l'évènement

Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 17:53

 

 

SAB 1380 R

                                                     

 

 

 

Un vieux couple. Je t’aime moi non plus. Ne me quitte pas. Johnny fais-moi mal.

 

Quatre chansons françaises pour résumer le one man show du petit Nicolas face à la presse, le dernier jour du mois de janvier 2012. La question était : y aller ou pas ? Pour l’auteur de ces lignes, comme pour le résident de l’Elysée. Ce dernier, crispé, l’a dit en ouverture de cet inattendu rendez-vous avec la presse enchaînée. Pour ma part, j’avais tranché : si le bonhomme me sort par les yeux, le nez, les oreilles et les pores de la peau, un coquetel à l’Elysée, je ne pouvais pas rater ça. J’y suis allé, j’ai vu, et j’en suis revenu (difficilement, mais ça c’est pour la fin).

 

Le prince a soufflé le chaud et le froid, comparé ses relations avec la presse avec celles d’un vieux couple, envoyé des piques (mais pas de crocs) à ceux qui l’ont d’abord adoré, puis lâché, puis lynché. Il a eu aussi de l’humour – politesse du désespoir ? – notamment : « Quand on met des sentiments dans des rapports professionnels comme nous avons, on se trompe. Quand on y met du professionnalisme, on s’apaise. On découvre que la seule façon de progresser, c’est d’être critiqué. Et là, franchement, merci. » Ben y a pas de quoi coco, sauf que finalement tu restes en dessous des progrès attendus au vu de la critique.

 

Nous sommes en sommes un vieux couple
 

Quelqu’un m’aurait dit ça avant de venir, je n’aurais pas osé le croire. Même avec Carla, je n’aurais pas osé l’imaginer (pas mon genre). « Je ne détecte dans notre couple aucun des stigmates annonciateurs d’un divorce. Vous les connaissez : d’abord la lassitude. Franchement, je ne détecte pas de lassitude. Ensuite votre exigence. Je vous remercie. Avec moi, vous ne renoncez pas. » Même s’il sent que l’herbe commence à être plus verte ailleurs : « Je voix bien vos tentatives pour me remplacer, pour essayer autre chose, pour espérer ailleurs. Jusqu’à présent vous êtes toujours revenus. » Allons-nous recevoir un texto du même type que celui de Cécilia fin 2007 ? « Si tu reviens, j’annule tout. »

 

Humiliation ?
 

Comme les trois cents cartes de presse présentes n’avaient droit ni à la parole, ni aux photos avec leurs outils de travail habituels – signe d’un pays libre où la presse est libre : pour preuve la présence au premier rang de Serge Dassault et Etienne Mougeotte - le monologue ironique a parfois tourné au cynisme. A l’humiliation aigre-douce aussi, du genre : « ne me quittez pas, sans moi vous allez vous emmerder, » et « je vous tiens par les cou… vous qui léchez mes bottes. » Citons l’œuvre du petit écolier : « Je ne le dirai pas car ça a un côté humiliant, (mais le dit quand même) l’Etat a donné « 580 millions d’euros d’aides supplémentaires, » (pour la presse écrite, NDLR). « La France est un pays où la presse est tellement libre qu’elle n’est pas obligée d’être impartiale. Imaginez un monde où la presse ne se tromperait pas, où ses pronostics ne seraient pas déjoués… » On imagine mal, en effet.

 

Tout flatteur…
 

On connaît la suite. Et voici la fin : l’omni président flatte son auditoire. « Vous faites un beau métier, un métier irremplaçable. » « Vous êtes chanceux. » « Vos familles doivent souffrir parfois. Mais à la différence de moi, on n’en parle pas. » « Je crois qu’on est à l’aube d’une nouvelle reconnaissance du métier de journaliste. » Et de président ?
 

En cinq ans, il n’aura donné que quatre conférences de presse, dont une mémorable, en janvier 2008, devant six cents journalistes. La seule réelle, avec des vrais morceaux de questions dedans. Il s’y était lâché : « Carla et moi, c’est du sérieux. » Comme le dit une consœur : « Voilà au moins une promesse tenue. »

 

 

 

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                                              - T'es tout flou ! -

 


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L’ambiance.

