- Ma biscotte ! -
On ne sait pas où on va, mais au moins on a fini 2011 avec le sourire...
Le jour, d'après...
Fred Sabourin

Carnets, photos, récits, poèmes, voyages
critiques cinéma, coups de torchons,
éditos, culture, soliloques en tous genres...
"Fais de l'obstacle la matière
même de ton action"
(Marc Aurèle)
- Ma biscotte ! -
On ne sait pas où on va, mais au moins on a fini 2011 avec le sourire...
Le Vatican et le monde chrétien est actuellement secoué, ébranlé par un tremblement de terre qu’il n’avait pas connu depuis longue date. Le terme « crise » à lui seul ne suffit
plus : une crise concerne un point précis qui pourrait voir sa solution avec des moyens précis. Ce qui se passe actuellement dépasse le cadre d’une crise : il y a un malaise. Au
Vatican. Dans l’Eglise.
La levée de l’excommunication des quatre évêques lefebvristes, les propos négationnistes de Mgr Williamson, le refus de ce dernier de revenir clairement sur cette prise de position, l’entêtement
des partisans de « l’Eglise de toujours » à reconnaître le concile Vatican II, l’acharnement des communautés à entrer en croisade contre la modernité, tout cela concourre aux troubles
actuels. Les énormes défauts de communication, la sous-estimation par Benoît XVI de la portée du problème ajoutent encore au malaise. Récemment, l’excommunication d’une brésilienne mère d’une
fillette de neuf ans qui a avorté de deux jumeaux après les viols répétés de son beau-père donnent une touche supplémentaire à un tableau qui ressemble plus à Guernica, qu’à une belle
page d’évangile.
Les réactions, depuis le 21 janvier, sont nombreuses. Pétitions, indignations, commentaires sur les blogs et sites internet, prises de position des évêques européens qui – petit miracle – sortent
pour une fois de leur très sainte réserve ; mais aussi propos véhéments voire haineux des uns vis à vis des autres ne font qu’envenimer, au final, la situation.
Le malaise est grand, et le bateau Eglise voit passer, dans la tempête, un certain nombre de ses matelots par dessus bord. De l’accastillage aussi. Des bouts, des voiles, des écoutes, des
morceaux de safran, la quille elle même semble avoir percuté un « ofni », objet flottant non identifié. Pour le moment, la barre est encore là, mais la question reste entière : y
a-t-il un capitaine à bord ? M’entendez-vous quelqu’un ?
Les vaticanistes, espèce rare mais néanmoins répandue dans la cité romaine, commentent allègrement les déboires de la Curie vaticane. Les défauts de communications, les errements de la salle de
presse (souvent plusieurs cartouches de retards), et l’isolement du Saint Père, reclus tel un moine dans ses appartements, consultant peu, lisant beaucoup, pianotant Mozart sur son piano. Sait-il
qu’il risque de canarder si pas malheur le clapet se rabattait violemment sur les touches ?
Pendant ce temps, « sur le terrain », les petites mains du christianisme s’activent toujours – bénévolement le plus souvent - pour
accueillir, fleurir, jouer de la musique comme si de rien était, administrer des sacrements souvent façon « service public », panser les plaies à vif des divorcés remariés rejetés, voir
ses effectifs de ministres fondre comme neige au soleil d’Austerlitz, et la liste est longue de la litanie du « c’est la fin d’un monde, mais pas du monde ».
Y a un malaise au Vatican. Ce n’est pas le premier, diront les sages. Peut-être le dernier, avertiront les Cassandre. Entre les deux, une foule de gens, pas forcément du sérail d’ailleurs, qui
regardent l’horizon de plus en plus bouché. Il se teinte par endroit de robes noires surmontées de cols blancs, dont les idéaux sont souvent portés vers le brun de chemises qu’on croyait remisées
au musée des horreurs de la pensée et de l’action.
Ils en oublieraient presque, les braves, la parole apocalyptique : « Alors celui qui siégeait sur le Trône déclara : voici que je fais toutes choses nouvelles ».
(Ce texte a été écrit le 13 mars dernier. Depuis, Benoît Seize est au Cameroun, et déclenche une nouvelle fois la polémique dans l’avion même qui le conduisait sur le continent africain.
Il doit ensuite se rendre en Angola, puis, en mai, en Israël et en Palestine.
Ce qui laisse craindre le pire question déclarations et petites phrases qui font mouche. On se demande d'ailleurs laquelle a bien pu le piquer dernièrement... )
les béatitudes, selon St Nicolas
Quand St Nicolas vit la foule, il prit une barque et s’éloigna de la rive. Le peuple était resté sur le bord du lac, ainsi que ses disciples. Alors, ouvrant la bouche, il se mit à les instruire. Il disait :
« Heureux les riches ! Le royaume de France est à eux.
Heureux les assoiffés de pouvoir et les exilés fiscaux : ils seront désaltérés au Fouquet’s.
Heureux les ambitieux tyranniques impulsifs colériques nerveux : par leur dynamisme, ils obtiendront la terre promise.
Heureux ceux qui pleurent : ils prouvent qu’ils possèdent encore deux yeux pour le faire.
Heureux ceux qui ont faim et soif de l’injustice : ils vont pouvoir passer à table.
Heureux ceux qui, sans peur des contradictions, demandent miséricorde : l’amnésie est un remède à la repentance.
Heureux les cœurs durs : ils verront leur Dieu.
Heureux les ministres et collaborateurs de cabinets qui ne pensent pas comme le chef : ils seront appelés fils de... (fils de quoi déjà ?)
Heureux les petits et moyens artisans de paix : ils vont pouvoir travailler plus, et gagner plus (c’est bon pour la boutique).
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : ils déménageront de la rue du Faubourg St Honoré à la rue de la Santé.
Heureux serez-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car cela prouve que vous travaillez pour moi ! ».