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Le jour. D'après fred sabourin

emerveillement

L’âme d’un tilleul, « l’esprit du lieu »…

4 Juillet 2026 , Rédigé par F.S Publié dans #émerveillement, #littérature, #Il était une fois

L’âme d’un tilleul, « l’esprit du lieu »…
L’âme d’un tilleul, « l’esprit du lieu »…

Nous avons bien fait de nous éloigner un peu du vacarme des tronçonneuses de la Place New-York d’Angoulême, ce vendredi 3 juillet. En suivant le fleuve Charente, environ 30 kilomètres plus à l’ouest, c’est à Jarnac, où la quiétude et le silence valent bien l’or des eaux-de-vie qui vieillissent derrière les hauts murs des chais noircis par la « part des anges », que nous avons goûté à la « Prise de Paroles », un festival qui gagne à être connu.

Dans le jardin de la maison natale de François Mitterrand, rue Abel-Guy, les arbres n’ont pas – et c’est heureux ! – été coupés. Ils ne sont pas malades, sans doute. Plus probablement, celui qui croyait aux « forces de l’esprit » veille sur eux, à brève distance, lui qui les aimait tant. Il y aurait du grabuge au cimetière des Grandes-Maisons, à quelques hectomètres de là, si quelqu’un intentait à leur vie sous des prétextes fallacieux...

Bruno Lemaire et Philippe Besson ont d’abord ouvert les festivités, en causant, sous le grand tilleul, de « littérature et de politique ». L’un et l’autre ont la plume trempée dans l’encre de mots vrais, de mots justes (n’en déplaise aux grincheux !), pour faire jaillir la vérité et l’émotion de ce dont ils sont témoins. « J’aime ce qui est écrit, disait François Mitterrand, la langue, la philologie, la grammaire. La vraie littérature naît, je le crois, de l’exactitude du mot et de la chose. Je préfère celui qui sait dire exactement ce qu’il a vu et ressenti, à celui qui vaticine en forçant sur ses impressions ».

Parviendra-t-on alors à exprimer, par quelques mots, l’émotion qui s’est emparé du public – et de nous-mêmes - lorsque, vers huit heures du soir, à l’heure où le soleil commençait à raser les murs de la maison natale, traversant les grands arbres, fut projeté le très beau documentaire de Catherine Aventurier, écrit et narré par Mazarine Mitterrand-Pingeot : François Mitterrand, une autre vie possible ?

Assise un peu à l’écart du public, une élégante femme octogénaire, coiffée d’un non moins élégant chapeau de paille, ne manquait rien des « mots et des choses » projetés sur l’écran. Quelques minutes auparavant, nous l’avions vue en grande conversation avec Jean Glavany, président de l’Institut François-Mitterrand. Ah ! Que nous aurions aimé être petite souris pour entendre ce qu’ils se disaient… Quelque chose de « l’esprit du lieu », cher à Jean-Claude Guillebaud planait alors, à travers le feuillage si réconfortant de ce vieux et massif tilleul, qui avait dû entendre tant de conversations. Nous alternions entre les images du documentaire, et cette élégante femme, assise là, si près de nous. C’était Anne Pingeot, qui écoutait, pensive, les paroles de son cher « François », comme elle aimait à lui écrire, en réponse aux « mon Anne » de ses Lettres. La scène faisait penser au Dimanche à la campagne de Bertrand Tavernier. Le souffle du vent. L’odeur du tilleul. La fraîcheur retrouvée d’un soir d’été. Le pays de son enfance. Jarnac. La Charente. Comment ne pas l’aimer davantage… ?

