concept
Zone (2)
(un projet photographique, suite)
Ici, pendant presque quarante ans, se dressait une belle base de loisirs : auberge de jeunesse, piscine en plein air de cinquante mètres, et un camping. Bourgines, à Angoulême, Charente.
Pour beaucoup d’Angoumoisins, Bourgines, c’était d’abord et avant tout une piscine, où on venait passer du temps l’été, à une époque pas si lointaine où les bassins individuels n’avaient pas encore envahit les jardins des pavillons de banlieue ou des maisons chics du centre ville. Beaucoup y apprirent à nager. Certains y ont compté fleurette, sur le béton des dalles irrégulières qui râpaient les pieds ou sur la pelouse, derrière une haie, plus discrète. On y fumait des blondes à dix balles le paquet - des Dunhill bleues, des Craven ‘A’ ou des Benson & Hedges - en compagnie de jolies brunes dont les tétons pointaient sous le maillot mouillé, en mastiquant des gommes à mâcher à la chlorophylle, pour garder l’haleine fraîche. Les plus audacieux osaient sauter, ou plonger, du haut des cinq mètres de plongeoir qui dominait le rectangle bleu, sous les yeux des belles de jour qui attendaient l’exploit, ou le plat. D’autres enfin scrutaient le fond, cinq mètres plus bas, imitant un certain Jacques Maillol dans Le Grand bleu. Bourgines, c’était une piscine, une époque, des vies.
A côté de celle-ci, il y avait le camping municipal du même nom. « Cent quatre vingt emplacements de caravanes, » me dit le vieux que je croise contre toute attente dans ce lieu désormais désert et à l’abandon, en friche, en zone. Je prenais des photos dans ce qu’il reste de sanitaires, aux murs défoncés, tagués, au sol jonché d’immondices et de déjections, de briques et de tuiles, quand j’ai entendu ses pas. J’ai alors pensé à des flics en ronde, ou un squatter qui m’aurait vu rentrer. Me croyant seul, j’avoue, j’ai flippé. Non, c’était un octogénaire, « un des deux derniers propriétaires de petits jardins ouvriers d’à côté, » me dit-il. On a discuté, un peu. Il croyait que je faisais « mon inspection. » Il m’aura pris pour un flic, lui aussi, ou quelqu’un de la mairie, sans doute. Il m’annonce qu’il vient ici « faire son tour, et voir les occupants de la caravane, là bas dans l’fond. » Une caravane ? Oui, et bien planquée, entre les arbres et le reste de végétation surabondant. Des grilles ferment cette sorte d’enclos, fausse propriété privée où des chiens aboient. Il me plait qu’ils soient derrière et que le dit enclos semble hermétique. Pas âme qui vive autre que ces cabots, on sent néanmoins la présence humaine ordinaire de gens hélas ordinaires, qui, exclus de tout, vivent dans ces abris de fortunes, à l’écart, planqués, repoussés, exilés. Deux toiles de tente jouxtent la caravane, je les découvre en faisant le tour par un trou du grillage de l’ancien camping.
Des gens vivent là, comme près du parking où j’ai laissé ma bagnole tout à l’heure. Sur une autre caravane, plus visible, dont l’auvent est fait de bric et de broc, de toiles et de palettes, il est écrit le modèle : évasion 400 luxe. D’autres avaient aussi posé leur caravane près du stade, entre noël et nouvel an, mais celle-ci vient de disparaître, seules restent les traces d’une courte organisation de vie dans ce coin en friche, vestiges d’anciens jardins ouvriers. Quand je reviens vers ce parking, un homme et une femme, d’un âge certain, coupent du bois mort humide tombé là. Ils ramassent le tout et le rangent dans un petit chariot à course, modèle pour bourgeoises du plateau de la ville haute, ou de la mémé qui ne peut plus porter de sacs.
J’ai décidé de publier ces photos. Ces lieux ont l’air sans vie, sans âme, sans rien. C’est un leurre. Personne ne regarde ces lieux, ou si peu, et c’est bien dommage. Ils rebutent et sont repoussés peu à peu du centre clinquant de nos villes, quelle que soit leur taille. Mais ils existent, ces lieux de rien, ces lieux de friches, ces lieux de zones. Ils se rappellent à nous quand on veut bien les regarder vraiment, en prenant le temps, en ouvrant les yeux, tout simplement.
Et, contre toute attente sans doute, ils témoignent d’une vie qui est encore là, tristement là même parfois. Ils ont une âme, et celle-ci mérite qu’on la mette en pleine lumière.
