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Le jour. D'après fred sabourin

Articles récents

Mouton : white & black session

9 Décembre 2019 , Rédigé par F.S Publié dans #concept, #rural road trip

Mouton : white & black session
Mouton : white & black session
Mouton : white & black session
Mouton : white & black session
Mouton : white & black session
Mouton : white & black session
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Mouton : white & black session

(c) Fred Sabourin. 9 décembre 2019.

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Entreroche, entre-roches...

8 Décembre 2019 , Rédigé par F.S Publié dans #étonnement, #regarde-la ma ville

- "ces murs témoins de votre jeunesse ont surement été des jours pleins d'allégresse. Le gauthier Louis"  -

- "ces murs témoins de votre jeunesse ont surement été des jours pleins d'allégresse. Le gauthier Louis" -

Sous le plateau karstique de Bussac-Entreroche-Antornac, aux portes d'Angoulême en allant vers l'Est, existent des carrières très anciennes, dont les premières traces d'extraction des pierres remonteraient au Moyen-Age, au XIIe siècle lors de la construction de l'église Saint-Cybard de Magnac/Touvre. Les terres de Magnac auraient été données en 852 à l'abbaye Saint-Cybard d'Angoulême, selon l'abbé Pierre Lescurat (1884-1935).

Dans ces carrières peu accessibles et dont les entrées sont bien cachées par la végétation, on trouve un certain nombre de graffitis remontant au XIXe et début XXe siècle, jusque dans les années 40 avec de nombreux témoignages du passage de conscrits venus là écrire sur la pierre le témoignage de leur amour, qui pour une "bergère", qui un prénom, qui des initiales... Nous reviendrons sur ces carrières et leur histoire après quelques recherches que nous espérons fructueuses.

Entreroche, entre-roches...
Entreroche, entre-roches...
"Cleyrat Paul classe 1935. actuellement à la 224eme batterie DCA. attend l'armistice avec impatience. Le 13-4-40". (dessin : un cœur traversé d'une flèche. Inscription G.R). / "Grégoire André. Classe 35".

"Cleyrat Paul classe 1935. actuellement à la 224eme batterie DCA. attend l'armistice avec impatience. Le 13-4-40". (dessin : un cœur traversé d'une flèche. Inscription G.R). / "Grégoire André. Classe 35".

L. Cille. Verdun - Meuse 1914 - 1915

L. Cille. Verdun - Meuse 1914 - 1915

Entreroche, entre-roches...
Entreroche, entre-roches...
Entreroche, entre-roches...
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Entreroche, entre-roches...
Entreroche, entre-roches...
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- no comment, tout le monde aura compris -

- no comment, tout le monde aura compris -

- Une date : 20 mai 1892 -

- Une date : 20 mai 1892 -

"Cleyrat Paul canonnier au 62eme d'artillerie d'afrique. Tnis (Tunisie). Classe 1935. actuellement Brigadier au 404eme RACA. Le 13.3.40. à ma petite Bergère bien aimée. G.R. Cleyrat Paul". (dessin : un cœur enflammé. Inscription : "mon cœur").

"Cleyrat Paul canonnier au 62eme d'artillerie d'afrique. Tnis (Tunisie). Classe 1935. actuellement Brigadier au 404eme RACA. Le 13.3.40. à ma petite Bergère bien aimée. G.R. Cleyrat Paul". (dessin : un cœur enflammé. Inscription : "mon cœur").

