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Le jour. D'après fred sabourin

montagne

Reflets (suite)

14 Juillet 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne


NB : ceci n'est pas une photo de Yann Arthus-Bertrand...
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Reflets

6 Juillet 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne


Belledone apparaît au centre d'un lac  des Grandes Rousses, perché dans le plan de Cavalles (2600m)



Lac de Grand Maison, vu du Col du Sabot (2100m). Au fond, le toit de l'Europe.


(à suivre...)
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chronique d'un journaliste localier n° seize

28 Février 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne

                                                      à l’école du vent… 

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      Pour se rendre à l’école du vent, à Saint-Clément, à 1100 mètres d’altitude aux limites de l’Ardèche et de la Haute-Loire, il faut d’abord prendre le chemin de l’école buissonnière. Faire ses lacets, et conduire une heure et demi sur des routes aux tracés sinueux. Traverser des villages, puis des hameaux, abandonner des maisons isolées. Suivre la route départementale, puis communale, puis un chemin. Tourner encore, et encore, et encore. Stopper la voiture sur le bas-côté, il n’y a pas de parking. 

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Là, à Saint-Clément, Monsieur le maire, quatre-vingt printemps, dont trente-quatre de mandature municipale, annonce fièrement qu’il n’a pas encore commencé sa campagne. Il sera réélu, c’est sûr. Mais il ne le dit pas. Triomphe modeste d’un édile pas comme les autres. A la tête de sa communauté de cent neuf clémentois et clémentoises, il a fondé « l’école du vent ». Une maison à thème, sur le vent. Dans le vent ! Plateau des montagnes ardéchoises battues par le souffle d’Eole, ici on dit qu’il ne vente pas que deux jours par mois. Pas de chance, aujourd’hui en était un. Il faisait doux, mais l’herbe grillée sur les flancs des montagnes témoignent de la présence récente de la neige. Ici, on ne plaisante pas avec les éléments. 

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A la découverte du vent, de son histoire, de ses légendes, des hommes qui ont beaucoup tenté pour le domestiquer, jusqu’à s’installer face à lui pour décoller. Oiseaux, ailes, plumes, maquettes, histoire de l’aviation, forces nécessaires pour voler, rose des vents, manche à air… Tout un fourbi sur le thème du vent, préparé de manière à envoûter le visiteur venu se perdre « au bout du monde ». A l’évocation de cette expression, le maire, et la directrice de « l’école du vent » sourient. C’est en réalité le bout de mon monde. Celui que je connais. Celui qui me semble loin, là, sur ce bout de terre plus vraiment ardéchoise, pas vraiment auvergnate, et portant l’identité des deux. Toitures de lauzes, doubles vitres, murs épais, cheminées fumantes : derniers témoignages de la présence des hommes sur cette terre rude. 

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En rentrant de « l’école du vent », reportage en bandoulière et sons dans la boîte, prendre de nouveau le chemin des écoliers. Mais par l’autre côté, la route « du Gerbier ». « Elle est si belle », me glisse une bénévole de l’école. Ici, point de mauvais élèves, ni de profs notés, ou poignardés. Rien que du vent. Je prends donc la route « du Gerbier », qui passe d’abord sous le « Mézenc », plus haut sommet de l’Ardèche (1753 mètres, et quelques roches basaltiques). Témoignages des volcans défunts : les « sucs » pointent encore droits vers le ciel bas, qui déjà prépare la nuit froide. Routes à lacets. Maisons isolées, cheminées fumantes, hameaux, auberges paumées mais éclairées : le voyageur qui s’y arrête peut lutter contre la soif avec un kir à la crème de châtaigne… Gare aux virages ! 

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Et puis, enfin, le Gerbier. Le Gerbier de Jonc, 1417 mètres. Vous vous souvenez ? « Le plus beau ruisseau du royaume », selon nostre bon roy François Ier, prend sa source ici. En 1938, on demandait à un élève du certificat d’études : « où la Loire prend-t-elle sa source ? » - « dans la grange de mon grand-père », répondit-il fièrement. Il n’avait pas tort. La Loire a plusieurs sources, dont une qui coule doucement dans un abreuvoir à vaches, dans une… grange. Mais le cadastre en indique une autre, à l’air libre. En plein vent. Entre les buissons. Sous la neige et les entrelacs de roches volcaniques. 

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Alors j’arrête la voiture, dans laquelle Vivaldi violonnait Nisi dominus. Et je réalise le rêve de l’écolier au seul endroit du monde où cela est encore possible : enjamber la Loire. 

                                De l’école du vent, tout doucement, je redescend.
                                De l’école buissonnière, ce soir en fermant mes paupières,
                                Je repenserai dans le noir, que j’ai enjambé la Loire. 


