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Le jour. D'après fred sabourin

La frontière (Zone n°4)

19 Février 2012 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #concept

 

(Un projet photographique, # 4)

 

 

 

SAB 1589 R

 

 

 

 

Ça faisait un certain temps qu’en passant sous ce pont, j’avais l’impression de passer une frontière. Un trait d’union entre deux rives, une symbolique forte qui divise la France en deux : le nord et le sud de la Loire. Pourtant, dans le cas présent, on reste du même côté, en l'ocurrence le sud. Néanmoins, le sentiment est tenace d'avoir franchit quelque chose. Comme passer une porte. Aller de l’autre côté. Changer de monde, de décor, de vie, de société.
 

La route départementale 751, qui relie la Ville-aux-Dames à Tours longe Saint-Pierre-des-Corps. Pour beaucoup, Saint-Pierre-des-Corps, c’est juste une gare, à proximité de Tours, et c'est tout. Une ville (?) collée à une autre ville, ni grande, ni petite, ni métropole, ni ville moyenne : Tours, point. Saint-Pierre-des-Corps, c’est une gare de triage, un « techno-centre » de la SNCF, une banlieue rouge, communiste depuis toujours, ou presque. Un bastion. Une forteresse. Saint-Pierre-des-Corps, un lieu à part, coincé entre le rien de l’Indre-et-Loire, route venant de Montlouis-sur-Loire et Amboise, cité plaquée contre la Loire (au nord) et le Cher (au sud). A l’ouest, du nouveau, déjà ancien : l’autoroute A10. Un ruban qui coupe la ville en deux : d’un côté, Tours, la bourgeoise. De l’autre : Saint-Pierre-des-Corps, l’ouvrière, la besogneuse, la cité dortoir. Contre ses flancs coule un fleuve, cette Loire qui détonne dans le paysage, présente depuis les temps immémoriaux et comme incongrue aujourd'hui. Dans l’autre sens, filant vers le nord, une suture : l’autoroute de béton et de goudron, comme une saillie dans la chair humaine plantée-là.
 

Encore un lieu à l’apparence sans âme, comme déjà évoqué ici. Ce n'est pas le cas bien entendu. Plusieurs fois, traversant l’ancien octroi dont ne subsiste que le nom d’un bistrot, j’avais éprouvé le sentiment de ce changement de monde. Et d’une vie, présente là dans ce lieu défiant les règles de l'urbanisme, adossé à la sauvagerie du fleuve qui n'a de sauvage que le nom. Un jour, en voyant la pancarte d’entrée de ville et le jumelage étonnant avec Hébron, en Palestine, j’avais trouvé la chose singulière, et confirmant le sentiment qu’ici, on était dans un entre-deux urbain, rapidement bouffé par la ville et tout aussi absorbé par la campagne environnante, liée à la Loire que la route ne touche jamais, par l’entremise de la digue dont chacun espère, de l’autre côté, qu’elle ne cèdera jamais… Un habitat étrange se niche derrière elle, mais ce sera l’objet d’un prochain épisode.

 

En attendant, voici quelques lignes de fuite de cette frontière à la fois naturelle et artificielle. Un lieu comme aucun autre (encore !). Rectitude d’un pont autoroutier et trait d’union d’un fleuve historique, royal, « sauvage », dessus, dessous, à côté : et toujours avec. Comme une croix.

 

 

 

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                                                                - Pauvre Victor... -

 

 

 

 SAB 1601 R

 

 

 

 

(c) Fred Sabourin. 19 février 2012. SPDC, Indre-et-Loire (37).

 

 

Les autres épisodes de cette série : Zone ; Zone (2) ; Pantin (Zone, session 3) .

 

 

 

 

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