque révolue et fantasmée. Les jeunes voient en Cousteau l’incarnation de la France d’après-guerre, celle de l’élan reconstructeur, de la conquête. Il représente un paradis perdu, où l’homme vivait dans un état de jubilation permanent et inconscient. Tout l’inverse de notre époque terrorisante et cynique ». Un monde des fonds sous-marins obscurs autant que ceux des hommes qu’on ne peut passer sous silence, à l’heure où bon nombre d’espèces et de la flore sous-marines disparaissent, victimes de la conquête déraisonnable de l’homme-grenouille. Ce clown grotesque qui se prit pour un poisson...

F.S
 

L'Odyssée, film de Jérôme Salle. Avec Lambert Wilson, Audrey Tautou, Pierre Niney. (2h).

On peut aussi lire cet article ici.

« L’Odyssée » du Commandant Cousteau : un homme à l'amer
« L’Odyssée » du Commandant Cousteau : un homme à l'amer
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A la renverse

1 Novembre 2016 , Rédigé par F.S Publié dans #émerveillement

A la renverse
A la renverse
A la renverse
A la renverse
A la renverse

(c) Fred Sabourin. Octobre 2016. Réalisé sans trucage, sauf un : la "tête à l'envers".

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Jeux de miroir

31 Octobre 2016 , Rédigé par F.S Publié dans #émerveillement

Jeux de miroir
Jeux de miroir
Jeux de miroir
Jeux de miroir
Jeux de miroir

(c) Fred Sabourin. Octobre 2016. A suivre bientôt : le même jeux, mais la tête à l'envers... (teasing de ouf !).

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La banquette rouge

17 Octobre 2016 , Rédigé par F.S Publié dans #émerveillement

"Ô récompense, après une pensée, qu'un long regard sur le calme des Dieux !"

(Paul Valéry, Le Cimetière marin). 

La banquette rouge
La banquette rouge
La banquette rouge
La banquette rouge
La banquette rouge
La banquette rouge
La banquette rouge
La banquette rouge
La banquette rouge
La banquette rouge

(c) F.S. Charente, octobre 2016.

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"Homme, montagnes, immensité" (expo photographique)

2 Octobre 2016 , Rédigé par F.S Publié dans #l'évènement

- En marche... -

- En marche... -

Du 1er octobre au 31 décembre 2016, à l'Agence IMM (11 rue Porte-Côté à Blois), une exposition photographique de Frédéric Sabourin. Du lundi au vendredi de 9h à 12h et 14h à 18h. Entrée libre. Photos 60x40 cm sur plaque "Alu-Dimond" en vente, contactez-moi en message privé. Merci.

- Fin du monde -

- Fin du monde -

- Ecce homo -

- Ecce homo -

- Au pied du mur -

- Au pied du mur -

- Chambre avec vue -

- Chambre avec vue -

- Maintenance à l'Aneto -

- Maintenance à l'Aneto -

- Vie pastorale à la cabane d'Aule -

- Vie pastorale à la cabane d'Aule -

- Sous la muraille -

- Sous la muraille -

- Sur le chemin de "Piston" -

- Sur le chemin de "Piston" -

- Etre sur la brèche (ou presque) -

- Etre sur la brèche (ou presque) -

- Seul au monde -

- Seul au monde -

- Surprise -

- Surprise -

- Splendeur d'automne -

- Splendeur d'automne -

- Quelques mots d'amour -

- Quelques mots d'amour -

(c) Fred Sabourin. Octobre 2016. 

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Ton premier tour du monde.

1 Octobre 2016 , Rédigé par F.S Publié dans #Lettres à ...

Ton premier tour du monde.

Cinq ans. Voilà, ça y est, c’est fait. Cinq ans, cinq doigts d’une main. La valeur n’attend pas le nombre des années, dit le proverbe populaire. Ta valeur est grande, comme celle d’un enfant bien sûr, en perpétuelle construction, avec ce bouillonnement, ce foisonnement de questions, de remarques, de réflexions drôlatiques et de bons mots comme le dernier en date : « Le raisin… ça pousse sur un… raisainier ? » Mais oui bien sûr, évidemment, enfin quoi vous ne saviez pas ?