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montagne de verre, langue d'Oc et ville rose

11 Mars 2007 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne

Henri Troyat est mort, pourra-t-on réécrire "la neige en deuil" ? A voir celle qui enveloppe l'Ossau je ne crois pas. Pour une fois que "Jean-Pierre" ne se voile pas à ses intrépides montagnards (coquetterie des grands sommets ?), la vue necessitait certes des lunettes noires, mais pas pour cacher le deuil. En raquettes on peut "racketter" un des plus beaux endroits de la planète, en attendant le texte qui accompagnera ces jeux d'ombres et de lumières (il est arrivé, voir un peu + bas...). Même les avions jouent à cache cache avec les monuments (le dôme de l'Hôtel Dieu dans la ville "rause"). Le linge pend au vent d'Autan qui carresse les terrasses des capitoules. La langue d'Oc résonne et l'ail sort des fenêtres dominicales en effluves salvatrices. Le bonheur est dans le Midi, pas dans le pré !

                      

                           La neige en deuil ressuscite l’homme

         Serait-il possible d’être amoureux d’une montagne ? A voir le ciel océan sur cette neige camouflant la roche de sa blancheur immaculée, entre deux reprises de souffle sur la pente, oui. La montagne est une maîtresse femme qui annonce la couleur dès le départ : elle nous fait entendre qu’on va pouvoir en vivre, mais qu’elle peut aussi faire mourir. Matador fière et fidèle, de ses dents aiguisées elle se dresse, en appelant d’un sourire qui parfois se transforme en scie carnassière. La mangeuse d’hommes découpe le cœur et le corps de ses braves amants. Une pente religieuse... On y découvre alors la plus secrète des confidences. Celle du cœur de l’homme qui laisse entrevoir aussi son âme. Il peut s’y perdre, comme dans les draps d’une femme qui ne sait plus comment retenir le plaisir de celui qui la recouvre de ses vagues de désir. Marcher en montagne est un acte d’amour que seul celui qui sait donner peut recevoir. Ce plaisir est parfois solitaire, onanisme rocheux d’une solitude recherchée et éprouvée. Elle n’est pas une fin en soi. Le plaisir de la montagne ne prend sa véritable signification que partagé avec l’autre. L’ami, le frère, le confident qui éprouve lui aussi le miel de la rencontre, et l'essoufflement. Nul besoin d’être proche pour sentir le cœur battre la chamade. L’énergie seule fait vibrer les cœurs hors d'haleine.
Alors la maîtresse femme, la montagne fière et fidèle peut donner, en des instants très rares, le premier mot d’un vers. Ce premier mot est ‘amour’. Le dernier : ‘reviens’. Entre les deux, ni toujours, ni jamais. Mais un espace où le temps suspend sa course, dans un appel à la reconnaissance mutuelle. L’accord est parfait. L’échange sublime. La redescente se fait caresse, et renaissance.

                                              

                                     « Les deux maisons »

     En ossalois, "Beost" signifie « les deux maisons ». Le château (abbaye laïque du XIIè siècle), et l’église.
J’entre dans la seconde et reste muet. Pas de paroles dans ce récit. Juste l’œil qui se rince du bain salvateur d’une lumière de fin de journée qui lèche la pierre. Le jaune paille et le vert de gris. Les vitraux jouent aussi au carnaval des couleurs sur les piliers froids. Ni Venise ni Dunkerque. Pas plus Rio ou Nice.
Juste « Beost ». Deux maisons pour deux yeux qui n’en croient pas leur vue.
Et la lumière fut… Qu’elle soit, pour toujours.

 

 

 

 

                     

                       Quand j’s’rai grand, je serai un aviateur...

      Airbus va mal. On le sait, on l’entend. Dans la ville « rause », à l’heure du déjeuner dominical, une tour de capitoul accueille un drôle de pique-nique. Le moscatel et le pâté coule dans la gorge et pique un peu. Des fenêtres ouvertes, une odeur d’ail sort en effluves régénératrices. La Navarre n’est pas loin, l’Aragon pousse sa corne. La Garonne parle la langue d’Oc. C’est alors que l’aéroplane approche de sa piste où il déversera ses étonnants voyageurs. Qui sont –ils ? D’ici on ne sait point. Boîte de conserve transportant ses sardines, sont-ils rouges tomates d’un séjour au soleil d’Afrique ? Ou pâles travailleurs revenant au port d’attache ? L’imagination sort son train d’atterrissage…
L’aéroplane croise alors, dans une curieuse perspective, la croix de celui qui dans son Ascension a tout attiré à lui. L’avion est probablement d’Airbus. Le moscatel est d’Espagne. Le pâté est aux cèpes. L’ail du comté tolosan. La croix du pays d’Oc. Le couteau de Nontron, ou de Suisse. La rue, Malcousina (qui signifie « mauvais cousin »). Les draps blancs caressent la brique rose. Le dôme est l’Hôtel Dieu.
Dieu ? Il joue de la guitare espagnole en crachant son haleine qui sent l’ail et le chorizo.
Voir, sentir, entendre, toucher, goûter. Tous les sens sont en alertes. C’est dimanche. Le jour du « seigneur », où les seigneurs aussi se reposent…

