Brèves de
comptoir
Ah ! La politique locale à la veille des élections municipales et cantonales ! Comme un marron glacé, on s’en pourlèche les
babines de plaisir…
Michel Barnier, après avoir nettoyé ses souliers crottés au salon de l’Agriculture, est venu les traîner dans la boue ardéchoise, mais il a de la chance : il a tant venté ici depuis trois
jours que tout est sec comme la langue d’un pendu. Et puis le jeune candidat Uèmepé à la mairie de Privas lui a réservé la visite du fleuron de la châtaigne en Ardèche et même dans le
monde : l’usine Clément Faugier, propre comme un sou neuf.
La presse était prévenue : il ne fallait prévenir personne, de peur que des manifestants anti-OGM viennent troubler l’ordre public d’une visite amicale au benjamin des candidats en Ardèche
(29 ans), qui tient à prouver ainsi que malgré son jeune âge, « il a le bras long, et des relations ». Qu’il en profite, le sus dit Barnier est donné partant en cas de remaniement
ministériel, qui aura très sûrement lieu malgré les « promesses » du Très Haut de la République (qui n’en sera pas à un revirement de veste près).
On ne prévient personne donc, inutile, le canard local « Dauphiné Libéré » s’en était chargé deux jours auparavant. Arrivé à l’usine Faugier à l’heure dite pour le point presse avec le
ministre, sortant de ma voiture, une C3 blanche avec trois hommes à bord m’intercepte rapidement. Où allez-vous comme ça ? – Stupéfaction et surprise. Je reprends mes esprits,
flairant un mauvais coup :
Mais vous êtes qui, d’abord ? - La Police, Monsieur. – La Police ?? Et bien, je vais faire mon métier de journaliste, je vais à la conférence de presse du
ministre qui visite actuellement l’usine. Et j’ajoute, non sans malice : - je ne suis pas un militant anti-OGM si c’est ce que vous craignez…
Il est vrai que coiffé de mon bonnet marine, en caban révolutionnaire, écharpe rouge, on aurait pu le croire.
Les flics, amis du jeune candidat à la mairie de Privas donc, ont ajouté de me mêler de ce qui me regarde, ce que je me suis empressé de faire, puisque j’étais là pour ça, et non pour taper la
causette avec les cow-boys fringants.
On a en plus mangé des fondants au marron (un petit plaisir gustatif à tuer sa mère), et des toasts à la tapenade (à tuer son père). J’ai une fois de plus sacrifié ma famille sur l’autel des
produits culinaires qui rendent ces happening sympathiques, au fond.
Vive la République ! Vive la France !
Restez en ligne : le printemps des poètes débute ce ouikende. On ne va pas s’en priver non plus…
par Fred Sabourin
publié dans :
actu
2
recommander