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Le jour. D'après fred sabourin

Retirez-moi la nationalité française

2 Août 2010 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #cadrage débordement

 

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L’histoire retiendra-t-elle le discours de Grenoble ? Vendredi dernier, Monsieur le Président de la République élu démocratiquement par 53% des suffrages exprimés a remis sa ceinture de sécurité. Et sorti une énormité que la torpeur de l’été, à l’approche du grand chassé croisé sur les routes des « juilletistes » et des « aoûtiens » aura étouffé dans l’œuf de la révolte. Nicolas Sarkozy – dont le grand père était apatride d’origine hongroise, et marié à une barde italienne – veut déchoir de leur nationalité les Français d’origine étrangère coupables de certains crimes. A deux ans de la prochaine élection présidentielle, et quelques mois après la claque aux élections régionales (pourtant à enjeux seulement régionaux, selon ses propos), voici revenu le premier flic de France, en charge, de près ou de très près, de la sécurité des Français depuis 2002. Le commissaire Terrasson est de retour. Il ne nous a d’ailleurs jamais quitté, son imperméable bleu marine de flic n’étant pas rangé trop loin dans le placard. Gardons la tête froide : il ne s’agit que d’un effet d’annonce et de langage de plus, une réaction à chaud à une situation qui frappe l’opinion. On sait depuis 2007 que pour M. Sarkozy, « dire, c’est faire », mais qu’en réalité il ne se passe rien.


Il y a donc deux sortes de Français : les Français Français, les purs, les vrais, ceux de la meilleur race. Et les Français d’origine étrangère, comme par exemple Monsieur Sarkozy, sa femme, et un certain nombre de ses ministres (qu’on aille d’urgence vérifier les origines de Rama Yade, Nathalie Kosciusko-Morizet, JL Borloo, Eric Besson, Fadela Amara, Eric Woerth, Hervé Novelli, Christian Estrosi, Patrick Devedjean etc.). La dernière fois que dans l’histoire de France on a déchu de leur nationalité des Français, c’était par le gouvernement de Vichy à l’encontre des Juifs. Ça rappelle des souvenirs, l’année où on « fête » l’anniversaire de 1940. Etrange défaite.
Etrange défaite de la pensée du sarkozysme. Etrange souvenir aussi vu au Vernet d’Ariège, il y a très peu de temps. Il reste peu de vestiges de ce camp de concentration et de déportation français, qui servit en 1939 de camp pour les exilés espagnols antifaschistes et anarchistes, puis pour des droits communs et enfin pour des Juifs et 54 nationalités différentes qui se battaient contre le totalitarisme et pour la liberté de l'Europe. Il ne reste de ce camp que la gare et un bien triste wagon à bestiaux dont il n’est point besoin de préciser à quoi il servit. Et un mémorial, entouré d’un cimetière, avec parfois de bien étranges inscriptions.


Que retiendra l’histoire de la présidence de Nicolas Sarkozy, d’origine hongroise ? On n’ose faire des hypothèses. Mais si on observe l’article premier de la Constitution, dont le Président de la République est le garant, on peut alors espérer qu’il soit, lui aussi, déchu de la nationalité française. Pour crime contre la Constitution.

 

« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion »


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 photos (FS) : Mémorial du Camp du Vernet d'Ariège

 

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 Photo "L'Indépendant" : fin janvier 1939, après la chute de Barcelone, environ 450 000 réfugiés espagnols (Catalans pour être plus précis et respecter leur mémoire) se pressent à la frontière franco-espagnole. Notamment au col du Perthus (290m), axe historique entre les deux pays. La chaîne matérialise la frontière, entre les bornes 574 & 575. Le 28 janvier, devant la pression, les autorités françaises décident d'ouvrir la frontière. Peu de temps après, les hommes valides en âge de combattre seront renvoyés en Espagne. les femmes, enfants, vieillards, blessés, seront parqués dans des camps de concentration dans les Pyrénées-Orientales, l'Aude ou l'Ariège, puis déplacés (certains dans le nord, l'ouest & l'est de la France).

 

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