Mardi 17 novembre 2009
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C’est l’histoire d’un mec qui ne bosse pas, en
contrat à durée indéterminée. Il en profite donc pour parfaire sa forme physique, en « joggant » le matin tôt, plaisir qu’il avait perdu du fait de ses anciens horaires très matinaux
sur une station de radio à l’audience faible mais proche des cieux. Courir le matin tôt, c’est la certitude de croiser ceux qui vont au boulot, sentir cette excitation frénétique du réveil qui a sonné il y a peu, des douches chaudes et cafés tièdes, les effluves de parfum offrant une traçabilité à
des femmes parfaitement vêtues et des hommes clonés sur le modèle costume-cravate-serviette en cuir, des livreurs en livrée sans manche, suant déjà au cul du camion, des artisans perceuse en
main, des écoliers trottinant vers l’usine.
C’est un de ceux-là justement, qui donna à cette
journée une réplique aussi anodine que touchante. Pendant que sa mère sortait des trucs et des machins de la voiture, le gosse, à peine cinq ans, un petit cartable sur le dos et emmitouflé dans
une épaisse doudoune, s’exclama au passage du sportif : « oh ! regarde
maman ! un coureur ! tu crois qu’il va gagner la course ? ». Lequel lui
fit deux signes du « v » de la victoire avec les doigts, histoire d’ajouter le geste à la parole.
Sacré gamin va ! Il ne le sait pas, mais cet encouragement à gagner une course que le coureur de fond est
seul à engager au petit matin, est perçu comme un signe annonciateur d’une journée qui ne sera pas complètement inutile.
Qui a dit, déjà, il y a dix ans, « la victoire est en nous » ?
Par Fred Sabourin
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Publié dans : quelle époque !
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