Mercredi 1 août 2007

"Les pieds sur terre, et la tête dans le ciel" ; "faire du ciel le plus bel endroit du monde" ; "tu marcheras sur l'eau"...

Autant d'expressions ou slogans publicitaires qui prennent forme, parfois, au détour d'un cliché attrapé au vol de l'insouciance, permettant de garder une confiance inébranlable dans le genre humain. Le pire n'est jamais sûr. Et le meilleur est à venir.

Depuis la colline de Fourvière où sont installés les studios de la radio RCF, on aperçoit parfois les Alpes, tôt le matin, au milieu desquelles trône le Mont-Blanc géant. Les oracles locaux disent que c'est "signe qu'il va pleuvoir dans les jours à venir". On est toujours entre deux averses, notez bien. Les Toulousaing disent la même chose lorsqu'on voit clairement les Pyrénées depuis la ville "rause". On ne peut pas être prévisionniste météo et contemplatif à la fois. Dommage, dans ces cas là ils perdent une belle occasion de se réjouir avec peu de chose, ce qui, par les temps qui courent, n'est pas si fréquent.

En attendant que le Mont Blanc n'apparaisse sur cette page (s'il ne pleut pas !), quelques morceaux de ciel, dessus, dessous ou dedans.

(un dimanche matin avant que les poules mouillées ne se réveillent, dans la montée vers le Montcalm et le Pic d'Estat, à l'étang du Pinet. Ariège, 2220m). L'heure des braves.

 

 

 

 

celle qui suit vient d'un superbe blog, "voir ou regarder", il est en lien juste là, dans la marge à droite...

par Fred Sabourin publié dans : émerveillement
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Jeudi 26 juillet 2007

Emprisonner la lumière, capturer le temps, exiler les sentiments, se fondre (presque) dans la grisaille de la ville. Un jeudi soir sur la terre.

 

 

par Fred Sabourin publié dans : émerveillement
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Lundi 23 juillet 2007

Impossible de résister. L'été "pourri" a néanmoins un avantage. Il rend la lumière exceptionnelle. Sans texte pour l'instant (à venir). Plaisir des yeux. Plaisir d'esthète. Lugdunum s'endort, le feu au ciel. Le noir aux joues.

 

par Fred Sabourin publié dans : émerveillement
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Jeudi 19 juillet 2007

           (…) « Quelques nuits et jours plus tard je fais mon sac pour redescendre vers l’océan.

        Amélie, tu fus une messagère, un guide que je reconnus sans conscience. Tu m’as ouvert la porte et je suis resté sur le seuil longtemps. Je t’avais créé avec les yeux de l’enfance, les premiers désirs, la part animale. Jo disait qu’il faut apprendre à prononcer les mots que le cœur livre et que les lèvres retiennent. Ce n’est pas toi que je quitte, Amélie, c’est mon enfance, ma naïveté et ce long silence depuis que tu n’es plus. Ce n’est pas une rupture, on ne rompt pas ce qui a été aimé, je m’éloigne, puisque depuis longtemps nous nous sommes lâché la main. Je ne fais que me retourner dans notre sommeil sans le savoir pour revenir un peu chez moi, sans toi. Tu as été cet amour qui brise avec douceur les miroirs, qui dévêt d’une caresse invisible le cœur en armure, et qui me donne cette légèreté, comme une ancre hors le fond qui se dénude d’une enveloppe de silice. Je t’ai laissé dérivé mais je sais maintenant qu’il n’y a que moi pour rassembler tant d’amour.
            Attraper le bonheur, c’est vouloir retenir un papillon dans sa main ou le prendre avec un filer, disait la vieille Hélène du marais qui glissait sur les eaux noires avec le temps. Tu précipites ton filet sur lui et il s’abîme, c’est une bonheur gâché. Si c’est un bonheur agile, on ne peut le faire prisonnier et l’on court sans fin, c’est une agitation inutile, le bonheur est parti. Parfois, il se laisse prendre sans dommage, il ne s’est pas débattu et il reste bien sage, un peu frileux sous le filet. C’est un bonheur fragile, fatigué, malade peut-être. Si tu attrapes un beau bonheur, un papillon rare, sans l’abîmer, si tu le prends dans ta paume et que tu la fermes pour l’emprisonner, il ne reste que la poussière de bonheur sur tes doigts, si tu le piques sur un bois il meurt. Il faut être comme l’arbre à papillons, prêt à accueillir le bonheur, et tu verras, il viendra sur ton épaule. C’est un jour de grande fatigue, en fermant les yeux, que je l’ai vu.


      Je vais pouvoir achever l’unique vrai film de ma vie avec les images que je n’ai jamais tournées.
Maintenant je suis prêt, je peux écrire au monde et je sais quoi lui dire ».

Bernard Giraudeau, Les dames de nage.



 

 

 

par Fred Sabourin publié dans : voyage, voyage...
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Jeudi 12 juillet 2007

                                                                    l’ange noir



           « Regarde-là ma ville, elle s’appelle bidon. Bidon, bidon, bidonville, me tailler d’ici, à quoi bon ? Pourquoi veux-tu que je me perde dans tes cités, à quoi ça sert ? Je verrais toujours de la merde, même dans le bleu de la mer. Je dormirais sur des millions, je reverrais toujours bidon, bidon…
Donne-moi ta main, camarade, toi qui viens d’un pays, où les hommes sont beaux. Donne-moi ta main, camarade, j’ai cinq doigts moi aussi, on peut se croire égaux. Serre-moi la main, camarade, je te dis au revoir, je te dis à bientôt. Bientôt, bientôt, on pourra se parler camarade. Bientôt, bientôt, on pourra s’embrasser camarade. Bientôt, bientôt, les oiseaux, les jardins, les cascades. Bientôt, bientôt, le soleil dansera camarade. Bientôt, bientôt, je t’attends, je t’attends camarade ».

Claude Nougaro, Bidonville.

 

 

par Fred Sabourin publié dans : actu
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