F.S. 3 juillet 2026

L’âme d’un tilleul, « l’esprit du lieu »…
L’âme d’un tilleul, « l’esprit du lieu »…
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Dans l’œil des félins

21 Avril 2023 , Rédigé par F.S Publié dans #émerveillement

Il n’y a pas d’autre mérite que de payer son entrée dans un zoo pour observer, en toute sécurité, des animaux « sauvages » (nés pour ainsi dire tous en captivité), quand il nous faudrait des jours et des jours d’approche, des ruses de félins, pour n’apercevoir  à l’état naturel qu’une tache sombre au loin, ou l’éclat d’un pelage plus ou moins blanc selon l’animal. Sylvain Tesson, dans La Panthères des neiges, résumait les affûts d’une de ses formules qui font mouche : « Au tout, tout de suite, de l’épilepsie moderne, s’opposait le sans doute rien, jamais de l’affût. Ce luxe de passer une journée entière à attendre l’improbable ! ».

Dans l’œil des félins
Dans l’œil des félins
Dans l’œil des félins
Dans l’œil des félins

Je ne suis pas du tout photographe animalier, j'ai peu de goût pour ça, encore moins de talent, ni de matériel adéquat. Je considère la photographie animalière comme un sacerdoce. J'ai beaucoup d'admiration pour cet ordre quasi monastique capable de passer des heures, des jours, des semaines à l'affût sans mot dire pour ne capter parfois qu'une image, et, comme disait Tesson précédemment, « sans doute rien ». Je songe au Vosgien Laurent Munier quêtant sa panthère sur les plateaux du Tibet par -20° ; au Solognot Laurent Charbonnier guettant les cervidés dans les matins humides et froids de Chambord ; à Jean-Michel Bertrand dans la vallée du Champsaur, près des Écrins, à la poursuite du loup... Mais je dois reconnaître que mardi dernier, au zoo de Beauval dans le Loir-et-Cher, le regard captif des félins m'a fasciné, dérouté, retourné. Je me suis demandé toute la journée - et une bonne partie de la nuit - ce que ces bêtes admirables pouvaient bien penser, en nous voyant, en me voyant empoignant mon fidèle boîtier Nikon, objet cyclope noir, pour essayer de capter « l'image du jour ».

Car plusieurs fois en effet, j’ai croisé le regard appuyé de ces fauves en liberté surveillée. Trois fois ce fut particulièrement puissant, tellement puissant que j’ai eu, la dernière fois, du retard à l’allumage pour saisir le moment où ce jaguar, se relevant brusquement, se dirigea droit vers moi, vers nous devrais-je dire puisque nous étions quatre ou cinq, dont un autre photographe. Ce jaguar bondit vers nous, déterminé, en nous fixant sans arrêt, puis disparu dans le fossé qui sépare – c’est heureux – les 6000 m² où s’ébrouent ces fauves du public, sans grillage ni vitre, par conséquent. L’une d’entre nous a dit : « on est sûr que le fossé est assez profond pour qu’il ne saute pas vers nous ? », ce à quoi, bravache, j’ai répondu : « on ne va pas tarder à le savoir… ».

Dans l’œil des félins
Dans l’œil des félins
Dans l’œil des félins
Dans l’œil des félins

La seconde fois c’était ce tigre blanc qui pris la pose, en grand habitué qu’il est probablement, mais il y avait je ne sais quoi dans l’air ce jour-là pour que ces félins nous transpercent du regard comme ils l’on fait. C’était fascinant, et je ne pouvais m’empêcher, dans un élan d’anthropomorphisme mal placé, d’imaginer ces animaux pensant. À quoi songent-ils, nous chouffant dans le blanc des yeux de leur regard amende de panthères, de léopards, de tigres, de jaguar ? Imaginent-ils la barbaque fraîche derrière l’objectif, ou rêvent-ils de liberté, qu’ils n’ont finalement jamais connue mais dont on sent bien que l’instinct est tapi là, prêt à bondir de nouveau, derrière ces pelages tachetés ? « C’est lorsqu’on ignore qu’on sait regarder », disait le journaliste Jacques Chancel dans une de ses Radioscopie. Alors ces félins savent voir, et regarder…