Entreroche, entre-roches...
- D. Delage. ? d'armes au 2e zouave 2e compagnie 4e bataillon à Oran Algérie

- D. Delage. ? d'armes au 2e zouave 2e compagnie 4e bataillon à Oran Algérie

Entreroche, entre-roches...
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Rural road trip (saison 1)

29 Novembre 2019 , Rédigé par F.S Publié dans #concept, #quelle époque !, #rural road trip

Rural road trip (saison 1)

À la faveur d’une nouvelle activité depuis six mois, je suis amené à sillonner un pays rural, en opposition avec mon mode de vie et un habitat très urbain. Après avoir observé et rendu compte de la micro-société campagnarde dans quelques reportages de journaliste depuis plus d’une décennie, me voici embarqué, embedded comme on dit, dans un milieu socio-économiquement difficile, au cœur de « territoires » - comme on dit aussi – isolés, oubliés, quasi désertés par endroit. Des territoires ruraux où l’emploi se fait rare, les habitants se blotissant dans des hameaux où s’agrègent de plus en plus de recalés, déclassés, les oubliés de la mondialisation et de l’urbanisation des villes moyennes des départements moyens. Au pays des gilets jaunes en somme, où l’on croise encore des Peugeot 205 hors d’âge ; des Renault 19 qui furent il n’y a pas si longtemps customisées mettant la fièvre aux samedis soirs ; des Citroën C15 aussi nombreux que des 4x4 SUV dans les rues des métropoles un soir de match de Ligue 1 ; des scooters et même des mobylettes Motobécane.

Rural road trip (saison 1)

C’est dans cette France-la, couvrant un territoire de 37.000 habitants réunis en deux communautés de communes – Cœur et Val de Charente – que se concentre désormais mon job : apporter de l’aide alimentaire aux plus démunis. Avec notre camion, en itinérance dans cinq communes, nous allons à leur rencontre - les bénévoles et moi - une semaine sur deux, installant pour une heure notre épicerie solidaire. Tel un petit cirque ambulant, nous venons, installons nos tables et tréteaux, caisses et balances, pour un supermarché aussi diversifié qu’éphémère. Une fois les « courses » accomplies, on plie bagage et on rentre au dépôt à Mouton, 200 âmes en comptant peut-être les poules et quelques cabots grognant au passage des rares piétons.

J’en ai désormais la conviction : c’est une chance que de se laisser gagner par la richesse des pauvres. Car – c’est peut-être une révélation pour beaucoup – les pauvres sont riches. Riches de résilience. Riches de générosité de cœur. Riches de dons d’eux-mêmes et de leur temps, qui peut s’étirer très en longueur dans cette campagne où le moindre déplacement peut s’apparenter à une expédition.

Rural road trip (saison 1)

Pour apporter cette aide alimentaire à ceux qui, selon un Président de la République, coûtent un « pognon de dingue » (mais n’ont en poche qu’entre trois et cinq euros par jour pour vivre, étrange paradoxe…), nous sillonnons les routes de campagne. Les départementales à 80km/h, les chemins communaux à 70. Les routes blanches sur la carte Michelin, parfois jaunes. Etroits rubans de bitumes aux accotements plus ou moins « stabilisés », ces routes sont grignotées par la boue dès les premières pluies venues, et combien davantage ces jours-ci que le ciel nous tombe sur la tête. De part et d’autre, les ruisseaux, rivières et même le fleuve se signalent par leurs débordements dans les champs et les prés, enserrent les routes, roulent dans les fossés et sous les ponts alors qu’ils tiraient une langue desséchée par un été de feu sans fin, il y a deux mois à peine. Au détour de virages, au bout des lignes droites bordées d’arbres parfois séculaires, surgissent ces bourgs, hameaux, lieux-dits et même habitats isolés, au bout d’un chemin de terre d’eau et de boue, où meurent des niches à chiens bâtards et n’en finissent plus de pourrir des cadavres de fourgonnettes des années 70, ou d’époque fin René Coty, début Charles de Gaulle.