 

  

Pour le petit journaliste local et provincial que je suis, ce genre de rendez-vous tient à la fois du calvaire et du rêve de princesse. Le calvaire de sentir, très vite, que le temps serait trop court pour goûter à tous les ors du Palais du monarque, des têtes croisées, et des petits fours à tuer sa mère disposés sur le buffet de vingt-cinq mètres de long, en forme de L. Ce qui, stratégiquement, m’a permis de l’attaquer sur plusieurs angles, sans que cela ne se voit (trop). Et de rapporter une « prise de guerre, » au péril de ma vie.  
 

 

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                                         - Prise de guerre -

 


Quatre coupes de champagne Taittinger plus tard, la griserie du pouvoir – déjà ! – me rendit étourdi au point d’oublier d’aller visiter les gogues de l’Elysée. Dommage, pisser là doit revêtir un plaisir particulier (chacun y mettra ce qu’il veut).
Alzheimer, c’est aussi ce que je me suis dit en voyant les vieux sortis de leurs maisons mais pas de retraite, comme Duhamel ou Elkabbach par exemple.
Aussi peu surprenant que cela puisse paraître, l’adage qui aime bien châtie bien fonctionne encore, puisqu’au sortir des vœux eux-mêmes, une cour se pressa autour du petit Nicolas, pour obtenir un commentaire. Je pensais à ce moment-là à la tirade des « non, merci » de Cyrano.
 

Comme j’essayais de le viser avec mon téléphone à bout de bras, un quidam à côté de moi – et qui essayait de faire de même – me glisse « qu’il faudrait qu’untel se pousse pour qu’on puisse faire une photo. » Je lui dis qu’il faudrait surtout que Chirac revienne, c’était du bonheur pour les photographes vu sa taille.

 

 

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                                            - Mêlée à dix mètres des poteaux -

 

 

Comme Cendrillon, notre carrosse de fer et d’électricité nucléaire nous attendait à la gare d’Austerlitz, il fallu déjà récupérer son manteau au vestiaire, descendre le perron non sans avoir fait une ultime photo souvenir (quitte à passer pour un bouseux, autant boire le calice jusqu’à la lie). Satisfait d’avoir pu dire à Hubert Huertas, de France Cul, tout le bien qu’on pense de lui. Arrivés à la dite gare dans le dit train, nous apprenons qu’à la suite d’une panne de motrice, etc. etc. Les quinze minutes de retard annoncées se sont transformées en cinquante-cinq. Et après ça, on voudrait que les journalistes parlent des trains qui arrivent à l’heure !
 

Dans le wagon où je pris place, un peu sonné par le froid et surtout par l’auto-célébration à laquelle je venais d’assister, trois Africains originaires de Côte d’Ivoire devisaient sur les malheurs de la Esse Haine C’est Effe. Puis – allez savoir pourquoi et comment ? – la discussion dérape sur… Sarkozy ! Après plusieurs costumes taillés sur mesure au sujet de ses mesures prises tout au long de son quinquennat jusqu’à dimanche dernier, l’un d’eux – le plus âgé – a eu cette fulgurance : « Faut vraiment être cons pour avoir voté pour un gars pareil ! »
 

Je laisse à ce vieil Africain, dont on dit qu’ils sont des bibliothèques, le mot de la fin.

 

 

 

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                                                             - My cottage -

 

 

 

 

(c) F.S. 31 janvier 2012. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existés est tout sauf une coïncidence.

 

Un autre regard intéressant sur les coulisses de l'exploit : Sylvain Lapoix   http://owni.fr/2012/02/01/presse-elysee-sarkozy-voeux/ , sur le site www.owni.fr  

 

 

 

Par Fred Sabourin - Publié dans : l'évènement
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Vendredi 12 août 2011 5 12 /08 /Août /2011 08:47

 

 

SAB 8150 R

 

 

 

Elle s’est éteinte, comme on dit pudiquement, vendredi dernier. Pour beaucoup, il s’agissait de mémé Yoyo. Pour moi, mémé Yoyo, c’était d’abord Tata Yoyo.