Dans l’œil des félins
Dans l’œil des félins
Dans l’œil des félins
Dans l’œil des félins
Dans l’œil des félins
Dans l’œil des félins

« Elle nous a repéré, pensai-je. Que va-t-elle faire ? Bondir ? Elle bâilla. Voilà l’effet de l’homme sur la panthère du Tibet » (ibid.). C’est l’effet que j’ai dû faire sur le premier félin croisé, cette splendide panthère des neiges, qu’il aura fallu six ans et autant d’affût à Laurent Munier pour la faire entrer dans le cadre de son boîtier reflex. Comme au zoo d’Asson, dans le Béarn l’été dernier, il ne m’aura fallu que quelques dizaines de minutes après avoir passé le portique d’entrée du zoo pour croiser son bâillement (pour la première), et une langue aimablement tirée (pour la seconde). Celle-ci se repaissait-elle en secret du déjeuner qu’elle aurait fait de moi, si le grillage n’avait pas été entre nous ?

« Vivre dignement dans l’incertain », écrivait Jacques Chardonne dans Le ciel par la fenêtre. C’est l’humilité que nous enseigne ces animaux – félins, ou autres – certes en captivité mais finalement bien davantage protégés qu’à l’état naturel, où réchauffement climatique, pollution et chasses débridées menacent leur existence en permanence. « Il restait 5000 panthères dans le monde. Statistiquement, on comptait davantage d’êtres humains en manteaux de fourrure ». Ceux-là ne connaîtront jamais le prix d’un échange de regard avec ces félins, sondant nos esprits tourmentés d’humains en perdition sur la terre, au bord de l’irréversible destruction…

Photos (c) F.S.

Dans l’œil des félins
Dans l’œil des félins
Dans l’œil des félins
Dans l’œil des félins
Dans l’œil des félins
Dans l’œil des félins
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Complètement givré

26 Janvier 2022 , Rédigé par F.S Publié dans #émerveillement

"Le paysage est un paquet de saveurs, de couleurs, d'odeurs, où le corps infuse"

(F. Gros, Marcher, une philosophie). 

Complètement givré
Complètement givré
Complètement givré
Complètement givré
Complètement givré

"La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.

Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.

Mais on entend parfois, comme une morne plainte,

Quelque chien sans abri qui hurle au coin d’un bois". (...)

Complètement givré
Complètement givré
Complètement givré
Complètement givré
Complètement givré

"Plus de chansons dans l’air, sous nos pieds plus de chaumes.

L’hiver s’est abattu sur toute floraison ;

Des arbres dépouillés dressent à l’horizon

Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

 

La lune est large et pâle et semble se hâter.

On dirait qu’elle a froid dans le grand ciel austère.

De son morne regard elle parcourt la terre,

Et, voyant tout désert, s’empresse à nous quitter."

(Guy de Maupassant, Nuit de neige).

Photos (c) F.Sabourin, Moulin du Got - Vallée de l'Anguienne - Dirac, Charente.

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La cathédrale d'Angoulême se visite aussi pour son Trésor

18 Octobre 2021 , Rédigé par F.S Publié dans #émerveillement, #regarde-la ma ville

La cathédrale d'Angoulême se visite aussi pour son Trésor
La cathédrale d'Angoulême se visite aussi pour son Trésor
La cathédrale d'Angoulême se visite aussi pour son Trésor
La cathédrale d'Angoulême se visite aussi pour son Trésor
La cathédrale d'Angoulême se visite aussi pour son Trésor
La cathédrale d'Angoulême se visite aussi pour son Trésor
La cathédrale d'Angoulême se visite aussi pour son Trésor
La cathédrale d'Angoulême se visite aussi pour son Trésor

En décembre 2016, nous avions fait paraître dans le média Magcentre.fr un article intitulé de la sorte ; nous l'avions également publié ici.