Rural road trip (saison 1)

Dans ces hameaux que l’on croit sans vie, si l’on prend le temps de s’y arrêter cinq minutes, c’est tout le contraire qui se produit. On entend l’aboiement des chiens, le chant du coq, le bruit strident et lointain d’une machine – scie, tronçonneuse, engins agricoles divers – et il ne se trouve personne pour s’en plaindre. Ici, dans ce nord Charente ni très beau ni trop laid, les bobos néo-ruraux n’ont pas planté leurs piquets : tout est « éloigné sans être pour autant trop loin », mais un peu quand même ; rien n’est « central » ; le téléphone mobile marche par intermittence ; la wi-fi est un vague souvenir qui fonctionne sur courant alternatif. Ici, on est « en bout de ligne », les gares fantômes sont désertes et seule la LGV saigne en deux le paysage de son vrombissement sourd, dans un air humide et frais agité par les pales des dizaines et dizaines d’éoliennes visibles partout à 360°. La nuit, elles clignotent comme des sapins de noël pour que l’on ne se perde pas, peut-être.

Rural road trip (saison 1)

Au hasard de ces bourgs, hameaux, lieux-dits, des pancartes insolites, des maisons cossues surprenantes jusque dans leurs couleurs, des cabines téléphoniques transformées en boîtes à livres, des bancs publics désespérément inoccupés, près de boîtes aux lettres démesurées rapport au courrier qu’elles doivent contenir. Leur jaune cocu résume leur situation de fin de vie. Et des pancartes « à vendre ». Énormément de pancartes « à vendre ».

C’est de là que surgissent les gens, à pied, en voiture, à bicyclette ou en tracteur, et quand ils ne surgissent pas on les devine derrière les rideaux et les carreaux observant le passant qui prend des photos. Qui est-il ? Que veut-il ? D’où vient-il et où se rend-il ?

Après six mois d’observation et de notes éparses glanées dans mes carnets qui ne me quittent jamais ; après l’accumulation d’images rapportées lors de ces tournées ou trajets en utilitaire, j’ai décidé de commencer à raconter ça. Idéalement j’aurais aimé qu’une Florence Aubenas accompagnée d’un Raymond Depardon fassent le boulot. Ils le feraient d’ailleurs bien mieux que moi. Mais je n’ai pas leurs numéros, alors j’ai décidé de m’y coltiner.

Avec grand appétit.

F.S.

Rural road trip (saison 1)
Rural road trip (saison 1)
- Ô sombres héros de la mer -

- Ô sombres héros de la mer -

- bien avant le wi-fi -

- bien avant le wi-fi -

- à tout faire -

- à tout faire -

- cent pour sang -

- cent pour sang -

Rural road trip (saison 1)
Rural road trip (saison 1)
Rural road trip (saison 1)
- aquaponey -

- aquaponey -

Rural road trip (saison 1)
- CQFD -

- CQFD -

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Chambre froide

25 Novembre 2019 , Rédigé par F.S Publié dans #montagne

Chambre froide

C'est un coin de l'Ariège - vers Aston, départ de la marche à la centrale électrique de Laparan, barrage de Riète - tel que dans nos souvenirs... Très humide, froid, au sol détrempé comme une éponge et au réveil-matin à l'image des journées : rustique et froid. 4° à l'intérieur de la cabane de Quioulès à 7h30 du matin : dormir dans une chambre froide ça raffermit les chairs... Mais pour qui aime l'aventure et la sobriété, c'est l'endroit idéal. Nous n'avions pas convoqué Sylvain Tesson et sa Panthère des neiges, mais la nature sauvage à l'état brut était tout de même omniprésente... Mis à part un skieur égaré, personne ; pas l'ombre d'un animal identifiable à part quelques choucas. Mais les animaux en question ne nous ont-ils pas vu, eux ? Les prévisions météorologiques avaient annoncé un temps épouvantable, raison de plus pour aller vérifier.

- Quioulès -

- Quioulès -

Chambre froide
Chambre froide
Chambre froide
- Bela -

- Bela -

Chambre froide
- l'angélus -

- l'angélus -

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Odeur des pluies de mon enfance

10 Novembre 2019 , Rédigé par F.S Publié dans #émerveillement

Odeur des pluies de mon enfance

Automne

Odeur des pluies de mon enfance,
Derniers soleils de la saison !
À sept ans, comme il faisait bon,
Après d'ennuyeuses vacances
Se retrouver dans sa maison !


