édito

Mercredi 28 juillet 2010 3 28 /07 /2010 10:16

 

 

 

"Les hommes à terre sont tous des marins perdus, immobiles ils voyagent vers d'indiscibles aventures".

 

Adieu Bernard, te voilà parti, tu as levé l'ancre et cette fois pour de bon. Je t'ai aimé en prof d'Anglais  d'Allemand dans "La Boum". Je t'ai adoré avec Lanvin dans "Les Spécialistes". Et puis "Les Caprices d'un fleuve", couleur et odeur Sénégal. Dernièrement, "Gouttes d'eau sur pierre brûlante" ou précédemment "Une Affaire de goût" d'un autre Bernard regretté, Rapp.

Mais ce que j'ai sans doute le plus aimé, c'est ta plume , Giraudeau. Ton oeuvre - on peut en parler comme telle - m'a fascinée, et je l'avoue, m'a aidé à lever l'ancre il y a 4 ans, quand les forces me manquaient pour le faire.

Je n'ai pas pris la mer, c'est la montagne qui m'a enlevée. Elle a un point commun avec l'Océan : dedans les hommes ne sont rien, ils subissent, résistent ou meurent.

J'ai choisi de résister, comme tu le fis face à ton crabe, crustacé marin qui se nourrit de nos intérieurs ravagés.

 

Adieu Giraudeau, un homme à la mer !  

Mes larmes sont salées, comme elle.

 

 

"Elle apportait du thé,

Il buvait de la chicorée au lait.

Une chose horrible, disait-elle

Il était sergent de l'armée de terre

Dans une aile discrète du Renseignement français

Elle habitait Saïgon près du fleuve

On la tutoyait

Il la vouvoyait

Un matin elle trouva un message

enlacé autour de la tige d'un hibiscus rouge :

Ma chicorée est certainement horrible

Mais votre thé est insipide

Apprenez-moi à l'aimer.

Ce qu'elle fit... "

 

Bernard Giraudeau, "les Hommes à terre" (Métailé)

 

 

 

 

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reduit SAB 7612

 

 

 

 

"J'aime les grands cargos arrêtés dans les rades

Qui ne se mêlent pas à la vie des villes

Et qui libèrent le soir les marins éperdus"

Louis Brauquier

 

 

 

 

Par Fred Sabourin - Publié dans : édito
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Lundi 7 juin 2010 1 07 /06 /2010 18:46

 

Soliloques en vrac

 

 

De récents et nombreux déplacements à la recherche du graal (un job en fait, mais cette quête s’avère comme celle du précieux vase : longue, ardue, semée d’embûches), m’ont permis d’observer à loisir mes contemporains, et à noter quelques perles de culture, et surtout d’inculture. Tel ce contrôleur et sa liaison dangereuse : « attention à ne rien oublier z’a votre place ». Mes z’amis, la première fois j’ai cru à un lapsus, une liaison malheureuse qui échappe à tout le monde (cf le fameux « il va t’arriver dans quelques minutes », fort connu des gens qui parlent dans le micro). Mais le bougre (d’âne) a eu 6 fois de suite l’occasion de réitérer sa bourde – et donc de ne pas la corriger, prouvant ainsi au moins deux choses : le train s’est bien arrêté 6 fois ; le recrutement des contrôleurs SNCF se fait sur concours dont on peut présager qu’une épreuve orale fait défaut.


Brice Hortefeux est condamné pour injure et propos racistes : la blagounette sur les Auvergnats n’a pas plu au président du tribunal, qui était sans doute bougnat. En lisant la presse ce matin-là, je tombe sur un article à propos du fameux polygame de Nantes (Lies Hebbadj), vous savez, l’homme aux cinq femmes dont l’une d’entre elles (l’officielle), s’est faite épinglée parce qu’elle conduisait en niqab. Le pauvre homme, qu’on accuse de fraude aux aides sociales (les 15 gosses qu’il a eu avec ses « maîtresses » comme il aime à les nommer) percevrait frauduleusement les aides de l’Etat, et chacune d’elle l’allocation de parent isolé. Du coup, je me dis que notre comique ministre de l’Intérieur, grand humoriste de Lue Aime Pet, pourrait ressortir sa bonne saillie drôlatique en la féminisant un peu : « la polygamie en France est interdite. Les femmes, quand y en a une ça va, c’est quand y en a plusieurs que ça pose problème ».
Quoi ? ça ne vous fait pas rigoler un peu ça ? Merde quoi, c’est le ministre qui me l’a soufflée ! Un peu de respect pour les grands de la République quand même !  

