Mercredi 5 novembre 2008




Le 44è Président des Etats-Unis d’Amérique est donc Barack Hussein Obama, né de père kényan et de mère américaine. La Maison Blanche se colore. L’espoir est immense. Les défis encore plus importants. « Oui, nous pouvons » va vite se transformer en « oui, nous devons ».

Ce matin, à 5h15, dans le métro D qui file sous les rues de la capitale des Gaules, la rame est très colorée. Comme tous les matins, noirs, arabes, antillais, portugais, arméniens, affalés sur les sièges kakis du métro orange crasseux. Vestes fluos ou bleues des uniformes d’entreprises de nettoyage. Pas de cols blancs, ou seulement à « Saxe Gambetta », mais c’est normal :  il y a une correspondance pour « Part Dieu », TGV pour Paris, cadres à roulettes et valises bourrées d’ordinateurs, direction  réunions reporting et managériales. Mais dans un coin, un Africain, grosse doudoune sur le dos, bonnet vissé sur le crâne. Petites lunettes de vue. Dans ses mains : une bible de poche, dans un marocain de cuir noir à fermeture éclair. Il est concentré, je l’observe le plus discrètement possible. Ses lèvres bougent légèrement, il « mâche » la parole de Dieu, silencieusement. Il pose la bible sur ses genoux. C’est le « Livre des Chroniques ».

Bellecourt, tout le monde se lève, correspondances. Savent-ils qu’Obama vient d’être élu Président des Etats-Unis ? La nouvelle est officielle depuis 5h du matin heure française, information CNN. Un noir (métisse) à la Maison Blanche. Les travailleurs du petit matin sont toujours les mêmes. Mais leur espoir vient des profondeurs de la terre.

Yes, wa can. Yes we need.
Just do it !

par Fred Sabourin publié dans : actu
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Mercredi 12 mars 2008
                                                     Lazare est mort !

     Il était venu à pied du nord de l’Italie à l’âge de neuf ans et demi, pour gagner la France qu’il considérait comme « un paradis ». A dix-sept, à l’automne 1914, il triche sur son âge pour pouvoir s’engager au 4è Régiment de Marche de la Légion Etrangère. Ca use les souliers. Il voulait défendre la France, « parce qu’elle m’avait donné à manger ». Il fut envoyé sur le front de l’Argonne, à bouffer des pommes de terre et des fayots pourris, sous la mitraille. « Vous tirez sur des pères de famille, c’est complètement idiot la guerre », dira-t-il plus tard. Encore un homme personnifiant le bon sens qui vient de s’éteindre.
Lazare Ponticelli, ancien poilu de 110 ans, est mort aujourd’hui, et la République toute entière se penche sur le lit du défunt, religieusement. Il y a des funérailles nationales en perspectives, et il y aura du beau monde au premier rang dans l’église St Louis des Invalides.
Du beau linge, qui est dans de salles draps. Cette même République des Préfets, nommés par qui on sait, pour faire appliquer les lois de la République, comme celle-ci par exemple : au Cheylard, un bled paumé de l’Ardèche, une jeune Sénégalaise de trente ans vient d’échapper de peu au charter pour Dakar. Le médecin du centre de rétention de Lyon a jugé son état « préoccupant », et en tout cas incompatible avec un vol normal. Elle est invalide à 80% suite à une chute d’échelle mal soignée il y a six ans, chez sa belle-mère qui la traitait comme une servante. Marietou (c’est son prénom) est… petite fille de Tirailleur sénégalais tombé pour la France.
Rompez les rangs !
Comme un certain Galiléen il y deux milles ans en Palestine, on a parfois envie de crier : « Lazare ! Viens dehors ! »
 
par Fred Sabourin publié dans : actu
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Vendredi 7 mars 2008

                                                                              Brèves de comptoir


          Ah ! La politique locale à la veille des élections municipales et cantonales ! Comme un marron glacé, on s’en pourlèche les babines de plaisir… 

Michel Barnier, après avoir nettoyé ses souliers crottés au salon de l’Agriculture, est venu les traîner dans la boue ardéchoise, mais il a de la chance : il a tant venté ici depuis trois jours que tout est sec comme la langue d’un pendu. Et puis le jeune candidat Uèmepé à la mairie de Privas lui a réservé la visite du fleuron de la châtaigne en Ardèche et même dans le monde : l’usine Clément Faugier, propre comme un sou neuf. 