- Vague terrain -
- 50 mètres olympiques -
- Réception ? -
- Douche froide -
- Jeux interdits -
- Homo sapiens -
- Vivre ? -
- Camouflage -
- Jeux interdits (2) -
- Ligne de fuite -
(c) Fred Sabourin. Janvier 2012, Angoulême.
Nikon d300, objectif Tamron 10-24 mm. Focale moyenne : 5 et 9-11.
Mon beau sapin
- Présumé coupable -
Ça sent le sapin pour le roi des forêts...
- Sans titre -
- Abonné absent -
- Diabolo-menthe -
- Mi-temps -
- Evasion -
(c) Fred Sabourin. Janvier 2012. Angoulême
No comment
- Nature (morte) -
En attendant le retour des écritures...
Tiens au fait Charlie a brûlé.
Et personne pour soupçonner Siné ?
Si c'est pas une erreur judiciaire ça !
Bourlingue & vagabondage jusqu'au 13 novembre environ.
- Mangez-en tous -
Avec le loup dans les grottes de...
- Je suis resté là comme deux ronds de frites -
Qu’il est bon d’être dépassé et surpris par les évènements, parfois. Alors que la gare de Lamativie émergeait à peine de sa torpeur estivale – le soleil tapait dru cette fin juin – une fidèle lectrice de ce blog se dépêchait pour attendre à la gare de Rocamadour, dans une configuration semblable. Je ne résiste pas à la citer dans le texte : « C'est parfois sympa d'attendre longtemps, en ayant absolument rien à faire. »
Et comment ! C’est là que l’œil et les autres sens prennent toute leur mesure, à savoir la démesure de l’endroit où l’on se trouve, et c’est aussi dans ces instants rares que s’éveille l’esprit du lieu. Ceux qui ont perpétuellement un écran sous les yeux ou un ail pode dans les oreilles ignorent de quoi il s’agit, absorbés par autre chose (mais quoi ? La fuite de leur propre solitude certainement). Pour les autres – et donc cette prometteuse observatrice du temps qui passe – tout peut arriver. Il n’y a rien d’autre à posséder qu’un peu de mémoire et un œil en état de marche. Voire deux, c’est selon.
Ensuite, quelques béquilles peuvent aider à fixer tout cela pour éviter que la scène s’envole trop furtivement : un petit carnet à spirales (ou pas) fera bien l’affaire. Pour l’œil, c’est une affaire de goût, et d’opportunité, un appareil photo compact ou un gros réflex perfectionné si on est passionné permet de revoir ensuite le résultat d’une attente qu’on croyait stérile. Apparaissent alors des détails croustillants, comme cette borne de compostage contemporaine de la société des chemins de fer français indiquant une date permettant de revenir au passé en un clic, comme seule cette société de transport peut en être l’auteur. D’ailleurs, que faisiez-vous le 5 octobre 1980 ? (c’était un dimanche).
Rocamadour ou Lamativie, même combat, ou presque tant cette dernière était largement plus isolée, mais à admirer les photos de la gare de cette station touristico-religieuse où "mon amour était parti s’y réfugier avec le loup dans des grottes", on jurerait que non. « C'est parfois sympa d'attendre longtemps, en ayant absolument rien à faire »
Elle s’appelle Bénédicte et nous lui disons : merci.
PS : Nous apprenons alors que nous mettons sous presse que Mle Bénédicte H va nous proposer un texte accompagnant cette rencontre ferrovière... Nous l'attendons avec impatience, et ne manquerons pas de le diffuser ici. D'ailleurs le voici :
C’est une chouette gare, avec ce petit charme qu’on pourrait appeler pittoresque. Deux quais : A comme « Ah ? » et B comme « Bon. ». Ce qui nous donne : « Ah ? c’est une gare... » et « Bon. Soit… ».
Pas convaincu. Robert au secours !
Gare (n .m.) : Ensemble de bâtiments et installations établis aux stations des lignes de chemin de fer pour l’embarquement et le débarquement des voyageurs et marchandises.
Donc c’est une gare. Deux lignes de chemins de fer, des bâtiments et des installations établies pour l’embarquement et le débarquement des voyageurs. Tout y est. Il y a même des bancs pour s’assoir. Pardon : des installations établies pour l’embarquement et le débarquement de voyageurs… ou les commodités de l’attente en gare. Car encore une fois, s’en est une. On a du mal à y croire, quand seul avec son sac à dos on descend d’un magnifique ter flambant neuf sur un quai vide et décrépi. Et Le contrôleur qui vous regarde avec des yeux ronds.
