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Le jour. D'après fred sabourin

Articles récents

Les 4 saisons de la bourlingue

24 Avril 2015 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne

Le temps passe, irrémédiablement. Mais ces paysages demeurent. Un peu comme nous, ils changent juste d'habits.

Au revoir, gens de la plaine. La source du bonheur est ailleurs... 

Avril

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Février

Février

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Les mystères du Loir-et-Cher dévoilés

24 Avril 2015 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #littérature, #Presse book

Le nouveau livre du journaliste Pascal Audoux lève le voile sur des éléments de l'histoire du département et des destinées insolites, extraordinaires et méconnues. Mais qui gagnent à l'être.

 

La séquestrée de Poitiers, Blanche Monnier ? Elle a fini ses jours à l'hôpital psychiatrique de Blois. Connaissez-vous vraiment le chanoine Tournesac fondateur du journal que vous avez en main, ecclésiastique haut en couleur malgré sa soutane noire et son col romain blanc ? Champigny-en-Beauce vous fait penser à un nom de village d'une aventure de Spirou et Fantasio ? Elle abrita une cité agricole, comme on dirait une cité de banlieue aujourd'hui. Et l'affaire du presbytère de la discorde à Chaumont-sur-Loire ? Saviez-vous aussi que les Américains avaient débarqué à Gièvres entre 1917 et 1919 ? Et ce préfet enterré dans l'église Saint-Nicolas, Albert de Lezay-Marnésia ? Pensez-vous tout savoir sur le père Brottier ? Connaissez-vous les diaboliques de Vendôme ? A-t-on tout dit sur Auguste Poulain, ou reste-t-il quelque chose à croquer ? Etc. Etc. Impossible de citer là tous les vingt-sept chapitres des quatre parties (1) qui composent Les Mystères du Loir-et-Cher de Pascal Audoux.

Mystérieux mystères

Le journaliste, historien et écrivain Pascal Audoux mériterait d'ailleurs à lui seul un chapitre sur ses propres mystères dans ce livre paru le 10 avril aux éditions De Borée. Passionné par son métier de localier – au sens noble du terme - et surtout par ce que certains nomment souvent avec la condescendance des petits sectaires de province la " petite histoire ", il signe avec ce nouvel opus une œuvre qui fera date dans les productions littéraires du département. L'homme n'a pas ménagé sa peine, ni son temps libre. À la manière d'un Rouletabille, il a su pousser les portes, s'interroger, contacter une foultitude de personnes, en ressusciter d'autres, fouiller les archives parfois poussiéreuses et souvent oubliées pour dénouer les énigmes de ces mystères. Et remettre cent fois ses certitudes sur le grill du doute ; pas celui dont on fait des prétendues fondations. Non, celui qui élève et instruit. Car, au sens littéral du terme, un mystère est quelque chose dont le sens est caché, et ne se révèle qu'aux initiés. Pascal Audoux ne se contente pas de s'en instruire lui-même et de s'en nourrir à la manière d'un érudit du haut Moyen Âge : il nous ouvre les portes en nous prêtant les clés de ce savoir encyclopédique.

Mystérieux évènements, mystérieuses personnalités aux destins peu communs, mystérieux toponymes d'une géographie et sociologie départementales qui sont, à elles seules, un mystère. Pas seulement parce qu'un chanteur célèbre (qui passa souvent ses vacances à Dhuizon chez ses grands-parents) en a magnifié la boue qui colle aux semelles - salissant au passage pour longtemps l'orgueil un brin mal placé des habitants du cru, leur injectant le poison d'un complexe d'infériorité tenace. Un département pourtant digne d'intérêt par ses coins et recoins, par son histoire, la petite et la grande, comme le dédale des 426 pièces et 77 escaliers du château de Chambord, fleuron et fierté locale qui permet au Loir-et-Cher de rayonner un peu plus loin que les limites des trois autoroutes qui le bordent.

Rigueur de l'historien, enthousiasme du journaliste

Dans sa préface, l'ancien préfet du département Gilles Lagarde, s'interroge à juste titre sur ce " département que l'on disait sans histoire [qui]  a souvent fait l'histoire (…) Par quelles mystérieuses prédispositions ce cœur de France (…) se trouva-t-il au cœur de l'histoire ? " C'est tout l'objet du livre de Pascal Audoux, qui l'avoue lui-même : "Je pars du principe, quand on est historien de formation comme je le suis, qu'on doit s'intéresser à l'histoire d'un département quand on y arrive. C'est ce que j'ai fait dès mon arrivée en Loir-et-Cher il y a 3 ans. Faire ce livre était aussi un challenge : le précédent, sur le Périgord (2), je l'avais fait avec un autre auteur. Je me suis lancé le défi d'en faire un seul. J'ai mis dans ce livre toute la rigueur de l'historien, et l’enthousiasme du journaliste."

Ces histoires insolites, étranges, criminelles et extraordinaires - sous-titre de l'ouvrage - passionneront plus d'un Loir-et-Chérien croyant bien connaître son département, en s'étonnant, cela va de soi. Un étonnement historique qui débouchera certainement sur un étonnement philosophique. Travail titanesque s'il en est pour un homme discret, boulimique de lectures et d'archives historiques autant que fan des répliques du cinéma de Michel Audiard et Henri Verneuil, de films comiques de série B et de leurs seconds rôles dont personne – sauf lui – ne se souvient du nom.

Et ça, ce n'est pas le moindre des étonnants mystères…

 

F.S

(1) 1ère partie : Histoires insolites. 2e partie : Histoires extraordinaires. 3e partie : Destins à part. 4e partie : Affaires criminelles.

(2) Les Mystères du Périgord, chez le même éditeur.

Pascal Audoux dédicacera Les Mystères du Loir-et-Cher samedi 25 avril de 15 h à 18 h chez Labbé, libraire, rue Porte-Chartraine à Blois.

 

article paru dans La Renaissance du L & C le 24 avril.

