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Le jour. D'après fred sabourin

Cinq Oscars dans le jardin

2 Mars 2012 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #chronique cinéma

 

 

The Artist : photo Bérénice Bejo, Jean Dujardin, Michel Hazanavicius

 

 

 

Jean Dujardin et les Oscars


 

5 Oscars, du jamais vu pour un film français à Hollywood. Avant eux, 6 Césars, dont les très prestigieux du : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleure actrice dans un second rôle, meilleure musique, meilleure photo…
En remportant à peu de choses près la même chose outre-atlantique, l’équipe du film de The Artist entre dans la cour des grands, des très très grands. Des trops grands ?
Mais Michel Hazanavicius, Bérénice Béjo et Jean Dujardin sont-ils taillés pour la démesure qui s’offre désormais à eux ? Flanqués d’agents plus puissants que n’importe quel exécutif dans le monde, dont un seul d’entre eux pourrait quasiment racheter la dette grecque avec un seul film, les « frenchies » vont devoir changer de vie. S’adapter, ou mourir. Interrogé sur ces récompenses et les conséquences qui en découlent, Régis Warnier, oscarisé en 1993 avec Indochine,  a reconnu qu’il avait un temps travaillé avec les américains, puis décidé de rentrer en France. Trop de pression, trop de projets pharaoniques, pas assez de marges de manœuvre, des contraintes finalement trop lourdes.
 

C’est que, voyez-vous, le cinéma français est comme les Français eux-mêmes : cabotin, insoumis, une « exception culturelle » à lui seul. D’ailleurs Michel Hazanavicius, réalisateur de The Artist et son producteur Thomas Langman (fils de Claude Berri), l’ont reconnu eux-mêmes : jamais un tel film n’aurait vu le jour aux Etats-Unis. En récompensant The Artist des Oscars les plus prestigieux, l’Académie du cinéma américain semble d’ailleurs sonner définitivement le glas d’un cinéma qu’on ne reverra sans doute jamais : c’est la fin de la pellicule, adieu 35 mm en cinémascope, adieu films muets où seul le physique et sa capacité à capter la lumière comptait, adieu amateurisme et petits budgets permettant à des « OCNI » (Objets cinématographiques non identifiés) de percer. La fin d’une ère, le début d’une autre : le tout numérique. Pour notre plus grand bien, dit-on.
 

Marion Cotillard, très justement récompensée pour La Môme en 2008, a disparue de nos écrans radars. En sera-t-il de même pour Jean Dujardin, né dans les Hauts-de-Seine et élevé à Plaisir dans les Yvelines (ça ne s’invente pas), et dont les parents ne savaient pas très bien quoi faire de lui. Lui, pourtant, vivant au milieu de ses rêves – on l’appelait « Jean de la Lune -  ne pensait qu’à faire des sketches et jouer la comédie. Jean Dujardin qui mit tant d’années à ciseler le portrait de cet ado attardé qui explosa dans Brice de Nice. Jean Dujardin, qui s’invita chaque soir de 1999 à 2003 à l’heure de la soupe dans les foyers, avec Un gars, une fille, où beaucoup se reconnaissaient dans cette caricature parce qu’il (ou elle) avait le (ou la) même à la maison. Jean Dujardin, qu’on n’avait pas vu venir, sauf peut-être à travers Hubert Bonisseur de la Bath, alias OSS 117, espion macho, bête, raciste, lourd, lâche, mais tellement drôle. Nicole Garcia, avec Un Balcon sur la mer, (2010) fut la première à le faire arrêter de rire.
 

Jean Dujardin, qu’on retrouve – comme par hasard ? – à l’affiche d’Infidèles cette semaine, avec Gilles Lellouche, film à sketches lourd, lourd, si lourd qu’il pourrait faire oublier les deux petits kilos de l’Oscar que Dujardin serrait dans sa main dimanche soir.
Dernière facétie avant d’attaquer les choses sérieuses avec nos cousins américains ?
 

T’en vas pas Jean, t’es pas des leurs…

 

 

 

 

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