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Le jour. D'après fred sabourin

A Single Man

25 Février 2010 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #chronique cinéma



De Tom Ford. Etats-Unis 2009. 1h40. Distributeur : Mars Distribution. Avec : Colin Firth ; Julianne Moore…


A Single Man


A Single Man n’est-il qu’un film pour homo ? Sur le papier (glacé des magasines glamour) ça y ressemble : esthétique esthétisante, beaux mecs cintrés dans des chemises immaculées, coiffures impeccables et joues imberbes, californian way of life où on se baigne nu (vraiment ?), whisky et Lucky Strike à gogo, femmes blondes et parfumées juste pour le décor et un petit plus de sensualité – mais toujours pour souligner celle des mâles. Ajoutez de la musique chic, mélange de classique et de jazz vocal avec même un petit soupçon de Gainsbourg, des bagnoles années 50 et de splendides villas. Tout y est. On en crève d’envie.
En réalité, A Single Man est un film sur la vieillesse, l’âge, la fuite du temps, retournez le thème dans tous les sens, c’est celui-là qui compte.
Lorsque cette jeune fille blonde à tresses impeccables sur une robe azur non moins impeccable, plante son regard bleu et innocent dans celui de George (Colin Firth, impérial), c’est à nous, spectateur jusqu’ici séduit par le désir de suivre à la trace cet homme singulier, qu’elle murmure : « tu as beau faire le beau, ta jeunesse fout le camp, mec ». C’est là toute l'ambigüité quand on aime les garçons : combien de temps sera-t-on désirable, beau, jeune, riche et sans matière grasse ajoutée ? Combien de temps dure cette insouciante jeunesse ? Combien de fois peut-on en jouir ? Qui la rompt comme un vieux crouton de pain et nous laisse sur le carreau d’une vie d’un coup devenue fade et sans saveur ? Est-ce la mort, comme celle de Jim, après seize ans de fidélité ? Seize ans… comme l’âge d’un bon whisky, que George se sert par rasade, pour oublier qu’il ne fume plus depuis qu’il l’avait rencontré. Outrage du temps qui semble avoir une prise sur la blonde Charley (Juliane Moore), une vraie blonde précise-t-elle à George lors d’un dîner d’adieu où il n’y a pas que le gin qui soit « tonic ». Confidences sur un oreiller, et premier constat amère pour les hétéros de la salle : si la mort ne les avaient pas séparés, Jim & George seraient encore ensemble. Alors que Charley, elle…
« Nous sommes invisibles » : magistral cours du professeur George / Colin Firth, qui se verra rendre l’ascenseur par le jeune Kenny, avant d’aller à l’échafaud ? A Single Man est sans doute trop beau pour être vrai : les couleurs y sont changeantes, comme le ciel de nos âmes, comme la teinture de nos costumes. Flamboyante jeunesse, grisaille de la quarantaine, sépia pour la fin de vie, et les regrets qui l’accompagnent. Traveling avant dans cette fac où George, qui ne se remet pas de la mort de son compagnon huit mois après, et décide que cette journée sera la dernière, à contre-courant des étudiants dont l’insolente jeunesse croise l’homme mort, déjà.
Une scène, une seule, pour terminer : un enfant de cette « american way of life », jaillissant devant George avec une mitraillette factice entre les mains. Son visage couvert d’urine comme un chien pisserait sans vergogne sur ce qui lui est indifférent. Et cette réplique de Colin Firth : « arrête de tuer des gens ». La jeunesse tue.
C’est tout cela et bien plus encore, A Single Man, un film qui a singulièrement des c…





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gros didier 27/02/2010 20:26


salut et bonsoir
je viens de lire avec Laetitia ta crituque sur "single man" excellente
conclusion tu devrais passer dans le Monde oun Libé mais ces c...
là ils n'ont pas de c... pour t'embaucher
bravo fredo
didier et laetitia