Les aléas de l’organisation font qu’il faut attendre au milieu de cette gare. Longtemps en plus. C’est là que le doute s’installe. Il ne s’est pas gourré là, le chauffeur ? Il ne m’aurait pas, par hasard, laissé en pleine cambrousse française ? Pas un chat. Si justement. Juste un chat. Moche en plus. Et il pleut… Il faut s’abriter dans l’installation établie pour le débarquement des voyageurs, apparemment colonisée par les mouches. Saletés.
C’est là qu’on découvre le dernier coup de jeune de cette gare : une affiche datant de 2 ans auparavant –c’est à peine si on ose y croire. Le regard ne fait que vagabonder, s’attache au moindre petit détail, s’interroge sur les choses les plus idiotes. Quand la poubelle a été vidée la dernière fois ? Elle est pleine. En même temps que l’affiche peut-être, ce qui expliquerai le nombre incroyable de ces petits trucs noirs, bruyants, volants et collants. Un tour dehors, quand même.
Les rapias. L’installation du débarquement/embarquement des voyageurs est bien moins belle que celle des marchandises. Quoiqu’on ne se plaindra pas trop, puisqu’on pourrait la qualifiée de feu l’installation du stockage des marchandises. Depuis combien d’année plus rien ne se décharge dans ce bâtiment –charmant ? Depuis que la Nationale enfile comme un collier de perles rectangulaires les poids lourds, se déchargeant dans des infrastructures hideuses elles-mêmes situées dans des ZI, ZA, ZC et cie . Hideuses aussi. Revenons à notre gare qui a l’air en voie de disparition. Espèce menacée complètement à la masse : une magnifique borne jaune de compostage toute neuve date avec 30 de retard. Pourquoi pas, on sait que la mode est de revenir aux années 80, mais si même les machines s’y mettent, on n’est pas près d’avancer.
En attendant, on attend. On compte tout ce qui peut se compter, on imagine l’histoire que s’invente la grand-mère de la maison d’en face, sur que d’être l’attraction du jour de cette dame vous enchante. Equilibriste sur les rails quand le soleil se pointe, philosophie sur la société des fourmis (parce qu’en plus des mouches qui ont leur territoire dans les airs, celles-ci ont établi le leur à terre), espérance d’une pluie qui ne durera pas, bonjour à l’unique brave passant, apprentissage des horaires de trains , quelques mots sur une feuille. Regret de ne pas avoir le bijoux technologique qui transporte de la musique partout avec vous –autrement dit lecteur mp3. Mais finalement non, c’est aussi bien. Ecouter le bruit de l’endroit où on se trouve, c’est quelque chose qu’on oublie aujourd’hui. Redécouvre le chant des criquets, le bruit du vent dans les arbres, tendre l’oreille en espérant entendre le moteur de la voiture qui doit venir vous chercher-mais qui n’arrive toujours pas. Finalement tant mieux. On apprivoise la patience et on comprend que oui, c’est parfois sympa de devoir attendre, en ayant absolument rien à faire. 3h30 à tuer d’une manière splendide le temps.
NB : mais pas trop souvent, quand même.
Bénédicte H. (17 ans)
- Sans titre -
- Passage -
- Toujours un train de retard -
Photos : Bénédicte H.
Liberté d'écrire
... et droit de réponse. Voici un commentaire reçu suite à cet article : Fatigué ? Non, Épuisay
Monsieur,
Votre reportage sur Ouzouer le Doyen (les photos) sont très réussies. Par contre vos commentaires le sont moins !
Dire que le Maire est un drôle de personnage, vous ne devez pas bien le connaître...Votre commentaire sur le rapport entre la marianne à gros seins et la secrétaire de mairie est, je juge, à mon sens déplacé !
Voilà quelques commentaires qui me semblaient importants. Votre liberté d'écriture reste la votre, mais attention à la dérive.
Cordialement
Yannick MEYNENT
Conseiller Municipal, Ancien Adjoint
En effet, Monsieur, vous avez parfaitement raison : ma liberté d'écriture reste la mienne. Et le restera.
