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Le jour, d'après...
Fred Sabourin

Carnets, photos, récits, poèmes, voyages
critiques cinéma, coups de torchons,
éditos, culture, soliloques en tous genres...
"Fais de l'obstacle la matière
même de ton action"
(Marc Aurèle)
dans Paris…
Les rues de Bombay ont rendu l’âme, à qui elle appartient. Celles de Paris les ont remplacé, jamais autant animées, que la mégapole indienne. Mais pour l’œil et l’oreille de celui qui a le nez en l’air, la ville a le goût des autres que d’un doigt, on peut capter à l’aide de pixels numériques, le nouveau cœur à l’ouvrage…
Le théâtre permanent des rues n’est pas que beau, il est le reflet de la vie d’aujourd’hui : solitude des grandes villes, à ceci près qu’en Orient on y rencontre, parfois, de belles solidarités. Fi de la sinistrose ! Cet après midi le jeune homme de 23 ans « à la rue, et sans ressources puisqu’on ne peut prétendre au RMI qu’à 25 ans, et qui n’a pas d’autre choix que… », a ému une rame de métro : les pièces ont teinté, même la mienne, c’est dire. Nos doigts se sont effleurés, il a lu dans mon regard la détresse de celui qui « ne peut pas faire grand chose de plus ». Mais après coup, lisant dans le sien, je me suis dit qu’un regard accompagnant le geste, c’était sans doute déjà bien ! Malgré moi, intérieurement, je me disais : « je ne sais pas si ton histoire et vraie, mais tu es crédible ». A partir de quand l’est-on ? Quel degrés d’émotion faut-il atteindre pour cela ? Il est certain que les plus belles guibolles pourront s’afficher comme candidates à la magistrature suprême, si elles ne s’assoient jamais sur le skaï des transports en commun de France et de Navarre, elles pourront toujours courir…
Pendant ce temps-là, sous le pont, coule la Seine, et dessus, le petit train vert et blanc file vers l’Etoile, par Denfert.
Tout un programme…