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Le jour. D'après fred sabourin
Articles récents

boire du petit lait aux mamelles de Marianne

23 Janvier 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #l'évènement

                  « On ne devient pas Français pour avoir des papiers »

Grand raout à la Préfecture de l’Ardèche aujourd’hui : on annonce une cérémonie d’accueil dans la citoyenneté française. Trente-sept nouveaux élus qui décrochent la timbale, souvent après bien des années de galère. La presse est poliment invitée, comme il se doit, à assister à cette opération de communication, histoire de racheter l’expulsion récente d’une famille de sans papiers, écornant au passage la loi puisque la dite expulsion se fit avant le rendu du tribunal administratif devant lequel un recours était déposé.
La presse, et notamment la radio, aurait eu tort de rater ce grand moment d’auto satisfaction républicaine, sous l’œil bienveillant de Nicolas S., trônant en portrait officiel, juste au dessus du sein opulent de Marianne, libre, égale, fraternelle.
Discours historico gaullien de M. le Préfet, rappelant en dix minutes chronos l’histoire de France, depuis les Gaulois fiers et hardis jusqu’à aujourd’hui, en passant par la guerre de cent ans, les Anglois perfides et la Révolution Française, modèle de fraternité.
Florilège : « vous épousez une patrie qui n’est pas ordinaire. C’est un mystère, dont le tout dépasse les parties ». Si j’écrivais pour le « Canard Enchaîné », je dirais qu’il faut en avoir pour dire une telle phrase.
« La France est un pays de juristes. Nous aimons les règles. Nous aimons les respecter ». Au regard de l’entourloupe préfectorale lors de la gestion des sans papiers, on peu difficilement trouver meilleur mensonge d’Etat.
Enfin, la meilleure pour la fin. Lapsus révélateur. Citant Du Bellay : « France, tu nous as longtemps nourris du lait de ta nourrice… euh ! pardon ! du lait de ta mamelle ».
Pourtant c’est si vrai : en remontant dans chaque arbre généalogique des « Français de souche », on peut sûrement y trouver une nourrice qui lui soit étrangère…

Envoyez la Marseillaise, et fermez le ban !


 

 

 

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Ardéchois, coeur fidèle (12)

21 Janvier 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #émerveillement

Photos du lundi : le Mont-Blanc vu depuis le Massif du Tarnargue (au Mont Aigu très exactement). Et un peu de lande du côté de St Joseph-les-Bancs.

 (photo Fred Sabourin)

(photos ci-dessus et ci-dessous Marc Lucas)

 

 

Après ça, on est mort de fatigue...

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chronique ardéchoise (11è édition)

18 Janvier 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #l'évènement

Sept lycéennes, deux portables, un paquet de clopes, un banc public : combien de possibilités ?


            L’avantage d’habiter dans un quartier scolaire (je ne dis pas « étudiant », ici, les études se font forcément ailleurs, loin, là-bas), c’est qu’il offre la possibilité d’analyses sociologiques et comportementalistes sans trop se déplacer. Mon appartement offre deux façades : l’une au sud, avec une cour d’école maternelle ; l’autre au nord, sur une place au carrefour d’une école primaire, un collège et un lycée.
C’est ce dernier qui apporte, je crois, le meilleur de l’observation à peu de frais des comportements ados d’aujourd’hui. Ce qui pourrait apparaître comme une banalité ne l’est pas, car malgré « ce qu’on sait déjà », l’analyse sociologique amène parfois à réviser son jugement. Comme celui d’imaginer que « tout les adolescents ont des portables » (idée répandue), « tous les adolescents portent des baskets » (non, il y a aussi les ballerines), ou encore « tous les adolescents sont obèses, et les filles anorexiques ».
Les sept mercenaires, lycéennes ardéchoises, qui s’installent ce jour-là au pied de la statut « des mobiles » (in mémoriam de jeunes gens à peine plus âgés qu’elles et qui ont gâché autrefois leur belle jeunesse sur les champs de bataille, et ne portent plus de baskets car un obus leur a parfois fauché les pieds), profitent visiblement de la clémence de la météo revenue. Ca ne loupe pas : deux d’entre elles triturent nerveusement leurs portables, deux autres semblent se « faire chier grave » (métaphore adolescente passée dans le langage usuel), une troisième sort un paquet de clopes : ça devrait mettre les deux dernières d’accord. Et puisqu’on a encore le droit de s’en griller une dehors, profitons-en, mais pour combien de temps ?  
Jean et basket, portables et sms, clopes et copines, persiflages et ennui, matage des garçons occupés à faire la roue tels des paons non loin de là : cette folle jeunesse passe le temps en attendant la fin des cours.
Et mes légumes vont cramer dans ma poêle si je continue à me distraire de la sorte !



