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Le jour. D'après fred sabourin

Krav maga : grave défense

27 Février 2015 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #concept, #Presse book

 

  SAB 2072 R

 

 

Phénomène de société ou de mode, les cours de self défense attirent de plus en plus de monde, pour de multiples raisons. Nous avons poussé la porte d’un cours de krav maga, self défense israélien. Ça décoiffe.

 

On vous aura prévenu : avant d'importuner gravement quelqu'un (ou quelqu'une) dans la rue, demandez-lui d'abord s'il pratique le krav maga. Si c'est oui : partez en courant le plus vite possible !

Professionnels de la sécurité, citoyen lambda ayant eu des petits soucis avec une agression dans la rue, ou tout simplement personnes voulant se rassurer : vous êtes dans la ligne de mire du krav maga. Le quoi ? Le krav maga, une technique de self défense inventée par Imi Lichtenfeld dans les années 30 (lire ci-dessous). Le krav maga, littéralement en hébreu " combat rapproché ", utilise des techniques simples, rapidement assimilables par tous, et utilisant pour arme principale le corps humain.

 

Agressivité, et mental

 

Dans cette salle municipale de Blois, un mardi soir, tous les rideaux sont tirés : rien ne filtre depuis l’extérieur. Seuls des cris barbares troublent le visiteur qui s’approche de la porte. À l’intérieur, une trentaine de personnes, plutôt jeunes (moins de 40 ans), certains vêtus de tee-shirts et pantalons de jogging noirs, d’autres en " battle " (pantalons à poches) beiges et tee-shirts kaki, sur lesquels trône un signe cabalistique et des inscriptions hébraïques. Mais quelle est cette étrange secte ? Ça n’est pas une secte, mais un cours de krav maga. " On ne joue pas au héros. Si on vous demande portefeuille, clés de voiture, téléphone portable : donnez tout ! Ensuite, courrez ! " explique, sans rire, Hugo Vial, moniteur bardé de tous les diplômes nécessaires à l’enseignement de cette discipline pas comme les autres. " Le krav maga n’est pas un art martial, on est là pour développer l’agressivité et le mental. Si on possède plein de techniques et pas le mental, c’est inutile. Une agression, ça va très vite, il faut faire fonctionner sa tête autant que le reste. " L’objectif de ce combat rapproché, c’est de frapper vite et fort, pour se dégager d’une situation embarrassante. " Tout est fait pour faire mal, tout de suite, très vite ", ajoute Hugo Vial, dont on sent à la détermination vocale et au regard qu’il ne vaudrait sans doute mieux ne pas trop le titiller sur un parking le soir ou dans une rue sombre…

 

Coups de pieds dans les parties génitales, coups de coudes, coups de poings au plexus solaire, coups pieds circulaires sur le genou : ça ne rigole pas, on a l’impression d’être dans une formation pour service de protection des hautes personnalités, ou du GIGN. " L’armée, le GIGN en effet, le RAID ou le GIPN, les professionnels de la sécurité utilisent le krav maga en effet ", précise l’animateur. " Ici, on ne délivre pas de diplômes, pas de ceintures, pas de grades. La seule compétition, c’est de rester en vie lors d’une agression. " C’est la raison pour laquelle Hugo demande à ses participants d’être habillé " comme dans la vie de tous les jours. Si vous vous faites agresser, ça sera dans la rue, devant un distributeur de billets, au téléphone, en sortant de votre voiture sur un parking : vous ne serez pas pieds nus en kimono… " Certes. Mais alors tous ces coups de pieds, coups de poing à l’entrainement ça fait pas mal, docteur ? " Coquille de protection, protèges tibias, et surtout bon esprit. Ici, même si on développe l’agressivité, il ne faut pas être agressif. Je suis très regardant sur les nouveaux venus, leurs motivations, la façon dont ils se présentent etc. Si je pressens un mauvais esprit : dehors ! "

 