La vieille classe de mon père,
Pleine de guêpes écrasées
Sentait l'encre, le bois, la craie
Et ces merveilleuses poussières
Amassées par tout un été.


Ô temps charmants des brumes douces,
Des gibiers, des longs vols d'oiseaux,
Le vent souffle sous le préau,
Mais je tiens entre paume et pouce
Une rouge pomme à couteau.

René Guy Cadou (recueil "Les amis d'enfance").

Odeur des pluies de mon enfance
Odeur des pluies de mon enfance
Odeur des pluies de mon enfance
Odeur des pluies de mon enfance
Odeur des pluies de mon enfance

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Achtung ! Sie verlassen jetz West-Berlin

9 Novembre 2019 , Rédigé par F.S Publié dans #voyage - voyage..., #l'évènement

(c) Fred Sabourin. Berlin mai 2008.

(traduction du titre : "Attention, vous quittez maintenant Berlin Ouest")

Achtung ! Sie verlassen jetz West-Berlin
Achtung ! Sie verlassen jetz West-Berlin
Achtung ! Sie verlassen jetz West-Berlin
Achtung ! Sie verlassen jetz West-Berlin
Achtung ! Sie verlassen jetz West-Berlin
Achtung ! Sie verlassen jetz West-Berlin
Achtung ! Sie verlassen jetz West-Berlin
Achtung ! Sie verlassen jetz West-Berlin
Achtung ! Sie verlassen jetz West-Berlin
Achtung ! Sie verlassen jetz West-Berlin
Achtung ! Sie verlassen jetz West-Berlin
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Achtung ! Sie verlassen jetz West-Berlin
Achtung ! Sie verlassen jetz West-Berlin
Achtung ! Sie verlassen jetz West-Berlin

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Automne en Ossau

22 Octobre 2019 , Rédigé par F.S Publié dans #montagne

- Pic de la Ténèbre -

- Pic de la Ténèbre -

Automne, saison dorée en vallée d'Ossau autour de Laruns ("Laruntz", en Béarnais). Remontée de l'Arriutort (le "ruisseau tordu") jusqu'à la cabane du même nom (1000 mètres en 2 heures). Puis débouché au col de Taillandière sous le Montagnon d'Iseye et son lac en forme de heart. La pluie et le vent ne douche pas complètement nos ardeurs et nous descendons - sous le soleil retrouvé accompagné d'un bel arc-en-ciel - jusqu'à la cabane de Laiterine (1680m) qui nous accueillera pour la nuit, ventée et pluvieuse par intermittence.

Le lendemain matin c'est à la verticale de la cabane de la Cujalat (300 mètres en contrebas) que nous grimpons en sous-bois puis sur une pente herbeuse qui fait bien transpirer, poussés par un méchant petit vent de sud - sud-est agrémenté de quelques pluies. Le débouché sur le Cirque de Besse se nomme le Pène d'Hourque, et la vue est bien belle. Abrité du vent et de la pluie par ce flanc de montagne ossaloise, la descente s'effectue dans le cirque vers le col d'Abet puis celui de Lusque, serpentant en sous-bois jusqu'au Plateau de Lusque avant d'entamer la dernière descente vers Goust, ensoleillé quand nous y arrivâmes. L'ancienne route balisée rouge et jaune (grand tour de l'Ossau) conduit ensuite aux Eaux-Chaudes où nous mettons sac à terre, trempant nos lèvres dans un café chaud bienvenu.

Un crapahute à l'ancienne, à pieds quasiment de bout en bout, virée virile de franche camaraderie, de pâté à l'ail de chez Coudouy et de fromage de brebis Pujalet...

