coup de gueule

Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 17:51

 

 

 

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Avec les fachos, comme si vous y étiez.

 

Le hasard et la coïncidence ont fait que ce samedi-là, j’étais à Lyon. A la une du journal Le Progrès deux manifestations à haut risque sont annoncées : les jeunesses nationalistes d’une part et les anti-extrême droite d’autre part. Le journal précise, plan de la ville à l’appui, qu’ils auront deux parcours et des horaires très différents, pour éviter qu’ils ne se croisent, et que 350 policiers seront à pied d’œuvre pour éviter tout débordement. Je me tâte. Le mieux serait d’éviter la presqu’île, vu le bordel que ça va être (en plus ce sont les soldes). Mais une irrépressible curiosité me pousse à aller voir du côté des fachos, alerté au printemps par un article du site d’infos Rue 89 sur le renouveau des identitaires et nationalistes de tout poil, principalement actifs dans le quartier Saint-Jean du Vieux Lyon. Ayant habité récemment la cité des gones, je me demande à quoi cela ressemble. Je ne serai pas déçu, s’il m’est permis de m’exprimer ainsi.

 

 

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A 15 heures, je suis place Carnot, près de la gare de Perrache, où est fixé le début de la manif. Il fait froid. Là se rassemblent les sympathisants de la cause nationaliste, sous la bannière « Jeunesses nationalistes. Une mission : combattre. Un devoir : vaincre. L’action sans concession.» Tout un programme… De (très) jeunes hommes – mais aussi quelques rares filles – habillés de noir (blousons de cuir, pantalons à poches, lunettes noires, gants de cuir, chaussures à l’image du reste), crânes rasés pour la plupart, casquettes sombres pour d’autres (pour ne pas être reconnus), certains arborant un tee-shirt, noir lui aussi, frappé d’un aigle les ailes déployées. L’ambiance est silencieuse, presque recueillie. Un service d’ordre, reconnaissable aux casquettes bleues marine et aux brassards oranges, veille. La police est là, les renseignements généraux aussi, les talkies-walkies crachotent des informations concernant l’autre manif, partie de la Guillotière une heure plus tôt et dans le sens inverse. Près d’un banc, une sorte de stand où l’on peut acheter le fameux tee-shirt noir, que les jeunes enfilent par-dessus leurs cuirs sombres, et des croix, blanches. « Pourquoi ces croix ? » demandais-je à l’un de ces nationalistes en tenue de deuil. « Il y en a 78, une pour chaque soldat tué en Afghanistan depuis le début du conflit, cette manifestation est pour leur rendre hommage et demander le retrait des troupes de là bas, où ils n’ont rien à faire. » L’instrumentalisation a déjà commencée. Le discours est bien rôdé, ça sort tout seul. J’essaie d’en interroger un autre qui me renvoie dans mes 22 : « Vous allez déformer mes propos, alors non. » Okay.

 

 

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15h30 précises, le cortège s’élance, drapeaux français et du groupe Occident flottant au vent, banderole en tête de manif : « Afghanistan, honneur à ceux qui sont tombés, honte à ceux qui les ont fait tuer. » Et déjà, les premiers slogans fusent, repris en chœur par les jeunes. Florilège.

 

« Aujourd’hui l’anarchie, demain l’ordre nouveau »
« Afghanistan, plus de sang »
« Europe, jeunesse, révo-lu-tion »
« Bleu, blanc, rouge : la France aux Français »
« Ni droite, ni gauche : nationalistes »
« Nos soldats en France, pas pour la finance »
Et à l’arrivée quartier Saint-Jean, devant la primatiale : « On est chez nous, on est chez nous ! »

 

 

Si vous avez lu jusqu’ici restez encore un peu…

 

 

 

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Le trajet est court, longe à contre courant la Saône par les quais, passant sous l’église Saint-Georges, puis tourne vers le Vieux Lyon pour stopper devant la primatiale Saint-Jean. Sur le trajet, sous haute escorte policière et Cé air esse, les badeaux regardent médusés cet étrange cortège, le visage interrogatif, souvent interdit, stupéfait, et souvent dégoûté. Seul point positif, si je puis dire : le faible nombre de ces combattants de l’ordre noir : environ 250. A leur tête, un conseiller régional exclu du F haine (pour avoir été reconnu sur une photo faisant le salut nazi), d’anciens membres du même parti exclus eux aussi, quelques vieux dignitaires locaux plus dignes du tout.
Arrivés sur le parvis de la primatiale, un riverain a le courage d’ouvrir sa fenêtre et leur crie : « Bleu, blanc rouge, c’est pour ça que vous êtes tous noirs ? Comme la mort ! » Il se fait copieusement huer. Un chien de combat aboie, on n’a pas envie d’aller lui caresser le crâne… 
 

 

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Puis viennent quelques discours, dont celui d'un conseiller municipal de Vénissieux (exclu lui aussi du F haine pour s’être déclaré « antisioniste, antisémite, antijuif ») dont je n’ai pas besoin de décrire le contenu : « Israël, cette verrue qui doit disparaître. » Puis le conseiller régional Rhône-Alpes termine en citant « Le plus grand militaire français, le Maréchal Pétain : Courage, on les aura ! » Les jeunes nationalistes entonnent le chant des Lansquenets (en chantant faux). La dispersion « dans le calme » est demandée.