Pascal Audoux et les Mystères du Loir-et-Cher

Pascal Audoux et les Mystères du Loir-et-Cher

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Ludovic : l’homme de « faire » en fer

8 Avril 2015 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #Presse book

 

Le Vendômois se lance un défi hors norme : enchaîner 41 triathlons catégorie « ironman » d’affilés, en juillet et août prochains, pour faire connaître le Loir-et-Cher. Et surtout par goût du dépassement de soi. Rencontre avec un (extra) terrestre.

 

Ne dites jamais à Ludovic Chorgnon,  triathlète de 43 ans, marié et père de 3 enfants : « Ça ne marchera jamais », et surtout pas « C’est impossible. » Car c’est exactement le genre de chose capable de déclencher chez lui une irrépressible envie d’en découdre, et de vous prouver le contraire. Par bravade ? Par inconscience ? Par goût du risque ? Par folie douce ? Rien de tout cela. Ludovic Chorgnon n’aime rien tant que d’essayer de changer le cours des choses, tout simplement. « Je ne supporte pas cette fatalité qui consiste à dire : ah ben c’est comme ça, on n’y peut rien ! » dit-il en plissant les yeux dans un regard malicieux, un sourire franc et une bonne humeur super-communicative. L’homme que l’on surnomme parfois « Ludo le fou » est tout sauf ça, justement.

 

Entre le 1er juillet et le 10 août prochains, ce Vendômois chef d’une entreprise de consulting en ressources humaines (Sérénité consulting) va tenter de battre le record du monde de triathlons « ironman ». Pour ceux qui ne le sauraient pas, un triathlon « ironman » c’est enchaîner – excusez du peu – 3,8 km de natation, 180 km de vélo, et 42,195 km de courses à pied (un marathon complet). L’épreuve à elle seule donne mal aux jambes rien qu’à la décrire… Ludovic Chorgnon, lui, va enchaîner 41 jours de suite cette épreuve sportive parmi les plus réputées et les plus dures au monde, créée en 1977 à Hawaï. Pourquoi 41 ? D’abord parce que le record du monde officiel est de 10, et officieusement de 33 (mais non homologué). Et surtout parce que 41 est le numéro du département de Loir-et-Cher, pas assez connu à son goût. « Je viens de la région Rhône-Alpes. Quand nous sommes arrivés ici pour raisons professionnelles, avec ma femme et mes enfants, on connaissait à peine, on s’est demandé comment on allait tenir si loin des montagnes. Je me suis dit : on reste trois ans et on  retourne là-bas. Quand j’ai vu le film ‘Bienvenue chez les Ch’tis’, je me suis dit : c’est exactement moi il y a quelques années. Ça fait 20 ans que nous sommes là », dit-il, un brin amusé. Dans sa vie professionnelle, parcourant les quatre coins de la France, il est souvent confronté aux questions bien connues des Loir-et-Chériens qui se déplacent : « C’est où ce département ? Il y a quelle grande ville connue ? » Et il ajoute : « En ressources humaines, quand vous donnez à choisir entre venir habiter à Tours ou Vendôme, les gens mettent une demi-seconde à choisir Tours. » Une fatalité ? Non, pas pour lui, et c’est justement ça qui le met en mouvement.

 

Dormir sur commande

 

Du mouvement, Ludovic en fait depuis toujours. Non pas qu’il ait la danse de saint Guy, mais par réel goût du sport. Son père, boulanger-pâtissier, était aussi maître-nageur. « J’ai su nager avant de marcher », dit-il le plus naturellement du monde. À la maison, enfant puis adolescent, le sport fait partie de la vie de tous les jours. Du sport bien-être, pour être en forme, pas forcément pour la compétition. Lors de son premier marathon, à 28 ans, la veille ses potes lui font une surprise. Il se couche très tard, et ne bois pas que de l’eau... Il se lève peu après s’être couché, et prend quand même le départ. N’importe qui à sa place ne dépasserait sans doute pas le 10e kilomètre. Pas lui : il termine la course en 3h15, pour une première participation. Il se dit : « je dois avoir un potentiel. » C’est peu de le dire, au regard des courses qu’il a enchaîné ensuite ! (lire ci-dessous). Il se prend au jeu, obtient de très bons résultats aux triathlons. Il enchaîne les courses longues, parmi les plus difficiles du globe. Son mètre 80 pour seulement 69 kg lui « facilitent » la tâche. Mais plus que tout, Ludovic est une sorte d’extra-terrestre qui récupère très vite, et surtout très bien. Beaucoup mieux que le commun des mortels en tout cas. « Je peux m’endormir à n’importe quel moment, n’importe où, en quelques secondes, et me réveiller sur commande. » Vous pensez qu’il plaisante ? Non, et c’est même très sérieux : « Je m’entraine pour ça, je développe ça. J’utilise l’auto-hypnose, je l’ai apprise seul, sans m’en rendre compte vraiment », ajoute celui qui dit être parfaitement bien reposé après une nuit de 5 ou 6 heures, et même moins ! Vous vous dites : ce gars est complètement fou. Sur le papier, ça y ressemble. Et pourtant c’est un homme normal que nous avons rencontré, chez lui, dans son salon décoré comme chez tout le monde, avec un bouquet de jonquilles printanières posé sur la table, un écran de télévision près d’une cheminée, et un panier pour le chien Jackpot. Seul, dans un coin, un vélo d’appartement futuriste équipé d’un petit ordinateur vient nous rappeler que nous sommes chez un sportif qui prend soin de ses performances.

