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Le jour. D'après fred sabourin

petit commerçant, non poujadiste :

16 Août 2007 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #chronique cinéma

                                           Le fils de l’épicier


Le Fils de l'épicier - Clotilde Hesme et Nicolas Cazalé


     de Eric Guirado. France 2006. 1h36. Distribution : « les Films du losange ». 75 copies. Avec : Nicolas Cazalé ; Clotilde Hesme ; Daniel Duval…                   

       Avec Quand tu descendras du ciel en 2003, Eric Guirado avait obtenu plusieurs prix, dont ceux du public, dans des festivals comme Angers, Mulhouse, Rome ou Florence. Peu après ce premier long métrage, il avait réalisé pour France 3 une série de reportages sur les métiers itinérants en région Auvergne et Rhône – Alpes. Le Fils de l’épicier a certainement germé dans son esprit à ce moment-là.
Antoine a trente ans, vit de petits boulots autant dire de galères sans fin. Il a quitté sa région natale autant que rurale dix ans plus tôt, plutôt fâché avec ses parents et surtout son père, épicier de village et itinérant, assez peu porté sur le dialogue. Lorsque celui-ci est hospitalisé à cause d’un accident cardiaque, sa mère lui demande si il ne pourrait pas, par hasard, «faire la tournée avec le camion» le temps d’un été, pour dépanner. Antoine, cache sa joie et accepte, surtout que sa voisine de palier, Claire, reprend à vingt-six ans des études et tente de passer son bac. L’air de la campagne lui fera le plus grand bien, pense-t-il. Ils partent tous les deux et s’installent dans l’épicerie, qui n’a rien d’une épicerie fine…
Le Fils de l’épicier est un film à plusieurs entrées : d’abord il est rare que la ruralité et ses petits dommages collatéraux soient portés à l’écran. On se souviendra longtemps des affres de l’exode rural dans : C’est quoi, la vie ? de François Dupeyron, avec Eric Caravaca, Jacques Dufilho et Jean-Pierre Darroussin, en 1999. Pour le reste, pas ou si peu de choses intéressantes.
C’est aussi un film sur les secrets de familles, les non-dits qui étouffent et enferment père, mère et frères. La vie rude de petits commerçants besogneux, mais sans grandes ambitions, « des bricoleurs » comme l’avouera le père, excellent Daniel Duval.
Nicolas Cazalé, en trentenaire pas sûr de lui, légèrement renfrogné et sombre, campe parfaitement le rôle d’Antoine, qui a trop rêvé sa vie pour la vivre simplement. Clotilde Hesme apporte une touche d’espièglerie et de fantaisie dans ce pays de cocagne où l’épicier ambulant est bien souvent la seule personne avec laquelle « les vieux » encore là et surtout encore vivants, échangent quelques mots dans la journée. Eric Guirado avait été frappé par cet appauvrissement des zones rurales. Le phénomène n’est certes pas nouveau (ça dure depuis quarante ans), mais le voir au cinéma est suffisamment peu fréquent pour qu’on apprécie. On est loin de la campagne version Jean Becker et la campagne aux vertus euphorisantes pour Par..…ns bobo en mal de vie. Pas besoin de jouer à la marchande pour ce Fils de l’épicier, qui saura trouver son public… Hélas, sûrement plus dans les zones urbanisées que dans les campagnes, désertifiées par les salles de… cinéma.

 

 

 

 
Filmo :
Nicolas Cazalé : UV (Gilles Paquet-Brenner, 2007)
Pars vite et reviens tard (Régis Warnier, 2007) 
Saint-Jacques… La Mecque (Coline Serreau, 2005).
Clotilde Hesme : Chansons d’amour (Christophe Honoré, 2007) 
Les amants réguliers (Philippe Garrel, 2005)


Le Fils de l'épicier

 

 

Le Fils de l'épicier

 

Le Fils de l'épicier - Clotilde Hesme et Nicolas Cazalé

 

Le Fils de l'épicier - Clotilde Hesme

 

 

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Fred Sabourin 19/08/2007 21:32

oui, vu les chansons d'amour de Ch Honoré. J'ai bien aimé d'ailleurs, ce petit côté Jacaues Demy version 2007. C'est très Parisien, mais, pour une fois, ça ne manque pas de gravité. Ce qui en fait sa valeur...

mélie 19/08/2007 19:42

p.s: au fait, tu avais vu les chansons d'amour ?

mélie 19/08/2007 19:40

soupir... 4 ans ! et 265 jours ! argh...
merci pour les conseils Fred, ma liste de films à voir s'allonge de jour en jour et de (bons) blogs en blogs... mais que veux-tu ? Comme le fait justement remarquer Dave le couz, c'est un peu la croix et la bannière pour mater les films remarquables dans la ptite bourgade pluvieuse (même en Août mais je m'égare) saint loise...
Merci bôcoup pour le commentaire pour le moins flatteur sur le blod de D. le sus-nommé :-)
bises d'une saint loise en manque de Paname
 

Fred Sabourin 16/08/2007 17:27

et ton bled de la Vire, y s'rait pas ravitailler par une épicerie ambulante ?
Je pense en effet qu'il n'y a quasi aucune chance qu'une des 75 copies se perde vers St Lô... Console toi, à la place, il y a Harry P... La sorcellerie parvient toujours là où la "french touch" s'arrête.
Pauvre France, et encore, ça ne fait que commencer (plus que 4 ans, et 265 jours de captivité...) !

David 16/08/2007 16:28

comment dire, j'avais pas aimé Jean Becker. Alors qu'un autre en parle mieux ça me plairait d'aller voir cette vie de village que je n'ai jamais trouvée charmante. Mais d'ici qu'une des 75 copies se perde dans les méandres de la Vire, va falloir pas mal de patience. tu avais promis un article. le voilà. félicitations mon Fred. Un article promis, un article donné le jour d'après. Promesse tenue. Un blog performatif