 

 

 

 

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fidélité montagnarde

6 Décembre 2006 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne

                               béatitudes, les pieds dans la neige  de l’Ossau

 

    Heureux les contemplatifs : ils verront souvent de belles choses que d’autres ne verront jamais.
Heureux ceux aiment combattre : la vie est là pour leur fournir des occasions de le faire.
Heureux ceux qui aiment marcher, la terre est grande, belle et ronde : ils n’ont pas fini d’en faire le tour.
Heureux ceux qui aiment la mer : elle noie les secrets inaudibles, et les transforme en pluie.
Heureux ceux qui aiment la montagne : sur les sommets, il n’y a pas d’encombrements.
Heureux ceux qui savent se mettre en danger : ils prennent des risques inconsidérés, mais ça peut donner du fruit.
Heureux ceux qui savent aimer jusqu’au bout d’eux mêmes : ils ne savent pas encore s’ils seront récompensés, mais ça prouve qu'ils sont vivants.
Heureux ceux qui pleurent à cause de l’amour : ils peuvent toucher le fond, et d’autres cœurs.
Heureux ceux qui savent perdre du temps : ils sauront rester jeunes.
Heureux ceux qui savent prendre du temps : ils connaissent la joie et l’excitation des joueurs.
Heureux ceux qui savent être patients : ils ont raison.
Heureux êtes vous si vous recherchez la paix : c’est le meilleur moyen de la retrouver.
Heureux êtes vous si vous êtes libre : ça coûte cher, mais c’est le meilleur moyen de trouver le bonheur.

(Marc et Bénédicte dans la montée vers les lacs d'Ayous, dans les Pyrénées du haut Ossau, le 2 décembre. Un autre Austerlitz...)

(l'Ossau ne lèvera pas plus le voile... Pudique ou impressionné par ses fidèles marcheurs ?)

 (la redescente dans la vallée est toujours une petite mort en soi. Le chant du torrent indique en réalité une renaissance... On peut y boire, l'eau n'est jamais la même)

 

 

 

 

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ambiance verticale

21 Août 2006 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne

                           montagnes de feu, montagnes en feu...


          Au Moyen Age, paraît-il, le coucher du soleil était presque considéré comme une malédiction : il était signe de nuit, de dangers, de froids, de peur. L’Homme médiéval ne s’extasiait pas sur les couchers de soleil, mais plus sûrement sur le levé du beau blond.
Aujourd’hui, l’occident oxydé qui n’en finit pas de mourir à lui même s’ébahit le soir devant des soleils couchants, certes beau à pleurer, mais du coup il est bien difficile d’être aussi au rendez-vous matinal du levé du roi… soleil. Et c’est bien dommage.
Les montagnes offrent aux « lève tôt » des spectacles pour les yeux que le gras dormeur ne verra jamais. Elles prennent  des couleurs hallucinantes, de sorte qu’on a l’impression qu’elles sont en feu. Elles appellent de leurs pentes qui tout à l’heure paraissaient encore hostile, le marcheur valeureux qui veux bien les caresser, sans les souiller, du bout de ses chaussures. Se laisser apprivoiser par elles. Blesser aussi parfois, lorsque les jambes lourdes d’une journée de marche ne trouveront le repos qu’après la halte, enfin. Boire au ruissellement de ses sources ou ses neiges persistantes. Sentir le vent monter contre leurs flancs, parfois chaud, souvent glacial.
Le matin, tôt, les montagnes sont en flamme. D’un amour sans limite, celui qui se lève tôt pour leur rendre hommage leur prête aussi allégeance. La reine au soleil chauffe ses pierres. Le prince pourra sans doute être adoubé à son sommet. Mais il lui faudra braver bien des dangers, dont le plus fort est le découragement de l’homme qui lutte vers son apogée. 
Plus que jamais, elles appartiennent à ceux qui se lèvent tôt.
Comme le monde qu’elles dominent de leurs incandescentes verticalités.

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la photo du jour

10 Février 2006 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne

Ossau avec Hugo, en août 2004. Vu depuis la cabane du Long d’Ayous (1700m environ). Photo Arno R.


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