 

Sport, boulot, famille : tout est lié

 

Notre athlète – 2h46 au marathon – va s’attaquer en quelque sorte à l’Everest, mais plusieurs fois ! 156 km de natation. 7.380 km de vélo. 1.730 km de course à pied. « Ça va commencer tous les matins à 6h30 par la piscine, 1h30. Puis à 8 heures, le vélo, pour environ 7 heures afin de parcourir les 180 km. Vers 15 heures, j’attaquerai les 42,192 km du marathon, en 4h30. » Cette journée de « boulot » s’achèvera donc vers 19h30. Ensuite, il fera 10 mn de cryothérapie (1) et une heure de massage. Ludovic a avec lui une équipe composée de deux médecins, un kiné, un diététicien et même un radiologue qui s’intéresse au défi. Il aura aussi un protocole alimentaire à respecter : « Des protéines dans la demi-heure qui suit l’arrêt de l’effort, pour reconstituer les muscles. Ensuite un repas normal chargé en glucides tout de même. » Il espère être au lit à 22 heures environ, jusqu’à 5 heures du matin, et rebelote du 1er juillet au 10 août. Quand on lui dit : « vous allez vous faire mal », il ne contredit pas et ignore lui-même s’il pourra tenir le choc, mais là encore, Ludovic fait du Chorgnon : « Plus que le physique, c’est le psychologique qui entre en ligne de compte. Quand on aime ce qu’on fait, on ne souffre pas. Pour moi, c’est Noël tous les jours : je fais du sport, j’aime mon boulot, j’aime ma famille. Tout est lié, toutes mes activités sont très bien organisées, et il faut bien gérer son temps », ajoute celui qui est aussi organisateur de la course Sur les traces du loup, course vendômoise qui aura lieu cette année samedi 27 juin. Une association qui regroupe 11 membres et… 250 bénévoles.

 

Des pâtes, du boudin, et du foie

 

Evidemment, on se pose la question des blessures, et du dopage. Ludovic a déjà subit des blessures, et des graves ! « J’ai la capacité à découper une partie de mon corps, à l’isoler mentalement, grâce à l’auto-hypnose. Je gère ça mieux que d’autres sans doute », précise-t-il, dur au mal. Quant au dopage, il est formel : « Je veux prouver qu’on peut faire du sport sans se doper. Il y a une règle, il faut la respecter. En France, c’est la même pour tout le monde : pas de dopage. » Avant d’ajouter : « Il y a plus grave que le dopage des athlètes : c’est le dopage général. Prendre une substance magique pour un leurre personnel. Les gens prennent des trucs avant d’avoir mal, de la vitamine C ou du paracétamol par exemple. C’est un manque de préparation ou une mauvaise préparation. »

Celui qui avoue – même pas sous la torture - avoir dans son bar une douzaine de bons whiskys anticipe énormément sur l’alimentation que son corps réclame. Le fer, principalement, car la course à pied en est très gourmande. Le sucre ? « Pas trop, je n’aime pas ça et ça crée une hyperglycémie pour ensuite redescendre en hypoglycémie. Je mange surtout des aliments qui me protègent, je peux manger de tout mais je fais un peu autrement », dit celui qui peut avaler 500 grammes de pâtes à lui tout seul, du boudin ou du foie de veau (riches en fer).

La CGPME est partenaire principal de l’évènement, chaque jour une entreprise sera mise en avant, pour un budget total de 154.000 €. Une dizaine de partenaires sont encore à trouver pour boucler le Défi41. Un truc de dingue que va entreprendre cet (extra) terrestre qui ne l’est pas. Juste un athlète pas si fou que ça, avec une tête, et des jambes.

 

F.S

 

  1. (1) Exposition du corps ou de parties du corps à des températures extrêmement froides pour des temps courts afin de provoquer sur le sujet des effets hormonaux et biochimiques qui améliorent considérablement ses prédispositions à l’analgésie – en clair, au soulagement des douleurs corporelles – en agissant comme un puissant stimulateur psychique. Une séance permet d’éliminer la sensation de fatigue, d’assouplir des muscles tendus ainsi que d’intensifier le passage sanguin dans les téguments et les organes internes.

 

www.defi41.com

Photo Denis Bomer

Photo Denis Bomer

Photo Denis Bomer

Photo Denis Bomer

Photo F.S

Photo F.S

Photo Denis Bomer

Photo Denis Bomer

Le palmarès de Ludovic Chorgnon

 

  • Plus de 50 marathons.
  • Badwater (217 km non-stop dans la Vallée de la Mort)
  • Spartathlon (245 km non-stop en Grèce)
  • Ultr’Ardèche (216k m non-stop en Ardèche)
  • 4 Diagonales des fous (166km non-stop à travers l’Ile de la Réunion)
  • Grand Raid des Pyrénées (164km – 10.000m +)
  • 2 Marathons des Sables
  • Everest Sky Race (250 km au tour et sur l’Everest)
  • AMT au Mustang (250 km au Mustang – Népal)
  • Himal Race (900 km en très haute altitude au Népal)

 

  • Grand Raid Sahara en Mauritanie (250km dans le désert)
  • Comrades en Afrique du Sud
  • Desert Oman Raid (220 km au Sultanat d’Oman)
  • Ultra Trail du Mont-Blanc (UTMB)
  • 24 heures de Grenoble
  • Traversée de la Corse en 7 jours
  • Ascension du Kilimandjaro (5 895 m) en courant
  • Ironman de Bolton, Zurich, Gravelines, Embrun, des Angles, Vitoria Gasteiz
  • Double Ironman du Pays de Galles (7,8km de natation, 384km à vélo et 84,4km à pied)

 

Le Défi41 en chiffres

 

  • 156 km de natation, à la piscine municipale des Grands Prés à Vendôme.
  • 7.380 km de vélo (8 boucles de 22,5 km entre Vendôme et Renay).
  • 1.730 km de course à pied (7 boucles de 6 km traversant notamment Vendôme).
  • Total : 9.265,765 km.
  • Guiness book des records et Fédération française de Triathlon pour l’homologation.