- (c) Marc L. -

- (c) Marc L. -

- Arriutort -

- Arriutort -

Automne en Ossau
Automne en Ossau
Automne en Ossau
Automne en Ossau
- Laiterine, chambre avec vue -

- Laiterine, chambre avec vue -

- Cirque de Besse -

- Cirque de Besse -

Automne en Ossau
- Les Eaux-Chaudes -

- Les Eaux-Chaudes -

- Les Eaux-Chaudes -

- Les Eaux-Chaudes -

- Lou Nouste Henric -

- Lou Nouste Henric -

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Papicha lève le voile sur la liberté chèrement disputée

15 Octobre 2019 , Rédigé par F.S Publié dans #chronique cinéma

Papicha lève le voile sur la liberté chèrement disputée

Le premier long métrage de Mounia Meddour met en scène, sur fond d’Algérie au début de sa plongée dans la décennie noire, l’histoire d’une jeune étudiante de français qui se rêve styliste. Pendant que les murs s’élèvent autour de la liberté de ces Algériennes, elle invente avec insolence, énergie farouche et une bonne dose d’inconscience, une vie où les étoffes habilleraient les « papichas », les jolies jeunes filles algéroises.

- Lyna Khoudri -

- Lyna Khoudri -

« Couvre-toi avant qu’un linceul ne le fasse ! » intime l’ordre des milices islamistes sur des affiches collées sur les murs d’Alger. Nedjma, étudiante habitant la cité universitaire, rêve de devenir styliste, autant dire que ça n’est guère dans le vent du climat ambiant plus enclin à élever des murs et voiler les femmes. À la nuit tombée, Nedjma et son amie Wassila se faufilent à travers le grillage de la cité et rejoignent leurs meilleures copines dans les boîtes de nuit où elle vend ses créations aux autres papichas. La situation politique et sociale de ce début des années 90 ne cesse de se dégrader, la guerre civile va ravager le pays pendant près de dix ans. Avec une énergie frénétique, Nedjma refuse cette fatalité allant même jusqu’à imaginer un défilé de mode dans l’enceinte de la cité-U, au mépris du danger.
 

Pas un plan sans l’actrice autour de duquel tourne Papicha, Lyna Khoudri, héroïne enragée qui voit ses rêves brisés par les apôtres de la haine qui cherchent à couvrir de voiles les femmes qui ne souhaitent que vivre libres et vêtues d’étoffes à leur goût. Avec une mise en scène au parti pris audacieux autant que systématique de plans très courts et très serrés – au risque de donner le tournis au spectateur et l’étouffer un brin – Mounia Meddour atteint son objectif : montrer la perte progressive de liberté de ces Algéroises pourtant si vivantes. Autour d’elles, les murs de leurs chambres de la cité-U autant que ceux que les nouveaux propagateurs d’un ordre moral et religieux fanatique montent et se rapprochent progressivement. Mais sans parvenir à étouffer totalement l’acharnement, la rage et le panache de Nedjma et ses copines, qui, grâce à ce défilé de mode qui aura bien lieu, ouvre une brèche salutaire dans l’enfermement dans lequel on veut les confiner.

Papicha lève le voile sur la liberté chèrement disputée

L'ironie affleure aussi parfois, malgré la densité et la gravité du film, notamment grâce au détournement du haïk – pièce d’étoffe de cinq mètres de long, vêtement traditionnel des femmes algériennes – en objet de mode grâce à d’ingénieuses retouches et pliures. Tout le contraire du hidjab que veulent leur imposer les émiratis de la péninsule arabique…
Papicha, récompensé au Festival du Film Francophone d’Angoulême pour son scénario, son actrice et par le prix du public, qui ne s’y est pas trompé, trouve sa cible et claque dans la figure comme un film manifeste. Cela n’est probablement pas du goût des autorités algériennes qui l’ont interdit de projection lors d’un avant-première qui devait avoir lieu le 21 septembre dernier – sans explication – mais ne l’empêche pas malgré tout d’être sélectionné pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. Difficile pourtant d’ignorer le contenu du film, tourné à Alger avec toutes les autorisations du ministère de la Culture.

