Les voix du Seigneur sont pirates de l’air

Qui a dit qu’il ne se passait rien en Ardèche ? Oui, je sais, vous avez déjà lu ça, mais celle-ci, elle est bien bonne…
A la rédaction de RCF Ardèche, à Privas, cet après midi, nous préparions tranquillement, mais efficacement, l’édition du journal du lendemain matin. Au milieu de l’excitation des doigts qui s’agitent fébrilement au dessus des claviers et des interviews téléphoniques, le téléphone sonna. Rien d’anormal jusqu’ici, ceci se répète plusieurs fois par jour. Mais à l’autre bout du fil, c’était le CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) nous menaçant d’une amende si on ne coupait pas immédiatement l’antenne. Raison invoquée : la fréquence brouille les communications de… l’aviation civile. Au risque de bêtifier le propos, je l’éclaircis (après vérification téléphonique auprès de
la Direction de l’Aviation Civile elle-même) : lorsqu’un avion de ligne survole le département de l’Ardèche, le pilote peut entendre, dans le cockpit la radio… RCF ! Ni plus ni moins. Vous imaginez ? Dans notre beau pays de France, en 2007, le danger des vols en avion ne vient pas des explosifs que vous pourriez dissimuler dans vos semelles, mais de la radio. Et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit de radio chrétienne francophone… Vertiges du contre pouvoir.
On savait les voies du Seigneur impénétrables. On ne savait pas que la voix du Très Haut pouvait perturber les avions. Flibustier malgré lui, Dieu est donc un « pirate de l’air ».
Ca me (nous) laisse sans voix…

par Fred Sabourin
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Vendredi 14 décembre 2007
« quatorze juillet : rien »
C’est ce qu’aurait inscrit Louis XVI sur son journal personnel le fameux jour de la prise de
la Bastille.
A
Privas, depuis quelques jours, comme vous avez pu le constater, il ne se passe rien, puisque je n’écris rien. En réalité, bien sûr que si, il se passe des choses ! La municipalité redouble d’efforts pour installer les décorations de Noël. Sans doute un des rares village de France à ne pas customiser ses rues de guirlandes et autres sapins Ikéa sitôt
la Toussaint
dans le dos… Il y a même des maisonnées en bois sur la grand place, signe qu’un marché de Noël se prépare : on pourra donc acheter les mêmes objets inutiles et sans doute manufacturés en Chine, qu’à Strasbourg, Lyon, Toulouse, Rouen, Nantes, Angoulême ou Paris (villes où j’ai pu constater les méfaits de cette standardisation du merchandising saisonnier).
Bref, pas grand chose à se mettre sous la dent. Heureusement, l’actualité nationale vient à notre secours, et on rirait volontiers de la tartuferie si elle n’était pas pitoyable, dans deux évènements qui semblent si éloignés et pourtant très proches. La visite de Kadhafi, l’encombrant Kadhafi, dont il reste encore, à l’heure où j’écris ces lignes, 24 heures de présence en France : comment va-t-il les occuper ? Et surtout comment va-t-il faire suer les services protocolaires de l’Etat ? Va-t-on lui organiser une corrida place de
la Concorde
? Ou une chasse à courre dans le parc du château de Versailles ? Si sa toile de tente était un igloo qui se monte en deux secondes et estampillée du logo d’une association au nom d’un héros de Cervantes, il y a belle lurette qu’il aurait été jeté dans
la Seine
!
Et puis, on l’a appris ce soir, Colonna a pris perpéte. Sans preuves, ou si peu. A qui profite le crime ? Ni à
la République
, qui pleurait un de ses dignes représentant, ni à sa famille, d’une dignité qui force l’admiration.
Aux innocents, les mains pleines ? Le premier serre des paluches à tour de bras, et repart avec des avions. Le second les brandit, mais menottées, criant aux siens : « ne pleurez pas ! Ne pleurez pas ! ». On ne va pas en mourir de rire non plus.
Heureusement, pour se consoler de tout ce barnum d’avant fêtes, avant le déferlement de cadeaux, de bouffe et l’obligation de se réjouir, heureusement il y a Le Renard et l’Enfant au cinéma. Luc Jacquet, qui nous avait enchanté avec
La Marche
de l’empereur il y a quelques années, remet le couvert avec un film animalier, mais pas seulement : Bertille Noël-Bruneau crève l’écran, a star is born comme on dit parfois. Avec un nom pareil, à cette saison, c’est déjà un cadeau. Elle n’a pas grand monde pour lui donner la réplique, puisque Luc Jacquet a eu la bonne idée de conserver le renard muet. Tout passe par son regard et sa frimousse aux taches de rousseur qui nous invitent à la contemplation.

