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Le jour. D'après fred sabourin

le rouge et le noir

6 Juin 2008 , Rédigé par Fred Sabourin Publié dans #étonnement

                                                 Sur les traces de…




On dira ce qu’on voudra du personnage, mais il avait le goût de cette France profonde, d’où il était issu, sur les rives d’une Charente lascive, dans un gros bourg au nom prédestiné à la carrière politique, et historiquement figure d’une botte secrète « loyale, imprévue et décisive » : Jarnac. Mais il aimait également ces villages aux noms qui se dégustent comme le nectar produit sur leurs coteaux ensoleillés et néanmoins rudes :  Chénas, Chiroubles, Régnié, Pouilly, Fuissé, Villié-Morgon, Juliénas, Saint-Amour, Romanèche Thorins, Saint-Veran, Fleurie…



    Ces villages, ces bourgs fières et anoblis, semblant endormis mais pourtant actifs dès que la vigne demande le soin qu’il faut lui apporter, se ressemblent. Un clocher, quelques maisons greffées sur ses flancs, des collines aux demeures bourgeoises de paysans instruits, sachant distinguer le vrai du faux, le solide du futile, l’amitié de l’étrangeté des caractères indociles, goûtant l’alternance des saisons avec cette sagesse toute paysanne qui fera toujours défaut à l’urbain que nous sommes devenus.

Improbables pérennités granitiques des soulèvements alpins proches et pourtant si éloignés, deux roches, comme posées là, à Solutré, attiraient chaque Pentecôte les pas d’un marcheur tranquille, passionné par les arbres, la littérature, une certaine forme de mysticisme (je n’ose dire catholicisme !), la capacité machiavélique à faire se liguer ses cercles d’amis les uns contre les autres pour parvenir à ses fins. Autour de lui, d’autres marcheurs, des courtisans ceux-là, à l’instar des nobliaux désoeuvrés de la cour de Louis XIV à Versailles, qui, salissants leurs genoux cagneux et vérolés, murmuraient sur son passage : « Sire… Marly… ? ». Espérant gagner les faveurs du roi pour être de ceux – privilège d’un jour – invités dans cette demeure où il fallait en être pour exister.



A Solutré, on a vu des ministres, des gens du show-business, des journalistes en vogue, un beau-frère sépharade devenu commissaire de police, et bien d’autres désormais tombés dans l’oubli, Icare déchus qui se sont brûlés les ailes si près du pouvoir, croyant tenir l’insaisissable. On ne regarde pas le soleil en face sans ses Ray-Ban.
A Solutré, désormais, le calme règne, comme il a toujours régné les 364 autres jours de ces deux septennats où le président n’y était pas.



Les roches sont toujours là, miraculeusement épargnées par l’érosion, veillant sur les vignes légendaires donnant des vins d’exception. Et une cuisine à la hauteur de l’événement.
J’ai juste retrouvé un chapeau… Il ne reste plus qu’à trouver une tête.



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Monsieur b. 26/06/2008 11:50

roh t'aurais pu me prevenir que tu faisais un tour chez moi !B.

David 11/06/2008 08:14

je crois que je vais revendiquer ton titre comme pseudo! Lerouge est le noir!

David 10/06/2008 11:32

il me semble me souvenir d'une chanson dont le refrain était : "appelez moi Dieu"... et le chapeau fait office de garde mémoire. pour ce qui est du vin et de la cuisine à la hauteur, j'espère que nous y ferons honneur la prochaine fois que l'on se rencontrera!