Tata Yoyo, qu’est-ce que t’as sous ton grand chapeau ?
Tata Yoyo, dans ta tête y a des tas d’oiseaux !

Evidemment, elle aurait peut-être préféré que ce soit quelqu’un d’autre qu’Annie Cordy qui fasse une chanson sur son prénom. C’est quand même pas de chance : elle aurait pu tomber sur Bécaut (Nathalie), Brel (Isabelle), Eddy Mitchell (Alice), ou encore les Frères Jacques, reprenant Barbara de Jacques Prévert. Mais non, Tata Yoyo ce fut Annie Cordy.
A bien y réfléchir, ça lui allait plutôt bien finalement : cette chanson, une fois entendue, ne  décolle pas du cerveau pendant plusieurs jours et sa ritournelle évoquait malgré la platitude du texte une certaine joie de vivre, et de l’humour, qui ne l’a jamais quitté.
De l’humour, de l’amour et de la tendresse, elle en avait à revendre. C’était même, si je puis dire, son fonds de commerce. Et j’ajouterai à ses multiples qualités celle, plus rare de prophète. D’aussi loin qu’il m’en souvienne – et particulièrement à partir du moment où mes cheveux ont commencé à se faire la malle – ma reine mère m’a rappelé jusqu’à m’en bassiner un épisode anecdotique de ma naissance. Tata Yoyo, qui allait aussi devenir ma marraine, se penchant sur mon berceau aurait eu cette exclamation fulgurante et surprenante : « Oh ! Il est chauve comme un curé ! » Ce petit trait d’humour est resté longtemps risible dans la bouche de celle qui me le racontait. Mais un beau jour pourtant, il a fait son malheur : le chauve était effectivement devenu clerc. On connaît la suite de ce cédédé de courte durée… Il jeta sa soutane aux orties, sans que ses cheveux ne repoussent pour autant.

Tata Yoyo, qu’est-ce que t’as sous ton grand chapeau ?
Tata Yoyo, dans ta tête y a des tas d’oiseaux !

Je n’ai jamais vraiment eu l’occasion de rediscuter de ce choix de tout larguer lors de cette déprimante année 2006 où un gouffre s’était ouvert sous mes pieds, marquant la fin de mes illusions et le début de la vraie vie. Je n’ai pas vraiment cherché à le faire non plus, à l’époque – pas si lointaine – je craignais le regard des gens y compris de mes proches et j’ai préféré l’exil et l’éloignement taciturne plutôt que la confrontation avec ceux et celles qui se posaient des questions. Mais je suis sûr d’une chose : Tata Yoyo portait tout cela dans son cœur, qu’elle avait grand, et il est probable, pour ne pas dire certain, qu’à l’image de certaines séparations familiales elle en a souffert en s’inquiétant à juste titre pour les êtres qu’elle aimait. Et dans sa grande bonté et modestie, elle n’en disait sans doute rien. « C’est comme ça, » a rappelé un cousin le jour des obsèques. « C’est comme ça… »

Tata Yoyo, qu’est-ce que t’as sous ton grand chapeau ?
Tata Yoyo, dans ta tête y a des tas d’oiseaux !

 

 

SAB 8153 R

 

 