 

Un membre du service d’ordre à casquette, qui cache son visage derrière la visière, s’approche et me demande pourquoi j’ai pris des photos, si je suis journaliste, pour quel média je travaille et si j’ai une carte de presse. Il tient à la main un parapluie noir dont il manque la poignée, mais pas le bout pointu. Je lui réponds que je suis là depuis le début, que oui, je suis journaliste et que non, je ne lui montrerai pas ma carte, que j’ai pourtant dans ma poche gauche sous ma main. Je lui dis aussi que depuis la place Carnot, lui et ses acolytes ont été photographiés des milliers de fois et pas seulement par des journalistes, les passants ayant brandi leurs téléphones portables pour immortaliser cet après-midi champêtre et pacifique. Il tourne les talons, visiblement peu satisfait de ma réponse, et j’en ai sincèrement rien à foutre. Ni de lui ni des autres d’ailleurs. J’ai la tête qui tourne, et en rentrant je n’espère qu’une chose : que ce soit le froid qui m’ai rendu malade plutôt que cette démonstration minable d’un ordre noir qui n’est pas, hélas, dans les oubliettes de l’histoire…

 

 

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 (c) F.S. Lyon. Janvier 2012

Photos réalisées sans trucages...

 

 

Par Fred Sabourin - Publié dans : coup de gueule
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Vendredi 23 décembre 2011 5 23 /12 /Déc /2011 18:00

 

 

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"Noël, Nouvel an, No futur"

 

(inspirée par un autre blogueur persifleur, merci à lui).

Pour le reste, vivement l'année prochaine, qu'on passe à autre chose. Si c'est encore possible...  

 

 

 

 

Par Fred Sabourin - Publié dans : coup de gueule
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Mardi 17 mai 2011 2 17 /05 /Mai /2011 17:36

 

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                                                    - Voleur ! -

 

 

Ce qui changerait peut-être un peu la face du monde, c’est que la direction de la communication de SNCF ne se foute pas trop de la gueule du client (ex-usager, ex-ex-voyageur). En effet, voyager sans billet n’est pas si grave que ça, surtout à l’aune de la faiblesse du service rendu. Ca serait même une manière de se faire justice et "veuillez m'excuser pour la gêne occasionnée". Ce qui est plus grave, ce sont les retards répétés, voire les annulations de train à la dernière minute etc. Quiconque a déjà emprunté (ou plutôt payé) la ligne Rouen – Paris le sait bien. Ce qui est grave, si l’on peut dire, c’est de culpabiliser les clients (ex-usagers, ex-ex-voyageurs) avec des petits autocollants à la con découverts par surprise. Franchement, une prise électrique à 20 millions d’euros, c’est un peu cher, non, pour des trains roulant… à l’électricité ?
Je ne sais pas si on a tous à y perdre, mais pour ce qui est de l’action de la SNCF, ce jour-là, pas l’ombre d’un contrôle ni à l’aller ni au retour entre Blois et Paris. Ça n’encourage pas l’honnêteté.

En vrac :

Trente heures de garde à vue pour DSK, qui sort menotté entre deux molosses, les yeux visiblement fatigués mais la chemise propre. Heureusement qu’il avait pris une douche avant de quitter précipitamment sa suite à 3000 $ ! Tous les gardés à vue n’ont pas cette chance. Avec un déo-bille 48h d’efficacité, il devait être encore frais, notre ex-futur candidat à la candidature.

Carla est enceinte, c’est officieusement officiel. Quand l’un perd sa moral à gauche, un autre essaie de se la racheter. Qui sera dupe ? Pas grand monde, surtout pas les reconduits à la frontière (ou menacés de l’être), ni les chômeurs, de petite, moyenne ou longue durée, ni tout le reste du bordel installé depuis 2007 et même avant. D’ailleurs personne ne pose la seule vraie question à se poser dans cette love story à la française : est-il sûr d’être le père ? Si sa courbe érectile suit de près celle de sa popularité dans les sondages, c’est très peu probable.
Et dire qu’on ne va entendre parler que de ça pendant 6 mois !

Je propose deux prénoms : si c’est un garçon, Dominique. Si c’est une fille : Marine.

 

DSK : conseillé et quasiment imposé au Aiffe aime i par le petit Nicolas. Encore une belle preuve de "discernement"...

 

On cherche toujours le père de Zora Dati. Peut-être pourrait-on regarder l'agenda de Dominique et Rachida ?  