 

Quoiqu’il en soit Papicha demeure probablement un des meilleurs films sur les écrans en cet automne 2019, dans lequel Mounia Meddour, qui a fuit l’Algérie au début des années 90, oppose aux violences misogynes la résistance par la couture et magnifie par les étoffes les corps de femmes que les islamistes s’efforcent d’anéantir.

F.S.

Papicha, de Mounia Meddour. Avec : Lyna Khoudri, Shirine Boutella, Amira Hilda Douaouda. 1h45. Sortie le 9 octobre.

 

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Alice et le maire, ou l’évanescence de la pensée en politique

9 Octobre 2019 , Rédigé par F.S Publié dans #chronique cinéma

Le second film de Nicolas Pariser (1) met en scène Paul Théraneau, maire de Lyon, aux prises avec l’évanouissement progressif de ce qui a fait de lui un conquérant du pouvoir, un édile innovateur et bourré d’idées. Rincé par trente ans de vie politique à serrer des mains, signer des parapheurs et prononcer des discours aux inaugurations de chrysanthèmes, il est à court d’idées. Il engage une jeune normalienne philosophe et finement lettrée pour tenter de lui redonner l’envie de penser, ce qu’il n’a plus le temps de faire, dévoré par le tourbillon de l’action permanente et la vacuité de la novlangue de ses conseillers. Las, la désillusion, de part et d’autre de ces deux touchants personnages, auront raison de l’action, au profit – c’est heureux et si rare – de la pensée qui normalement la précède.

- Fabrice Luchini et Anaïs Demoustier -

- Fabrice Luchini et Anaïs Demoustier -

Le film s’ouvre sur une scène étonnante où la collaboratrice de cabinet Mélinda (Nora Hamzawi) explique à Alice Heimann qui vient d’être engagée (Anaïs Demoustier) son travail auprès du maire de Lyon (Fabrice Luchini) : « Ton boulot, c’est de prendre du recul ». « Ce n’est pas un travail, ça » répond surprise Alice qui n’y connait rien à la politique et se demande pourquoi on l’a fait venir dans cette « lyonnaiserie ». Mais sa force c’est de savoir cerner et penser les enjeux contemporains. Elle fait ce que la quasi-totalité des politiques ne savent plus faire : penser avant d’agir, quitte à être un brin théorique, et c’est un risque à prendre.
 

D’abord peu à l’aise au sein d’un cabinet bien campé par des seconds rôles efficaces – une directrice de cabinet aussi raide que dévouée à la cause du gourou (Léonie Simaga), des chargés de com’ sanglés dans leurs costards bleu marine code couleur de gauche comme de droite – Alice se fond peu à peu dans le rôle qu’on attend d’elle : penser, et faire penser le maire. Sa première note rédigée, ironiquement a pour thème la modestie (un régal). Elle épouse l’agenda de dingue de Paul Théraneau/Fabrice Luchini, commence une conversation entre deux portes, la poursuit dans les déplacements en voiture et la clôt le soir tard dans son bureau.

- Anaïs Demoustier -

- Anaïs Demoustier -

Tout oppose ces deux personnages, si ce n’est la solitude et l’impression d’être à un tournant de leur vie. Paul Théraneau en vieux lion lessivé qui aimerait bien quand même tenter un dernier coup (devenir premier secrétaire du PS et briguer la présidence de la République) ; Alice Heimann en jeune femme d’une génération tiraillée par l’inquiétude, sans véritable envie ni projet, qui a prolongé au maximum ses études autant par scepticisme envers le monde adulte autant que pour ne pas avoir à penser la suite de sa vie justement.

- Fabrice Luchini -

- Fabrice Luchini -

Et ça n’est pas le moindre intérêt d’Alice et le maire de Nicolas Pariser : grâce à la rencontre platonique de ces deux roseaux pensants perdus dans leurs univers respectifs, le film donne à penser sur l’articulation entre réflexion et action, entre théorie et pratique du réel, et crise actuelle de la démocratie.
Une hauteur de vue, un recul et une réflexion au quotidien qui manquent cruellement aux hommes et femmes politiques de nos jours, justement, dont la vacuité des discours et l’inefficacité  de leur action se noient dans l’évanescence et le scepticisme ambiant.


