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Le jour. D'après fred sabourin

Jean veut plus !

23 Octobre 2009 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #édito


« Il procède du père et du fils… ». Jean Sarkozy renonce, recul, n’ira pas dites-le comme vous voulez, briguer la présidence de l’EPAD, mais reste candidat au conseil d’administration de la même structure. Jeudi soir, sur France Deux, le Prince Jean a jeté la couronne de la Défense en même temps que l’éponge. Vraiment ? Dans un surprenant numéro de communication télévisuelle, le jeune homme de 23 ans a très vite appris tous les codes de l’exercice, et a du passer l’après midi dans un média-training, ce que résume très bien François Brochet ce jour dans « le Progrès » : « en cinq minutes à peine, Jean Sarkozy nous a tout fait : l’innocent persécuté, le fils obéissant, l’élu dévoué à ses électeurs, l’homme blessé, le jeune homme mûri dans l’épreuve, le politique d’une ambition. Du grand art. son père en plus blond, plus jeune, et plus calme. La gauche se réjouit ? Les inconscients ! ».
Mais s’il s’agissait d’un renoncement, dans l’intimité du confessionnal de David Pujadas, simultanément nous avons surtout la furieuse impression d’avoir assisté à un début. Hier soir, Jean Sarkozy a montré combien la chose politique le « passionne » pour reprendre son expression, et s’il se défend désormais de présider la Défense, il ne lâche rien pour la suite. Du genre : « on s’reverra… ». Il jette l’EPAD (cf le titre de « Libé » ce matin), mais pas pour autant le bébé avec l’eau du bain.
La polémique s’éteint là où elle se rallumait. Les « commentateurs qui commentent vont commenter » (ce qui donnera raison à Frédéric Lefèbvre et à papa), les parlementaires UMP vont pouvoir retourner dans leurs circonscriptions ce we sans trop se faire engueuler. Ceux qui avaient soutenu mordicus sa candidature vont pouvoir, avec la même mauvaise foi, affirmer qu’il a fait preuve de « sagesse, maturité », bref le plan com’ va tourner à plein régime avec ses expressions à réchauffer sur tous les tons, tous les modes, tous les temps du verbe, et l’écran de fumée va pouvoir se dissiper : nous pourrons passer à autre chose. Vraiment ?
Oui car restent les questions, et parmi elles l’inévitable de savoir si il a pris sa décision seul ou si « quelqu’un lui a dit que… ».
Lors de l’interview de Pujadas sur France Deux, Jean le fils, avec sa bonne tête d’apôtre, a eu cette sortie émouvante qui restera dans les mémoires : « si la question est de savoir si j’en ai parlé au président, la réponse est non. Si vous voulez savoir si j’en ai parlé à mon père, la réponse est oui ». Ah ! que c’est beau ! Il a parlé comme les prophètes, le disciple que papa aimait… Malgré des ficelles de communication très visibles, il faut admettre qu’il s’en est bien sorti, avec un costume de la fabrique Sarkozy, même si elle peut apparaître du coup effrayante.

Si le fils se sacrifie pour sauver le père, il devra le tuer un jour si l’animal politique qui sommeil en lui veut se révéler complètement, prouvant ainsi qu’il a « appris », comme il dit.
Si le père a sacrifié le fils, il doit s’attendre à ce qu’un jour ce dernier le dépasse, sans allusion de taille, au sein d’un dynastie dont nous avons peut-être assisté hier soir à l’acte I de naissance.

Et peut-être, pour toute cette affaire, un enseignement à garder pour la suite. A mi-mandat, Nicolas Sarkozy père pourrait bien commencer son chemin de croix, dont la fin nous a déjà été contée… Par le fils, justement.





 

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