Tata Yoyo, Yolande, ma marraine, comment pourrai-je oublier, avec Pierrot, cette funeste soirée du 31 octobre 2000 ? C’est vous qui êtes venus les premiers au 10e étage de la tour Maine avenue Sainte-Catherine à Châtellerault, cette nuit d’octobre où un froid glacial m’a envahit le corps et ne m’a quitté que longtemps après. Ce mauvais film qui se déroulait devant moi, spectateur impuissant d’une déchéance que j’avais sans doute trop longtemps refusé de voir, c’est toi Yolande ma Tata Yoyo qui en fut la première informée. Avant le drame, où je t’avais appelée au secours ne sachant plus comment faire avec ce père qui partait de plus en plus mal, et après le drame. Avec Pierrot, vous êtes arrivés à bord de la petite Super-5, dans la nuit froide de la Toussaint qui portait cette année-là très mal son nom. Les jours qui ont suivis, j’ai logé chez vous dans le canapé du salon, les seules fois de ma vie depuis ma petite enfance où j’ai dormi sous votre toit. Chaque nuit je sentais ce froid glacial me briser les os, comme une banquise qui enserre la coque d’un navire, et je sentais aussi comme la main de mon père qui semblait me toucher. Le matin, et c’est un son que je n’oublierai jamais, j’entendais le bruit sec et métallique du poêle de la cuisine, lorsque Tata Yoyo secouait avec le tison le bac à cendres… Je n’ai jamais oublié ce bruit qui signifiait que c’était le matin et qu’une nouvelle journée commençait, avec elle la promesse d’autre chose. Et puis il y avait le couteau de Pierrot invariablement posé à côté de l’assiette, et cette façon qu’elle avait de sortir de table en faisant pivoter sa chaise sur un pied en imprimant un mouvement de balancier sec et précis de ses bras sur la table. On aurait dit un geste olympique tant il était à la fois mécanique, sans calcul et exécuté parfaitement, comme après des années d’entrainement. Derrière, sur le plan de travail de la cuisine, il y avait ces photos des enfants, petits enfants, et, dans un coin, celle de la R16, comme une part fidèle de votre vie. Je me souviens de la période où elle passa son permis de conduire, les compléments de leçons donnés par Pierrot sur les petites routes de campagnes autour de Jardres, qu’elle racontait comme une chevauchée  épique et chevaleresque.

Tata Yoyo, qu’est-ce que t’as sous ton grand chapeau ?
Tata Yoyo, dans ta tête y a des tas d’oiseaux !

 

 

 

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Un jour, alors que je regardais fixement les photos sépias à gauche de la porte d’entrée de la salle à manger, j’ai demandé à Tata Yoyo de mettre un nom sur ces visages. On a fait le tour des aïeuls, oncles, tantes etc. ensuite elle m’a fait refaire ces photos avec leurs commentaires, les noms de tous ceux qui y sont. Pendant un moment je me suis dit que j’étais peut-être le seul neveu à s’intéresser à cette histoire, l’histoire des Sabourin, pas de quoi en faire une thèse cependant. Lundi 8 août dernier, au cimetière, en regardant la tombe de Raymond et Lydie m’est revenu en pleine face cet arbre généalogique. Michel et Jacqueline m’ont expliqué la brève vie de Raymond. Je me suis souvenu de Raphaël, tombé au combat le 8 mai 1917 dans l’Aisne, dont j’ai d’ailleurs la photocopie du certificat de décès, obtenu à partir d’un site internet sur les disparus de cette boucherie. Et puis Léopold et Madeleine. Grand-père Alcide et mamie Germaine.


Tata Yoyo, qu’est-ce que t’as sous ton grand chapeau ?
Tata Yoyo, dans ta tête y a des tas d’oiseaux !

 

 

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Lundi 8 août, devant la foule massée dans et devant la petite église de Jardres où elle se  maria avec Pierrot 62 ans auparavant, j’ai compris qu’elle laissait un très grand vide dans la vie de ceux qui la connaissaient. Je ne parle pas seulement de la famille, des enfants, petits enfants, arrières petits enfants, sœur et beau-frère, neveux et nièces. Mais toutes ces personnes, d’ici ou d’ailleurs, sans doute aussi de l’époque Michelin, qui l’appréciaient et l’aimaient autant qu’elle les aimait. La coïncidence veut qu’au moment où nous étions au cimetière qui jouxte l’église, il était midi. L’angélus a sonné à toute volée, comme pour prévenir les anges qu’ils allaient bientôt pouvoir passer à table, avec son célèbre pâté de Pâques, le farci poitevin, les mayonnaises dans lesquelles nous trempions nos langoustines avec gourmandise, les broyés du Poitou au beurre qui fondaient dans la bouche et sur les doigts, les poules faisanes au chou rapportées par ses fils chasseurs… Elle aimait rire, chanter, elle aimait aussi faire la cuisine et il y en avait toujours trop (« Tu parles ! Je n’ai pas fait grand-chose ! » disait-elle, et nous passions trois heures à table), mais je crois que c’était sa façon d’être généreuse, sa façon d’être tout simplement, sa manière d’aimer.
Quand les gens qui ont manifesté beaucoup d’amour et d’attention meurent, où vont-ils, que deviennent-ils ? Ils vont au ciel, comme on dit...
Mais ceux qui restent, c’est sûr, sont orphelins et personnellement, je garderai toujours dans un coin de mon oreille sa voix patinée de cet accent du terroir poitevin, cet accent de « Jardrèesse » comme on disait (pour dire « Jardres »). Et cette voix, même encore ce 20 juin la dernière fois que je lui ai parlé au téléphone, qui me disait, à l’aube de ma quarantaine : « Mon p’tit Frédéric. »