« Je préfère recourir à la tradition philosophique plutôt qu’à un coach » dira Paul Théraneau/Fabrice Luchini avec ce qui lui reste de lucidité lors de leur premier rendez-vous. Avec une certaine légèreté, la précision des dialogues finement ciselés et de la fluidité dans le récit, Alice et le maire offre aux spectateurs une réflexion charmante et pas du tout ennuyeuse de la vie politique contemporaine, aux antipodes de celle-ci dans le réel, justement.
F.S.

(1)    Le Grand jeu en 2015, sur l’affaire de Tarnac.

D'autres chroniques cinéma à lire ici : Au nom de la terre (Édouard Bergeron) / Ceux qui travaillent (Antoine Russbach) / Deux moi (Cédric Klapisch) / Once upon a time in Hollywood (Quentin Tarantino) / Une fille facile (Rebecca Zlotowski).

 

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Chirac : « Ah tiens ! Il y a même des jeunes »

26 Septembre 2019 , Rédigé par F.S Publié dans #l'évènement

- Mangez des pommes ! (campagne présidentielle 1995) -

- Mangez des pommes ! (campagne présidentielle 1995) -

Le souvenir remonte au printemps 1995, à Poitiers. C’était pendant la campagne pour l’élection présidentielle, Jacques Chirac commençait tout juste à remonter la pente face à Edouard Balladur (qu’il appelait Ballamou) qui avait dans un premier temps cartonné dans les sondages, au point que beaucoup le voyaient déjà à l’Élysée. J’étais étudiant en licence d’histoire à la fac de Poitiers, je rêvais de Sciences-Po, avec quelques copains nous « faisions de la politique », en trainant dans les meetings ou en collant des autocollants pour un syndicat étudiant bien à droite… J’avais poussé le vice jusqu’à m’inscrire aux « RPR-Jeunes », comme on disait à l’époque. Dans les amphis de la très gauchisante fac d’histoire, autant dire que je détonnais sévère, en veste Barbour sur chemises vichy, avec ma carte du RPR dans la poche et arborant parfois une croix de Lorraine au revers du col… Un étudiant en droit qui se serait égaré dans les sciences-humaines. J’assume, comme dirait l’autre.
 

Chirac était annoncé en meeting à côté de Poitiers, à St-Benoît il me semble, mais peu importe. C’était à quelques encablures du centre-ville de Poitiers, ça c’est certain, et nous étions quelques-uns à chercher une bagnole pour nous y rendre. Au culot, j’ai poussé la porte du siège du RPR local, demandant si, par hasard, il n’y aurait pas quelqu’un qui… Et on m’a dit : « oui, il y a quelqu’un qui ». Il restait une place libre dans une voiture où serait aussi Yves Guéna, ancien résistant, ancien ministre sous de Gaulle puis Pompidou et à l’époque encore maire de Périgueux. Que faisait-il à Poitiers à ce moment-là, je ne me souviens plus, mais enfin je pouvais aller à ce meeting dans une bagnole du cortège officiel, je n’allais pas dire non.

Chirac : « Ah tiens ! Il y a même des jeunes »

Le jour J à l’heure dite, je me pointe au lieu de rendez-vous, et nous voilà partis à l’aéroport de Poitiers Biard, où l’on fait le pied de grue en attendant « Chirac ». Il y a là beaucoup d’hommes en costards et des cheveux gris, peu de femmes, ça clope de partout et ça rigole, il règne une ambiance un peu bizarre d’excitation d’avant match, tout le monde semble se connaître comme à une réunion de famille. Là encore, je détonnais un peu dans le paysage, mais personne ne prête véritablement attention à l’intrus. Je suis le seul « jeune », les autres sont sur le lieu du meeting pour chauffer la salle. Il y a quand même un type de cinq ou six ans de plus que moi pour faire la jonction entre les quinquas et sexas, et moi, à peine 22 ans.
 