 

 

 

 

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souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage...

15 Janvier 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #poésie

                                                            

                                                l’île Hélène

   Assis sur un banc, devant l’océan, devant l’océan égal à lui même.
Un homme pensif, se masse les tifs. Interrogatif : à quoi pense-t-il ?
A quoi pense-t-il, livré à lui même ? Il pense à son île, son île : Hélène. Est-ce que l’île l’aime ? Assis sur un banc, devant l’océan, l’océan jamais tout à fait le même. Dans le bruit lascif, autour des récifs, que la vague enchaîne, à quoi rêve-t-il, l’éternel poème ? Il rêve  à une île dont le littoral a le pur profil de l’amour total.
Assis sur un banc, devant l’océan, devant globalement la terre toute entière. Qui jamais n’enterre ses haches de guerre, ou si peu, si guère, que c’est faire semblant. Il pense que le vent fraîchit sur sa joue. Il pense que l’amour sait vous mettre en joue : ban, ban, ban ! Il pense surtout devant l’océan, belle esclave bleue qui remue ses chaînes, il pense à son île, à son île Hélène. Est-ce que l’île l’aime ? Pense-t-elle à son « il » ?

Claude Nougaro.


(ci-dessus : petit cimetière marin jouxtant l'église St Pierre de Varengeville. Ci-dessous : le voilier d'Arsène Lupin cherchant le trésor de l'aiguille creuse ?)

 

 

 

 

 

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chronique ardéchoise d'un journaliste localier (tome 10)

8 Janvier 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #poésie

                                             Entre midi et deux : re-création

Ah celle là elle est trop belle, je vous la raconte. Ne passons pas à côté des choses simples : j’habite à côté d’une école maternelle. La cour est en contrebas de mon petit jardin qui ne sent pas le métropolitain. Entre midi et deux, comme on dit, je rentre déjeuner chez moi. Aujourd’hui, il y avait du soleil, ça faisait longtemps qu’on ne l’avait pas vu celui-là ! Le thermomètre indiquait 22° sous les rayons du beau blond. 22°… le rêve.


Au moment de repartir à la rédaction, je commence à refermer les fenêtres, puisque le côté sud offre la possibilité de le faire rentrer dans la maison. Dans la cour, la cloche sonne. Une clochette, une vraie, qui fait « dling dling », et non pas « bling bling » comme la montre du Président. Les enfants se rassemblent au pied d’un escalier. Certains se bousculent. D’autres s’étreignent dans les bras. Ils sont agités. La maîtresse a alors une idée : une partie de cache-cache. Explosion de joie chez les enfants ! Commence alors un des plus vieux jeu du monde : compter jusqu’à vingt, la tête contre un arbre. Se retourner. Chercher. Trouver. Crier. Au passage, j’apprends qu’un des garçons se nomme Enguerrand : il s’agit bien d’une école privée catholique…


Je suis resté là, derrière ma fenêtre encore ouverte, à regarder au soleil cette partie de cache-cache élémentaire. Naïve. Simplissime. Un rayon de soleil dans l’actualité de ces jours froids : quotas d’immigration, marins pêcheurs disparus en mer, inflation, accrochages entre nations, pouvoir d’achat…


Entre midi et deux, dans cette cour d’école, c’était re-création. Un des rares bien qui ne s’achète pas.



Photo David Lerouge (http://simerah.spaces.live.com/). A Trouville, un dimanche en avril, sous le soleil exactement.

 

 

 

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Ardéchois, coeur fidèle (n°9)

8 Janvier 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #poésie

                                                   A la gare de Valence

A la gare de Valence, mercredi 2 janvier pour son TGV,
Ils sont arrivés en avance.
Machinalement, sans rien dire, il a déposé sa voiture dans le parking souterrain.
Et elle a pris sa main.
A la gare de Valence, après quelques pas de danse.

Ils n’ont presque pas parlé, en attendant son TGV. Se sont juste enlacés, dans leurs bras serrés.
A la gare de Valence, après quelques pas de danse.