- Au delà du fleuve et sous les arbres -
Être à l’heure, c’est déjà être (un peu) en retard
- Sans commentaire -
Parfois on me demande si le métier de localier n’est pas un peu routinier. Entre nous, nous parlons parfois de manière un peu caricaturale – mais c’est tellement bon – d’inauguration de ronds-points et de déviations, de foire aux boudins ou de coupage de ruban pour la nouvelle piste cyclable. C’est vrai qu’à bien y regarder, être grand reporter en petites choses, comme disait un ex-confrère de Saône-et-Loire, peut s’avérer étrange. On sent même parfois un certain désappointement dans le regard de celui à qui vous dites que vous œuvrez pour un hebdomadaire "départemental". Point de rubrique internationale, point d’analystes politiques ou de rubrique culturelle parisiano-centrée. Mais il n’est pas interdit de lire entre les lignes des discours trop policés et mâtinés de communicationite (maladie visant le politique avant, pendant, et après l’élection voire l’érection). Il n’est pas interdit, si on veut s’amuser un brin des situations gênantes, de regarder dans les coins et voir ce qui se passe en coulisse. Là, on n’est jamais déçu.
Lors de la conférence – débat organisée par un cabinet d’accompagnement et d’organisation (un truc qu’on pourrait résumer par l’affreux mot consulting), j’arrive très à l’heure : 17 heures, est-il écrit sur le communiqué de presse. Des participants s’installent peu à peu, arrivant par petites grappes. Le temps passe. Rien ne démarre. Voici que la responsable du cabinet – qui se révèlera ensuite une piètre oratrice – entre dans la petite salle où nous sommes déjà assis sur d’inconfortables fauteuils en plastiques des années 70 en forme de baquets, et déclare « qu’on va encore attendre 5 ou 10 minutes les retardataires. » Il est déjà 17h20. Ça ne commencera donc pas avant 17h30, me dis-je en comptant le retard que j’aurai aussi à la sortie. Finalement, à 17h25, après l’arrivée de deux ou trois retardataires qui ne s'en excusent même pas, la conférence démarre. Le thème ? Souffrance, efficacité et plaisir du travail. Le public : des managers, gestionnaires ressources humaines (qui n’ont bien souvent d’humains que le titre) et autres petits patrons(nes) de pé aime euh.
Le première phrase que je note sur mon petit cahier de notes à spirales : « La première des souffrances liée au travail n’est-elle pas le manque de respect dû aux employés, par les cadres et managers qui se doivent d’être exemplaire dans la ponctualité ? »
Une semaine avant, grosse opération de com’ de l’agglo de mon village loir-et-chérien au sujet de l’inauguration d’un tronçon de piste cyclable entre deux ponts : l’un, du XVIIIe siècle, l’autre de la fin du XXe, baptisé : François Mitterrand. Discours lénifiants et autocongratulation à grands coups de pommade dans le dos des trois élus socialistes qui n’hésitèrent pas ensuite à mouiller le maillot pour la photo en empruntant la dite piste cyclable avec des vélos électriques. Remarque d’un cyclotouriste invité pour ce grand raout : « Ils allaient plus vite que nous, mais c’est normal : ils avaient des vélos assistés. » Le vélo c'est bon pour la santé, sauf que l'assistanat est un cancer.
Quelques temps encore avant, à l’occasion du trentième anniversaire de la présidentielle d’un certain 10 mai, la pose d’une plaque commémorative avait donné lieu à une belle photo où la signalisation routière valait mieux que n’importe quelle caricature.
Et dire qu’on les paie pour faire ça…
- Ils l'ont fait ! -
- Retiens ton souffle -
Un déjeuner sur l'herbe
C’est un truc où tout le monde ne va pas. Une sorte d’invitation pour happy few locales, un entre-soi où il est de bon ton d’aller.
Le jour où le préfet invite la presse locale à déjeuner dans sa salle à manger, il vaut mieux en être, même si la chose s’annonce entendue d’avance : tout ce qui sera dit sera off, sauf ce qu’on vous précisera comme tel. Si ce n’était à la préfecture, on dirait à la bonne franquette. Faut pas imaginer non plus le préfet derrière ses fourneaux et criant depuis la cuisine : « à table ! » à la fin de l’apéro.
C’est un truc où les hobereaux du coin, je veux parler de la PQR, la Presse quotidienne régionale (en gros la Pravda locale) arrivent les derniers alors que le champagne est déjà tiède dans les flûtes. Histoire qu’on les remarque bien, et qu’on voit qu’ils arrivent en nombre, en l’occurrence trois. C’est un truc où on croise des copains et copines journalistes en qui on a toute confiance, et d’autres en qui on se méfie, craignant que la franchise ne soit pas inscrite au fronton de leur déontologie. C’est un truc où on croise aussi un sous-préfet qu’on appelle Madame, charmante jeune femme fraîchement arrivée à son poste après avoir connu les dorures d’un ministère parisien.