À cette époque-là, les possibilités de visites étaient frileuses (deux horaires, trois jours par semaine et seulement douze personnes à la fois). Fort heureusement, la DRAC, l'Office de Tourisme d'Angoulême et Charentes tourisme () ont (un peu) progressé dans les possibilités - sur réservations - de découvrir ou redécouvrir cette splendeur scénographiée par Jean-Michel Othoniel, installé à l'Académie des Beaux-Arts le 6 octobre dernier. De nouvelles photos de ce trésor magnifié par un soleil automnal frappant en plein les vitraux d'Othoniel et des ateliers Loire de Chartres permettent de donner envie, nous l'espérons, d'aller visiter cette splendeur alliant patrimoine et modernité.

Réservations au 05 45 95 16 84 et www.angouleme-tourisme.com . Tarif adultes : 5 €.

Photos (c) F. Sabourin

La cathédrale d'Angoulême se visite aussi pour son Trésor
La cathédrale d'Angoulême se visite aussi pour son Trésor
La cathédrale d'Angoulême se visite aussi pour son Trésor
La cathédrale d'Angoulême se visite aussi pour son Trésor
La cathédrale d'Angoulême se visite aussi pour son Trésor
La cathédrale d'Angoulême se visite aussi pour son Trésor
La cathédrale d'Angoulême se visite aussi pour son Trésor
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Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie

19 Août 2021 , Rédigé par F.S Publié dans #émerveillement, #patrimoine

Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie

En 1924, pour 80.000 Francs de l'époque, deux frères, Raymond et Alphonse Réthoré, acquièrent le château de la Mercerie, sur la commune de Magnac-Lavalette en Charente, à une portée de canon de Villebois-Lavalette. Il s'agit d'un manoir style Empire construit au début du XIXe siècle, le cadastre napoléonien de 1826 en atteste. Dans la dernière décennie du XIXe siècle, une tour carrée néo-romane avait été ajoutée par un descendant de la famille Mesnaud de Saint Paul.

Alphonse Réthoré, qui entreprit d'abord des études de médecines pour ensuite les abandonner et se consacrer quasiment en autodidacte à l'architecture, et son frère Raymond, d'abord journaliste puis maire de Magnac-Lavalette puis député de la Charente d'abord en 1936 sous l'étiquette radical-socialiste puis de 1958 à 1978 comme gaulliste, vont se consacrer à d'importants travaux, d'abord de réhabilitation et d'embellissement du logis ; puis la construction de la façade en trompe-l’œil de 220 mètres, se voulant une réplique du château de Versailles, comme d'autres pièces à l'intérieur, notamment une "galerie des glaces" ornée de grand panneaux azulejos, entre autres lambris, balustres, colonnades, peintures, sculptures etc.

Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie

Au milieu des années 70, les fonds commencent à manquer aux Réthoré. Les travaux cessent, excepté l'entretien de l'existant. En 1983, Alphonse décède, il est inhumé dans un pilier de la façade construite en imitation de celle de Versailles. En 1986, c'est Raymond qui décède à son tour, il sera inhumé de la même manière. Une plaque de marbre orne chacune des sépultures. Sans héritiers, c'est à Solange, leur fidèle secrétaire et ancienne gouvernante, que devait revenir le château. Las ! Elle meurt  dans un accident de voiture, c'est son frère qui en hérite finalement. Ce dernier organise une grande vente aux enchères en 1987 dans la grande galerie du château (sous les marteaux de Me Jean-Gérard Tasset et Robert Juge). Les nombreuses œuvres d'art collectionnées et amassées par Raymond durant ses voyages sont ainsi dilapidés, et le produit des enchères sert surtout à rembourser les dettes. Un antiquaire parisien, Bernard Steinitz, acquiert le château en 1988. Peu entretenu, les moyens manquant, le château sombre peu à peu dans l'abandon, se dégrade. C'est un vaisseau fantôme qu'on aperçoit de loin, et dont les Charentais s'approchent avec discrétion : le parc est l'occasion de pique-niques, mais l'intérieur demeure difficile à pénétrer. Finalement, en 2008, une société foncière gestionnaire d'actifs immobiliers, Foncière Volta, achète le château. En 2012 est signé un bail emphytéotique de 75 ans entre cette société et la mairie de Magnac-Lavalette et son maire, Didier Jobit. Une association "Château de la Mercerie" a a cœur de le restaurer, et progressivement il renait d'une ruine qui s'annonçait certaine.