Autour d’eux des touristes, qu’elle regarde les yeux tristes.
Grosses valises, des paquets. Cette fois, c’est sûr, c’est janvier.
Le haut parleur a beau parler, l’heure n’a pas encore sonnée.
Pourtant, venu de loin, et semblant fataliste,
Son TGV a pointé son nez.

A la gare de Valence, après quelques pas de danse
Derrière la vitre fumée, il ne l’a pas vue pleurer.
A la gare de Valence, en remontant le quai,
Sans faire de pas de danse.
Dans sa main, il a serré ses clés.
Elle non plus, ne l’a pas vu pleurer.

Mercredi 2 janvier, pour prendre son TGV
Ils étaient arrivés en avance,
A la gare de Valence…



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Ardéchois, coeur fidèle : numéro huit

6 Janvier 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #poésie

                                                  La nuit est un voyou


La nuit est un voyou qui vous tombe sur le dos sans prévenir.
A bras le corps, à bras le cou, à force d’étreindre le jour,
La nuit a raison tout court.
Dans sa course folle, le jour semble lutter,
Le combat dure huit ou neuf heures.
Puis s’achève dans le pré en pleurs,
De pluies arrosées les herbes folles elles mêmes vont se coucher.
Les vierges sages, elles, semblent ne pas être prises au dépourvu.
Elles rentrent chez elles et allument leurs nids de rideaux sombres soutenus.

De son blouson noir, la nuit se vêt, et son couteau, dans un dernier éclat du jour
Pourfend de sa griffe assassine les beaux jours de l’amour.
La nuit est un voyou. Gare à vous, gare à nous, gare à toi.
Garde toi d’oublier que demain matin,
Le visage encore endormi embrassant l’oreiller,
A travers les volets, à l’heure où la vie hésite entre les loups et les chiens,
La nuit enfin incarcérée laissera le jour se lever.



 

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Ardéchois, coeur fidèle : seven part

3 Janvier 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #l'évènement

                                                                  Ex pulsion…


Pour le grand retour de la chronique quasi quotidienne d’un journaliste localier, aujourd’hui c’était manif dans les rues de Privas. Entre deux bruits de tronçonneuse (les services municipaux enlèvent les sapins de Noël), ça sentait le sapin pour une famille arrivée en France depuis 2004. Mais sans papiers. D’origine algérienne, ils vont retourner en Algérie, via Lyon et son centre de détention, où cette famille (dont un enfant de 15 mois) va goûter aux délices de la garde-à-vue « à la française ».
Ce qui a donné l’occasion aux quelques soixante personnes massées devant la préfecture (d’où émane l’ordre de reconduite à la frontière) de crier leur colère au son de : «pas  d’enfants en  prison ». Trahison, mensonge et déception : les manifestants donnaient de la voix, mais la place de la Mairie est si grande qu’ils paraissaient à peine.
En télé ça ne passerait pas. Mais pour la radio c’est du bon son.  Pourtant, celui-là, je m’en passerais bien…



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tu me brouilles l'écoute ! (contrepétrie ardéchoise)

17 Décembre 2007 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #étonnement

                                      

                                       

                                             Les voix du Seigneur sont pirates de l’air


         Qui a dit qu’il ne se passait rien en Ardèche ? Oui, je sais, vous avez déjà lu ça, mais celle-ci, elle est bien bonne…
A la rédaction de RCF Ardèche, à Privas, cet après midi, nous préparions tranquillement, mais efficacement, l’édition du journal du lendemain matin. Au milieu de l’excitation des doigts qui s’agitent fébrilement au dessus des claviers et des interviews téléphoniques, le téléphone sonna. Rien d’anormal jusqu’ici, ceci se répète plusieurs fois par jour. Mais à l’autre bout du fil, c’était le CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) nous menaçant d’une amende si on ne coupait pas immédiatement l’antenne. Raison invoquée : la fréquence brouille les communications de… l’aviation civile. Au risque de bêtifier le propos, je l’éclaircis (après vérification téléphonique auprès de la Direction de l’Aviation Civile elle-même) : lorsqu’un avion de ligne survole le département de l’Ardèche, le pilote peut entendre, dans le cockpit la radio… RCF  ! Ni plus ni moins. Vous imaginez ? Dans notre beau pays de France, en 2007, le danger des vols en avion ne vient pas des explosifs que vous pourriez dissimuler dans vos semelles, mais de la radio. Et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit de radio chrétienne francophone… Vertiges du contre pouvoir.


