Fermer
les Carnets de Fred Sabourin : des écrits divers, chroniques du jour qui passe, cinéma, récits de voyages, poésies, étonnements et émerveillements. Des photos pour illustrer le tout
« La poésie ne propose pas de consoler l’homme de la mort, mais de lui faire entrevoir que la vie et la mort sont inséparables : qu’elles sont la totalité »
Octavio Paz (1914 – 1998)
Au détour d’un livre ouvert, ou d’une carte entrevue sur son présentoir, sans le vouloir ces petites citations
isolées nous submergent quotidiennement. Souvent nous n’y faisons pas attention, mais rarement nous ne cherchons pas à les lire, à en découvrir la substantifique moelle et en rapporter quelque
chose pour son extérieur jour, ou intérieur nuit. Elles nous tombent dans l’œil, comme une poussière de platane, et s’y fichant, elles restent quelques fois avec insistance. Les coïncidences
veulent qu’elles sont de temps en temps pertinentes avec les sentiments, les états d’âme passagers, même clandestins.
On voudrait les chasser mais rien n’y fait : elles s’incrustent, malgré le hors contexte qui les balade à tous les vents, malgré l’ignorance furtive de l’origine de l’auteur. « Mais
si, tu sais, c’est le type qui a écrit… ah zut… comment c’est déjà ce bouquin ? A moins que ce ne soit… ». Au final, peut importe, nous irons vérifier dans un dictionnaire qui est
l’auteur de cette orpheline phrase poétique, de cet aphorisme ou maxime qui nous servira de béquille, le jour venu. D’ailleurs les plus consciencieux – et les collectionneurs qui sont souvent les
mêmes – les notent dans des cahiers à spirales, ou des répertoires, se jurant de s’en resservir, « au cas où ».
Hasard malicieux celle-ci, 25 mai de l’an Neuf, tombait à pic. Et le plaisir du gourmet consiste, comme le poète, à ne pas s’en justifier. Comme la rose, elle est sans pourquoi. Elle fleurit
parce qu’elle fleurit.
Et c’est tout.



Publié le 25/05/2009 à 21h18 dans poésie