Il se visite d'avril à novembre, on trouve les formations nécessaires à ces visites sur la page Facebook ChateauDeLaMercerie et sur le site www.chateaudelamercerie.fr  (d'où sont tirées la plupart des sources du commentaire ici présent).

F.S.

Photos (c) Fred Sabourin.

Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
Une folie fraternelle, "Versailles charentais" : le château de la Mercerie
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Portfolio : châteaux et villages de Charente (#1)

1 Juin 2021 , Rédigé par F.S Publié dans #émerveillement, #rural road trip, #voyage - voyage...

Au gré des pérégrinations charentaises, quelques images du château de La Rochefoucauld (XIIIe - XVIIe s.) ; du charmant village de Nanteuil-en-Vallée (son cimetière, son église Saint-Jean-Baptiste, sa pincée de tuiles...) ; du non moins charmant village de Verteuil-sur-Charente (son château propriété des La Rochefoucauld - vendu à un Autrichien pour environ 2.8 M€ - sa sénéchalerie, sa descente de croix, ses vieux...).

- Nanteuil-en-Vallée -
- Nanteuil-en-Vallée -
- Nanteuil-en-Vallée -
- Nanteuil-en-Vallée -
- Nanteuil-en-Vallée -

- Nanteuil-en-Vallée -

- La Rochefoucauld ("la Roche à Foucauld") XIIIe - XVIIe s. -
- La Rochefoucauld ("la Roche à Foucauld") XIIIe - XVIIe s. -
- La Rochefoucauld ("la Roche à Foucauld") XIIIe - XVIIe s. -
- La Rochefoucauld ("la Roche à Foucauld") XIIIe - XVIIe s. -
- La Rochefoucauld ("la Roche à Foucauld") XIIIe - XVIIe s. -
- La Rochefoucauld ("la Roche à Foucauld") XIIIe - XVIIe s. -
- La Rochefoucauld ("la Roche à Foucauld") XIIIe - XVIIe s. -
- La Rochefoucauld ("la Roche à Foucauld") XIIIe - XVIIe s. -
- La Rochefoucauld ("la Roche à Foucauld") XIIIe - XVIIe s. -
- La Rochefoucauld ("la Roche à Foucauld") XIIIe - XVIIe s. -

- La Rochefoucauld ("la Roche à Foucauld") XIIIe - XVIIe s. -

- Verteuil-sur-Charente -
- Verteuil-sur-Charente -
- Verteuil-sur-Charente -
- Verteuil-sur-Charente -

- Verteuil-sur-Charente -

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Avant, pendant et après la pluie

17 Mai 2021 , Rédigé par F.S Publié dans #émerveillement, #voyage - voyage...

Avant, pendant et après la pluie

Trois jours de pluie en Corrèze. Quelques rayons de soleil. La terre a bu, jusqu'à l'ivresse, jusqu'à crier "grâce". Le ciel, dans sa colère noire, finissait parfois par entendre la plainte, et cessait en de fugaces moments de déverser ses hectolitres d'eau. La lumière devenait soudainement féérique, accentuant la rigueur et la rusticité de cette terre sauvage, isolée, emplie de solitude et de silence. Murs épais de granit, toitures de lauzes ; clochers surgissants des évaporations ; tours défensives ou tours escaliers ; demeures cossues aux jardins clos bordés de rhododendrons... Sans prévenir, les bourgs et hameaux corréziens se laissaient découvrir, entre deux ruisseaux qui, pluies diluviennes obligent, se prenaient pour des torrents de montagne. Le Massif-Central était si près, qu'entre deux nuages nous aperçûmes le Plomb du Cantal et/ou le Puy Mary (si proches que de loin on pourrait croire qu'ils se touchent). Cette Corrèze est une terre pour voir et regarder. Une terre pour marcher, sentir, écrire. Une terre rude, escarpée, néanmoins attachante. Une terre à revoir...