La moral du film, a elle seule, suffit à recadrer non seulement les évènements décrits ci dessus, mais encore les propos de l’auteur de cette modeste chronique : à chaque fois que la petite fille tente de capter l’animal pour elle seule, ou le domestiquer, ou même de l’enfermer, il s’enfuit. Signe qu’il ne faut pas confondre amour et possession. Elémentaire, certes. Mais ô combien rassurant, au fond.
Ah si ! J’allais oublier : le renard en question est Ardéchois ! Vous voyez bien qu’il se passe quelque chose par ici…


par Fred Sabourin
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Au détour de la place de
la République
, j’enquille la rue de
la République
, en me demandant si, comme à Lyon ou d’autres villes célèbres de France, ont dit « rue de
la Rep
’». Voilà bien un quartier républicain me dis-je, en regardant la carte du « Petit Resto », estaminet privadois à la carte triste comme un jour de carême. Deux jeunes femmes sortent de l’auberge (dont les boiseries sont peintes en… rouge !), et l’une d’elle dit : « ah oui, tu vois, c’est une pub pour Dubonnet. Dubo, Dubon, Dubonnet ! ».
Peinture murale d’époque, pour une publicité qui ne l’est pas moins, et tellement emblématique de
la France
d’avant, celle qui sentait bon la lavande dans les armoires où nos grands-mères rangeaient leurs dentelles, et les pivoines de nos fêtes Dieu.
Du coup, j’ai peur « d’ouvrir la radio », comme on disait dans l’temps. Je ne voudrais pas entendre Radio Paris…

par Fred Sabourin
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Coup de cœur
Le nouvel album de Pauline Croze vient de sortir, il s’appelle « Un bruit qui Court », et on va en reparler rapidement, si vous voyez ce que je veux dire…
En attendant, une « mise en oreilles » s’impose en cliquant là
Æ http://www.lesinrocks.com/index.php?id=63&tx_critic[notule]=208248&tx_critic[backPid]=1&cHash=594958957b

par Fred Sabourin
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L’Auberge rouge

De Gérard Krawczyk. France 2006. 1h35. Distributeur : Warner Bros France. Avec : Josiane Balasko ; Gérard Jugnot ; Christian Clavier…
A la fin du 19è siècle, dans le beau mais rude département de l’Ardèche, une sinistre auberge dite « du Croûteux » se dresse au milieu d’une nature sauvage et hostile. Un établissement coquet tenu par des Ténardiers locaux, Martin et Rose, qui font assassiner les voyageurs isolés par leur fils adoptif sourd et muet. Un soir d’orage, le père Carnus a sous sa responsabilité un adolescent qu’il doit conduire à un monastère perdu dans la montagne. Ils croisent une diligence qui va les mener tout droit vers une épopée dont ils ne soupçonnent pas encore qu’elle mettra en péril leur existence.
En 1951, Claude Autan Lara s’était déjà emparé d’un scénario de Jean Aurenche, Ardéchois lui-même, à partir de ce fait divers nationalement connu qui s’était déroulé dans les années 1830 à l’auberge de Peyrbeille, aux confins de l’Ardèche et de
la Haute-Loire. Il avait demandé à Fernandel de remplir le rôle du prêtre accompagnant le futur novice dans une abbaye perdue au milieu de nulle part.
Au milieu de nulle part, c’est aussi l’adresse de la fameuse auberge où, dit-on, le couple de taulier assassinait les voyageurs isolés.
Gérard Krawcyk, en tournage de Taxi 4, passe à la diligence avec L’Auberge Rouge, et en alignant dans le même film Gérard Jugnot, Josiane Balasko et Christian Clavier, on se doutait bien que le niveau serait à la hauteur des exigences qu’on attend d’eux. On ne pourra pas dire que c’est une adaptation fidèle des faits (sombres) de 1830, mais dans le registre comique, ça fonctionne assez bien, Christian Clavier parvenant presque à faire oublier ses choix politiques récents…
Il faut souligner la présence de seconds rôles efficaces, notamment Urbain Cancelier (qui jouait Colignon – tête à gnons dans Amélie Poulain), ou encore Sylvie Joly en Comtesse de Marcillac, méconnaissable.
Le tournage n’a hélas pas eu lieu en Ardèche, et Gérard Krawczyk avoue d’ailleurs ne pas avoir visité la vraie auberge (lieu touristique dans la région !), mais dans les Pyrénées ariégeoises, et au Pont d’Espagne, près de Cauterets. Pas mal non plus.
Cela dit, les habitants de Privas peuvent se réjouir, le nom de cette charmante bourgade est cité trois fois au cours du film.
Qui a dit qu’il ne se passait rien en Ardèche ?



par Fred Sabourin
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