 

Article à paraître dans la Renaissance du Loir-et-Cher du 17 avril 2015

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C'est pas "mâle" parti

3 Avril 2015 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #Presse book

 

Quinze femmes sont entrées au Conseil départemental nouvelle génération. Pour y faire de la figuration ? Peut-être pas…

 

Parité : n.f (du latin par, paris, égal). Égalité parfaite ; conformité. La définition d’un dictionnaire suffit d’elle-même. Les femmes sont désormais égale proportion des hommes dans la salle Kléber-Loustau du Conseil départemental de Loir-et-Cher. Les mâles sont prévenus : il va leur falloir composer avec, et pas seulement pour faire de la figuration ou pour apporter une touche de féminité à la mode vestimentaire du veston sombre-cravate claire.

 

"C'est un bon début"

 

Ça valait le déplacement, jeudi 2 avril dernier, lors de l’installation de cette nouvelle assemblée fraîchement élue. La moitié sont des femmes, et avec elles leurs qualités ad hoc. Leurs compétences aussi. Certaines semblaient un peu intimidées, mais cela ne saurait durer. L’erreur serait de minimiser la portée de ce changement radical, certes accouché au forceps – il a fallu une loi pour l’imposer – mais qui préfigure un bouleversement de la vie politique locale. Cette dernière – et particulièrement les cantons -  véritable pépinière d’élus, est souvent le tremplin vers d’autres carrières politiques : beaucoup ont débuté par ces ancrages locaux, propices aux carrières longues, vers d’autres assemblées, voire la présidence de la République pour certains. On pourra regretter que seulement neuf femmes ont accédé à la présidence d’un département, mais en Loir-et-Cher elles sont quatre sur neuf à être vice-présidentes : Monique Gibotteau (délégation solidarités), Christina Brown (délégation aux personnes âgées), Catherine Lhéritier (Personnel et transports) et Isabelle Gasselin (délégation Vie associative, culture, jeunesse et sport). Deux sur 5 vont aussi présider des commissions : Florence Doucet aux solidarités et Claire Foucher-Maupetit à la Culture, jeunesse et sport. Au total, douze nouvelles femmes sont conseillères départementales sur les vingt nouveaux arrivants dans cette assemblée. Une assemblée rajeunie également : quatre conseillers ont 40 ans ou moins.

 

« C’est un bon début », déclarait Monique Gibotteau à l’issue de la séance officielle d’installation, à qui nous demandions ce qu’elle en pensait. Elle se sentira moins seule : dans la précédente mandature, elle était en effet la seule femme à siéger en tant que vice-présidente. « Tout ne sera pas réglé pour autant et il faudra encore du temps pour se faire accepter par tous ces mâles », nous avait dit avec un petit sourire en coin et avant le premier tour des élections Geneviève Baraban, qui prend la tête de l’opposition de gauche au nouveau Conseil départemental. Elle succède à Gilles Clément qui passe la main. Sa finesse d’esprit et ses interventions ciselées devaient trancher avec le côté brouillon de son prédécesseur, souvent sèchement renvoyé dans les cordes par le président Leroy qui n’aime rien tant que remporter ces joutes oratoires. Surtout quand le répondant n’est pas au rendez-vous.

 

Des élus coupés du peuple

 

Mais ne nous y trompons pas : l’entrée massive des femmes dans les Conseils départementaux ne résoudra pas tout. Parmi les chantiers d’une démocratie représentative en miettes, il y a d’abord l’abstention : Maurice Leroy a beau jeu de dire « les Loirs-et-Chériens ont remis les pendules à l’heure ». Il devrait plutôt dire « des Loir-et-Chériens », car tous les inscrits sur les listes électorales ne se sont pas rendus aux urnes, loin s’en faut : au total, en tenant compte de cette abstention, à peine un Loir-et-Chérien sur trois a voté pour ses représentants départementaux (1). Ensuite, un tiers de ces électeurs n’ont aujourd’hui aucun représentant dans l’assemblée départementale. On peut regretter l’existence du Front national, ses prises de positions aux limites du supportable et ses projets inconscients, mais c’est un fait : au premier tour plus de 34.000 personnes ont apporté leurs suffrages à ce parti (soit plus que l’Union de la droite de Maurice Leroy), au second plus de 27.500 (soit moins de 2.000 voix qu'elle). À l’arrivée : aucun siège. Les élus de droite et de gauche ont tout intérêt à conserver ces règles du jeu électoral, leur permettant de conserver leurs places et de s’assurer une domination confortable. Mais cela ne fait qu’aggraver la défiance des Français qui reprochent justement à leurs élus d’être coupés des réalités de la population en étant peu représentatifs des électeurs, et aussi une certaine endogamie électorale mortelle à la longue.

 

Peut-on attendre des femmes nouvellement élues de faire sortir du déni et d’apporter une réflexion sur ce point comme sur beaucoup d’autres ? C’est à souhaiter. Elles peuvent faire entendre leurs voix et briser - peut-être - le plafond de verre qui les empêche d'aller plus haut. En tout cas, les hommes le savent mieux que quiconque et depuis longtemps : on peut avoir le dernier mot avec une femme, à condition que ça soit « oui ». 

 

(1) Le Loir-et-Cher compte 342.224 habitants (Insee 2012).

 

Quelques grammes de douceur dans ce monde de mâles

Quelques grammes de douceur dans ce monde de mâles

y a pas que "l'opposition de gauche" qui avait remarqué son absentésisme... Certains journalistes aussi, qui l'ont d'ailleurs payé cher...

y a pas que "l'opposition de gauche" qui avait remarqué son absentésisme... Certains journalistes aussi, qui l'ont d'ailleurs payé cher...

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On attendra Madeleine

26 Mars 2015 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #regarde-la ma ville, #Presse book

On attendra Madeleine

Une "Madeleine repentante", statue du XVIIe siècle classée Monument historique, a quitté l’église Saint-Nicolas pour se refaire une beauté, pendant 6 mois à Tours.