Émilie (secrétaire de 32 ans) et Sandrine (professeur au CFA de 40 ans), tout de noir vêtues, confirment cet état d’esprit. " On vient ici pour développer des compétences, la réactivité, l’explosivité. Les coups ne sont pas complètement portés, il y a un très bon esprit. On s’amuse aussi, les gens sont sympas il n’y a pas de problème. " Quand même, comment a réagi leur entourage quand elles ont montré ce qu’elles savaient désormais faire ? " Au départ les gens trouvaient ça violent, c’était un ressenti. On a expliqué, et notre entourage a vu aussi combien on avait gagné en confiance, sans changer de comportement. Ça rassure. " Vincent, jeune chercheur adepte de football, voulait " quelque chose de différent. " Il est servi. " Franchement c’est très physique, très complet, j’aime bien. L’état d’esprit n’est pas du tout celui qu’on pourrait penser vu de l’extérieur. "

 

Couteaux, pistolets factices mais très réalistes pour certains : le cours continue pour ceux qui ont un niveau un peu plus élevé que les débutants. Hugo Vial répond à nos inquiétudes : " On s’entraîne mais de manière réaliste. Il n’y a pas vraiment de règles si on considère qu’à l’extérieur, il n’y en a plus non plus. Autrefois, c’était un contre un. Maintenant, vous avez quatre, cinq, six mecs qui vous tombent dessus et il y en a un qui filme pour diffuser ça sur Facebook ou Youtube ! Plus de valeur, plus de morale ! Être un peu vicieux à l’entraînement, ça peut servir en situation réelle à l’extérieur. " Le samedi matin, beaucoup de femmes et de jeunes viennent au cours. Pour ces derniers, c’est adapté : pas d’agressivité, juste développer des réflexes. " Les femmes prennent confiance en elles, pas besoin d’être costaud. Elles se rendent comptent qu’elles pourraient faire très mal s’il le fallait. "

 

Au krav maga, " Il n’y a que deux grades : soit tu es élève. Soit tu es instructeur. À la base c’est militaire. Mais c’est une discipline moderne. Quand tu es pris par surprise, dans des attitudes de la vie quotidienne, il faut sauver sa peau ou celle de son conjoint. "

Compris ?

 

FS

 

Tout savoir sur : Académie défense systèm’s : www.dpkmf.com . Krav maga, kick boxing, balintawak eskrima, cross training. 140 adhérents. Cours salle J. Cros, dojos Saint-Georges et Saint-Gervais-la-Forêt, gymnase Sauvageau.

 

 

SAB 2075 R

                   - Très prisés par les femmes, les cours de self défense leur donnent des arguments... imparables -

 


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C'est quoi, ça vient d'où ?

 

Né à Budapest en 1910 et élevé à Bratislava (ex-Tchécoslovaquie, aujourd’hui capitale de Slovaquie), Imi Lichtenfeld met avec des jeunes athlètes des techniques d’auto-défense dès les années 30, pendant la montée du fascisme. La Seconde Guerre Mondiale est pour lui l’occasion de les perfectionner et de les enrichir du retour de combat des soldats. À partir de 1948 il devient chef instructeur au Tsahal (l’armée israélienne), et développe des méthodes simples, efficaces, et rapidement assimilables y compris pour des soldats à la condition physique inégale. Chemin le plus court, défense et contre-attaque simultanée, etc. Pendant longtemps, ces techniques demeurent secrètes et ne sortent pas d’Israël. C’est au début des années 80 que le krav maga va s’internationaliser, aux États-Unis et en Europe. Le Groupe d'intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN) est notamment intéressé. L’armée utilise déjà des techniques similaires, appelées " CAC " (Corps à corps) ou " Close combat ". Utilisant les réflexes naturels du corps humain, minimisant la prise de risque pour soi-même, le krav maga permet de se défendre contre les attaques surprises à l’arme blanche ou aux armes de poings. Il permet aussi de transformer les objets à portée de main en véritable armes d’auto-défense (une bouteille d’eau, un téléphone, des clés etc.).

Il existe une fédération européenne de Krav maga (FEKM) et en France certains clubs sont affiliés à la FFKDA, Fédération française de Karaté et disciplines associées. Récemment, des clubs – dont Académie Défense Systèm’s à Blois - se rapprochent de l’OIS, Operative Israeli System, fondée par Aaron Elbaze, grand spécialiste de la discipline et formateurs des services secrets partout dans le monde, représenté à Paris par Philippe Glikman.

Environ 10.000 licenciés en France sont adeptes de cette discipline inspirées par la boxe pieds-poings, le jiu-jitsu et la lutte.

 

www.kravmaga-paris16.com/aaron-elbaze

 

 

Article paru dans la Renaissance du Loir-et-Cher du 27 février 2015.

 

 

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