Tata Yoyo, qu’est-ce que t’as sous ton grand chapeau ?
Tata Yoyo, dans ta tête y a des tas d’oiseaux !

Au revoir, Tata Yoyo, ma marraine.
Ton filleul, Frédéric le chauve.


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Cette série de photos sur la thématique de la porte et / ou de la fenêtre a été réalisée dans le Lot, près de Bretenoux au bord de la Dordogne, notamment au château de Castelnau, et à Loubressac.

(c) F. Sabourin.

 

 

 

 

Par Fred Sabourin - Publié dans : l'évènement
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Dimanche 15 mai 2011 7 15 /05 /Mai /2011 18:45

 

 

 

Bien qu'il possède une femme charmante,
L'ami Durand est un coureur.
V'la t'y pas qu'il reluque sa servante
Et qu'il la reluque en amateur.
Il lui murmure : Dites donc, ma fille :
Entre nous, vous êtes fort gentille
Et votre personne, crénom d'un chien,
Au naturel doit être très bien.

 

- Ah ! Monsieur, répond la petite bonne,
Ce que vous m'dites n'a rien qui m'étonne
Car, fit-elle d'un air étourdi,
Tous les amis de Monsieur me l'ont déjà dit.

 

Durand, de plus en plus, s'emballe.
A la petite bonne, il fait la cour
Et, pour décrocher la timbale,
Il lui jure toute une vie d'amour.
Voyons, ne fais pas la dégoûtée.
Au contraire, tu devrais être flattée.
Dans la chambre, je monterai sans bruit.
Laisse donc ta porte ouverte, cette nuit.

 

- Ah ! Monsieur, répond la petite bonne,
Ce que vous m'dites n'a rien qui m'étonne.
Parait que je possède un bon lit.
Tous les amis de Monsieur me l'ont déjà dit.

 

Au rendez-vous, elle fut fidèle,
Mais comme elle hésitait un peu,
Durand s'excita de plus belle,
Avait la tête et le coeur en feu.
Voyant qu'elle retirait sa chemise
En devenant rouge comme une cerise,
Il s'écria, tout folichon :
Je n'ai jamais vu d'aussi beaux...

 

- Ah ! Monsieur, répond la petite bonne,
Ce que vous m'dites n'a rien qui m'étonne.
Je comprends que vous soyez ébahi.
Tous les amis de Monsieur me l'ont déjà dit.

 

Comme Durand a de la galette
Et qu'il n'est pas vilain garçon,
Elle fit pas longtemps la coquette
Et céda sans faire de façons.
Ici des points pour la censure
Puis il s'écria : Je t'assure :
Je te trouve exquise, c'est merveilleux
Et que ma femme tu t'y prends bien mieux.

 

- Ah ! Monsieur, répond la petite bonne,
Ce que vous m'dites n'a rien qui m'étonne,
Que je m'y prends mieux que Madame, pardi :
Tous les amis de Monsieur me l'ont déjà dit.

 

Barbara

 

(du fond de sa geôle niou-yorkaise, un fesse-tival de Khan... )

 

 

Par Fred Sabourin - Publié dans : l'évènement
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Vendredi 29 avril 2011 5 29 /04 /Avr /2011 14:37

 

 

 

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                                                             - They did it ! -

 

 

 

Quelques grammes de douceur et de rêve dans ce monde de brutes...