 

Une sainte Madeleine qui s’envole dans les airs sous le regard ébahit des badauds… Séchez vos larmes, paroissiens de Saint-Nicolas, visiteurs, touristes et Blésois du quartier : elle reviendra, Madeleine. Les lilas seront largement fanés, puisqu’il faudra attendre 6 mois, le temps qu’elle se refasse une beauté à Tours. Puis elle sera réinstallée dans cette église abbatiale, sous le tableau de l’Adoration des mages - qui en ont vu d'autres - de Jean Mosnier (XVIIe siècle) lui aussi restauré il y a peu.

Représentée couchée " à la romaine " dans une posture lascive, cheveux dénoués, les yeux levés vers le ciel, la Madeleine repentante est en mauvais état. Cette statue monumentale datant du XVIIe siècle et appartenant à l’origine au couvent des Carmélites installé dans le quartier du Foix à partir de mai 1625 (1), était conservée jusqu’à aujourd’hui dans le déambulatoire nord de l’église. Classée monument historique en octobre 1972, la Madeleine repentante a subit les affres du temps, et les courants d’air humides et froids sous un vitrail qui devra lui aussi être restauré. On parle même " d’opération de sauvetage " pour cette statue dont " le mauvais état de conservation se traduit par la pulvérulence de la pierre, la perte de cohésion et donc la destruction progressive de l’ensemble. Ce phénomène est lié à des remontées d’humidité piégée par le ciment de scellement de la sculpture ", indique le service d'art et d'histoire de la Ville de Blois.

 

Priorité de restauration

 

Il faudra donc procéder à sa restauration, et ce sont deux jeunes restaurateurs indépendants, formés à l’École de Tours, qui s’en chargeront jusqu’à l’automne prochain, où elle sera de nouveau installée dans l’église Saint-Nicolas, monument phare du quartier du Foix (et souvent confondue avec la cathédrale par les touristes de passage). " Nous allons d’abord procéder à un bilan sanitaire, puis évaluer les problématiques ", indiquent Sébastien Brunner et Delphine Bienvenut, les deux restaurateurs présents lors de l’enlèvement de la statue, en présence de Christophe Degruelle, adjoint au maire de Blois en charge de la culture et du patrimoine. " L’État subventionne à hauteur de 50 % la restauration ", précise-t-il. Le montant total s’élève à 17.935 €. " Il s’agit d’un long travail qui a débuté en 2013 mais qui faisait partie des priorités de restauration ", ajoute Emmanuelle Plumet, responsable du service ville d’art et d’histoire à la mairie de Blois.

Une vaste opération de récolement et d’informations des collections a été entamée depuis 4 ans à Blois. 200 objets ont été repérés, et l’enjeu est de permettre une meilleure gestion de ce mobilier grâce à un plan de restauration. 60 objets sont en outre classés au titre des Monuments historiques dans la cité blésoise.

 

F.S

 

(1) Émanation du Carmel de la rue Chapon à Paris. La construction de la gendarmerie au début du XXe siècle a fait disparaître la quasi-totalité des vestiges, seul un bâtiment situé au n°15 de la rue des Carmélites offre une trace de ce couvent.

On attendra Madeleine

 La loi de 1905 et 1913

La loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État prévoit que les 87 cathédrales sont confiées au ministère de la Culture et de la Communication, et les églises bâties avant 1905 à la compétence des conseils municipaux. La loi prévoit la compétence sur les dépendances immobilières mais également sur la totalité des immeubles par destination (autels, retables, stalles, tables de communion et tout autre meuble quand ils sont fixés au sol ou aux murs ou inclus dans une niche comme pour les statues par exemple). Les biens de l’Église sont propriété publique mais restent affectés au culte. La gestion des biens de quatre églises blésoises bâties avant 1905 est assurée par la Ville : Saint-Nicolas, Saint-Saturnin, Saint-Vincent et Notre-Dame-des-Grouëts.

Moins connue, la loi de 1913 est relative à la protection des monuments historiques et concerne également le mobilier des églises. Les conservateurs des antiquités et objets d’arts sillonnent les églises du département et repèrent les biens donc la conservation présente, du point de vue de l’histoire de l’art, un intérêt public. Elle prévoit une procédure de protection et des sanctions pénales si le propriétaire ne respecte pas ses obligations.

 

 

Article à paraître dans la Renaissance du Loir-et-Cher du 3 avril.

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Courir : pourquoi, comment ?

20 Mars 2015 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #Presse book



Avec le printemps reviennent – normalement – les beaux jours. Et l’envie de courir, ou de continuer pour ceux que l’hiver ne rebute pas. Explications et conseils pratiques. (Dossier de 4 articles paru dans mon journal le 20/03/2015)

Qu’est-ce qui fait courir ? Pourquoi s’y mettre ? Pourquoi ne jamais s’arrêter ? Combien de kilomètres ? Sur route, ou sur chemin ? Dans les bois des plaines ou en grimpant des cols ? Les chiffres précis divergent, mais les Français seraient selon les enquêtes sur le sujet 8,5 millions à courir régulièrement (19 % de la population). Ils étaient environ 6 millions au début des années 2000. 77 % pratiqueraient cette activité en solitaire, elle concernerait pour 50 % les 25-50 ans, 41 % les 15-24 ans, et seulement 8 % les plus de 50 ans. Trois motivations principales sont généralement évoquées : on court pour être en bonne condition physique, être en bonne santé, pour perdre du poids. On trouve souvent aussi une motivation non négligeable : se défouler. Dans une société stressé et stressante sans cesse en recherche d'apaisement, la pratique de la course à pied est simple et efficace ; c'est sans doute une des raisons de son fort engouement : une paire de bonnes baskets, un short et un tee-shirt suffisent, et c'est parti ! On peut pratiquer n'importe où dans le monde, à n'importe quelle heure, pendant le temps désiré. Le budget est modeste, en dehors des baskets où l'économie n'est pas à rechercher sinon gare aux blessures... Un tiers des coureurs seraient des coureuses, elles sont de plus en plus nombreuses à s’y mettre, et – aux dires des spécialistes de la discipline – plus assidues et plus sérieuses que les hommes dans l’entrainement.

