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Le jour. D'après fred sabourin

Apéro Facebook : à votre santé les jeunes !

16 Mai 2010 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #quelle époque !

 

chez Picard (2)

                                    apéro "vintage" d'un réseau social non virtuel

 

 

Apéro géant à Nantes : un mort. Un jeune de 21 ans s’est tué en tombant d’un pont, après une chute de cinq mètres entrainé par tout son poids, plus 2,4 grammes d’alcool dans le sang. Haro sur Facebook, organisateur masqué de ces nouvelles orgies, bacchanales, ou fêtes dionysiaques, bref : des beuveries. Cible : les 15 – 25 ans. Pour contrer le phénomène, Brice Hortefeux, à jeun dans son costume de premier flic de France, rassemble préfets et édiles municipaux pour endiguer le phénomène. La droite actuelle étant ce qu’elle est, il y a fort à parier qu’elle avance casquée et armée de boucliers. Interdisons les rassemblements, tapons sur la jeunesse, au lieu d’essayer de résoudre le problème à la racine. Si les jeunes se rassemblent de cette manière, sans autre but précis que de se « prendre une mine », c’est qu’ils trouvent, peut-être, dans ces actions de quoi se faire entendre. Le gouvernement l’entend-il, lui, le cri de cette jeunesse ? Tiens d’ailleurs, comment se nomme le ministre de cette jeunesse alcoolisée ? Tentez des réponses spontanées en commentaires de cet article…
Ces jeunes – dont on peut en voir beaucoup errer tard dans le métro de Lyon par exemple, une bouteille à la main y compris de très jeunes adolescentes – sont issus de la génération qui elle s’enivra sur le tube de Patrick Sébastien « allez, viens boire un p’tit coup à la maison, y a du blanc, y a du rouge, du saucisson, et Gilou avec son p’tit accordéon… ». Oui, nos parents buvaient aussi pour oublier le triste sort dans lequel ils étaient. Mais ils buvaient cachés, chez eux, entre deux saucisses de barbecue. Désormais, on picole dehors, vu que les bars sont devenus des lieux tristes et mornes, trop chers, où il n’est plus permis de s’en griller une, où les serveurs tirent une gueule de repris de justice et où déplacer une chaise pour s’asseoir à une autre table s’apparente aux yeux de l’aimable patron à un crime de lèse majesté. Donc cette insolente jeunesse fonce dans les superettes bon marché se fournir en bières fortes, mélanges vodka - jus douteux, whisky de base et même du pinard de pochtrons.
Faut dire qu’il y a de quoi rechercher l’ivresse, d’abord parce que le vin, c’est bien connu, c’est « chez Nicolas » qu’on va le chercher. Lequel ne fournit pour le moment que de piètres solutions pour la société et l’avenir des jeunes. Sans boulots, coincés entre leurs parents au chômage, les « vieux » de 50 ans qu’on placardise, les très vieux qui nous encombrent, ils galèrent de CDD en CDD, et « tanguysent » chez leurs parents puisqu’ils n’ont pas d’autres choix économiques. Alors boire un coup en se réappropriant la rue de laquelle on croyait les avoir chassés, c’est pour eux une solution pour se faire entendre, et passer un peu de bon temps, même si ils ne connaissent pas tous le monde. La punition et les interdictions, à grands renforts de CRS est-elle la seule solution en magasin ? Vont-ils faire preuve d’un peu plus de psychologie ? J’ai des doutes sur la réponse…

Dans Un Singe en hiver d’Antoine Blondin magnifié dans le film d’Henri Verneuil, Gabin a cette sublime saillie : « c’est pas l’alcool qui me manquait le plus ; c’était l’ivresse ».
Voilà exactement ce que recherche ces jeunes qui s’étourdissent dans des apéros Facebook (ou ailleurs). L’ivresse… De la vie, de l’espoir, des perspectives heureuses, de l’amour qui sait ? Que leur proposera-t-on ? L’ivresse des grandes profondeurs ?
Allez patron, une tournée, une !


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