Un peu de légèreté après cela. Ou plutôt de la profondeur. Bientôt la fête des père, et celui que j’ai vu passer devant ma porte alors que je franchissais celle-ci était flanqué de ses deux lardons, dont un de 6 ans environ, visiblement sur le chemin de l’école (donc pas en train d’écouter les « odieuses chroniques » de Didier Porte sur France Inter, donc pas besoin d’expliquer les mots bien graveleux distillé par icelui notamment dans celle du 20 mai dernier, ce qui lui a valu une entrevue musclée avec le patron de la chaîne Philippe Val, qui, c’est vrai, après 17 ans à la tête de Charlie Hebdo et de nombreuses années à sortir des grossièretés avec son compère Val, est un exemple en matière de langage châtié au point de désormais trembler à l’idée que les gosses écoutent des gros mots à huit heures moins cinq avant de franchir le portail de l’école, elle aussi modèle du genre question vocabulaire scabreux…). Ce père dont ce sera la fête bientôt a du répondre à une vraie question de gamin qui aime bien emmerder son papa avec des questions à la con du genre celle-ci : « dis, papa, c’est grand comment un espadon ? ».
Et ouais mon pote, c’est pas le mot « enc…lé » (dans la chronique de Porte il disait même, en se mettant dans la peau de Villepin : « j’enc…le Sarkozy ») que ton rejeton te demande d’expliquer, mais espadon. Là t’es collé hein ?! La taille d’un espadon, c’est quand même un peu plus compliqué que les propos sodomites qu’on entend régulièrement ça et là, des basses cours d’écoles aux dorures des palais de la République, en passant, ça va sans dire, par la voiture de papa quand il est coincé dans un embouteillage…

Bonne fête mon vieux.

 

 

Pour comprenre ce qui arrive à Porte, et avant qu'il ne la franchisse, allez lire par là : http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/45923/date/2010-06-08/article/didier-porte-je-suis-tres-attache-a-france-inter/

Pour comprendre que Philippe Val ne peut nous faire croire à la théorie du "faut pas dire des mots dégueulasses à 7h55 car les gosses écoutent la chronique du guignol et posent des questions embarassantes à leur parents", faut écouter ça : http://dai.ly/aPsau7 . C'était au temps que les moins de 20 ans peuvent connaître, notamment le 3 juillet 2008, soit un an pile poil avant que Val ne devienne patron de France Inter, en s'achetant une bonne conduite de premier communiant au passage. Sacré lascar va ! Comme il le dit lui même : "je te prends pour un con, et ça marche" !

D'ailleurs François Morel, qui lui a succédé, ne s'y est pas trompé : http://dai.ly/aB9TuP 


(à part ça, c'est la vie d'château ! )

 

 

 

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           là, on ne voit peut-être pas bien, mais c'est plein de grenouilles en rut...

 

 

Par Fred Sabourin - Publié dans : édito
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Vendredi 12 mars 2010 5 12 /03 /2010 16:17




Les récentes nominations au Conseil Constitutionnel de Michel Charasse, Jacques Barrot et Hubert Haenel finissent par semer le trouble à droite. « A force d’ouverture, on va finir par attraper des courants d’air », aurait même dit un proche de Nicolas Sarkozy. La récente bourde de Gérard Longuet à propos du futur président de la Halde (supposé et éventuel Malek Boutih), en dit plus long qu’une simple expression maladroite. Si des personnalités politiques UMP font entendre une voix dissonante, ce n’est pas seulement parce que la politique de nominations par le Président de la République donne des signes de faiblesses à force de se croire au dessus des clivages en en suscitant d’autres par les nominations elles-mêmes, mais peut-être tout simplement parce que l’idée d’une République apaisée, ouverte, et fédératrice est un leurre. Selon Gérard Longuet lui-même, cette image de République apaisée « ne nous rapporte pas une voix et démobilise nos électeurs ». Si l’effet recherché est de ratisser large, la vampirisation du camp adverse ne donne pas les résultats escomptés. Au contraire : si tout est dans tout et réciproquement, pourquoi donc encore appartenir à une famille politique, et voter pour elle. A force d’être décomplexée, la droite n’a plus de complexes à soutenir un à quoibonnisme à la veille d’un scrutin. Et à ce petit jeu Nicolas Sarkozy doit entendre la plainte et les menaces des députés UMP fatigués de s’en prendre plein la figure le samedi sur les marchés.