Un sport de philosophes

Concernant le sujet de cette enquête, le trail ou " course nature ", il en existe de toutes distances, toutes catégories. Les plus célèbres et les plus médiatisées sont la fameuse Diagonale des fous sur l’île de la Réunion (www.grandraid-reunion.com), l’UTMB (Ultra trail du Mont-Blanc, www.ultratrailmb.com), la course inter lacs près d’Annecy (www.interlactrail.com), le Grand raid des Pyrénées (www.grandraidpyrenees.com), etc. Plus près de chez nous, le fameux trail inventé par Ludovic Chorgnon Sur les traces du loup (www.tracesduloup.com) à la Ville-aux-Clercs offre déjà un beau parcours de 33 km, mais aussi de 17 km et un Trail des p’tits loups de 3 km. Ou encore le Trail des moulins de la vallée de la Cisse (cette année le 24 mai dimanche de Pentecôte). La liste est loin d'être exhaustive !

La course à pied et le trail sont aussi l’occasion d’une réflexion mystico-philosophique : la littérature sur le sujet est abondante, citons les récents articles du site Rue89 " Je cours donc je suis " avec le philosophe Guillaume Le Blanc auteur chez Flammarion de Courir, méditations physiques ; " Quand courir devient un geste philosophique et littéraire " au sujet du livre d’Antoine de Gaudemar Le goût de courir (Mercure de France éditions). Et l’incontournable, l'incomparable auteur japonais Haruki Murakami, avec son Autoportrait de l’auteur en coureur de fond (chez 10/18), pour qui courir et écriture sont intimement liés.

Une conviction qui se partage...

 

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" De la progressivité dans la pratique "

20 Mars 2015 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #Presse book

 

Trail urbain Blois 2

                                   - Photo F.S -


Fabrice Renard, 41 ans, est président de l’association GTB, Génération Trail Blois, et coureur confirmé. Il donne des explications sur l’engouement actuel pour les courses natures, et insiste sur la progression de ceux qui voudraient s’y mettre.

F.S : Pourquoi cet engouement pour le trail depuis quelques années ?


Fabrice Renard : C’est le retour à la course nature, les courses sur route deviennent, pour certains coureurs, rébarbatives. Avec le trail, peu importe le temps que je vais mettre, l’essentiel est d’y arriver. Ça suit l’envie de retour au naturel.

F.S : Les longs trails sont les plus médiatisés, pourtant ils ont l’air insurmontables pour le commun des mortels…


F.R : C’est certain que les ultra-trails (courses de plus de 100 km) sont les plus durs. Tout rentre en jeu : la météo, la nourriture (les participants sont en semi-autonomie), la distance est longue. L’aspect psychologique va également être très déterminant, autant que le physique.

F.S : Un trail " raisonnable ", c’est combien de kilomètres ?


F.R : Il y a désormais plusieurs catégories : la course nature, jusqu’à 30 km environ. Le trail dont la distance s’approche de celle d’un marathon (42,195 km, Ndlr). Et l’ultra-trail, des courses de 100 km et plus. Chacun peut trouver sa distance.

F.S : Ce n’est pas ce qu’autrefois on appelait le cross ? Des coureurs dans les bois couverts de boue ?


F.R : Il y a de ça, mais la distance cross est plus courte, en moyenne 10-15 km.

F.S : Entrons dans le dur : courir aussi longtemps avec des dénivelés aussi forts, ça fait mal au bout d’un moment. Comment gère-t-on cette douleur ?


F.R : La notion de douleur et la résistance qui va avec est propre à chacun. Au fur et à mesure des années de pratique, cette résistance augmente. Mais il est fondamental d’avoir une préparation multi-axes : physique, psychologique, alimentaire. Il faut se mettre en situation. Courir un trail, c’est une petite aventure, on va parfois chercher très loin dans le physique et le psychologique. Ce qu’il faut aussi retenir, c’est qu’un trail est un gros concentré d’émotions et de solidarité entre coureurs.

F.S : Vous-mêmes, comment êtes-vous venu au trail ?


F.R : Il y a une dizaine d’années environ, c’est venu naturellement. J’ai couru l’Ardéchois, un trail de 100 km. Le trail des Hospitaliers aussi (dans les Cévennes, 76 km). Le Trail du bout du monde en Bretagne, le trail de Belle-Île qui a lieu tous les deux ans. Ce qui plait aussi dans ces courses, c’est qu’on peut les faire entre copains, on peut emmener la famille, c’est l’occasion d’un petit voyage dans de belles régions.

F.S : Qu’allez-vous chercher là dedans, au fond ?


F.R : Je pars avec le sentiment de faire un joli voyage, il va y avoir des senteurs, de belles vues, beaucoup d’impressions, un beau voyage pour les yeux et le physique. Et si possible, j’aime bien le partager avec des copains. Tout cela est possible à condition d’avoir fait un entraînement sérieux car il est nécessaire de garder son intégrité physique.

F.S : Justement, que pensez-vous des gens qui disent avoir parfois des hallucinations en course, surtout les longs trails où la nuit fait partie de la course ?


F.R : On ne peut pas aller au-delà du raisonnable, si on manque de lucidité c’est ce qui peut arriver et c’est dommage, ça peut être dangereux pour le corps. Ça reste un sport, ça doit rester du plaisir. J’ai personnellement déjà eu des blessures à la suite de courses, mais jamais pendant, j’essaie de toujours garder une marge. Ce que les gens doivent bien retenir, c’est la nécessité de progressivité dans la pratique. C’est important d’avoir du vécu avant d’aller se frotter à des longs trails. On n’est pas tous bons pour faire des 160 km. Mais le panel est suffisamment large pour que chacun trouve chaussure à son pied, c’est le cas de dire.

www.generationtrailblois.fr L’association Génération Trail Blois (GTB) regroupe une soixantaine de membre, plus d’hommes que de femmes mais l’écart se rétrécie. Elle organise notamment le trail urbain de Blois (le 6 septembre), avec deux distances possibles : 12 et 20 km. Nouveauté 2015 : un 5 km sera possible. Une mini course famille pour les enfants aussi.

