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Le jour. D'après fred sabourin

L’âme d’un tilleul, « l’esprit du lieu »…

4 Juillet 2026 , Rédigé par F.S Publié dans #émerveillement, #littérature, #Il était une fois

L’âme d’un tilleul, « l’esprit du lieu »…
L’âme d’un tilleul, « l’esprit du lieu »…

Nous avons bien fait de nous éloigner un peu du vacarme des tronçonneuses de la Place New-York d’Angoulême, ce vendredi 3 juillet. En suivant le fleuve Charente, environ 30 kilomètres plus à l’ouest, c’est à Jarnac, où la quiétude et le silence valent bien l’or des eaux-de-vie qui vieillissent derrière les hauts murs des chais noircis par la « part des anges », que nous avons goûté à la « Prise de Paroles », un festival qui gagne à être connu.

Dans le jardin de la maison natale de François Mitterrand, rue Abel-Guy, les arbres n’ont pas – et c’est heureux ! – été coupés. Ils ne sont pas malades, sans doute. Plus probablement, celui qui croyait aux « forces de l’esprit » veille sur eux, à brève distance, lui qui les aimait tant. Il y aurait du grabuge au cimetière des Grandes-Maisons, à quelques hectomètres de là, si quelqu’un intentait à leur vie sous des prétextes fallacieux...

Bruno Lemaire et Philippe Besson ont d’abord ouvert les festivités, en causant, sous le grand tilleul, de « littérature et de politique ». L’un et l’autre ont la plume trempée dans l’encre de mots vrais, de mots justes (n’en déplaise aux grincheux !), pour faire jaillir la vérité et l’émotion de ce dont ils sont témoins. « J’aime ce qui est écrit, disait François Mitterrand, la langue, la philologie, la grammaire. La vraie littérature naît, je le crois, de l’exactitude du mot et de la chose. Je préfère celui qui sait dire exactement ce qu’il a vu et ressenti, à celui qui vaticine en forçant sur ses impressions ».

Parviendra-t-on alors à exprimer, par quelques mots, l’émotion qui s’est emparé du public – et de nous-mêmes - lorsque, vers huit heures du soir, à l’heure où le soleil commençait à raser les murs de la maison natale, traversant les grands arbres, fut projeté le très beau documentaire de Catherine Aventurier, écrit et narré par Mazarine Mitterrand-Pingeot : François Mitterrand, une autre vie possible ?

Assise un peu à l’écart du public, une élégante femme octogénaire, coiffée d’un non moins élégant chapeau de paille, ne manquait rien des « mots et des choses » projetés sur l’écran. Quelques minutes auparavant, nous l’avions vue en grande conversation avec Jean Glavany, président de l’Institut François-Mitterrand. Ah ! Que nous aurions aimé être petite souris pour entendre ce qu’ils se disaient… Quelque chose de « l’esprit du lieu », cher à Jean-Claude Guillebaud planait alors, à travers le feuillage si réconfortant de ce vieux et massif tilleul, qui avait dû entendre tant de conversations. Nous alternions entre les images du documentaire, et cette élégante femme, assise là, si près de nous. C’était Anne Pingeot, qui écoutait, pensive, les paroles de son cher « François », comme elle aimait à lui écrire, en réponse aux « mon Anne » de ses Lettres. La scène faisait penser au Dimanche à la campagne de Bertrand Tavernier. Le souffle du vent. L’odeur du tilleul. La fraîcheur retrouvée d’un soir d’été. Le pays de son enfance. Jarnac. La Charente. Comment ne pas l’aimer davantage… ?

F.S. 3 juillet 2026

L’âme d’un tilleul, « l’esprit du lieu »…
L’âme d’un tilleul, « l’esprit du lieu »…
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