- La Roche-Canillac -
- La Roche-Canillac -
- La Roche-Canillac -
- La Roche-Canillac -
- La Roche-Canillac -
- La Roche-Canillac -
- La Roche-Canillac -

- La Roche-Canillac -

- Champagnac-la-Prune ; Gimel-les-Cascades ; Egletons ; Sentier du Moulin de la Mère -
- Champagnac-la-Prune ; Gimel-les-Cascades ; Egletons ; Sentier du Moulin de la Mère -
- Champagnac-la-Prune ; Gimel-les-Cascades ; Egletons ; Sentier du Moulin de la Mère -
- Champagnac-la-Prune ; Gimel-les-Cascades ; Egletons ; Sentier du Moulin de la Mère -
- Champagnac-la-Prune ; Gimel-les-Cascades ; Egletons ; Sentier du Moulin de la Mère -
- Champagnac-la-Prune ; Gimel-les-Cascades ; Egletons ; Sentier du Moulin de la Mère -
- Champagnac-la-Prune ; Gimel-les-Cascades ; Egletons ; Sentier du Moulin de la Mère -
- Champagnac-la-Prune ; Gimel-les-Cascades ; Egletons ; Sentier du Moulin de la Mère -

- Champagnac-la-Prune ; Gimel-les-Cascades ; Egletons ; Sentier du Moulin de la Mère -

- Beaulieu-sur-Dordogne ; Argentat-sur-Dordogne -
- Beaulieu-sur-Dordogne ; Argentat-sur-Dordogne -
- Beaulieu-sur-Dordogne ; Argentat-sur-Dordogne -
- Beaulieu-sur-Dordogne ; Argentat-sur-Dordogne -
- Beaulieu-sur-Dordogne ; Argentat-sur-Dordogne -
- Beaulieu-sur-Dordogne ; Argentat-sur-Dordogne -
- Beaulieu-sur-Dordogne ; Argentat-sur-Dordogne -
- Beaulieu-sur-Dordogne ; Argentat-sur-Dordogne -

- Beaulieu-sur-Dordogne ; Argentat-sur-Dordogne -

- Argentat-sur-Dorgogne -
- Argentat-sur-Dorgogne -
- Argentat-sur-Dorgogne -
- Argentat-sur-Dorgogne -

- Argentat-sur-Dorgogne -

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Surgissement roman

11 Avril 2021 , Rédigé par F.S Publié dans #émerveillement, #rural road trip

- Saint-Sulpice-de-Ruffec -
- Saint-Sulpice-de-Ruffec -
- Saint-Sulpice-de-Ruffec -
- Saint-Sulpice-de-Ruffec -
- Saint-Sulpice-de-Ruffec -

- Saint-Sulpice-de-Ruffec -

Étonnant art roman, dans ces bourgs isolés perdus au milieu d'un triangle compris entre les bourgs de Verteuil-sur-Charente, Nanteuil-en-Vallée, et la pointe au sud qui serait entre Aunac-sur-Charente et Mouton. Dans ce triangle d'or, méconnu des Charentais (sauf ceux du coin, mais combien en reste-t-il ?), les routes serpentant au milieu de quelques mamelons et vallons tantôt boisés, tantôt plantés de blés et de colzas, mènent à des petits bourgs d'une cinquantaine d'habitants, une centaine tout au plus. Saint-Sulpice-de-Ruffec, Saint-Georges, Saint-Gourson, Couture, Poursac, Chenon, Chenommet... Ces villages séculaires sont bordés par le fleuve Charente (Verteuil, Chenon, Chenommet, Aunac), ou par des petites rivières aux noms chantants : l'Argentor, qui réunit l'Argent et l'Or ; le ruisseau de la Tiarde ; le Son-Sonnette qui réunit le Son et la Sonnette. 