Enfin arrive l’avion, je ne me souviens plus quel modèle d’ailleurs mais probablement genre Falcon ou Jet. Chirac arrive, à grandes enjambées évidemment, serrant des mains par-ci, claquant des bises par-là, de bourrades dans le dos, à grands coups de « Bonjour ! Tiens, comment ça va ? ». Je suis un peu en arrière de la mêlée, j’essaie de m’approcher le plus possible, ça s’agite beaucoup autour de lui. Je suis surtout un peu penaud de me trouver là, je ne sais pas trop comment faire ni où me placer, j’ai le sentiment mélangé de ne pas être à ma place et pourtant très excité à l’idée d’assister à un moment unique. Naturellement, à l’époque, pas d’appareil photo ni de smartphone pour immortaliser l’évènement. On profite des choses avec ses yeux et son cerveau, point. Alors qu’il s’apprête à passer aux toilettes suivi par une collaboratrice de cabinet qui tient une chemise propre pliée sous le bras, il m’avise de son œil d’aigle et fend une partie de l’aréopage qui l’entoure pour venir vers moi, juste avant d’entrer. Il me tend la main, plante ses yeux dans les miens et dit, à la cantonade pour que tout le monde entende : « Ah ! Tiens ! Il y a même des jeunes ! Ça va ? » me dit-il. Je bredouille confusément : « Euh… Oui, oui… ça va très bien puisque je vous vois » ou un truc complètement raté dans ce genre-là. Il me claque l’épaule comme à un vieux copain puis tourne les talons et s’engouffre dans les toilettes dont il ressort à peine cinq minutes plus tard, une nouvelle chemise sur le dos, la veste à la main ; et tout le monde s’agite de nouveau pour monter dans les bagnoles du cortège officiel, vite, vite. Celui-ci va filer à toutes blindes escorté par les motards en direction du lieu du meeting, où deux copains m’attendent (comment sont-ils venus, eux ? Mystère). Des copains un peu félon sur les bords d’ailleurs puisque quelques semaines auparavant, ils soutenaient encore Balladur. Mais passons, nous n’en étions plus aux règlements de comptes.

- Avec son premier Ministre J.P. Raffarin -

- Avec son premier Ministre J.P. Raffarin -

Arrivés sur place, les portières claques dans tous les sens, j’ai à peine le temps de saluer et remercier mon chauffeur et les autres passagers du véhicule (dont Guéna qui me remarque à peine), puis dans une cohue indescriptible nous rentrons par la porte de derrière sur le lieu du meeting. J’atteins la salle à l’ambiance surchauffée qui scande : « Chi-rac Président ! Chi-rac Président ! Chi-rac Président ! ». Ça n’est pas mon premier meeting, non, mais c’est un des meilleurs, je ne touche plus le sol, nous sommes électrisés par cette ambiance de grand’messe en beaucoup plus fun. Mes deux copains sont surexcités et tentent de l’approcher à la fin quand il serre des mains à tour de bras, en se planquant derrière des plantes vertes et font glisser les pots sur le sol pour essayer de s’approcher « discrètement ». On se retrouve dehors sans comprendre comment, avec les pots de plantes d’ailleurs…
 

Je n’entrerai ensuite jamais Sciences-Po, j’abandonnerai toutes velléités d’action politique, ne reprendrai timidement une carte qu’en mai 2007 après l’élection de Sarko (chez le Béarnais résistant…), mais j’ai toujours gardé en mémoire le souvenir de cette folle soirée, où, un peu comme un gamin, j’étais content d’avoir serré la main de « Chirac », qui m’avait parlé.

F.S. 26/09/2019

- Le 16 mai 2007, passassion de pouvoir entre J. Chirac et N. Sarkozy -

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- En octobre 1996, le coup de sang contre le service de sécurité israélien -

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- Il fut le premier Président étranger à survoller Ground zero -

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Chirac : « Ah tiens ! Il y a même des jeunes »
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