 

 

 

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                                                        - Sur la ligne -


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                                                          - Barcelone à Paris -


Par Fred Sabourin - Publié dans : coup de gueule
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Mercredi 5 janvier 2011 3 05 /01 /Jan /2011 09:11

 

 

 

Reconnaissons tout d’abord un mérite au livre de Stéphane Hessel qui se vend comme des petits pains (500.000 exemplaires à ce jour) : il est très court, ce qui a permis, pour une fois, à tout les verbeux politiciens de le lire jusqu’au bout sans demander une fiche de lecture à leurs cabinets. Ils l’ont lu, le petit Hessel. Indignez-vous ! Dans ces quelques pages (32 pour être précis), l’homme qui participa à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948, et s’appuyant sur le programme du CNR (Conseil national de la Résistance), appelle à une insurrection pacifique. Comme un écho à l’envers d’un autre petit livre paru en 2008 et qui déclencha les foudres que l’on sait, L’Insurrection qui vient, par le fameux Comité invisible.

 


« Dans ce monde, il y a des choses insupportables », dit l’homme qui cultive le rare privilège de conjuguer réalisme et pragmatisme, ce qui rassure les peureux et flatte les résistants de toujours. Plus le râteau est large, plus le consensus est mou. Et d’énumérer ce qui, de fait, suscite l’indignation et ce qui est « insupportable » : les expulsions de sans papiers, les médias entre les mains des puissants très riches, les banquiers qui s’en mettent plein les poches, l’immense écart entre les plus riches et les plus pauvres, les atteintes aux droits de l’homme et le mauvais traitement infligé à la planète…
C’est vrai, tout ceci suscite l’indignation. Mais s’il est une chose dont on ne doute pas un instant en République française, démocratie sociale et économique « irréprochable », celle aux trois mamelles accrochées à tous les frontons municipaux, c’est de ne pas manquer de pouvoir d’indignation, justement. Dans le pays, ceux qui ont le pouvoir – et hélas trop souvent la parole – sont ceux qui s’indignent le plus. De ce point de vue-là, les politiciens d’opposition et les extrêmes de tout poil ne manquent pas de verbe pour s’indigner : le parti de la Rose – pour ne citer que lui - a les moyens de piquer, mais ne dépasse guère le stade du discours et encore quand celui-ci n’est pas une cacophonie d’égos surdimensionnés… Tout le monde s’indigne, on crie, on gueule, on râle, on descend dans la rue comme ce fut le cas en automne pour crier cette colère contre à peu près tout, et notamment ce que Stéphane Hessel décrit dans son petit manifeste.
Et puis après ? Rien, ou presque. Ou si peu. 

 
A quand l’action qui accompagnera cette belle indignation ? On voit bien ça et là fleurir des propositions fantasques et touchantes (« les banquiers sont voleurs ? Retirons notre argent des banques » : idée lancée par un ex footballeur riche pour au moins mille vies). Mais de sérieux, rien.
Le problème n’est donc pas le manque d’indignation, mais la résignation, l’humiliation subie jour après jour par des millions de personnes « sans » (papiers, argent, logement, nourriture, travail et même considération). Désarroi, résignation, humiliation : cocktail détonnant dont on sait – à condition de ne pas oublier les leçons de l’histoire – où il conduit.
Sûrement pas dans les librairies pour y lire des livres…



Par Fred Sabourin - Publié dans : coup de gueule
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Dimanche 26 décembre 2010 7 26 /12 /Déc /2010 19:11

 

 

 

Je ne sais pas vous, mais moi, les fêtes, ça m’emmerde. Difficile d’échapper à la débauche de marchandises qui s’étalent partout, et la pression commercialo-marketing qui l’accompagne. Pas nécessaire d’entrer dans les magasins, ça vient jusque dans la rue.
Et puis il y a cette obligation de se réjouir, de faire des vœux, des bonnes résolutions etc. A part le champagne, qu’il est toujours agréable de boire, je ne vois pas l’intérêt de faire semblant. Alors cette année, j’ai décidé de ne pas faire semblant. Ma tronche de Jean-Pierre Bacri (comme disent ceux qui me connaissent) suffira à faire comprendre que Noël et le 1er janvier ne sont pas forcément synonymes de journées du sourire.
Je ne sais plus quel imbécile heureux a dit que pour sourire il fallait cinq muscles et pour faire la gueule une cinquantaine (de mémoire, pas sûr mais en tout cas c’est beaucoup plus). C’est une connerie monumentale. Ne pas sourire, c’est reposer ses zygomatiques et ses joues, alors qu’il faut forcer sur les muscles pour avoir l’air content et montrer sa dentition (pas toujours en bon état chez les joyeux maladifs).
Donc, faites comme vous voulez, mais moi, cette année, je laisserai le foie des canards au repos. Le mien aussi tant qu’à faire.
Vu l’état de pauvreté et de précarité, fragilité et isolement de cette France où ensemble tout devait devenir possible, pas de quoi se réjouir, encore moins faire semblant.
Merde aux fêtes.



Par Fred Sabourin - Publié dans : coup de gueule
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