Qu'on y arrive en voiture, il faut couper le moteur pour jouir du silence d'une campagne paisible, de paysages semblants immuables, où seuls les aboiements d'un chien ou le ronronnement d'un tracteur troublent le calme ambiant. Mais le mieux est encore de les parcourir à pied, ou d'y parvenir à vélo. C'est d'ailleurs un pays qui semble se découvrir ainsi : les balises de chemins de randonnées, les fameux "chemins noirs" chers à Sylvain Tesson (qui sont noirs sur la carte mais en réalité blancs sous les godillots) en témoignent. 

Comme semés par une main invisible, surgissent des bois qu’on peine à nommer « forêts » ; ils font comme des taches sombres entre deux champs de blé ou d’orge en herbe. D’un coup, comme des soleils éclatants qu’on peine à soutenir du regard, ce sont les champs de colza qui illuminent l’espace et rehaussent les pierres romanes d’une église, d’un logis, de murs en pierres sèches. Ici, Saint-Sulpice ; là Saint-Hilaire ; là-bas Saint-Georges. On entrebâille la porte de ces églises pratiquement millénaires, c'est à peine si l'on dérange la poussière, on sent sous les pieds le dallage en "cœur de demoiselle" ou pavés plus larges, comme des pierres tombales. 

À combien de kilomètres sommes-nous de chez nous, déjà ? Qu'importe : hors du temps et totalement dans l'histoire, baignés par la géographie, captés par l'art roman que les bâtisseurs médiévaux voulaient éternel, au seuil de ces édifices romans, nous sommes à l'entrée de l'éternité.

- Saint-Georges (église et cimetière) -
- Saint-Georges (église et cimetière) -
- Saint-Georges (église et cimetière) -
- Saint-Georges (église et cimetière) -

- Saint-Georges (église et cimetière) -

- Chenon église Saint-Antoine-le-Grand (chapelle castrale) -
- Chenon église Saint-Antoine-le-Grand (chapelle castrale) -
- Chenon église Saint-Antoine-le-Grand (chapelle castrale) -
- Chenon église Saint-Antoine-le-Grand (chapelle castrale) -
- Chenon église Saint-Antoine-le-Grand (chapelle castrale) -

- Chenon église Saint-Antoine-le-Grand (chapelle castrale) -

- Aizecq, église Saint-Pierre, logis et maison natale de saint Pierre Aumaître -
- Aizecq, église Saint-Pierre, logis et maison natale de saint Pierre Aumaître -
- Aizecq, église Saint-Pierre, logis et maison natale de saint Pierre Aumaître -
- Aizecq, église Saint-Pierre, logis et maison natale de saint Pierre Aumaître -

- Aizecq, église Saint-Pierre, logis et maison natale de saint Pierre Aumaître -

- Nanclars, église prieurale Saint-Michel -
- Nanclars, église prieurale Saint-Michel -
- Nanclars, église prieurale Saint-Michel -
- Nanclars, église prieurale Saint-Michel -

- Nanclars, église prieurale Saint-Michel -

- Moutonneau, église Saint-Vivien et château -
- Moutonneau, église Saint-Vivien et château -
- Moutonneau, église Saint-Vivien et château -

- Moutonneau, église Saint-Vivien et château -

- Mouton, église Saint-Martial -
- Mouton, église Saint-Martial -
- Mouton, église Saint-Martial -

- Mouton, église Saint-Martial -

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Dans la solitude des champs de colza...