Ta curiosité est insatiable – c’est de ton âge – et ma passion pour l’histoire et la géographie nous mènent tous deux sur des chemins de découvertes - ou de redécouvertes parfois pour ma part - du monde tel qu’il est. Je veux parler du monde vu sous l’aspect géographique : terres, mers et océans, montagnes et plaines, vallées et collines, animaux et insectes qui le peuplent, pays et frontières, climats et courants marins. Enfin tout.

Quand j’avais à peu près ton âge, on m’a offert un cadeau que je n’ai jamais oublié, et qui m’a suivi une grande partie de ma vie : un globe terrestre, doté d’une installation électrique et d’une ampoule pour le rendre lumineux. Combien d’heures – il est possible qu’en les additionnant on atteigne de nombreux jours – ai-je passé à rêver devant ce globe, ses couleurs, ses noms barbares par endroit, plus familiers à d’autres, ses pôles énigmatiques et ses étendues vastes comme des continents. Le monde ne tournait déjà pas très rond – la Guerre froide livrait ses derniers assauts mais nous ne le savions pas encore, et les chenilles des chars envahissaient le poste de télévision en même temps qu’elles martelaient l’Afghanistan, l’Iran, l’Irak. Je me souviens qu’on lisait encore sur les cartes « URSS », « RDA », et « Yougoslavie ». Je voyageais, le globe posé sur la table de chevet, assis au bord du lit, imaginant qu’un jour, je poserai le pied dans tel ou tel pays ou me baignerai dans telle ou telle mer. J’ai réalisé certains de ces rêves géographiques, mais hélas je suis loin d’avoir fait « le tour du globe » ! Il reste encore un peu de temps.

Aujourd’hui, quelle n’est pas ma fierté lorsque, dépliant une carte ou dépoussiérant le globe qui agrémente ma bibliothèque, tu te penches dessus en parcourant de ton petit doigt les contours d’un pays, les lignes gracieuses des routes et chemins, franchissant les mers comme d’autres sautent par-dessus un ruisseau… La géographie est un jeu, et son apprentissage passe par le corps, même si au début on ne quitte pas la chambre ou le salon. « Pour l’enfant amoureux de cartes et d’estampes, l’univers est égal à son vaste appétit. Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes ! Aux yeux du souvenir, que le monde est petit ! », poétise Beaudelaire. Un peu plus loin : « Pour n’être pas changés en bêtes, ils s’enivrent d’espace et de lumière et de cieux embrasés ; la glace qui les mord, le soleil qui les cuivre, effacent lentement la marque des baisers ».  

Je suis allé acheter un globe, pour te l’offrir, car rien ne pourra jamais remplacer le plaisir de la carte, surtout pas le « GPS ». A cinq ans, avoir envie de découvrir le monde, essayer d’en imaginer ses contours, son immensité, son incroyable richesse et ses multiples variétés, quoi de plus naturel ? Tu perceras jour après jour, année après année, les mystères de ce monde si fascinant, effrayant parfois (et même souvent), sans cesse à découvrir, en suivant de tes doigts terres, mers, océans, pôles et frontières, en suivant l’équateur ou le méridien de Greenwich… Quand tu sauras lire – ce qui ne tardera plus maintenant – tu pourras t’écorcher les lèvres en prononçant quelques noms exotiques, les ex-Républiques soviétiques et leurs capitales, les quatre principales îles japonaises ou le petit Etat du Lichtenstein (liste loin d’être exhaustive). Tu apprendras à le connaître de tes yeux, depuis le bord de ton lit, avant - qui sait ? - d’en faire le tour. Tu ne perdras jamais ton temps à apprendre la géographie, les cartes et les plans. Tu sauras où tu es, tu sauras où tu vas, tu sauras d’où tu viens. Cette mémoire des cartes et des plans – et leur orientation - t’évitera la cruelle condamnation de ceux qui se sentent perdus dès qu’ils ont quitté leur coin de rue.

Ce globe est rond, mais le monde a quatre coins : à toi d’en faire le tour, mon petit, et si mes forces peuvent encore durer un peu de temps pour que je t’y accompagne alors : « allons voir ! ».  

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