On savait les voies du Seigneur impénétrables. On ne savait pas que la voix du Très Haut pouvait perturber les avions. Flibustier malgré lui, Dieu est donc un « pirate de l’air ».
Ca me (nous) laisse sans voix…



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Ardéchois, coeur fidèle : number six

14 Décembre 2007 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #l'évènement

                                                      « quatorze juillet : rien »

        C’est ce qu’aurait inscrit Louis XVI sur son journal personnel le fameux jour de la prise de la Bastille.
A
Privas, depuis quelques jours, comme vous avez pu le constater, il ne se passe rien, puisque je n’écris rien. En réalité, bien sûr que si, il se passe des choses ! La municipalité redouble d’efforts pour installer les décorations de Noël. Sans doute un des rares village de France à ne pas customiser ses rues de guirlandes et autres sapins Ikéa sitôt la Toussaint dans le dos… Il y a même des maisonnées en bois sur la grand place, signe qu’un marché de Noël se prépare : on pourra donc acheter les mêmes objets inutiles et sans doute manufacturés en Chine, qu’à Strasbourg, Lyon, Toulouse, Rouen, Nantes, Angoulême ou Paris (villes où j’ai pu constater les méfaits de cette standardisation du merchandising saisonnier).
Bref, pas grand chose à se mettre sous la dent. Heureusement, l’actualité nationale vient à notre secours, et on rirait volontiers de la tartuferie si elle n’était pas pitoyable, dans deux évènements qui semblent si éloignés et pourtant très proches. La visite de Kadhafi, l’encombrant Kadhafi, dont il reste encore, à l’heure où j’écris ces lignes, 24 heures de présence en France : comment va-t-il les occuper ? Et surtout comment va-t-il faire suer les services protocolaires de l’Etat ? Va-t-on lui organiser une corrida place de la Concorde  ? Ou une chasse à courre dans le parc du château de Versailles ? Si sa toile de tente était un igloo qui se monte en deux secondes et estampillée du logo d’une association au nom d’un héros de Cervantes, il y a belle lurette qu’il aurait été jeté dans la Seine  !
Et puis, on l’a appris ce soir, Colonna a pris perpéte. Sans preuves, ou si peu. A qui profite le crime ? Ni à la République , qui pleurait un de ses dignes représentant, ni à sa famille, d’une dignité qui force l’admiration.
Aux innocents, les mains pleines ? Le premier serre des paluches à tour de bras, et repart avec des avions. Le second les brandit, mais menottées, criant aux siens : « ne pleurez pas ! Ne pleurez pas ! ». On ne va pas en mourir de rire non plus.

Heureusement, pour se consoler de tout ce barnum d’avant fêtes, avant le déferlement de cadeaux, de bouffe et l’obligation de se réjouir, heureusement il y a Le Renard et l’Enfant au cinéma. Luc Jacquet, qui nous avait enchanté avec La Marche de l’empereur il y a quelques années, remet le couvert avec un film animalier, mais pas seulement : Bertille Noël-Bruneau crève l’écran, a star is born comme on dit parfois. Avec un nom pareil, à cette saison, c’est déjà un cadeau. Elle n’a pas grand monde pour lui donner la réplique, puisque Luc Jacquet a eu la bonne idée de conserver le renard muet. Tout passe par son regard et sa frimousse aux taches de rousseur qui nous invitent à la contemplation.

Le Renard et l'enfant - Bertille Noël-Bruneau

La moral du film, a elle seule, suffit à recadrer non seulement les évènements décrits ci dessus, mais encore les propos de l’auteur de cette modeste chronique : à chaque fois que la petite fille tente de capter l’animal pour elle seule, ou le domestiquer, ou même de l’enfermer, il s’enfuit. Signe qu’il ne faut pas confondre amour et possession. Elémentaire, certes. Mais ô combien rassurant, au fond.
Ah si ! J’allais oublier : le renard en question est Ardéchois ! Vous voyez bien qu’il se passe quelque chose par ici…

Le Renard et l'enfant - Bertille Noël-Bruneau


Le Renard et l'enfant - Bertille Noël-Bruneau

 


Le Renard et l'enfant - Bertille Noël-Bruneau

 

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