2 Avril 2021 , Rédigé par F.S Publié dans #rural road trip, #émerveillement, #quelle époque !

Dans la solitude des champs de colza...

Comme l'année dernière à pareil époque, les spécialistes de l'enfermement tentent de maintenir le vulgum pecus claquemuré à domicile ; mais, changement notable, la laisse s'est légèrement allongée. Dix kilomètres "à vol d'oiseau", quelle aubaine ! Monsieur est trop bon ! Encore un peu et reviendra la règle des "cent kilomètres"... L'avantage c'est qu'au delà de mille mètres, les gens ne savent généralement plus compter. "En avant, calme et fou" donc, comme dirait Sylvain Tesson !

C'est assez pour aller admirer l'église Saint-Denis de Lichères, plantée là au milieu des champs de colza et de céréales en pleine ascension vers le ciel, d'un bleu immaculé (on regrette cependant l'absence de quelques nuages blancs façon moutons). Elle vaut le détour, au débouché de la bien nommée "route des quatre-vents".

Elle date du XIIe siècle, et dépendait de l'abbaye de Charroux, dans le Poitou voisin. Les explications quant à l'isolement de sa construction ne sont pas légions, l'hypothèse la plus répandue consiste à penser qu'elle devait servir pour des pèlerinages de lépreux, d'où sa construction à l'écart du bourg (elle a la faveur du journaliste et essayiste charentais Jean-Claude Guillebaud par exemple). La proximité de la Charente et de ses crues est peut-être une explication plus pragmatique et prosaïque.

Gorgée d'un soleil printanier qui se hausse du col pour imiter celui d'un plein été, l'église Saint-Denis - malheureusement gâtée à l'horizon par d'inesthétiques mâts contemporains d'aérogénérateurs autrement nommés "éoliennes" - émerge des cultures environnantes, essentiellement du colza, planté à quelques mètres de ceux de l'année dernière à pareil époque. C'est beau à en attraper une fracture de l’œil. On n'en demandait pas moins. Elle a un petit goût de reviens-y. On ne va pas s'en priver...

Photos (c) F.S, 1er avril 2021.

Dans la solitude des champs de colza...
Dans la solitude des champs de colza...
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Préhistoire en Charente : les Vachons

25 Février 2021 , Rédigé par F.S Publié dans #émerveillement, #rural road trip

Préhistoire en Charente : les Vachons
Préhistoire en Charente : les Vachons
Préhistoire en Charente : les Vachons
Préhistoire en Charente : les Vachons

Sur la commune de Voulgezac (16) se trouve le site des Vachons, au lieu-dit "Prés-Vachons", au pied d'une ligne de falaise karstiques d'une trentaine de mètres de hauteur. Le site est traversé par un affluant de la Boême, qui trouve sa source dans la Font-Robert, puis traverse un étang formé par une retenue d'eau en aval. Dès 1867, A. Trémeau de Rochebrune manifesta un intérêt pour le site, qui fut ensuite fouillé. Une douzaine de grottes et abris, d'Est en Ouest, composent les Vachons. Le plus connu, l’Oeil de bœuf, a été fouillé par A. Coiffard avec minutie, surtout entre 1914 et 1922, jusque dans les années 1929-1933.  Silex, pierres taillées et os calcinés furent découverts, remontant à la période aurignacienne du Paléolithique supérieur (-30.000 à -25.000 ans).

Le gisement des Vachons est le seul à avoir livré des restes humains contemporain du Périgordien (-27.000 à -20.000 ans) : il s'agit d'une molaire supérieure gauche portant des traces d'action humaine. Dans les niveaux aurignaciens de fouilles archéologiques, d'autres molaires, qui pouvait appartenir à la même mandibule. 

Source : André Debénath : Néandertaliens et Cro-Magnons, les temps glaciaires dans le bassin de la Charente. Ed. le Croix Vif, 2006.

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