Samedi 6 septembre 2008 6 06 /09 /Sep /2008 12:00
J’aime bien les vacances – même si elles ne m’aiment pas beaucoup vu le peu que je puisse en prendre – parce qu’elles permettent, entre autre choses, de lire encore plus que d’habitude.
J’aime lire les journaux de la première à la dernière ligne. Tout y passe, même le carnet du jour et les programmes télés. Parfois aussi les annonces.
Dans « La Croix », cet été, comme tous les ans, un florilège de belles feuilles, écrites par des journalistes de talent.
En août, une série « Pèlerinage d’un incroyant en Terre sainte ». Faut oser ça non ? Les imbéciles heureux (et encore !) diront que c’est un journal de culs bénis. Bref.
Le 19 août, place à Pierre Loti. Ecrivain voyageur, qui mit sac à terre à Rochefort, dans l’estuaire de la Charente, parcourut le monde de ses extravagances et de sa plume alerte. De janvier à mai 1894, il chemine d’Egypte au Liban, passant d’un lieu saint à un autre. Il est à la recherche de la foi perdue, et qu’il pense retrouver. Son récit sera publié sous la forme de trois volumes, Le Désert, Jérusalem, la Galilée.

Loti restera trois semaines dans la ville sainte. A Jérusalem, chaque matin, il exigera de la cité qu’elle se livre à lui, chaque matin, elle se refusera. Il aura alors cette phrase énigmatique et superbe :

« La clameur des chiens de Jérusalem, qui la nuit est incessante comme dans toutes les villes turques ; s’entendait à peine d’en bas, du fond de la vallée ; mais ici elle arrive, lointaine, sonore et légère ; des échos sans doute la déplacent, car elle semble partir du haut, tomber du ciel. Et de temps à autre s’y mêle le cri le plus rapproché, l’appel en sourdine d’un oiseau nocturne. Contre l’olivier mon front lassé s’appuie et se frappe. J’attends je ne sais quoi d’infini que je n’espère pas, et rien ne vient à moi, et je reste le cœur fermé, sans même un instant de détente un peu douce, comme au Saint-Sépulcre, le jour de l’arrivée ».

Que celui ou celle qui trouve ce fragment mélancolique et stérile se jette la première pierre. Il n’a rien compris à la créativité d’une plume en pleine re-création.

j'en ai eu un ! mais p... qu'est-ce que c'est pénible à attraper avec un "bridge"...

Par Fred Sabourin - Publié dans : littérature
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