 

Trail urbain Blois

                                                      - Photo : F.S -

 

Article paru dans La Renaissance du Loir-et-Cher 20/03/2015

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Le goût de la terre

20 Mars 2015 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #Presse book

 

 

descente bis                                  - Photo Alexis Berg -


Frédéric Berg, 43 ans, est journaliste Charentais exilé un temps au Québec. C'est un coureur de trail humble et confirmé (1).


F.S : Combien de trails avez-vous fait et depuis combien de temps ?

 

Frédéric Berg : J'ai commencé en 2009, vraiment. Depuis j'ai fait une quarantaine de courses dont une douzaine d'ultras (+50 km). Mais plus ça va plus j'en fais.

F.S : Qu'est-ce qui vous a fait préférer ce type de course à celles sur le macadam ?

F.B : Quand on goûte à la terre on n'a plus vraiment le goût de revenir au bitume. Je m'explique : quand tu cours sur le bitume tu cours avec ta montre, tu regardes tes temps au kilomètre. Le trail running ou la course en sentier c'est très différent, le relief, le paysage imposent un autre rythme, tu t'arrêtes en haut d'une montée pour regarder le panorama, tu épies un animal et tu déboules dans les descentes... bref le rapport au temps n'est plus le même et il est beaucoup plus sain... Mais je ne déteste pas la bitume et j'y retourne de temps en temps avec plaisir.

F.S : Quelle type de préparation requiert le trail ? Faut-il beaucoup courir ou courir intelligemment ?

F.B : C'est certain la préparation est importante, très importante. Pour moi c'est par cycle essentiellement, des semaines de 6, des semaines de 10 h et des semaines de 15 heures. Beaucoup d’entraînement croisé aussi : vélo elliptique, gainage...

F.S : La gestion de la douleur : quand on court plusieurs jours et une ou deux nuits, ça fait forcément mal. Quelles types de douleurs surviennent ? Peut-on faire avec ?

F.B : La douleur est là mais je dirais qu'elle fait partie du plaisir. Elle nous rappelle que nous sommes en vie et il faut savoir composer avec ; elle met le mental à l'épreuve. Moi j'ai parfois des douleurs dans les cuisses et de plus en plus rarement dans les genoux. Après 20 heures, la douleur se diffuse un peu partout mais me concernant elle n'a jamais été insurmontable, sauf sérieuse blessure.

F.S : Tout le monde peut-il faire du trail ?

F.B : Oui c'est très accessible à condition d'être bien préparé. De ce point de vue ça ressemble à la course sur route : le meilleur moyen d'en profiter c'est d'être suffisamment entraîné et de le faire progressivement : la plupart des blessures interviennent quand on veut trop en faire et trop vite.

F.S : Qu'allez-vous chercher là dedans ? Le trouvez-vous ?

F.B : Je cherche à contrôler le temps, à lui redonner sa vraie valeur dans une société - c'est particulièrement vrai pour les journalistes - où tout doit aller très vite, où ce qui est est vrai maintenant ne l'est plus dans 5 minutes... quand tu cours dans la montagne ou dans le bois, tu te réappropries le temps, une minute est une minute, une heure est une heure. C'est aussi un formidable moyen de découvrir, l'espace naturel mais aussi l'espace intérieur... je n'ai jamais autant phosphoré, réfléchi, analysé les choses que lors de mes longues sorties de 4, 5, 10 heures. Ce que j'y ai trouvé c'est la part la plus lumineuse de moi-même, je sais que c'est un peu pompeux, mais depuis que je cours, je suis un homme transformé, un meilleur père.

(1) Notamment trois fois la Diagonale des fous sur l'île de la Réunion. Et l'UTMB, l'Ultra trail du Mont-Blanc, en août dernier.

Sur youtube, tapez "Parti en diagonale", film d'Alexis Berg.

 

 

seul

                                    - Photo Alexis Berg -

 

 

Article paru dans La Renaissance du Loir-et-Cher 20/03/2015

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Courir, courir, courir…

20 Mars 2015 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #Presse book

 

Couton Trail


Charley Couton est propriétaire du magasin spécialisé en course à pied "I’m a runner". C’est aussi un traileur assidu et athlète de haut niveau.

Il a le physique de l’emploi, Charley Couton. 31 ans, 65 kg sur la balance, à peine 1 mètre 80, le visage taillé à la serpe et le reste du corps à l’attenant. Du coup, on a un peu de mal à l’imaginer il y a quelques années brigadier au 4e Régiment de Chasseurs alpins de Gap avec 35 kg sur le dos, dont un fusil à lunette car l’homme y était tireur de précision. 5 ans d’armée, " j’ai toujours voulu faire ça, et dès le bac en poche, je me suis engagé " dit-il, mais aussi 5 ans à finalement perdre son statut d’athlète de haut niveau qu’il possédait en rentrant. " Dès le début, j’ai explosé les scores. L’officier du bureau des sports n’a pas vraiment apprécié que je sois meilleur que les gars qu’il avait sélectionnés ", avoue humblement celui qui boucle le test de Cooper (12 minutes à fond en parcourant le plus de mètres possibles) à 4.300 mètres quand la meilleure note est à… 3.200. Le Chef de corps – un ancien légionnaire - lui fera pourtant confiance en l’alignant sur certaines courses en ligne et trails, qu’il remportera, évidemment. On ne plaisante pas avec la parole donnée chez les chasseurs alpins, et Charley Couton, s’il ne rempile pas au bout de cinq ans – au grand dam de son commandant d’unité – en garde un très bon souvenir. " En montagne, les grades s’estompent, on est un groupe soudé, il y a une grande solidarité " ajoute le coureur au regard d’acier.
 