Revenons un peu en arrière : depuis combien de temps la République n’a-t-elle pas été apaisée ? A quand remonte la dernière fédération d’un peuple entier pour une cause commune ? Un évènement – certes symbolique mais qui mérite d’être observé – a fédéré et apaisé la République en quelque sorte, en juillet 1998. Sur les Champs Elysées, une France black-blanc-beur fêtait la victoire mondiale d’une équipe de foot elle-même black-blanc-beur. Des observateurs avisés avaient parlé à l’époque de fédération artificielle, les lendemains qui déchantent finissant toujours par arriver, le lendemain justement ! En dehors de cet élan d’apaisement, d’ouverture et de fédération, qui peut citer un moment où la République s’ouvre vraiment ?
Par définition, et pour reprendre un mot à la mode mis en exergue par un éditorialiste de France Inter (ici) , il se pourrait bien que la République « clive » justement, et n’ouvre que très peu. En tout cas on ne la force pas à s’ouvrir, fut-ce-t-on un président volontariste pour qui dire, c’est faire.

"Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes"
, indiquait Gérard Longuet mercredi à propos de la possible nomination de Malek Boutih à la Halde. Et le « corps français traditionnel », qui vote à droite, se sent pour l’heure bousculé par la politique d’ouverture des fenêtres en ce qui concerne les nominations à des postes stratégiques.
Au risque de prendre la porte, sans passer par les urnes.



Par Fred Sabourin - Publié dans : édito
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Mercredi 3 mars 2010 3 03 /03 /2010 16:15






Monsieur le Président de la République ne mâchait pas ses mots, lundi matin à La Rochelle, pour qualifier la tempête Xynthia (qui a un drôle de nom, on dirait une Citroën) : « inacceptable et incompréhensible ».
Incompréhensible, pas tant que ça : depuis deux jours météo France mettait en alerte toutes les régions concernées sur l’air du « on vous aura prévenu, barrez-vous ! ». Depuis, spécialistes en climatologie et phénomènes maritimes se succèdent pour expliquer « l’incompréhensible ». Vents forts + fortes marées = digues arrachées et terres inondées.
Inacceptable, là, faudrait pas pousser : ce qui est inacceptable, Monsieur le Président, ce n’est pas la tempête elle-même, contre laquelle nous ne pouvons rien. « Dans son grand duel, la mer est la plus forte » écrivait Vigny dans « La Bouteille à la Mer ». Ce qui est « inacceptable », ce sont les terrains pourris vendus une croûte de pain à des pauvres gens qui se retrouvent aujourd’hui le bec dans l’eau, voire plus si affinité ! Inacceptable, de mourir noyé dans son lit en pleine nuit parce qu’un sagouin et arnaqueur de promoteur immobilier a construit – sous les yeux émus des élus locaux qui donnait leur bénédiction – des cages à lapin « pieds dans l’eau ». C’est si beau un coucher de soleil en bord de mer, pour la retraite, pour élever ses enfants, venir en vacances etc. Le soleil se couche désormais sur les linceuls mortuaires de ceux qui ont cru faire une bonne affaire.

Incompréhensible ? Pour finir sur une touche plus légère puisque dans le registre de la bêtise humaine, combien de temps les journalistes parisiens, essentiellement radio, continueront de parler « des Charentes » (qui n’existent pas, à la différence « des Ardennes » ou « des Alpes », pour qualifier sans doute la Charente-Maritime (département côtier touché par la tempête Citroën). Pire encore – car émanant d’une jeune femme parlant ce midi sur France Cul(ture) « des Charentes-Maritimes », ineptie impardonnable quand on sait le niveau de bagages qu’il faut pour entrer dans ces médias ! Sans mentir, sans une prestigieuse école de journalisme parisienne (CFJ), lilloise ou montpelliéraine (ESJ), un prestigieux Institut bordelais, une école privée pour fils à papa friqués (Lyon) ou même Normal Sup’, impossible d’entrer dans ces rédactions qui exigent, en plus de ces précieux sésames, un niveau de culture générale hors pair. Soit la géographie ne fait plus partie de la culture gé, soit les parisianno-journalistes (néanmoins confrères) ont sauté le CM2…

Hommage aux habitants de LA Vendée et de LA Charente Maritime par un autochtone de LA Charente.