 

 

 

 

Par Fred Sabourin - Publié dans : l'évènement
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Jeudi 21 avril 2011 4 21 /04 /Avr /2011 09:54

 

 

 

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et demande-lui ce livre...

 

 


Tout à commencé par une interview, dans un petit studio de radio, à l’occasion d’émissions estivales. Un auteur, Philippe Lemmonier, venait de faire paraître La Traversée des Alpes par le GR5, du Lac Léman à la Méditerranée. Dix minutes de rush, une heure de conversation en off. Et cette idée : la traversée des Pyrénées dans le sens Atlantique – Méditerranée ou l’inverse, c’est couru, si on peut dire ainsi. Mais dans le sens nord – sud, sud – nord, il n’y a rien de fait, mettant en parallèle les images d’archives et les randonnées actuelles. C’était fin juin 2009, à Lyon, le début d’une grande aventure. Rentré chez moi, je me jette sur internet, pour étudier de près la question. En tapant : "traversée de la frontière par les Républicains espagnols", je tombe sur l’épisode de la Bolsa de Bielsa, entre la vallée aragonaise et la vallée d’Aure. Puis, de fil en aiguille, j’enrichis la recherche dénichant la thèse de la toulousaine Emilienne Eychenne, Pyrénées de la liberté, les évasions par l’Espagne, 1939-1945. Une vraie mine d’or.
Premiers pas de marche sur les traces de…, fin septembre 2009, entre Bielsa et la Vallée d’Aure. Premières photos, premiers textes. Ici
L’éditeur répondra favorablement et oralement fin décembre, alors que je m’apprêtais à explorer raquettes aux pieds la jolie vallée d’Eyne, en Cerdagne, près de Font-Romeu.
Signature du contrat auteur / illustrateur le 22 avril à Rennes, chez Ouest-France. Cette fois-ci c’était sérieux, et il y avait une date limite de péremption : 1er décembre, remise du manuscrit et des photos.
En mai, fais ce qu’il te plaît : Toulouse la rose et sa bibliothèque d’histoire et de patrimoine m’ont accueillis pour approfondir le sujet, et commencer à tracer des traits de couleurs sur les cartes IGN série bleue au 25.000e. Une manière, déjà, de franchir la frontière.
 


Les photographes Pascal Maguesyan et Thierry Chassepoux entrent en scène, me prêtant du matériel dont je prendrai soin comme un trésor. Le Nikon D200 et son objectif Sigma 24x70 (agrémenté d’un 85mm focale fixe de chez Nikon) vont m’accompagner tout l’été, même dans mon sommeil, jusqu’à l’acquisition d’un D300 à la rentrée de septembre.
20 juin 2010 : en avant pour le début des randos historiques, sur les traces des Républicains espagnols et des Évadés de France. et encore là Des paysages, des cols frontaliers, des cailloux, des levés aux aurores, des pâtes, une tourista coupe-pattes à Gavarnie à cause d'une eau bue sous la brèche de Roland, des visages et de belles rencontres humaines (Herminia Muñoz, Josette Devin, Olivier Nadouce, l’équipe du musée de la déportation et de la résistance de Tarbes…). Fin des épisodes photos : 25 octobre, sur la trace de Piston, passeur de liberté près de l’étang Garbet (Ariège). Piston
Puis vint le temps de la rédaction, de la mise en forme, de la relecture et de la dure sélection des photos : 230 sur 5000 rapportées. Des nuits courtes, des matins d’automne levé à l'aube, des inquiétudes (livrer à temps), une certitude : le but était proche.
1er décembre : tout fut livré à Ouest-France éditions. Relecture, re-re-lecture, pré-maquettage (17 décembre), corrections, re-corrections, ajouts, finitions. 21 mars, « BAT », bon à tirer. Et, ce matin, au courrier, une enveloppe alourdie par le travail d’un an et demi.

Il est parfois des rêves qui deviennent réalité. 

PS : merci à ceux et celles qui ont soutenu ce projet.

 

 

 

 

 

Par Fred Sabourin - Publié dans : l'évènement
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