La presse était prévenue : il ne fallait prévenir personne, de peur que des manifestants anti-OGM viennent troubler l’ordre public d’une visite amicale au benjamin des candidats en Ardèche (29 ans), qui tient à prouver ainsi que malgré son jeune âge, « il a le bras long, et des relations ». Qu’il en profite, le sus dit Barnier est donné partant en cas de remaniement ministériel, qui aura très sûrement lieu malgré les « promesses » du Très Haut de la République (qui n’en sera pas à un revirement de veste près). 

On ne prévient personne donc, inutile, le canard local « Dauphiné Libéré » s’en était chargé deux jours auparavant. Arrivé à l’usine Faugier à l’heure dite pour le point presse avec le ministre, sortant de ma voiture, une C3 blanche avec trois hommes à bord m’intercepte rapidement. Où allez-vous comme ça ? – Stupéfaction et surprise. Je reprends mes esprits, flairant un mauvais coup : 
Mais vous êtes qui, d’abord ?  - La Police, Monsieur. – La Police ?? Et bien, je vais faire mon métier de journaliste, je vais à la conférence de presse du ministre qui visite actuellement l’usine. Et j’ajoute, non sans malice : - je ne suis pas un militant anti-OGM si c’est ce que vous craignez…
Il est vrai que coiffé de mon bonnet marine, en caban révolutionnaire, écharpe rouge, on aurait pu le croire.
Les flics, amis du jeune candidat à la mairie de Privas donc, ont ajouté de me mêler de ce qui me regarde, ce que je me suis empressé de faire, puisque j’étais là pour ça, et non pour taper la causette avec les cow-boys fringants. 

On a en plus mangé des fondants au marron (un petit plaisir gustatif à tuer sa mère), et des toasts à la tapenade (à tuer son père). J’ai une fois de plus sacrifié ma famille sur l’autel des produits culinaires qui rendent ces happening sympathiques, au fond. 

Vive la République ! Vive la France ! 

Restez en ligne : le printemps des poètes débute ce ouikende. On ne va pas s’en priver non plus…

par Fred Sabourin publié dans : actu
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Samedi 16 février 2008

On a brûlé le dieu carnaval en place publique de Privas... Une chose est certaine : ces enfants-là, qui ignorent tout du parrainage par devoir de mémoire qui se trame pour eux au plus haut sommet de l'Etat, ont encore beaucoup de vitalité et d'imagination. Laissons-les à leur amusement donc, et fichons-leur la paix avec des parrainages mortifères. 
Le dieu carnaval est mort, vive les vivants ! 

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par Fred Sabourin publié dans : actu
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Mardi 29 janvier 2008

                       

                                                              

                                                                ... pour faire sauter les plombs

        Julien K. Trente et un ans. Profession : fusible.
Il paraît que ça bourdonne au bas de l’immeuble de la Société Générale à la Défense. Il y a fort à penser que ces bourdonnements vont se transformer en acouphènes pour son Pdg Daniel Bouton (de manchette ?) et pour celui qu’on appelle désormais « le trader fou », Julien K. Les oreilles sifflent, et la vindicte populo - dirigeante a déjà condamné l’homme qui tombe bien. Le fusible. Le pion. Mieux : le joueur. Car dans tout ce fatras spéculo – financier, le plus intéressant est sans doute ceci : le jeune trader indique qu’il s’est laissé prendre « au jeu » des spéculations imaginaires sur des projections fictives de marchés à venir.
Un jeu. Qui coûte cinq milliards d’euros. Et sans doute plus, car les soupçons sont forts sur le maquillage d’autres pertes de la Société Générale. Julien K vivait donc dans monde virtuel, spéculant sur de l’argent plus ou moins virtuel, trichant réellement pour devenir « un trader d’exception » dans la vraie vie. C’est réussi. Vendredi, sa photo était en Une de tous les journaux, comme l’ennemi public numéro un. On sait tout, on fouille dans sa vie privée. Le fusible parfait. L’écran de fumée. A son actif, des pertes et de l’abus de confiance. Aucun enrichissement personnel. Aucun profit personnel des biens de la banque. Tout juste sans doute quelques appels téléphoniques personnels, quelques photocopies à usage privé, une ou deux réservations de billets de train ou d’avion via le net professionnel. Comme tout employé de bureau modèle. Mais pas un centime.


Il y a peu, une publicité sympathique inondait nos écrans de télévision ou de cinéma : un pouce aidait des jeunes gens bien-comme-il-faut à déménager (bobo trentenaires jeunes cadres riches en devenir et corvéables à merci). « Parce qu’on a besoin d’un coup de pouce quand on est jeune, la Société Générale etc etc ».


Aujourd’hui, le système financier et surtout les hommes qui le font tourner n’ont pas besoin d’un coup de pouce. Juste un bon coup de pied au c…



par Fred Sabourin publié dans : actu
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