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Le jour, d'après...
Fred Sabourin

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"Fais de l'obstacle la matière
même de ton action"
(Marc Aurèle)

Ce matin, dès le réveil, la radio annonce : « Bashung est mort ».
Merde, putain, c’est pas vrai : Bashung est mort. Le thème de ce 11è Printemps des Poètes c’était : « le rire ». On ri moins à la mort du poète. Lui doit être mort de rire.
« Je t’ai manqué : pourquoi, tu me visais ? ». Il y a quinze jours, trois victoires de la musique couronnaient cette carrière exceptionnelle, du rock au cinéma,
côtoyant les plus grands, de Gainsbourg à Boris Bergman, Jean Fauque, Gaëtan Roussel. « La nuit, je ment, je prends des trains à travers la plaine. La nuit je ment, je m’en lave les
mains ».
Bien sûr, on peut gloser une fois les géants disparus. Acheter tous leurs disques. Faire style genre « j’ai tous ses titres sur la play list de mon I pode. Entre Lamartine et
Gainsbourg, il y a eu beaucoup de monde, dont Bashung.
Entre nous, il y aura toujours « Madame rêve », « Vertige de l’amour », « Osez Joséphine ». Et plus que tout :
« Bijou, Bijou, te réveille pas surtout, j’vais pas faire de bruit juste un café et c’est tout. J’peux plus rester ici j’dormirai j’sais pas où et c’est tout »
Merde, putain, tu fais chier Alain.
Pourquoi t’es parti ?