Par Fred Sabourin - Publié dans : édito
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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 12:00


Recalé par le site www.sacristains.fr , le site « qui sonne les cloches » (mais pas trop fort donc…), vous aurez cet article sur ce blog.
Dommage que le comité de rédaction du blog sus cité ne soit pas à la hauteur du carillon fait autour du concept.
Comme dit le dicton : « beaucoup de bruit pour …  » (much ado about nothing).




Pourquoi aucun évêque français ne s’est rendu aux obsèques de l’archevêque d’Haïti ?

Le 23 janvier dernier, Mgr Serge Miot, archevêque de Port-au-Prince était inhumé à Haïti en présence du nonce apostolique, de l’archevêque de New-York Mgr Timothy Dolan, et l’archevêque métropolitain de Cap Haïtien. Mais aucun évêque français. L’Eglise de France et de nombreux mouvements et associations appellent aujourd’hui à la solidarité avec le peuple haïtien, rappelant les liens étroits qui unissent les deux Eglises.
Pourquoi la Conférence des Evêques de France n’a dépêché aucun de ses membres pour assister à ces obsèques ?
L’archevêque aurait-il pris une deuxième fois le ciel sur la tête ?

Mgr Marc Steinger, évêque de Troyes, président du mouvement Pax Christi France et évêque accompagnateur du CEFAL (le pôle Amérique Latine de la Conférence des Evêques de France) se rendra en Haïti du 12 au 19 février prochain. Si son entourage indique que cet évènement est majeur dans le soutien moral et physique aux Haïtiens, on aurait pu imaginer plus prompte réponse à la catastrophe qui a frappé l’île le… 12 janvier dernier. Un mois, déjà.

« Mgr Serge Miot est mort, on a retrouvé son corps dans les ruines de l’archevêché »
indiquait dans un court message le Père André le Barzic, prêtre français membre des Pères de St-Jacques. Une grande partie de la famille de Mgr Miot vit en France. Parmi les nombreux bâtiments d’Eglise touchés par le séisme, le séminaire de Turgeau s’est écroulé, la cathédrale est fortement endommagée.
Le directeur de Radio Soleil, radio chrétienne de Port-au-Prince et détruite elle aussi, interrogé sur RCF, regrette poliment l’absence de représentant de l’Eglise de France aux obsèques : « c’est vrai que la présence d’Eglises sœurs aux obsèques de Mgr Miot nous aurait sûrement encouragés. Mais peut-être qu’il y avait des problèmes de transport. Toujours est-il que nous comptons sur la solidarité et la prière de nos Eglises sœurs. Caritas a peu de moyen sur place. Nous comptons sur l’appui et le soutien de l’Eglise de France ». On ne saurait être plus diplomate sur la question.

Difficile de mener l’enquête, la question étant visiblement incongrue pour les principaux interlocuteurs que nous avons contacté, tant au secrétariat de la CEF qu’à l’archevêché de Paris, puisque nous pouvions imaginer un déplacement de Mgr André Vingt-Trois lui-même (pdt de la CEF). Le seul réponse véritablement officielle est celle des difficultés de transport aérien entre la France et Haïti. Pour quiconque a visionné le journal télévisé sur n’importe quelle chaîne, il aura pu constater que les journalistes français ont réussi à atterrir, eux, et ils n’ont sans doute pas été parachutés d'un Transall.
On songe aussi à un vol Paris – Haïti via New-York, puisque son archevêque Mgr Timothy Dolan a visiblement trouvé un vol et un endroit pour atterrir.

Pour le Père Philippe Klokner, du CEFAL, « c’est étonnant en effet d’autant plus qu’on connaît les liens qui unissent la France et Haïti d’une part, et des deux Eglises d’autre part », rappelant lui aussi la visite prochaine de Mgr Marc Stenger. « Peut-être a-t-il été prévenu trop tard ? » indique-t-il du bout des lèvres.

Il semble évident qu’on ne saura jamais vraiment pourquoi sur ce coup-là les évêques français ont brillé… par leur absence. Il est heureux de constater que cet acte manqué n’empêche pas le déploiement d’un zèle particulier affiché par les mouvements et associations d’Eglises dans le but de lever des fonds d’aide aux sinistrés d’Haïti, et d’organiser des liturgies thématiques. Ceci dit, lorsqu'une personne est en deuil, un soutien moral par la présence affectueuse est souvent apprécié. Chacun en aura fait, un jour, l'heureuse expérience...


Par Fred Sabourin - Publié dans : édito
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