Simple, pratique, peu technique

Quatre ans dans les assurances plus tard, une expérience qui se soldera finalement pas dans la soie, Charley Couton retourne à ses premières amoures : la course à pied. Originaire de Blois, il y revient, en passant par Tours où il a des copains qui tiennent le magasin spécialisé Endurance Shop (à Saint-Avertin). Ce sont eux qui l’aident à ouvrir I’m a runner à Blois, rue du Poids du Roi, aucune banque n’ayant voulu le suivre. " J’avais pourtant fait un business plan raisonnable, mais tout le monde me l’a démonté. Créer une entreprise c’est très difficile, on vous met plein de bâtons dans les roues. " Refrain archi-connu. Des bâtons dans les roues, mais pas dans les guibolles, alors Charley et ses potes en baskets de Tours font tout par eux-mêmes : travaux, communication, premiers stocks. Ça démarre en janvier 2014. Dans sa boutique, des chaussures de courses à pied bien sûr, " c’est le plus important, il ne faut pas lésiner sur la qualité. Vouloir économiser 20 ou 30 € c’est prendre le risque de se faire mal ensuite. " Des chaussures de trail aussi, à semelles crantées pour plus d’adhérence, des vêtements adaptés à la course, des montres-chrono, des lampes frontales, de quoi s’alimenter. Sur 3.000 licenciés course à pied en Loir-et-Cher, seulement 1/3 sont venus le voir. Pourquoi venir ici et ne pas se contenter des mastodontes du sport dans les zones commerciales ou le e-commerce ? " Ici, vous avez le conseil, et je suis un vrai pratiquant ", ce qui est loin d’être le cas chez les supermarchés du sport… Les prix ne sont d’ailleurs pas beaucoup plus chers qu’ailleurs, et le conseil spécialisé n’a pas de prix, surtout quand on pratique une activité qui peut être traumatisante pour les articulations et le dos. Moyen et haut de gamme, I’m a runner a de quoi satisfaire les fondus de course à pied, qui sont 1,9 millions à s’y être mis en 2013, dont… 1,3 millions de femmes ! Pourquoi les femmes ? " Leur cœur est plus solide ", avance sans rire Charley Couton. " Quand vous regardez les records au marathon par exemple, l’écart entre les hommes et les femmes est moins important que dans d’autres sports. " La course à pied, le trail, sont des sports en vogue, " pour leur simplicité technique d’abord, le côté pratique ensuite : il peut se pratiquer n’importe où n’importe quand, minimum 30 à 45 mn deux fois par semaine et les premiers résultats seront là. C’est un sport qui fait maigrir pour peu qu’on adapte son alimentation en conséquence ", analyse-t-il.
 

Les gens s’entraident

Mais alors pourquoi le trail ? " J’ai commencé par le trail interlacs, entre Annecy et le Bourget : 6.000 mètres de dénivelés positifs. Puis le trail du Val Quéven (Morbihan). Un trail urbain à Angers etc. Ce que j’apprécie ? On n’est moins focalisé sur le chrono comme une course sur route. Les paysages sont variés, les parcours aussi, ce qui est rarement le cas pour les courses sur bitume. La météo est très changeante pour les trails de montagne. C’est aussi moins traumatisant pour les articulations. " Et il assure qu’il y en a pour tous les niveaux : " Les trails abordables de 30 kilomètres sont parfait pour commencer, si on est en forme avec un minimum d’entrainement. Mais il existe beaucoup de trails entre 5 et 25 km. " Pour lui, l’été d’esprit n’est pas du tout le même que sur macadam. " Les gens s’entraident beaucoup. Sur un marathon, tout le monde est concentré sur son chrono. "

Charley, qui a raflé plusieurs courses dans le Loir-et-Cher l’an dernier (à Vendôme au bois de l’Oratoire et au Trail des Moulins de la vallée de la Cisse sur 15 km) fourmille d’idées pour sa boutique : créer des évènements avec des marques, dont une marque de baskets françaises (si, si, ça existe !). 5 % de remise sont offertes à tous les licenciés d’un club, et souvent une paire de chaussettes techniques est offerte à un acheteur de baskets. Vous vous souvenez ? Le plus important pour la course…

Facebook : I'm a runner. 5 rue du Poids du Roi à Blois. 02.54.51.99.93.

 

article paru dans La renaissance du Loir-et-Cher du 20/03/2015

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La nature dans le sang

3 Mars 2015 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #montagne

 

 

SAB 2137 R

 

 

"La cime des arbres est à peine visible dans la nuit noire. Mais les rares morceaux de ciel qu'il aperçoit le confortent dans sa direction. Il approche, il en est sûr. Nul besoin de carte ou de boussole : ses pieds, déjà, reconnaissent le sol humide et mousseux. Ses mains, légèrement en suspension de part et d'autre de son corps, effleurent doucement les troncs d'arbres qui, l'entourant, lui indiquent le chemin. De temps à autre, il perçoit un battement d'ailes, le cri d'un hibou, ou la course d'une bête entre les feuillages : rien qui puisse l'inquiéter. Pourtant, sa respiration s'accélère, son coeur bat plus fort, son pas est plus empressé. Bientôt le lac de Walden et sa cabane. Bientôt la tranquilité et la liberté... Encore quelques mètres et il sera enfin chez lui, entouré de verdure et d'animaux, du bruit de l'eau et du souffle du vent. Plus il avance, plus l'obscurité s'épaissit, mais elle ne le freine pas. Il pourrait, sans relâche, marcher dans le noir, ou les yeux fermés. Il sait qu'il ne peut se perdre dans ces bois trop familiers. Ils sont sa patrie, son foyer, ceux qui lui ont appris à respirer, à voir, et à toucher."

 

(Marie Berthoumieu et Laura El Makki, Henry David Thoreau, biographie).

 

 

SAB 2116 R

                                      - Plateau du Benou -

 

 

Et sinon : bourlinguer quelques jours (encore et toujours)...

 

 

SAB 2127 R

                                                - Cabane de Chérue -

 

 

 

SAB 2131 R

 

 

 

 

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