Je dois l’avouer : je n’y ai pas mes habitudes, mais pour rien au monde, je ne raterai ces machins-là. Je m’y amuse beaucoup, et si j’avais la verve balzacienne, d’un Chardonne ou d’un Flaubert, j’en écrirais des tonnes. Je m’y amuse beaucoup d’abord parce qu’en arrivant, après qu’on vous ait débarrassé de votre manteau au vestiaire, il y a un petit carton à prendre sur une table. Sur ce carton est figuré le dessin de la salle à manger du préfet, avec une table en son centre. Sur la table, un trait rouge : c’est là que vous allez manger.
A la vue de ce petit bristol, j’ai tout de suite compris que je ne dirai pas un mot au préfet du déjeuner. La photo ci-jointe vous le prouvera par l’observation de l’angle dans lequel je me trouvais : impossible de participer à une conversation menée par l’invitant, sauf à ce qu'il attrape un torticoli en sauçant son assiette avec sa cravate. J’ai ensuite compris, lorsque nous sommes passés à table, quels étaient ceux qui comptent et peuvent apporter une conversation à l’hôte des lieux. La PQR, et la radio commerciale du coin. Eux étaient dans la ligne de mire. Ils ne s’en sont pas privés. Prestige du protocole !
Cela étant, le sujet qui monopolisa plus de la moitié du déjeuner fut – on ne s’en étonnera guère – les élections cantonales de mars prochain. Pas les sujets qui intéresseraient volontiers les contribuables à l’occasion électeurs, tels que les routes, transports, les collèges, le RSA, l’APA, les maisons de retraite, le financement de tout ce barnum et comment on va s’y prendre et à quoi ça sert ce machin avec des z’hommes politiques dedans. Non, ce qui a monopolisé la conversation de ceux qui font l’info et du préfet ce sont les pronostics. Qui va être réélu (ou pas) et où, et de combien ? Le mille feuilles électoral, par le petit bout de la lorgnette. Une sorte de PMU de la politique, sans l’hippodrome mais avec tribune d’honneur et les bourrins. Un des convives a cependant eu cette fulgurance : « le seul sondage qui compte c’est celui du lundi matin après comptage des urnes. » Ensuite par petits paquets de quatre ou cinq, les conversations ont dévié vers l’intercommunalité, l’autre truc à la mode cette année, qui passe au dessus de la tête des citoyens mais qui pourtant va s’abattre sur eux d’ici à la fin de l’année.
Qu’importe. Les mets étaient délicieux et les vins gouleyants. Comme l’était aussi ma voisine de droite, nouvellement arrivée, qui disait combien elle avait été bien accueillie dans sa sous-préfecture et combien il lui tardait que son jeune fils arrive près d’elle. Sur sa montre d’une grande marque de maroquinier qui doit valoir à elle seule plusieurs mois de Smic, on pouvait y lire la langueur du temps qui passe dans ces maisons d’Etat, que Brel a figé dans une célèbre chanson Je suis un soir d’été. (« Et la sous-préfecture fête la sous-préfète, sous le lustre à facettes il pleut des orangeades et des champagnes tièdes, et des propos glacés de femelles maussades de fonctionnarisés.»)
Retour à Moulinsart...
Mille sabords ! Nous voici enfin de retour à la maison...
Photos : Xav.Galt.
La vie de château (ou presque)
- garden party -
- après la noce -
- s'asseoir -
- Sire -
- auprès de mon arbre -
(c) F. Sabourin. Château de Villesavin, Tour en Sologne (Loir-et-Cher)
Teasing de ouf : bientôt, ici, la critique de Happy Few, d'Anthony Cordier (avec Marina Foïs, Elodie Bouchez, Roschdy Zem, Nicolas Duvauchelle)
mais qu'est-ce donc ? (la réponse...)
Dans le cadre du festival "Rouen Impressionnée" qui se déroule tout l'été en Haute-Normandie, le pont Boildieu est le théâtre d'une oeuvre d'art environnementale d'Arne Quinze, designer flamand. L'oeuvre suspendue, de 100m de long, se nomme "Camille", en hommage à la femme de Monet et en référence au prénom de Pissarro. Comme une toile impressionniste, Camille change de visage et de couleur au gré de la lumière du jour.
Surprenant, mais... impressionnant !
(jusqu'au 29 août)
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